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 WILD GEESE (COMÈTE)

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Silas Pollock

Silas Pollock

PSEUDO/PRÉNOM : NEPT237/KELYNN
CRÉDITS : MARIE
AVATAR : JACK KILMER
ÂGE : DIX-SEPT ANS
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2014
MESSAGES : 1182

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MessageSujet: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyDim 2 Nov - 8:27

unless you stay close to me
like the wild geese
that fly through the thunder
onward and upward
through the clouds
away from the rain
and the wind that blows us down
when the sky turns black
when the wolves run back
we'll just wait here for
the first lights of morning


J’ai pas vraiment ouvert mes volets depuis l’autre fois.
C’est que j’entends la pluie qui tape dessus et j’ai vraiment pas envie de regarder le ciel pleurer. Je préfère enfoncer ma tête dans mon oreiller et attendre. Attendre que Coma revienne avec ses bras plus forts que les miens pour que je puisse me serrer contre lui et mettre mon nez dans son cou et le respirer très fort jusqu’à devenir ivre. Un peu comme avant, quoi. Plus le temps file et plus je me dis qu’avant c’était peut-être mieux. On se tenait peut-être la main à l’abri des regards mais au moins on s’aimait on s’embrassait et parfois plus quand nos corps vibraient trop fort et que les mains s’approchaient trop du côté des pantalons et des ceintures. Et là
On est tous les deux à l’abri des regards
chacun dans notre coin
et on ne se touche plus.
J’ai le cœur qui hurle reviens Coma reviens mais mes mots sont incapables d’aller toquer à sa porte pour le lui dire.
Mais je crois qu’il reviendra pas.
Son « bah va-t-en » de la bibliothèque… Ça m’a tué. Enfin, c’était même pas l’effet d’une claque, là, non. C’était des millions de milliards de couteaux dans le cœur dans le corps dans le cerveau. Dans tout ce qui me tient en vie et qui me fait marcher droit depuis le début. Là je suis sur pause, j’ai même plus envie de me lever le matin. Je me sens plus que triste tout le temps et même quand je suis allongé le monde est douloureux. Est-ce que c’est une rupture ? Est-ce que c’est un chagrin d’amour ? Peut-être bien que ce sont les deux mélangés. Elle est où, ma bouée de sauvetage ? Elle s’est dégonflée, c’est ça ? Elle aussi elle a fini à l’eau ?
Peut-être qu’elle a pas voulu s’encombrer d’un poids aussi lourd que le mien. Peut-être que c’est à cause de moi que maintenant elle sombre au fond de l’océan (je crois que c’est ça).
Alors j’ai essayé.
J’ai essayé d’écrire des lettres à Coma où je lui explique, démontre qu’il me manque, qu’il me manque vraiment, que j’arrive même plus à respirer correctement quand il n’est pas là et que plus d’une fois j’ai pensé à me faire du mal et à disparaître tout court ces derniers jours. Et puis dans ces lettres aussi je lui dis et redis que je l’aime, que je l’aime plus que n’importe qui. J’ai même pas mentionné le fait de me prendre la main dans la foule parce que ça, au pire, ça n’a plus vraiment d’importance. Et puis j’ai dessiné plein de ciels sur les feuilles blanches. Je voulais glisser tout ça dans sa boîte aux lettres. J’étais même monté sur mon vélo, déterminé. Et puis à la fin de ma rue, j’ai fait demi-tour. J’ai senti les larmes (raz-de-marée) au bord de mes paupières. J’ai pédalé en sens inverse, très très vite. Nulle part où aller. J’ai jeté mes lettres et mes dessins dans la rue.
Il les aurait même pas lues.
Et puis je lui ai envoyé un message ça disait
- Il faut qu’on parle
Il a dû répondre quelque chose comme d’accord. J’ai dis rendez-vous à la plage cet après-midi. On n’est jamais allés à la plage ensemble. Peut-être que si on fait quelque chose de nouveau tous les deux ça ira mieux pour nous, peut-être que ça fera un tremplin et que rebondira mieux.
Ça fait vraiment longtemps qu’on s’est pas parlé pour de vrai.
La dernière fois que je l’ai vu c’était à la bibliothèque et c’était un être de pleurs et de colère.
Je me suis même pas habillé beau. J’ai mis un tee-shirt sale (mais je porte un pull de Coma par-dessus, il me l’a donné l’année dernière parce qu’il ne le porte plus, j’ai cherché son odeur dessus plus d’une fois mais elle s’est évaporée, évanouie dans la laine et dans le temps) un pantalon moche et mes cheveux n’ont jamais été aussi en bataille qu’aujourd’hui.
Il fait du vent et il pleut un peu.
C’est l’automne.
S’il avait fait soleil j’aurai fait des doigts d’honneur à l’astre en lui hurlant CASSE-TOI. Il est pas le bienvenu, ce con. Coma m’a dit que le soleil, c’était moi, mais Silas Pollock n’existe plus et ne brille plus sans Coma Nobody pour souffler sur ses braises.
J’ai peur et hâte.
Mon cœur bat comme un dingue parce qu’il en peux plus d’attendre, il en peux plus de battre au ralenti. Et puis je vais revoir son visage et j’aimerais aussi le voir sourire cet après midi. Juste un morceau de sourire pour me rassurer. Pour le savoir un peu heureux, un peu calme et tranquille. J’ai toujours pensé que s’il était heureux je le serai aussi. C’est son bonheur avant le mien. Coma c’est la partie la plus forte de moi qu’il faut satisfaire en premier. Et c’est ce que j’essaie de faire de puis le début
Lui faire plaisir.
Et avec mon coup de téléphone de la dernière fois j’ai tout gâché, gâché son plaisir et ses attentes et … regarde nous aujourd’hui. Deux garçons qui ne s’aiment plus, qui ne se touchent plus, qui ne se parlent plus parce qu’ils ne savent plus s’exprimer avec les mots. Peut-être qu’ils devraient se battre ou hurler un grand coup, le visage tourné vers la pluie et le ciel pour sortir tout ce qui ne va pas.
J’ai les pieds ancrés dans la bande de sable. Et je regarde le sentier qui mène à la plage. J’attends de voir mon amour arriver.
J’ai la tête qui commence à se noyer dans la tendresse et je pense aussi que je l’aime que l’aime toujours que je l’ai jamais aimé aussi fort qu’aujourd’hui et que je veux jamais le perdre parce que je peux vraiment pas sans lui, je n’y arrive pas, ça me demande trop d’effort et j’ai besoin de lui, qu’il me traîne, qu’il me pousse vers le haut et vers l’avant.
Tu nous tires vers le bas.
Je me déteste pour lui avoir dis ça. Je me déteste je me déteste
je me déteste
C’était une blague Coma, une blague pourrie. On peut pas effacer tout ça de nos mémoires, faire comme si ça n’existait pas, et repartir là où on s’était arrêtés ? C'est-à-dire nous deux qui dormons ensemble dans ton lit, avec nos corps qui se sont jamais autant aimés que ce soir là. C’est pas vrai, Coma. Tu nous tires vers le haut, t’es un trampoline qui envoie jusqu’à l’univers.
J’te jure, Coma.

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Coma Nobody

Coma Nobody

PSEUDO/PRÉNOM : endort-fine (élodie)
CRÉDITS : marie pêche
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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyDim 2 Nov - 13:55



don't you know i'm strong ?
i could win the world
for you, for you
don't you ever cry
i would stop breathin'
for you, for you

Il faut qu’on parle.

J’ai sursauté parce que ça fait des jours et des nuits et des décennies et des trous noirs et des étoiles et (...) que mon téléphone a pas vibré. Même que j’ai passé des jours à pas l’allumer, parce que je savais très bien que y aurait pas Silas au bout des touches, pas de comètes, pas de cœurs, rien, plus rien, du néant dans mon téléphone. J’ai sursauté parce que je m’en doutais pas, même si j’en rêvais, même si je pensais qu’à ça, Silas, les mots de Silas, les messages de Silas, ceux qui disent reviens, t’es où, ah t’es dans mon cœur c’est bon, je les ai relus un par un pour me faire pleurer et sourire. J’ai sursauté et j’ai un peu recommencé à vivre.
Il faut qu’on parle.
Ça fait deux jours que je vais plus à l’école et une semaine que je bataille pour rester en vie malgré mon cœur en poussière. Jusque-là je comprenais même pas pourquoi je continuais à me forcer à respirer mais maintenant je sais, c’était pour ça, pour ce petit sms tombé de nulle part mais bel et bien là, un appel au retour à la vie, il faut qu’on parle. Il faut qu’on parle parce que maintenant ça suffit. Faut arrêter de crier. Faut arrêter de pleurer et faut arrêter de se faire des reproches. C’est pour ça que je me suis bien habillé et tout. J’ai mis un pull bleu ciel avec une chemise blanche qui déborde, un jean foncé et des baskets très très chouettes. Je me suis presque trouvé beau dans le miroir, y avait comme un sourire qui trainait sur l’ensemble de mon visage. Faut arrêter de crier. Faut qu’on parle.
Ok.
À la plage
D’accord.
Échange sur le chemin, sans aucune trace d’étoile ou de cœur alors que j’ai que ça dans ma tête.
Et dans le reste de mon corps, y a Silas.
Je l’ai dans les os.
Je l’ai jusque dans l’âme et depuis la semaine dernière je passe mon temps à penser à lui, penser à lui, penser à lui, je faisjuste des pauses de temps en temps pour retirer les couteaux que je me suis planté tout seul dans la poitrine, ce jour-là. J’espère qu’il s’en est sorti avec ses couteaux lui aussi, parce que j’en ai balancés par gros paquets, j’ai pas été tendre, j’ai été merdique, au ras-du-sol. J’ai mis quelques jours à me détester et puis j’ai arrêté les frais. J’ai aussi arrêté de faire semblant d’écouter en cours de maths, arrêté de travailler, arrêté de parler aux autres, arrêté de manger, arrêter de regarder autour de moi, arrêté d’appeler mes parents pour savoir quand ils rentrent, arrêté le foot, arrêté d’aller aux matchs, arrêté d’écouter de la musique. Et j’ai commencé à attendre. Attendre de le retrouver.
Le retrouver
Le retrouver
Le retrouver
L'aimer
Le toucher
J'attends que ça.
Je vis pour ça.
Ça me porte.
Le moment où il va se retourner et me revoir.
Et se dire, bon, finalement.
Je me souviens même plus de ce que j’ai fait hier ou avant-hier. Je me souviens que de ça. Lui, hier, partout dans ma tête, et moi, qui attends, encore un peu trop honteux d’avoir tout terminé, d’avoir fait le dernier pas. Je me souviens de la semaine dernière. Je me souviens avoir quitté la bibliothèque le dernier, le cœur à la ramasse, les yeux rouge vif, le corps contracté, la bouche sèche d’avoir eu des mots tellement méchants pour parler de nous. Je me souviens avoir cru que j'arriverai jamais à me remettre à marcher, que c'était pas possible après ce qui venait de se passer, que j'allais même pas réussir à relever les yeux pour trouver le chemin de la sortie. Je me souviens que les autres ont rien dit le lendemain alors qu’ils nous avaient entendus, c’est sûr qu’ils nous avaient entendus, ils nous ont peut-être pas vus nous aimer quand c’était encore le cas, mais la fin, ça la fin ils l’ont entendue. Mais la fin moi j’en veux pas, la fin je la gribouille et je veux un autre début. Je veux encore la découverte de son corps et la bouche en O de trouver ça aussi bien aussi magnifique.
Je le veux lui.
Même avec ses nouveaux cheveux.
La semaine dernière le ciel m’est tombé sur la tête et dans la guerre j’ai perdu Silas, j’ai lâché sa main. Depuis je comprends plus trop grand-chose. Je comprends pas qui a remis le ciel à sa place (certainement pas moi vu comment mes bras sont fatigués de l’avoir repoussé et pourchassé) et pourquoi il est tout le temps gris d’ailleurs. Je comprends pas où est passé Silas, je le vois plus dans les couloirs ou au dernier rang. Je comprends pas pourquoi le monde continue de tourner sur lui-même comme un con, comme s’il dansait le twist tout seul. Je comprends pas comment les autres arrivent encore à rire, à crier, à pleurer, à s’engueuler, à s’enlacer, à continuer, et pourquoi nous on n’y arrive plus. Je comprends pas comment j’ai dire « bah va-t-en » alors que c’était l’inverse de ce que je voulais (veux toujours), je voulais qu’il rejoigne sa place réservée dans mes bras, je voulais qu’on trouve une solution à notre équation chavirante. Je comprends pas comment j’ai pu croire qu’il y en avait pas.
Il faut qu’on parle, qu’on remette le monde à l’endroit.
Je marche vite dans la rue.
Les mains dans le vide et le cœur presque plein.
Ça me fait des nœuds dans le ventre, ça me fait des rebondissements amoureux alors que si ça se trouve il veut qu’on recommence à se fâcher. Il a pas dit il faut qu’on s’aime. Il a dit il faut qu’on parle. Et peut-être qu’on va faire ça, parler, et rajouter de l’orage dans la météo déjà pas très sûre d’elle. Ça me rajoute des papillons et des bouffées d’air et des bulles d’angoisse dans le ventre. C’est con parce que c’est Silas que je vais voir. Silas mon Silas depuis la nuit des temps, mon silamour, mon premier mec et mon dernier jusqu’à ma mort, je me le suis juré. Mon Silas, mon mari officieusement. C’est qu’il y a tellement de choses entre nous maintenant, des mauvaises choses et des crevasses et tout. Tu m’étonnes que ça sursaute de partout là-dedans.
Il est tout là-bas.
Premier soleil de mon monde.
Ça fait du bien de le voir autrement qu’en colère et ailleurs que dans ma tête sous forme de souvenir défiguré.
Je suis tellement ému que je sais même pas si je vais réussir à parler.
Je le regarde me regarder arriver et on dirait que c’est le jour de notre mariage, rien à foutre de tout ce qu’il y a tout autour, les yeux sur l’autre rien que pour l’autre complètement dans l’autre. Trois mètres. Il s’est pas coiffé. Deux mètres. Il porte le pull que je lui ai donné. Un mètre. Il est beau. Quelques centimètres. Je respire enfin pour de vrai, pas pour faire semblant, pas avec de la contrefaçon dans les poumons, je respire sans mentir parce que son parfum c’est mon oxygène et qu’il est enfin là, enfin revenu.
Je souris petit.
C’est compliqué de se dire bonjour qu’on essaie tous les deux d’éviter la bouche de l’autre (pas facile avec des a(i)mants pareils). Je finis par le prendre fort par les épaules et je lui fais deux bisous, un pour chaque joue. C’est trop cramé que je suis amoureux.
- Salut.
Essoufflé.
- Ça va ?

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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyDim 2 Nov - 14:56

Je l’attends. J’ai l’impression que ça fait des siècles que je suis là, avec le cœur qui bat comme un dingue, le vent qui emmêle mes cheveux, mes mains qui tremblent, mes jambes aussi. Dans mes yeux il y a douze galaxies prêtes à s’illuminer d’un coup lorsqu’il va débarquer. J’imagine déjà sa démarche pas très pressée, peut-être une main dans la poche, le regard un peu éteint de ces derniers jours passés à attendre la vie. J’ai tellement hâte, j’ai tellement hâte qu’il arrive comme un ange, avec ses cheveux très blonds, ses yeux très bleus, son cœur très grand, grand pour nous deux.
J’essaie de respirer calmement.
Allez, ça va aller Silas, tu vas tenir le coup, c’est « que » Coma après tout.
Et puis il est là. J’ai pas menti quand j’disais que c’était un ange, vraiment pas. Il s’approche et moi je suis incapable de bouger parce que je le regarde, je le regarde et mes yeux sourient très fort. Il est très beau, il a fait un effort vestimentaire lui. Au dessus de sa chemise très blanche il a un pull bleu qui découpe les formes de son corps. Et puis un pantalon qui lui va très bien aussi. Faudrait que je lui dise qu’il est vraiment très beau aujourd’hui. Ses cheveux (courts) s’agitent mollement dans le vent. Et on dirait qu’il en a rien à faire des toutes petites gouttes de pluie qui tombent entre nous. Il passe à travers elles sans s’en soucier.
Et puis il est là.
Je veux dire, il est vraiment là.
À quelques centimètres de moi. Tellement près que je vois des tous petits détails de lui. Comme la veine qui gonfle un peu dans son cou et que j’ai dû embrasser et toucher un milliard de fois avant aujourd’hui. Je voudrais tendre les doigts et le palper tout entier. Me dire il est réel, il est bien réel. C’est Coma Nobody, Coma plus grand que moi, Coma plus large que moi, Coma et son sourire de travers, Coma et ses yeux paillettes, Coma venu du ciel, Coma le magnifique. Coma perdu puis retrouvé.
En parlant de son sourire, il y en a un sur sa bouche. Il est presque effacé mais il est là.
Moi je baisse les yeux vers le sable et j’ai un sourire très timide.
Je sens ses mains appuyer sur mes épaules et puis sa bouche contre chacune de mes joues. Mes joues comme deux grosses braises qu’on dirait qu’elles assument pas du tout d’être là. J’ai eu le temps d’intercepter un peu de son parfum et ça me décontracte. C’est bien Coma, c’est bien lui, c’est bien le garçon que j’ai embrassé pour la toute première fois et que j’aime toujours.
- Salut.
(on dirait qu’il a couru un marathon et je tombe amoureux de sa voix quand elle est ainsi)
- Ça va ?
Au début je hoche très vite la tête parce que je suis incapable de dire quoi que ce soit, incapable de délier ma langue, de former des lettres avec ma bouche. Mais allez, je vais y arriver. C’est juste que je suis tout paralysé. Paralysé de l’avoir attendu, paralysé de le voir là, devant moi, paralysé de ses joues contre les miennes. J’ai les yeux qui s’embuent un peu (je suis ému). J’ai tellement cru que tout était perdu, que tout était mort, jeté à la mer, qu’aujourd’hui me semble irréel. Je pensais pas qu’on se reverrait, qu’on se toucherait, qu’on se regarderait et qu’on se parlerait.
C’est que tous les deux, on a évité le lycée.
Alors pas moyen de se croiser dans les couloirs, pas moyen de s’effleurer, de même regarder l’autre quand il a le dos tourné. C’était plus facile pour nous deux, j’imagine. J’ai prétendu à papa et maman une maladie. Ils y ont cru. C’est que je suis crédible, avec mon teint poussière, mes cernes immenses et foncés, ma bouche qui a oublié comment parler, mes mains qui tremblent tout le temps.
- Ça va mieux, oui. Et toi, comment tu vas ?
C’est tellement formel.
Tellement pas nous.
Mais je souris et j’ose poser mes yeux sur son visage. J’aimerais lui hurler que j’ai eu l’impression de l’avoir attendu pendant deux vies et qu’à l’intérieur de moi y’a un feu de joie et des millions de feux d’artifice qui arrêtent pas d’exploser dans tous les sens. J’aimerais lui dire qu’il m’a manqué, que je veux plus jamais vivre ça. Déjà parce qu’on le mérite pas, ensuite qu’on est tout à fait capable de redresser la barre et de souffler dans les voiles pour pouvoir avancer de nouveau au milieu de l’océan sans se faire ouvrir la coque par des falaises. Mais si commence à parler avec des mots trop grands et trop beaux il va me dire que c’est du par cœur.
Et je veux plus jamais, plus jamais, l’entendre dire des choses pareilles. Mais peut-être bien que je le supporterai mieux puisqu’au moins il me parlerait de nouveau, j’aurai de l’importance pour lui. Et même s’il me fout une claque je lui en voudrais pas, si c’est ce qu’il faut faire pour pouvoir sentir ses doigts sur mon visage.
Bon et là je ne sais plus comment me comporter avec lui.
J’ai peur de pas en faire assez ou d’en faire trop.
Je crois que le mieux c’est de laisser parler mon cœur, de le laisser s’exprimer sans le brimer, pour une fois. Je sais qu’aujourd’hui, lui et moi on est incapables de faire du mal à Coma. On n’a pas envie de replonger dans l’espèce de vide dans lequel on flotte depuis trop longtemps. Aujourd’hui, on déborde d’amour, et on veut le montrer. On veut se mettre à nus devant Coma pour qu’il regarde, pour qu’il regarde comment on l’aime en grand malgré les tempêtes.
- On marche un peu ?
Je me mets donc en marche, Coma à côté de moi et nos bras qui se cognent de temps en temps. Les gouttes de pluie tombent moins fort. Le vent s’est calmé lui aussi. Peut-être que le ciel s’est dit qu’il est temps de mettre la tristesse en pause, que c’était plus vraiment le moment de pleurer, que le temps était plutôt aux mots, mais ceux qui bercent et qui font du bien.
- Déjà, merci d’être là. Tu sais, j’voulais te dire que, ben … C’est que tu me manques beaucoup. J’aimerais vraiment qu’on recommence à se voir et tout ça. Tu sais je te demande pas qu’on se prenne dans les bras ou qu’on s’embrasse et tout, enfin, c’est comme tu veux. Je te force à rien, tu sais bien. Mais moi j’ai juste besoin de te voir et savoir que t’es là, parce que là, ça devient trop dur … Et puis j’voulais aussi te dire : reviens. S’il te plaît.
J’ai la gorge nouée.
C’est pas normal que je doive lui dire « tu me manques ». Mais je sais pas comment lui montrer autrement que par les mots.
À cet instant, je rêve de sentir ses doigts venir attraper les miens, très discrètement, et les serrer un peu. Comme pour me dire, eh je suis là, maintenant (et aussi pour me renverser le cœur suffisamment fort pour les semaines à venir).
Une petite dose de Coma.
Une toute petite dose d’amour.
Pour affronter la vie.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyDim 2 Nov - 19:56

Je me sens con putain. Con mais bien. Con c’est bien. Con c’est amoureux. J’ai l’impression que si je dis un truc de plus, rien qu’un mot un peu trop rouge d’amour, je vais me mettre à chialer de bonheur, ma voix va trembler et tout ça. Et des trucs à lui dire, j’en ai. Ça fait une semaine que je l’ai pas vu, je crois que vous vous rendez même compte l’éternité que ça représente pour moi, ça. Une semaine. Sept jours sans lui et sept nuits tout seul dans mon lit. J’ai envie de lui dire mais t’as grandi, mais t’as maigri, ça te va bien, t’as changé de sourire aussi, non, t’as un peu de barbe, non non ça se voit pas, mais bon, et t’as fait quoi à tes cheveux, rien, t’es sûr, pourtant on dirait, je sais pas, le big bang, tu sais.
Je souris à mes chaussures.
Je souris à mes chaussures, putain.
Et je suis toujours aussi grossier.
Il agite la tête pour dire oui ça va et je pense que lui non plus il est pas très sûr de lui, que lui aussi il a les larmes d’émotion prêtes à sauter à ses yeux, c’est vraiment ridicule tout ça, quelle bande de tapettes, mais bon je pense que de ce côté-là on s’en fout un peu, franchement moi ça me fait plus trop grand-chose d’être pédé, tant que ... Tant que c’est avec lui, en tous cas. Tant qu’il est là avec ses étoiles à la place des cheveux et le cosmos entier tatoué sur son visage, le cosmos, si si, je te jure, regarde un peu mieux.
- Ça va mieux, oui. Et toi, comment tu vas ?
Sa voix c’est ...
Oh.
Ça me fait comme une caresse quoi.
Je sais pas si et quand on va s’embrasser mais je crois que ça va être la plus belle catastrophe de la journée et que tout le monde (nous, mais lui c’est encore plus le monde que moi) va pleurer et sourire à la fois, sourire mais tellement sourire, on va se marier une deuxième fois aussi et alors là ravale tes larmes ou plutôt, allez, vas-y, t’as le droit aujourd’hui. On a le droit aujourd’hui, hein ? Pleurer et tout. C’est un peu les retrouvailles et la renaissance. Du moment qu’il me rappelle pas comme j’ai été horrible la semaine dernière et comme j’ai crié, ça va. Je peux oublier. Je peux encore oublier.
Je remue la tête aussi.
Ça « va ». En tous cas, ça ira.
On dirait bien que ça ira, que ça va aller.
Avec des grandes ailes !
(Je sais pas qui c’est le gros con qu’a dit ça ... Encore un qui connaît rien à la vie ... Mais bon, eh, il essaye, hein ...)
- On marche un peu ?
Encore oui. C’est tellement bizarre mais je m’en fous. S’il faut faire ça, être bizarre, pour que ça redevienne normal, moi je m’en fous, mais c’est vrai que c’est bizarre, toutes ces précautions, cette distance de sécurité entre nous agrémentée par tous les mots gentils et bien polis. Alors on marche un peu et ça, ça me rappelle bien nous, notre façon de pas trop marcher droit, de pencher du côté de l’autre, problèmes de gravité, funambules pas très habiles sur le fil de la vie. Ça me fait sourire, ça, sourire pour moi-même, de tanguer vers lui de temps en temps et d’avoir nos deux coudes qui se tapent dedans.
- Déjà, merci d’être là. Tu sais, j’voulais te dire que, ben … C’est que tu me manques beaucoup. J’aimerais vraiment qu’on recommence à se voir et tout ça. Tu sais je te demande pas qu’on se prenne dans les bras ou qu’on s’embrasse et tout, enfin, c’est comme tu veux. Je te force à rien, tu sais bien. Mais moi j’ai juste besoin de te voir et savoir que t’es là, parce que là, ça devient trop dur … Et puis j’voulais aussi te dire : reviens. S’il te plaît.
Elle est bizarre ta voix Silas.
Mais je la reconnais, j’ai la même depuis une semaine. Cette voix qui voudrait dire encore plus mais qui est pas sûre de tenir le choc jusqu’au bout alors qui dit l’essentiel, petite synthèse de la tristesse actuelle, cette voix qui répète à papa et maman oui ça va, oui ça va, ça va putain, et qui dit justement complètement l’inverse, cette voix qui ne veut rencontrer que celle d’une autre personne, d’une petite étoile (Silas) ou d’un maxi orage (moi), tout dépend de qui on parle. Cette voix qui parle, parle pour retenir tout ce qui se cache derrière (les larmes).
- Tu veux dire comme ... comme des amis ?
Des petites mains accentuent le nœud dans ma gorge.
- Toi aussi tu m’as manqué.
Enfin à ce stade-là c’est même plus du manque. C’est de l’apnée. C’est de la survie, mais pas la vie, certainement pas. C’est que moi sans toi c’est pas possible et que j’ai dû me prouver le contraire pendant une semaine pour pas crever. Moi sans toi c’est que des portes fermées, des voies sans issue, des sens interdits, des moteurs sans diesel, du rose sans couleur, des hivers sans neige, des sourires sans rien derrière, des journées sans soleil et des nuits sans étoiles, des soirées sans alcool, de l’amour sans amour, un garçon tout seul, un Coma paumé.
Allez dis-le Coma !
Non, il veut qu’on soit amis.
« Il faut qu’on parle ».
Pas « il faut qu’on s’aime ».
Coma il faut que t’arrêtes de me regarder comme ça, comme si j’avais inventé la vie, comme si j’étais le roi du monde, comme si j’étais le plus haut de tous, comme si j’étais le soleil qui brille sur le monde et sur tes cheveux aussi, comme si j’étais un super héros en modèle réduit, une étoile vivante, une étoile filante, une météorite qui brûle pas, un astéroïde qui fait pas mal, comme si j’étais Tout et les autres Rien. Coma j’ai rencontré un autre garçon, un qui fait moins mal.
Coma, arrête.
Silas, il a rien dit, pas encore.
En même temps, faut pas dégager les problèmes d’un coup de vent comme ça, ou les noyer dans les vagues là-bas. Faut pas penser que la semaine dernière c’était rien c’était anodin. On s’est cassés. On était un Nous, un tout en un et on s’est brisés en deux, Silas d’un côté et Coma de l’autre avec un mur en béton entre les deux. Il faudrait plus que du scotch ou des pansements pour recoller les morceaux et que ça tienne jusqu’à l’éternité. Il faudrait de la super glue. (Ou un miracle) (Ou son sourire c’est pareil). Mais eh, ça veut pas dire que c’est pas possible, hein ?
On marche et je regarde ses genoux dans son pantalon. Depuis tout à l’heure j’évite de le regarder vraiment, j’évite les endroits de lui qui rendent le plus amoureux (1 : ses mains, 2 : sa bouche, 3 : ses yeux, je sais c’est pas très original mais c’est comme ça). Je m’en tiens aux hanches, aux genoux, et quand je lui parle, je regarde son menton, même si je l’ai embrassé pleins de fois, c’est toujours mieux que sa bouche. Là, je compte même plus. Et puis j’ai tellement crié sur lui l’autre jour qu’aujourd’hui j’ai peur de lui dire des mots d’amour, le toucher, j’en parle même pas, l’embrasser, le ...
Oh, merde.
Non.
Si ...
- J’ai euh ... J’ai vraiment cru que ça allait être comme ça toute la vie. Nous deux pas ensembles même pas amis et euh ... J’veux plus que ça arrive. Plus jamais. T’as passé une semaine à me manquer. C’était comme des éternités j’te jure. J’ai cru mourir vraiment. J’ai cru que ça allait toujours être comme ça. Je veux pas. J’peux pas. Sans toi j’peux rien.
Toi et moi jusqu’à la mort.
Nous, quoi.

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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyLun 3 Nov - 17:11

On dirait pas nous.
On dirait pas nous lorsqu’on marche côte à côte comme ça et qu’on regarde rien d’autre que nos pieds et qu’on se touche même pas. Qu’on se touche même pas le bout des doigts, les bras, les mains pour rigoler. Même si moi je l’ai jamais fait rigoler, je l’ai fait à chaque fois parce que je l’aime pour de vrai et que je l’aime aussi en très grand, avec des étoiles partout pour pouvoir nous colorier.
J’ai très envie d’une chose c’est le serrer dans mes bras ou qu’il me serre dans les bras qu’on se serre tous les deux dans nos bras. J’aimerais sentir la force de ses mains qui se serrent sur mon tee-shirt, qui s’y agrippent et moi qui fait pareil de l’autre côté, moi qui le serre si fort pour le faire rentrer à l’intérieur de moi. Et plonger mon nez dans son cou aussi et le respirer très fort. Et après l’embrasser, l’embrasser dix fois, l’embrasser cent fois, mille fois, x fois. Pour rattraper ce temps perdu. Pour effacer les larmes qui ont dû tomber (trop nombreuses) sur ses joues. Pour lui promettre avec la bouche qu’on se fera plus jamais mal comme ça. Je veux ramasser tous les morceaux de nous qu’on a laissé tomber sans faire exprès et les recoller tous ensemble pour montrer qu’on est capable d’avancer ensemble même rabibochés de partout.
- Tu veux dire comme ... comme des amis ?
Et puis
- Toi aussi tu m’as manqué.
Quoi comme des amis ? Non, non. Pas comme des amis. Mais comme des amoureux, comme avant, quoi. Comme des gens qui s’embrassent sur la bouche pour se dire bonjour, pour se dire au revoir. Comme des gens qui s’embrassent pour rien aussi. Moi je veux pas de lui comme ami, je lui ai déjà dis quand on s’est disputé. Je veux me lever le matin, penser à Coma et me dire c’est toi que j’aime, c’est toi et rien que toi. Je veux faire du skate et du vélo avec lui mais pas comme un ami. Je veux pouvoir lui serrer la taille, lui caresser la joue, masser ses épaules et son dos.
Me comporter avec lui comme un amoureux.
Avec mon cœur qui bat très fort.
Et tous les cœurs du monde dans mes yeux.
Par contre je suis content de lui avoir manqué. Enfin, c’est pas que j’suis content mais c’est que ça me rassure. Ça me rassure de savoir que son cœur à lui aussi était tiraillé de pas nous savoir ensemble. Le mien il a failli me lâcher plus d’une fois. Mais là, je le sens, à l’intérieur de ma cage thoracique, il recommence à prendre vie. Il bat de plus en plus fort parce qu’il sait très bien que les choses vont aller presque bien puis de mieux en mieux jusqu’à retrouver les sensations d’avant.
C'est-à-dire les avions dans la tête
les avions dans le ventre
les avions dans le cœur
les planètes dans le corps
les étoiles sur les doigts
(…)
tout ça.
- Hein ? Non. Pas comme des amis, non. Comme avant, quoi… À moins que…
À moins que tu veuilles plus qu’on s’aime ? Peut-être que cette semaine et quelques jours à se hurler dessus puis s’ignorer lui ont fait comprendre des choses. Peut-être qu’il a compris que nous deux c’était plus vraiment possible. Qu’on était trop cassés pour pouvoir se reconstruire. Ou peut-être qu’il a pensé que nous deux c’était expérimental. Qu’il voulait voir ce que ça faisait d’embrasser un garçon, de toucher un garçon, de caresser un garçon, de faire l’amour à un garçon.
Mais
Mais non.
C’est pas possible, ça. J’ai trop de preuves de lui qui me font comprendre que nous deux, c’était sincère. Que nous deux, c’était vraiment pas pour rigoler,  qu’il y a mis tout son cœur et moi aussi. Puis de toute façon, on s’est mariés (pas pour de vrai) mais j’ai encore le lacet de son adidas sur ma table de chevet. Et ça, ça c’est une vraie preuve. Ça veut dire un milliard de choses (ou peut-être qu’une seule chose, au final), ce lacet.
- J’ai euh ... J’ai vraiment cru que ça allait être comme ça toute la vie. Nous deux pas ensembles même pas amis et euh ... J’veux plus que ça arrive. Plus jamais. T’as passé une semaine à me manquer. C’était comme des éternités j’te jure. J’ai cru mourir vraiment. J’ai cru que ça allait toujours être comme ça. Je veux pas. J’peux pas. Sans toi j’peux rien.
Je l’écoute et j’ai mon cœur qui se serre beaucoup.
Qui se serre d’émotion, d’amour, de tristesse. Le cœur qui voudrait s’excuser et moi aussi. Pardon, pardon pour la douleur. Mais pour moi aussi ça a été difficile, tu sais. L’attente, la peur, les pleurs, tout ça. Je veux plus jamais plus jamais plus jamais. T’as bien vu, Coma, t’as bien vu comment on sait pas marcher l’un sans l’autre. Ça peut pas fonctionner. Il manque le moteur à la machine, le cœur au corps, etc.
Je pose ma main sur son bras pour l’arrêter.
Et je me plante devant lui pour pouvoir le regarder.
- Moi aussi. Enfin, moi non plus j’peux rien sans toi. J’ai vraiment eu l’impression d’arrêter d’exister. Comme si la Terre avait cessé de tourner, les gens de marcher, le soleil de briller. Tu sais ça m’a fait beaucoup réfléchir. Sur moi, toi, nous. Puis faut qu’tu saches que j’t’en veux de rien. J’ai vraiment besoin de toi. De ton cœur, de ta tête, de tes bras.
Besoin que tu m’aimes.
Besoin de tes mains qui m’apaisent, qui me bercent, qui savent comment faire disparaître les maux. Besoin de tes yeux pour qu’ils me regardent avec des galaxies entières dedans, tes yeux qui me font comprendre que je suis pas un sale type, un mauvais garçon. Mais tes yeux qui m’élèvent, tes yeux fiers, tes yeux tendres, tes yeux amoureux. Je sais tout ça. Je sais tout ça parce que je les ai tellement regardés, tes deux océans. J’ai tellement nagé dedans que j’en connais tous les recoins (même si je m’y perds toujours).
Je suis un peu essoufflé.
J’espère qu’il a compris maintenant.
J’espère qu’il a compris que là moi j’en m’en foutais pas mal de l’amitié. Moi je veux l’amour. L’amour, rien que ça. Et puis son épaule pour me reposer, son bras pour pas tomber, sa bouche pour respirer, ses oreilles pour m’entendre, son corps pour moi tout seul.
J’écarte un peu les bras.
Je me paralyse une seconde.
Puis je me pose sur lui et je le serre (enfin) contre moi. Oh le bonheur. Oh le moment de douceur. Je crois que ça fait une éternité que j’attends ça. Je l’entends respirer, je le sens respirer. Je sens enfin son parfum. J’ai enfoui mon nez dans son pull bleu ciel. Et puis j’inspire très fort (il doit m’entendre). Et j’ai les yeux ouverts, j’ai les yeux ouverts donc je peux voir lui et seulement lui.
Coma partout.
Son odeur partout.
Et maintenant sur son (mon) pull que je porte.
Je reste comme ça. Contre lui. Je le serre très fort pour pas qu’il me repousse. Je l’étouffe dans mes bras. Mes doigts attrapent le tissu et le serrent aussi.
J’ai de l’électricité partout dans le corps.
Et son corps à lui, je l’ai pas oublié. Je reconnais tous les angles, je sens l’os de sa clavicule, la courbe de ses muscles.
J’essaie de mettre beaucoup d’amour dans mon étreinte.
L’amour qu’il me reste à lui donner
(il est infini).

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyMar 4 Nov - 17:54

On marche. C’est bizarre. On se regarde pas. C’est bizarre. On se touche pas. C’est bizarre. Le soleil brille. Ça me fait bizarre. Je suis plus habitué à le ressentir, à réfléchir sous sa chaleur, ça fait une semaine que je l’ignore. Mon corps c’est pareil, ça change, ça commence à moins peser alors que ça fait une semaine que j’ai des courbatures à rien faire, des courbatures à force de pas bouger, des courbatures parce que plus de Silas pour me tirer les muscles et me faire bouger : sa langue pour faire voltiger la mienne, mes bras qu’il enroulait autour de lui comme une couette avec des soucoupes volantes dessus, il m’obligeait à courir, à me remuer le cœur et tout ça.
Il m’attrape un peu le bras, je soupire.
Non, je respire.
- Moi aussi. Enfin, moi non plus j’peux rien sans toi. J’ai vraiment eu l’impression d’arrêter d’exister. Comme si la Terre avait cessé de tourner, les gens de marcher, le soleil de briller. Tu sais ça m’a fait beaucoup réfléchir. Sur moi, toi, nous. Puis faut qu’tu saches que j’t’en veux de rien. J’ai vraiment besoin de toi. De ton cœur, de ta tête, de tes bras.
Je souris en me mordant la bouche pour pas que ça déborde trop.
Mais c’est difficile.
Ça recommence à danser là-dedans.
Et puis il ouvre les bras et on dirait qu’il va rester comme ça sans rien faire, je crois que lui aussi il a peur, je dis non non non (avec les yeux), vas-y, et il y va. Il vient se coller tout contre moi et ça me fait comme un radiateur contre la poitrine, avec son souffle chaud dans mon cou en plus de ça. C’est pas un câlin comme l’autre fois dans la cuisine, ça, le câlin de coquillettes, c’est un câlin avec des milliers de trucs en arrière-pensée, un câlin de réconciliation, un câlin qui dit « c’est fini » (les mots mécontents) et « on est reparti » (pour l’amour). Je l’entends qui me respire très fort et je souris, je souris, j’espère qu’il l’entend, ça, lui. Moi j’ai passé mes bras autour de ses épaules et y a une de mes mains qui a terminé enroulée autour de sa nuque. C’est à peu près à ça que ça doit ressembler, le paradis.
On se décroche.
Je regarde que lui (mon éclipse), il est beau avec le rouge sur le haut de ses joues, juste sous les yeux, à la place des cernes, comme dans les dessins animés. Je sais que je dois avoir la même couleur sur le visage parce que je me sens tout timide d’un coup, tout con, très très amoureux, pour la première fois on dirait. Je rigole un peu gêné, c’est bête mais c’est comme ça. Avec toutes ces conneries je sais même pas depuis combien de temps je l’avais pas pris dans mes bras, enfin, comme ça, doux et tout. Ça fait une semaine qu’on s’est fâchés, et ce jour-là ça faisait déjà deux semaines qu’on était plus ensembles, donc ça donne trois semaines en enfer (je suis pas doué en maths, mais les mathématiques de l’amour, ça va, j’y arrive). Trois semaines. Pleins de jours. Et j’imagine même pas combien de larmes.
Je sais qu'il faut que je l'embrasse maintenant.
Ça se sent ces choses-là.
Ça se renifle avec le cœur.
Mais je le regarde et j’ose même pas cligner des yeux, déjà parce qu’il est beau et qu’en un battement de cil j’aurais peur de rater un truc incroyable sur son visage, je sais pas moi, un changement d’expression, un sourire de passage, j’aurais vraiment trop peur. Et aussi parce que j’ai peur de mal faire, qu’il veuille pas (pas encore), d’avoir mauvaise haleine, d’avoir perdu l’habitude, d’avoir la bouche toute raide ou au contraire toute molle, toute nulle, quoi.
Moi, les anges, ça me pétrifie.
Finalement je prends mon courage et mon amour à douze mains (ça pèse, tout ça) et je pose mes mains sur ses hanches, là où il est très beau quand il est tout nu, et je me penche vers lui, vers sa bouche les yeux ouverts jusqu’au bout. Comme pour être sûr qu’il veut bien. Pour vérifier. J’ai l’impression d’être un tout petit garçon quand je touche ses lèvres du bord des miennes, mais quand nos langues se rencontrent (non, se retrouvent, après s’être tant manquées), là, je prends dix centimètres et je m’agrandis m’agrandis m’agrandis. C’est beau. Nous deux. Je crois que même le soleil a jamais rien vu d’aussi magnifique.
Ça y est.
Mon premier baiser.
C'est ça.
C'est lui.
C'est celui-là.
Avec ma bouche contre celle de Silas et nos sourires qui empiètent un peu sur le baiser mais c'est pas grave.
C'est ça.
C'est exactement ça.
Je m’écarte un peu mais toujours avec mes mains contre lui, ma bouche heureuse grâce à lui. Et là je souris bien fort en regardant en plein dans la voie lactée de ses yeux. Un sourire tellement grand que j’en perdrais ma bouche. Un sourire donc tu pourrais te servir pour marcher jusqu’au bout du monde tellement il est long et infini. Y a quelque chose de nouveau dans ma poitrine aussi. C’est très lourd et ça prend beaucoup de place. C’est mon cœur. Le come-back. J’le savais ! Putain je le savais que je l’avais oublié chez Silas mais il devait pas oser me le ramener. Il est là, maintenant, Silas, et il vient de remettre mon cœur à sa place, ça y est putain, ça y est ! C’est la fête de partout, non mais vous avez vu comment ça brille un peu là-haut, même les étoiles ont débarqué, pourtant elles ont rien à faire avec le soleil et c’est même pas l’heure, c’est les oiseaux qui ont dû aller les chercher en France, leur disant mais qu’est-ce que vous foutez là, y a une boum dans le ciel américain !
Je souris, ouais, j’ai le droit.
Et puis mon cœur non mais mon cœur quoi. Je pensais pas que ça pouvait autant manquer à quelqu’un mais voilà. Lui et Silas réunis ça fait un peu l’apothéose. Le feu d’artifices. Le « enfin ! ». Il est content d’être revenu lui aussi, je le sens explosif dans ma poitrine, ça fait comme le coucou d’une horloge : ça s’ouvre et y a mon cœur comme l’oiseau qui chante. Je le relâche et puis je fais quelques pas en arrière genre j’admire les dégâts. Et je souris parce que je peux pas faire autre chose, comment tu veux que je m’en empêche ? Je souris comme quand y a un but au foot à la télé, je souris comme quand j’étais gosse et que j’ai réussi à faire un flip pour la première fois sur mon skate. Je sers même un peu le poing en fermant les yeux et en faisant « YES », comme ça.
- Je t'aime, j'crois que t'imagines même pas comment.
À deux mètres de lui.
Doucement, ému, les larmes rendues dans l'estomac, rangées au placard, à garder pour plus tard.
(Ou pas. Si ça se trouve, avec un peu de chance et beaucoup de courage, j’en aurai plus jamais besoin.)

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyMar 4 Nov - 19:12

Voilà l’une des représentations du bonheur (pour moi).
Déjà il me faut Coma, élément indispensable et obligatoire. Et puis là, ces longues et trop courtes secondes passées contre lui à le serrer si fort pour pas qu’il s’envole. Ça, là, nos deux bouts de corps qui s’enlacent, c’est ça le bonheur. Et le plaisir aussi de sentir nos corps se décontracter d’un coup, nos cœurs se remettre à battre normalement parce qu’ils se disent ouf, c’est fini, enfin. Oui, enfin. C’est enfin terminé, les mots durs, les mots assassins, les mots couteaux, les mots qui font une boucherie de nous.
J’ai l’impression de rouvrir les yeux après un long cauchemar (trois semaines, tout de même). Trois semaines à me demander si oui ou non ça valait le coup d’attendre. Trois semaines à me détester, à me haïr très fort. Trois semaines à attendre le miracle. Trois semaines à regarder par la fenêtre et à chercher son visage dans le soleil. Me cramer les yeux à force de regarder l’astre brûlant et pleurer tout de suite après. Vraiment, j’ai l’impression de renaître. Qu’on m’a arraché au triste, qu’on a brisé des chaînes. Tout de suite, ça me fait moins mal aux poumons quand je respire, j’ai même retrouvé la force naturelle de pouvoir sourire sans faire semblant. Et ça, sourire sans faire semblant, ça fait putain de bien (on dirait Coma qui parle, à cause du putain, mais je suis tellement humide de pluie et de larmes anciennes que me coller si fort à lui le fait déteindre sur moi, mais c’est bon signe, je suis content).
Et puis on se détache.
On se regarde vraiment longtemps et vraiment beaucoup.
Moi avec mes paupières grandes ouvertes j’essaie de capturer son visage (je prends des milliards de photos). Trois semaines sans le contempler. Ça commençait à faire long (quelques éternités, comme il dit si bien). On sourit, aussi. Lui il rit même un tout petit peu, avec du roses sur ses joues. Quand il rit il y a ses yeux qui font un petit tour du paysage, ça tombe sur les côtés puis dans le sable puis sur la mer et ça revient sur moi.
Oh mais qu’est-ce qu’il est beau.
J’ai pas oublié, hein.
C’est juste que j’aimerais lui dire (encore). Et je voudrais monter sur les toits et hurler que je suis amoureux. Silas Pollock le tout seul est amoureux. Et il aime tellement fort qu’il ferait tout, tout, tout, tout pour cette personne. Silas il aime tellement grand que quand il touche son amoureuX il a l’impression d’embrasser et de caresser un cocktail très céleste.
Ça étourdit plus que n’importe quoi.
Et puis les mains de Coma.
Elles ont arrêté de donner des coups, de ballotter dans le vide. Là elles sont sur moi, sur mes hanches de garçon. Dans mon ventre y’a tout qui explose parce que je sais ce qu’il va se passer. Et j’ai tellement attendu que ça arrive que je pourrais être en train de sautiller sur place comme un gosse de cinq ans. Pfiou pviou pfiou pviou (c’est le bruit des feux d’artifice quand ils montent dans le ciel mais c’est surtout le bruit de nos bouches quand elles se retrouvent – c’est pas très réaliste désolé). D’abord c’est juste ses lèvres, elles se posent sur les miennes et après c’est au tour de nos langues. Je pose mes mains sur ses joues, pour garder sa tête contre la mienne. Et sentir ses cheveux, aussi. J’ai les yeux très fermés et je pense rien qu’à nos bouches, nos bouches qui s’aiment et qui sont amoureuses. Elles ont dû se manquer, elles aussi.
Je souris sous sa bouche.
Du coup ça fait un baiser pas très concentré. Un baiser trop heureux. Un baiser qui crie
enfin !
Lui aussi.
Ça galope de partout à l’intérieur de moi. Les sens, l’amour, la joie. Tous ces besoins primaires réunis de nouveau et qui me rendent très heureux pendant ce laps de temps à se toucher avec les mains et la bouche. Et là j’aimerais que la terre entière nous regarde. Que le monde s’arrête de tourner un court instant juste pour nous observer. Comme ça ils verraient que deux garçons qui s’embrassent c’est pas grave. Et puis aussi ils verraient ce que c’est vraiment d’être amoureux.
Je crois qu’on est un exemple plutôt valable, Coma et moi.
On s’aime peut-être n’importe comment, mais c’est pas ça qui compte. C’est pas comment on s’aime. Mais plutôt combien on s’aime, quelle taille on s’aime, pour combien de temps on s’aime, jusqu’où on s’aime ?
Si je réponds j’ai peur d’exagérer.
Sa bouche s’en va. Ses mains aussi. Les miennes aussi. Coma recule de quelques pas.
Et, oh. Son sourire.
Ce sourire.
(il faut que quelqu’un prenne une photo de lui, vite !!!)
- Je t'aime, j'crois que t'imagines même pas comment.
Je hoche la tête. Mon menton dit oui.
Oui à Coma, oui à l’amour, oui à la vie. Oui à toutes ces jolies choses que j’avais perdues.
- J’imagine très très bien.
Parce qu’on doit sûrement s’aimer pareil : avec des étoiles des soleils des galaxies de partout des feux d’artifice des feux de joie des sourires des rires des mains qui guérissent des skates des vélos des oreillers des couettes avec des soucoupes volantes des cheveux trop longs des yeux très bleus des jambes poilues des mains avec des veines des bouches amoureuses des mots guérisseurs des cahiers de maths des carnets de pensées des poèmes (…)
- Tu sais là, Coma, j’me sens super heureux. J’me sens revivre, j’ai l’impression qu’on m’a sorti d’un cauchemar. Et… j’te jure, c’est incroyable. C’est incroyable. Merci d’être revenu, merci d’avoir accepté de venir. Je crois que j’ai tellement rêvé ce moment que tout ça me semble irréel mais
(je me pince)
- Tu vois je me pince et puis c’est pas du rêve. T’es bien là. Je t’aime tellement, je t’aime tellement grand.
J’ai la voix qui tremble. La voix mal assurée et pourtant très sûre de ce qu’elle raconte.
J’ai bien dit qu’il fallait qu’on parle (mais il fallait aussi qu’on se regarde qu’on s’embrasse qu’on s’enlace…)
Je souris.
Je souris tellement fort que y’a mes dents qui se dévoilent et tout ça.
Deux mètres, deux petit mètres qui nous séparent. Je veux sauter dedans pour atteindre Coma qui est de l’autre côté. Mais je reste là, j’attends. Chaque chose en son temps.
Je suis déjà essoufflé.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyMer 5 Nov - 19:44

Y a le soleil qui tape de nouveau et le sel de la mer pas très loin et notre baiser déjà partie en fumée. Cocktail explosif qui fait gercer mes lèvres, et même ça tu vois j’avais oublié, ma bouche aussi d’ailleurs, c’est pour ça qu’elle se sent un peu abîmée et un peu agressée. Mais au fond elle sait très bien que c’est un des plus beaux jours de ma vie et qu’en se posant sur la peau de Silas (ou mieux, sur sa bouche), elle contribue à la faire scintiller encore plus, ma belle journée. Je crois que même avec le soleil et le ciel bleu dans mon pull il fait un peu froid aujourd’hui mais je m’en fous, j’ai mon premier baiser avec Silas. J’insiste sur premier parce que l’autre premier le vrai premier, ça compte pas, je fermais beaucoup trop fort les yeux pour que ça compte, j’avais beaucoup trop honte pour que ça compte, et je crois que le deuxième, c’était pas mieux. Alors là, peut-être que c’était un peu un baiser bazar avec des sourires et des langues et nos bouches et nos rires mais au moins, on en avait tous les deux envie (même les nuages se sont cassés pour qu’on brille et tout). Et puis le soir du skate park c’est tellement loin que c’est même plus nous je crois. Maintenant, on sait mieux faire. Même si on a trébuché et qu’on s’est fait des croche-pattes entre nous, maintenant, on sait mieux faire. Maintenant, on va arrêter de buter sur tous les cailloux.
Je prends sa main et je fais un bisou dessus et je m’en fous.
Que quelqu’un passe par là.
Que quelqu’un nous voie.
Au contraire, ça me ferait plaisir, ça me ferait sourire, je voudrais que cette personne-là crève de jalousie ou au moins nous trouve jolis. Que cette personne soit un très-solitaire, quelqu’un qui s’assoit tout seul dans les trains ( ;)), et, en nous regardant, se dise, ah, c’est ça l’amour, c’est à ça que ça ressemble, c’est deux espèces de soleil qui, même quand ils se déchirent du plus fort qu’ils peuvent, qui éraflent toutes les coutures et tout ça, se retrouvent quand même et continuent de s’aimer comme s’ils avaient déjà tout oublié. C’est ça.
Bah oui c’est ça les gars.
- Tu sais là, Coma, j’me sens super heureux. J’me sens revivre, j’ai l’impression qu’on m’a sorti d’un cauchemar. Et… j’te jure, c’est incroyable. C’est incroyable. Merci d’être revenu, merci d’avoir accepté de venir. Je crois que j’ai tellement rêvé ce moment que tout ça me semble irréel mais
(il se pince)
- Tu vois je me pince et puis c’est pas du rêve. T’es bien là. Je t’aime tellement, je t’aime tellement grand.
Je souris et je ... merde ... C’est quoi ça dans mes yeux ... Ah non ça suffit là.
Je souris et je renifle et je souris et je souris et je souris et je.
- Moi aussi. Te pince pas tu vas t’faire mal ...
Je crois que je pourrais même pas dire à quel point ça me xnlsdijfhpsdufh toute cette histoire.
Je pourrais pas l’exprimer parce qu’il y a pas assez de mots, enfin si, y en a forcément, mais je les trouve nuls à chier, trop petits, trop minuscules par rapport à ce qui se passe dans mon ventre quand je le regarde ou, mieux, quand je l’embrasse (et c’est quand même quatre-vingt pour cent de notre relation vu qu’on arrive mieux à se parler comme ça).
Je pourrais pas non plus le dire avec ma voix parce qu’elle tremblerait trop, et puis pour que ça dise bien comment ça me rend dingue de joie tout ça, faudrait pas crier, faudrait autre chose que ça, plus fort, un truc que même les étoiles (même celles qui sont mortes ou qui dansent à l’autre bout du monde, dans d’autres nuits qu’on connaîtra pas) pourront entendre.
Et je pourrais encore moins l’écrire, ce serait illisible avec mon poignet et mes doigts qui ne penseraient qu’à Silas (donc, qui trembleraient beaucoup beaucoup) et puis comment je fais moi pour passer par-dessus les majuscules ? Parce que c’est ça, nous deux et notre amour. Du grand spectacle. Ça s’écrit pas en lettres minuscules, certainement pas, mais pas en majuscules non plus, ça déborde des lignes, ça dépasse les carreaux.
C’est le dilemme.
Les autres, ils ont qu’à regarder.
Ils comprendront bien, comme ça.
Ils ont qu’à regarder, allez venez, je m’en fous un peu, maintenant ...
Faut bien ... Sinon, husband va gueuler et ça va faire trembler les murs de nous.
(À peine solides encore)
Je me sens léger comme un grain de sable. Avant, hier, ce matin, j’étais tous les grains de sable de la plage, j’étais lourd, j’étais impossible à soulever, j’en avais plein la tête et plein le cœur mais maintenant ça va mieux, putain que ça va mieux, maintenant je suis comme le tout petit grain de sable là à mes pieds je paillette un petit peu, même.
Moi je veux jamais que ça s’arrête, je veux qu’on reparte comme on était lancés jusqu’à ce qu’on pète tous les deux un câble (mais là c’est même plus un câble, c’est la batterie en entier). Je veux qu’on recommence les nuits blanches nus tous les deux ou au téléphone, les journées dorées à se vautrer continuellement dans les yeux de l’autre (c’est que je sais pas pour les miens, mais ceux de Silas c’est tellement un océan confortable, avec ses paupières pour le garder chauffé tout l’hiver et tout l’automne et tous les jours de froid, que moi j’adore m’y baigner), les moments volés aux regards des autres partout là où il y a du silence à saloper avec nos voix et du vide à combler avec nos corps. Je veux qu’on continue ce qu’on avait commencé plutôt en beauté (enfin, comme on a pu, hein) et que ça s’arrête que quand y en aura un qui mourra (et puis l’autre suivra). Je m’en fous de la fatigue. Je m’en fous des courbatures. Je m’en fous que la vie passe trop vite ou qu’elle me passe à côté parce que même elle, elle a pas trop compris que la vie, c’est Silas et moi en amoureux. Je m’en fous d’avoir mal aux pattes à force de courir avec lui dans la main (et partout dans le cœur), je m’en fous de même pas récupérer la nuit parce que je serai trop occupé à la passer dans ses bras. Je m’en fous.
Je veux courir toute la vie.
J’ai plus envie de parler de nos bagues de mariage, de mon cœur en coquillettes, du joint après ou avant le baiser, des dessins dans les cahiers, de la lettre, du poème, de la grotte, du pansement, de la première fois, du bal du lycée où on a dansé, des bancs, du bus, de nos canapés, même si parfois c’est beau, j’ai pas envie de lui dire que j’ai changé les draps étoilés tâchés de notre amour parce que ça me rendait triste, j’ai pas envie qu’il sache ce que j’ai fait de mes trois semaines sans lui-même si c’est vachement bizarre quand même, Coma trois semaines sans Silas, j’ai pas envie de lui dire combien de tonneaux j’aurais pu remplir avec mes larmes. Par contre je crève d’envie de goûter le futur avec lui, de voir ce que ça donne, ce que ça va donner, ce qui va se passer, et combien y aura d’arc-en-ciel.
Et s’ils danseront.
- Eh, t’as envie d’aller au bout du monde ?

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyJeu 6 Nov - 17:06

Puis comme ça, d’un coup, ma main se retrouve dans la sienne. Et puis ses lèvres se posent dessus, sur les phalanges. Ça me fait tout drôle mais surtout ça me rend vraiment bonheur. Petites étincelles au fond du ventre. C’est pas encore la rue, c’est pas encore le monde, mais c’est déjà ça. C’est déjà ma paume contre la sienne, nos doigts qui se touchent parce que Coma l’a décidé. Parce que Coma prend ma main et qui l’aurait cru ? Dans la chambre et sur le canapé ça pose pas de problème, c’est naturel, comme quand je pose ma main sur sa cuisse. Je crois comprendre maintenant pourquoi tous les gens en couple ou amoureux font ça. C’est parce qu’on a besoin de sentir, non, de ressentir la personne qu’on aime. La chaleur qui se dégage à travers les vêtements, à travers la peau, les muscles qui se contractent ou n’importe quoi. Ou juste avoir les doigts, la main posée sur cette personne pour hurler au monde entier à qui veut bien nous entendre qu’on s’aime et qu’on s’appartient.
- Moi aussi. Te pince pas tu vas t’faire mal ...
Il renifle un peu mais moi ce que je remarque surtout c’est son sourire.
Il sourit tellement qu’on dirait qu’il est en train de rattraper tous les sourires perdus, tous les sourires ratés, tous ceux oubliés, tous ceux qu’il a pas eu l’occasion de faire pendant c’est trois semaines. Il est tellement beau quand il sourit. Il est beau parce que son visage tout entier sourit, pas seulement sa bouche. Ses yeux se rident de bonheur aux extrémités, ses dents se dévoilent, ses joues deviennent un peu roses, même son menton sourit. C’est un tableau, ce garçon. Je rigole pas. Faudrait qu’un poète vienne le regarder sourire pour le décrire mieux que moi, avec des jolies métaphores. Et puis un artiste, aussi. Un artiste pour pouvoir capturer la joie sur son visage. C’est pour ça, que je me lève le matin, moi. Pour voir des ondes positives éclairer son visage.
Ça me fait l’aimer encore plus.
Avec ton te pince pas tu vas te faire mal, ça me fait rire tout doux, rire coton.
Tout mon moi c’est du coton.
Mais du bon coton.
Ça fait tellement du bien. Ça fait tellement du bien de se retrouver et d’effacer tout ce qu’on a derrière. De rebondir sur la base solide de l’amour. C’est dingue comment j’ai envie de prendre sa main et de l’emmener là où siège la grande Vie. Lui faire un doigt d’honneur, lui tirer la langue puis embrasser Coma devant elle. Et l’insulter un peu, aussi. Lui dire : bah tu vois, t’as échoué, encore une fois. L’incapable, de nous trois, c’est bien toi. C’est pas en mettant des obstacles sur notre route et en passant ton temps à nous défaire les mains que tu vas réussir à nous séparer, hein. Et puis voilà, je lui dirai tout ça. Et encore un flot d’insultes. Je lui crierai bien dessus. Pour qu’elle comprenne. Elle doit bien s’ennuyer, la Vie, pour nous faire subir tout ça. Mais au moins si on doit écrire un livre sur nous, il y aura aussi des moments de ruptures. Des semaines passées à se faire la gueule et à s’attendre, à attendre l’autre, à chercher l’amour sous le lit derrière les radiateurs à chaque coin de rue dans les bibliothèques et dans le bus. Mais là c’est bon, plus besoin d’attendre ni de chercher. Coma est revenu avec de l’amour plein partout dans ses poches et à l’intérieur de lui.
- Eh, t’as envie d’aller au bout du monde ?
Il demande.
Est-ce que c’est une demande de voyage ? Peut-être qu’il va se mettre à sortir deux billets d’avion de sa poche et on va monter dedans. Pour aller au bout du monde, comme il dit. D’ailleurs moi quand je serai grand, et puis riche, je ferai ça. Je l’emmènerai dans un avion pour pouvoir toucher les nuages à travers les hublots et aussi voir la terre de très haut. Je l’emmènerais dans le ciel pour le rapprocher des étoiles. Là d’où il vient, quoi. Et peut-être que si on croise une Comète ou un autre truc un peu balèze, filant et brillant je dirai oh, oh regarde, on dirait toi.
- Évidemment que j’veux. Tu veux aller où ? Mais quand tu dis bout du monde c’est voyager ou marcher un peu plus loin jusqu’à ce qu’il y ait plus rien que l’horizon ?
J’ai toujours sa main dans la mienne.
Effet perfusion (pour me garder en vie).
D’ailleurs je serre mes doigts.
Voyager avec lui, ça doit être vachement bien. Voir le monde et le savoir toujours derrière ou devant moi. Avoir sa présence, voir son ombre. Rencontrer du monde, se promener dans des villes et pas comprendre ce qu’il y a écrit dans les journaux. Faire du vélo et du skateboard dans des pays qu’on ne connaît pas. Ça doit être vraiment magique. Encore un truc pour bien se sentir vivant. Ça doit être vraiment grisant de voyager avec la personne qu’on aime. Chasser tout ce qui existe de mauvais et n’avoir plus que nous, rien que nous. Peut-être qu’on le fera, un jour. On mettra des sous de côtés et puis on prendra une année sabbatique. Et puis on fera vingt fois le tour du monde et peut-être aussi un tour de fusée direction la Lune (on peut pas aller plus loin, encore). Mais quand ce sera le cas, on le fera aussi.
- De toute façon tu sais bien que j’te suivrai partout.
Je hoche la tête pour donner du poids à mes mots. Comme si je rajoutais à la fin de ma phrase « oui, absolument partout ». Même là où j’voudrais pas aller, j’irai. Pour toi.
C’est encore pour son sourire.
Ça c’est un beau voyage. Et puis ça vaut toutes les étoiles de tous les univers.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyJeu 6 Nov - 20:10

Le bout du monde.
Ça existe pas ça.
Ou alors, c’est une métaphore pour parler du jour où Silas m’aimera plus. La fin de la vie, quoi. Mais ce truc (qu’il m’aime plus), faut jamais que ça arrive, et moi vous pouvez être sûrs que je vais me démener et que je vais me bouger le cul et que je vais remuer toutes les étoiles du ciel et même cogner le soleil s’il le faut pour qu’il continue de m’aimer toute la vie et puis même après. On sait pas trop ce qu’il y a après la vie donc je préfère avec mon Silas au cas où. Au cas où finalement on nous aurait dit des conneries et y aurait une deuxième partie. Une grande teuf avec les nuages après la mort. Juste pour pas y aller démuni quoi.
Le bout du monde, donc, ça existe pas.
Mais moi tout ce qui existe pas, je suis capable de l’inventer pour Silas.
Vous avez vu un peu comme il me propulse ?
En plus, c’est pas vraiment vrai. Il y a un peu de bout du monde, ici, je suis sûr que les parents de Silas l’ont déjà emmené ici, les miens c’est ce qu’ils ont fait une fois quand j’étais petit pour mon anniversaire, quand j’étais encore trop minuscule pour qu’ils me laissent tomber. Je suis sûr, mais nous deux, on y est jamais allés ensembles et je trouve ça dommage, comme on est mariés et unis par les étoiles pour toute la vie et tout (c’est écrit dans le ciel).
- Évidemment que j’veux. Tu veux aller où ? Mais quand tu dis bout du monde c’est voyager ou marcher un peu plus loin jusqu’à ce qu’il y ait plus rien que l’horizon ?
Malheureusement je fais non de la tête.
Non, pas encore.
Par contre quand on aura fini l’école avec Silas moi je veux faire trois fois le tour du monde avec lui, poser un peu de nous partout, lui offrir et lui montrer des trucs Grands comme son ventre, oui, comme son ventre, je sais que ça veut rien dire et que c’est pas dans le vocabulaire de l’amour mais je m’en fous. Parce que je sais un truc. Silas, c’est dans son ventre que ça se passe, en plus de son cœur, c’est comme moi. C’est dans et avec son ventre qu’il m’aime, c’est là que ça se creuse quand il pense à moi, c’est là que ça sursaute quand j’arrive et c’est là que ça sautille quand je touche sa main, que ça pète carrément une durite quand je l’embrasse. (Ça rend prétentieux d’être amoureux oui bah excusez-moi).
De toute façon, Silas et moi, on réinvente et on redessine l’amour du début à la fin.
On peut bien dire ce qu’on veut.
- De toute façon tu sais bien que j’te suivrai partout.
Je souris petit comme lui et puis je lui fais une grimace genre niaise.
Genre pour pas qu’on se vautre dans des grandes déclarations qui me font perdre la tête et patauger dans mes mots (même si je les aime beaucoup, nos grandes déclarations, elles sont incroyables, elles valent tout l’or du monde).
- Tu vas voir. C’est pas la tour eiffel non plus, j’te préviens ...
J’ai gardé sa main dans la mienne ou alors c’est lui ou alors c’est nous et je la serre encore plus.
J’ai dit quoi déjà ?
Ah oui, je m’en fous.
Donc on marche et on parle pas beaucoup, lui je sais pas ce qu’il a, mais moi, comment dire, c’est un petit problème de feu d’artifices, ça explose en couleur de tous les côtés de moi et j’ai juste envie de sourire bêtement jusqu’à ce qu’il me dise « mais arrête là » ou un truc un peu plus gentil que ça, parce que Silas parle pas comme ça, Silas a des fleurs dans la bouche. Donc je suis là à patauger dans le sable avec mes fusées multicolores dans le corps, mon étoile filante dans la main, et puis je dois dire que j’ai pas vraiment envie de parler, pas vraiment envie de combler un silence aussi beau que celui-là (c’est même pas du silence avec le tout petit vent mais qui est là quand même et le soleil qui arrête pas de nous applaudir).
- C’est pas loin. Regarde.
À Palo Alto on a pas de falaises, on en a juste une.
Elle pend vers la mer en même temps qu’elle la surplombe, je crois que personne sait vraiment pourquoi elle est là, moi je dis que c’est comme les gens. Y en a, on sait pas d’où ils viennent et ce qu’ils font là (moi) mais ils sont là quand même, et au bout d’un moment, ça fait tellement longtemps qu’ils prennent racine qu’on se pose même plus la question. La falaise de Palo Alto, c’est pareil, et elle est tellement exceptionnelle que j’ai envie d’y aller avec la plus belle de mes étoiles. Donc je la tire par la main sur le chemin côtier et puis il est là, le bout du monde, finalement c’était pas très loin. Et la falaise, elle est tellement avancée vers la mer qu’elle efface la vue du sable et qu’on dirait vraiment la fin des États-Unis, ici, je vous l’avais dit. Et même si c’est pas le top du top comme voyage de noces, c’est quand même un hôtel cinq étoiles avec vue sur la mer (et les cinq étoiles, c’est sur le visage de Silas).
Je souris.
Je fais que ça.
C’est rébarbatif comme si j’avais mis le mode repeat sur mon iPod mais bon qu’est-ce que j’y peux ...
C’est que je me sens tellement nuageux (parce que je suis léger) ...
Je vois pas ce qui peut nous arriver d’autre maintenant.
Je vois pas ce qui peut nous arriver de pire.
Je vois qu’un chemin dégagé et aéré avec plein de soleil, y a que sur les autres autour de nous qu’il y a un peu de pluie (mouahaha). Je vois plus d’obstacles ou de ronces ou de trous noirs ou de gros NON, ou de marches arrière, ou de verrous et de portes fermées. Par contre je vois Silas et moi qui marchons en nous tenant par la main mais même pas super fort parce qu’on sait que rien peut nous les faire lâcher, je vois aussi des étoiles par dizaine de paquets de millions, elles se battent pour nous, ça se bouscule et ça crie, on dirait les soldes ou on dirait qu’on est les stars du ciel et qu’on est de sortie, pour une fois.
C’est ouf.
Comme le ciel et la mer à l’infini et à genoux devant nous.
- Voilà m’sieur. Cadeau.
Je suis sûr qu’on a l’air d’un film. Mais on est pas Twilight, nous, on est Xavier Dolan. Parce que ça commence en bordel, qu’on sait pas trop comment ça suffit et qu’entre les deux y a beaucoup beaucoup beaucoup d’émotions, même un peu trop si vous voulez mon avis. Y a aucun équilibre entre les scènes parce qu’un coup ça rit un coup ça crie, tout de suite après ça pleure et même si après ça fait des cœurs et des câlins on est jamais sûr de rien. Je crois vraiment ça. Qu’on pourrait être un film de cinéma, un truc énorme un truc immense, un film de trois heures et quand les gens sortent de la salle ils savent même plus quoi dire, même plus dans quel sens penser, même plus dans quel sens ils sont rangés, même plus qui ils sont et c’est quoi la vie. Je voudrais bien ça. Même si j’aime beaucoup la vraie vie avec lui. J’aurais pas voulu jouer tout ce qui nous est tombé sur la tête et tout ce qui va nous arriver demain et dans mille ans. Je veux pas qu’on soit des acteurs qui font semblant même si y en a qui le font très très bien. Je dis juste que si on était un film, on serait un film comme ça. Avec de la super bonne musique du début à la fin.
Voilà.
Stop.
- T’as pas l’impression qu’ici on pourrait s’envoler ?
Plutôt que tomber.
Mais je suis peut-être juste trop amoureux.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyVen 7 Nov - 17:35

On fait que de sourire.
Sourire sourire sourire encore sourire et puis sourire un peu plus aussi. Je crois que tous les deux on se sent vraiment très heureux, à fleur de peau parce que très joyeux. Moi je me sens tellement rempli d’émotion qu’un rien pourrait me faire pleurer, crier, chavirer. J’ai tellement envie de dessiner mon bonheur sur le sable pour le montrer au ciel. Pour lui dire regarde, mais bon sang regarde comme je transpire de bonheur ! C’est que ça me fait un bien fou d’avoir retrouvé ma comète. La plus brillante de toutes, la plus rapide, la plus grande aussi. Coma c’est un amas de superlatifs. Et encore est-ce que c’est suffisant pour prouver sa grandeur ? Je ne crois pas.
Ah, et c’est qu’ils m’avaient manqué, mes petits papillons du ventre.
Là c’est un vrai insectarium à l’intérieur de moi. Ça bourdonne de partout. Brr brr brr. Et puis plein d’ondes électrique aussi. Ça me fait des petites décharges de partout, sous les côtes, sur le nombril, un peu partout. Et les poils de mes bras tout hérissés sur mon pull parfum Coma. C’est trop bien, ces sensations là, on se sent vivre. Survivre.
Il me dit que c’est pas la Tour Eiffel. Je hausse les épaules, c’est pas grave.
Il a pas encore compris qu’avec lui tout était magique ? Faudrait que je lui écrive une lettre où je lui dis qu’avec lui, tout ce qu’on fait, tout ce qu’on dit ça devient un peu irréel, hors du temps, magique. Même les choses comme prendre le bus, marcher côté à côte dans les couloirs à l’école, boire un verre d’eau. Je sais pas. Ça me fout quelque chose, à moi. Mais je pense que c’est encore la faute à l’amour qui vient mettre son grain de sel partout pour venir embellir tous les instants de la vie.
Je pense aux vieilles personnes. Celles qui se sont dit oui il y a cinquante ans. Et je me dis wow, wow mais c’est encore un truc immense, ça. Imagine-nous à soixante-sept ans, Coma et moi ? Avec beaucoup de rides autour des yeux et autour de la bouche à force de sourire. Et nous deux dans la même maison. Peut-être qu’on s’aimerait avec moins de passion, peut-être que ça brûlera moins fort dans nos ventre, mais je pense qu’on s’aimera toujours. Qu’on aura toujours ce petit sourire qui viendra fleurir sur la bouche et puis aussi ces petites galaxies au fond des yeux. Et puis la magie sera peut-être toujours là, elle aussi.
J’ai sa main dans la mienne ou ma main dans la sienne, je ne sais pas.
Elles s’emboîtent parfaitement.
Comme si elles étaient modelées pour se tenir ensemble.
On marche (main dans la main) avec nos pieds maladroits qui peinent un peu dans le sable et nos jambes fatiguées qui remontent tant bien que mal le sentier côtier. Je me rappelle un peu d’ici. De la falaise de Palo Alto. Mais ça remonte à un siècle, on dirait. Je crois bien que papa et maman nous emmenaient avec Debbie les dimanches après-midi où on savait pas quoi faire. Mais maintenant on fait plus rien de tout ça. Et puis la famille s’est un peu dissolue avec le temps. Papa dans le canapé. Maman dans la cuisine. Debbie ??? Et moi à la maison ou chez Coma. On se parle plus beaucoup. Je crois qu’on en a assez de vivre ensemble.
- Voilà m’sieur. Cadeau.
J’ai les yeux très ouverts.
Je regarde tout ce qui s’étend devant nous.
L’horizon vraiment, vraiment infini. On dirait que le ciel tombe dans la mer ou que la mer monte au ciel. L’océan moutonne un peu. Et puis le ciel il sait plus quelle couleur porter. Il y a des restes de nuages de plus sur les bords. Mais en face, tout en face de nous, c’est du bleu, rien que du bleu. Du bleu tellement profond qu’on dirait un ciel d’août. C’est très beau.
- T’as pas l’impression qu’ici on pourrait s’envoler ?
Je hoche plein de fois la tête. Pour dire oui, oui, oui, mille fois oui.
- Y’a de quoi devenir des oiseaux, là, je crois.
Je réponds.
J’ai le vent qui me gifle le visage. Mais une bonne gifle. La claque qui te rappelle que t’es en vie, que ton cœur bat toujours. Moi le vent ça me fait rougir des yeux et ça me donne envie de pleurer. C’est pas que je suis triste. Mais ça me brûle. Mes cheveux sont plaqués en arrière et je dois être vraiment pas beau.
Heureusement que Coma me regarde avec des yeux fiers.
Je lâche sa main.
- Attends, j’veux voir de plus près.
J’avance de quelques pas. J’ai préféré le lâcher au cas où que j’tombe. Je veux jamais avoir à l’entraîner dans une chute. Que ce soit une chute morale ou bien physique, comme maintenant. J’avance et puis je sens quelque chose me grignoter le ventre. C’est la sensation de la peur. Je me dis, et si le vent me pousse, qu’est-ce que ça fait ?
C’est dangereux, de jouer au funambule, comme ça.
J’ai mes bras qui s’écartent et mon corps fait comme une croix.
J’ai les paupières fermées. Le vent qui me fouette de partout. Si je fais deux pas, si j’avance de deux petits pas, c’est la chute. Le corps dans l’eau, les larmes de Coma pour faire monter la marée, tout ça. Mais je me sens vraiment vivant. Je me sens tellement vivant, tellement heureux. En plein dans la vie. Mais la bonne, celle qui te propulse vers le haut, au dessus des étoiles.
- COMA J’TE JURE J’TE JURE C’EST UN TRUC DE FOU CE QU’IL SE PASSE C’EST MAGIQUE FAUT QUE TU VIENNES ESSAYER
Je crie pour que ma voix chevauche le vent et parvienne jusqu’à lui. Je rouvre les yeux et me sens étourdi. Mes bras retombent. J’ai un sourire
comme
ça
sur le visage. Je fais demi-tour et je mange la distance pour arriver jusqu’à Coma. Je pose mes mains sur ses joues toutes froides. J’embrasse son front, l’espace entre ses yeux (tout en haut du nez), son menton et puis sa bouche. Je fais des bisous dessus plein de fois. C’est pour réchauffer ses lèvres. Puis je le lâche. Il doit se dire que je suis devenu complètement dingue avec mes cheveux en pétard mes yeux plein de larmes mon sourire béat et puis mes bras écartés de tout à l’heure. Je recule et je prends sa place.
Je le regarde.
J’aime bien me dire qu’il va vivre exactement la même chose que moi.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyVen 7 Nov - 20:24

Peut-être qu’à force d’être amoureux de lui c’est comme une maladie des yeux et ça déforme tout, comme si j’étais myope, sauf que là c’est plutôt pour me faire voir le monde en plus beau. Moi ça m’embête pas d’être malade d’amour (malade de lui, surtout, parce que l’amour sans lui ça existe pas, ça s’en va), ça m’embête pas de voir la vie distordue grâce à lui, même que mes symptômes je trouve que c’est les plus beaux du monde, je vais rendre tout le monde jaloux demain à l’école, ils vont me demander l’adresse de mon bourreau et tout.
Je montrerai Silas juste à côté de moi.
Je dirai : baaah, c’est lui ...
Et je sourirai comme un gamin ...
- Y’a de quoi devenir des oiseaux, là, je crois.
Ça me fait marrer parce que Silas est déjà un oiseau (et une étoile aussi, oui, une étoiseau), il y peut rien, c’est dans ses gênes (par contre je sais pas de qui ça lui vient, sûrement d’un arrière arrière grand-oncle stellaire parce que dans la famille Pollock y a que lui comme étoile sinon), et ça me fait rire parce qu’il le sait même pas. Il en parle tout le temps, Silas, des oiseaux, et il sait pas qu’il parle de sa famille, la vraie, celle du fond de l’âme.
- Attends, j’veux voir de plus près.
Là il me fait peur, là il fait vomir mon cœur.
J’ai envie de dire non putain mais il est déjà parti.
C’est un oiseau, donc il s’échappe.
Je le regarde s’approcher du bord, du vide, du vide puis de la mer, et mon cœur bat très très fort mais je sais pas si c’est parce qu’il est en train de flipper comme jamais il a flippé avant ou si c’est parce qu’il trouve que c’est magnifique, Silas au bord de la falaise comme ça, et qu’il sait plus quoi faire d’autre pour y survivre, à cette beauté, alors il se met à courir sans s’arrêter, un peu comme moi quand je fais des footing parce que je vais pas bien et que ça part en sucette. Moi je le regarde, mon Silas, et je crois que toute la vie est sortie de moi pour aller s’enlacer autour de lui, je crois que j’ai les bras qui pendent et la bouche un peu ouverte, étonnée parce qu’avec Silas, quand la beauté c’est fini, y en a encore. Et là il déploie ses ailes et, non, ses bras, j’ai du mal moi aujourd’hui, enfin non j’ai pas mal qu’est-ce que je raconte, j’ai bonheur, j’ai que du bonheur dans les veines et c’est Silas qui m’a fait la piqûre.
C’est dingue les cadeaux que la vie vous fait parfois.
Attends, qu’est-ce que je raconte moi ?
Non, la vie, elle m’a pas fait de cadeau non. Mon cadeau, ma récompense, d’abord je l’ai cherché pendant six ans et puis j’ai mis encore onze ans à comprendre que je l’avais dans ma vie depuis déjà le CP. Donc là, c’était mal barré. Mais mon cadeau, c’est tellement un prince et un ange et tout ça qu’ensuite il s’est démené pour attirer mon attention sur lui, pour me faire signe que, eh oh, il était là depuis bien longtemps là, et que lui aussi il avait envie de son cadeau maintenant. On est le cadeau de l’autre. Et c’est certainement pas la vie qui nous l’a offert. Non, on est allés se servir tranquillement. Enfin tranquillement, façon de parler. C’était assez mouvementé. Traversée de zones à astéroïdes un peu. Mais, eh, c’est bon maintenant.
Regardez.
Il vole.
J’en ai les yeux qui piquent.
Silas il a toujours pu faire des trucs incroyables. Comme me faire sourire dans les moments-trous-noirs, et encore plus dingue aussi. Mais là. Là ça dépasse tout ce qu’il a pu me montrer jusqu’ici. Là il pourrait faire danser les montagnes, il pourrait redonner la vie à toutes les étoiles qui sont en train de tomber, il pourrait faire tourner la terre dans le sens de son choix, il pourrait pleins de trucs et le pire c’est qu’il fera rien parce qu’il est trop timide.
Et aussi parce qu’il préfère rester comme ça les bras en croix mais bien en vie.
- COMA J’TE JURE J’TE JURE C’EST UN TRUC DE FOU CE QU’IL SE PASSE C’EST MAGIQUE FAUT QUE TU VIENNES ESSAYER
Hein ?
Moi j’ai juste des étoiles.
Des étoiles à fleur des yeux.
Juste au bord, là où se mettent les larmes.
Avant les sanglots.
Je le regarde revenir vers moi et mes yeux lui disent ce que ma bouche est pétrifiée de prononcer : mais comment tu fais pour être beau comme ça.
Merci.
Ils disent ça aussi.
Il prend mon visage avec ses mains comme s’il les avait passées dans un congélateur et il touche mon visage un peu partout comme s’il découvrait alors que c’est sa maison préférée. Il m’embrasse, aussi. Et ça fait comme embrasser un flocon de neige avec ses petites mains en glaçons, sauf que je sais très bien que c’est mon Silas. Je le sais que c’est mon soleil et que normalement il brûle et il me brûle parce que c’est ce que les soleils font de leurs journées. Je le sais parce que ça sent l’univers et le gel douche pour petit garçon, je le sais parce que ça sent la Bétadine sur les blessures à répétition (c’est pas toujours ma faute), je le sais parce que nos nombrils se reconnaissent et s’embrassent eux aussi même avec le tissu. Je le sais parce que je connais sa langue du début à la fin. Je le sais et je pourrais le reconnaître les yeux fermés, lui et ses baisers qui ont toujours été pour moi, on pourrait me jeter dans la foule que je le trouverais quand même, il suffirait de traquer les étoiles et Silas, il serait là. Je le sais très bien que c’est lui et j’enroule mes bras autour de sa taille pour que ça continue, avec mes doigts qui se referment sur mon poignet pour lui faire une véritable prison-Coma.
Il m’atomise.
Il me bombarde.
Dit comme ça, ça fait pas vraiment envie.
Mais moi je sais de quoi je parle donc on s’en fout.
C’est mon tour maintenant, au dernier moment je résiste à le tirer par la main pour l’emmener avec moi parce que parfois faut regarder le spectacle tout seul, et faut que moi aussi, je lui en offre un. Sauf que moi je suis pas aussi taré que lui, moi si je tombe les étoiles viendront pas me récupérer, donc je mets les mains dans mes poches pour pas taquiner l’équilibre. Je vais quand même jusqu’au bout de la falaise, jusqu’à pouvoir tâter le goût de la mer sous les semelles de mes baskets de luxe. Et je reste comme ça. Et je m’en prend plein la gueule. Et avec Silas comme un grand feu de joie dans mon dos, et la mer à perte de vue (où est-ce que ça s’arrête ?!?) j’ai l’impression d’être le roi du monde. Y a vraiment que lui, Silas, pour me faire faire des trucs pareils. Pour me faire toucher la Vie du bout du nez. Pour me pousser à presque me suicider rien que pour le plaisir de vivre un peu. Je sais plus si je nous tire toujours vers le bas, mais lui, c’est sûr, il me catapulte direction le ciel et il arrive à m’y emmener sans toucher les obstacles et sans nous faire d’égratignures, sain et sauf.
Je souris tranquillement.
Dire que demain et la semaine prochaine seront comme ça.
Putain j’ai vraiment de la chance.
Je me retourne quand je trouve que ça suffit et puis évidemment mes yeux tombent sur lui. Tu veux qu’ils fassent quoi. C’est là qu’ils habitent, c’est là qu’ils ont élu domicile fixe. Je souris (courbatures en vue) et je m’approche de lui en tendant les bras, non, le corps tout entier avec le cœur en offrande. Je l’entraîne et je sais pas si on tombe ou si on s’allonge mais en tous cas je sais qu’on le fait à deux et qu’il est dans mes bras donc le reste peut bien rester où il est.
L’herbe est un peu froide contre mon dos.
Mais sur mon torse Silas est brûlant.
Je me mets à compter les secondes ou alors les heures.
Un
deux
trois
Douze
Temps mort.
- Si j’mourrais demain j’aurais vachement le seum parce que je sais que je raterais des milliers de journées comme ça avec toi.
L’amour avec Silas c’est vraiment surnaturel.
Les autres, ils ont pas ça, c’est pas possible.
Ou alors, ils nous l’avaient pas dit.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyVen 7 Nov - 21:22

Et donc je le regarde.
Je le regarde qui s’avance, les poings dans les poches, le regard vers l’avant. Moi je devine son dos sous ses vêtements. Il a l’air plus timide que moi face au spectacle qui se joue devant lui et sous ses pieds. Mais je comprends, enfin, c’est que c’est effrayant et impressionnant ce qu’il y a là-bas. J’vous, jure, ça vous transcende. On a peur de tomber, peur de jamais réussir à se rattraper, on a peur de s’envoler vers l’haut. Et puis en même temps on est tellement attiré, on a envie de voir, de se pencher un peu pour observer ce qu’il se passe plus bas. Moi c’est comme ça que je le ressens. Aussi fort, aussi grand. Et puis ça m’a fait un peu la même sensation que sur le pont d’un bateau qui navigue dans les vagues et dans le vent. Les secousses en moins. Ça te pénètre par tous les pores de ta peau, ça te fait pleurer, ça te réveille et t’assomme en même temps. Je crois que se manger une météorite dans la tête c’est presque pareil.
Un gros Big Bang rien qu’à soi dans son corps.
Puis Coma montre son dos à la mer et nos yeux se tombent dessus pour la cent cinquante millième fois de l’après midi. Il a encore des morceaux de sourire entre les deux et à la commissure des lèvres. Je pense que sur ma bouche aussi ça doit être pareil. On doit avoir le visage tout barbouillé. Barbouillé de nos retrouvailles, de nos pleurs anciens, de nos amours nouvelles, de nos baisers qui se retrouvent, de l’émotion emmagasinée ces trois dernières semaines.
Ses mains se tendent vers moi.
Je le regarde encore et encore et encore et j’ai des milliards de cœur qui sautent de mes yeux pour venir se lover contre mon étoile filante.
Son corps vient se cogner contre le mien et on s’écroule dans l’herbe molle et haute, fragiles. Lui tombe en avant, moi en arrière. Mes cheveux s’étalent autour de mon visage. On doit rouler un peu ou quelque chose comme ça parce qu’on est tout emmêlés et je suis complètement sur lui et lui complètement sous moi. Je le vois de très très près. D’aussi près que quand on fait l’amour. Ça me rappelle d’ailleurs que ça fait un bout de temps qu’on s’est pas touchés en dessous des vêtements. J’ai encore mon sourire agrafé à ma bouche et mes yeux qui pétillent comme de la limonade.
Coma c’est mieux de le regarder en grand écran. De pouvoir caresser tous les détails de sa peau avec ses yeux. Et moi j’adore faire ça, le détailler. Couvrir chaque millimètre de lui avec mes iris, photographier chaque morceau de lui à chaque fois que je ferme mes paupières (quand je les laisse ouvertes plus longtemps c’est que je fais un film). Mais là j’arrête pas de cligner des yeux. Là je suis en train de regarder ses sourcils et puis aussi son front, à la naissance de ses cheveux. Je pense très fort putain mais qu’est-ce que t’es beau Coma, t’es tellement beau je voudrais t’embrasser de partout, te photographier avec ma bouche et apprendre par cœur chaque instant, chaque centimètre de toi.
Il me renverse ce garçon.
Il me fout par terre.
La preuve il y a cinq minutes j’étais encore debout et là je suis écroulé sur le sol dans ses bras à papillonner des cils parce que j’arrive plus à rien faire d’autre que ça. Le regarder le regarder le regarder le regarder. Je veux jamais l’oublier (je pourrais pas, de toute façon, comment est-ce que je pourrais imaginer une seconde perdre un souvenir de lui). Et pourtant ça failli se produire. Les nuances de son parfum, je m’en souvenais plus. La veine dans son cou, je m’en souvenais pas non plus. Et plein d’autres petits détails comme ça. C’est pour ça que j’aime les regarder, les détails de Coma. C’est qu’il y en a tellement qu’à chaque fois que j’opère ce travail j’en découvre de nouveau et je les imprime dans mon cerveau.
Dans les murs de ma tête il y a des bouts de lui partout sur les murs.
C’est un sacré spectacle (on dirait une galerie d’art).
- Si j’mourrais demain j’aurais vachement le seum parce que je sais que je raterais des milliers de journées comme ça avec toi.
Je pousse un soupire/sourire. En fait c’est une tentative de soupir qui échoue à cause de mon croissant de lune sur le visage qui est complètement béat et qui va finir par se transformer en pleine lune si ça continue comme ça.
- Tu mourras pas demain. Et puis on en a déjà raté vingt-et-unes, des journées comme ça …
Ça veut dire qu’il faut les rattraper.
Faut courir après, aller les chercher et les ramener auprès de nous pour qu’on puisse les vivres. Eh, attendez, on peut pas les laisser s’enfuir comme ça. Et c’est ce qu’on est en train de faire, là, Coma et moi. On rattrape ces jours perdus à s’engueuler et à broyer du noir et du vide. Là on s’élance derrière elles. Je nous imagine sur une route presque infinie, main dans la main, à courir un sprint incroyable et s’arrêter pour prendre le temps de vivre un peu.
Un peu comme maintenant.
Nos deux corps dans l’herbe animés par une tendresse infinie.
Je ferme les paupières.
Et je vois toujours son visage à travers elles.
Je les rouvre.
J’ai une main posée sur sa nuque et l’autre qui caresse ses cheveux. Tout doucement. Du front jusqu’à la fin de la tête. Mes doigts glissent contre son crâne, s’en vont puis reviennent. Mes yeux dans ses yeux je continue mes gestes d’amoureux. J’ai le cœur qui bat, qui se débat comme un dingue. On dirait qu’il veut sortir de mon corps pour sauter dans les bras de Coma lui aussi. Il est incroyable, ce garçon. Il me donne la sensation que tout vient des étoiles, du soleil, des galaxies, etc.
Et puis je l’embrasse. Je l’embrasse très fort. Je fais beaucoup de fois le tour de sa bouche (j’ai arrêté de compter, je sais plus où je me suis arrêté la dernière fois). Mais là j’espère que y’a personne pour nous voir. Parce que ce qu’il se passe, là, c’est un truc entre Coma, le ciel, la mer et moi.  Y’a que ces quatre éléments là qui ont le droit de voir et de savoir. Les yeux indiscrets, allez vous-en.
Et puis un peu inconsciemment, un peu comme ça, je tire la chemise hors du pantalon de Coma pour pouvoir glisser ma main entre sa chemise et son ventre et en sentir la chaleur irradier tout contre ma paume gelée.
- Désolé pour le choc thermique
Je m’entends rire (un peu bêtement).
Ça me fait plein de petites décharges électriques au bout des doigts de sentir sa peau tendue. Je la fais remonter un peu plus, ma main, jusqu’à sentir le relief de ses côtes (entretemps j’ai arrêté de l’embrasser de partout, mais je suis tellement heureux et tellement amoureux faut me comprendre, aussi).
Je me laisse tomber sur le côté, je ramène ma main contre moi (elle a froid maintenant), et je m’allonge contre lui, épaule contre épaule, coude contre coude, main contre main.
J’ai les yeux qui regardent le ciel.
J’ai des fourmis dans mon bas-ventre, j’aurais peut-être pas dû trop aventurer mes doigts sur sa peau, comme ça. C’est comme si des morceaux de moi tombaient dans les pommes (ou plutôt dans les étoiles). Le grand vide à cause d’un trop plein.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptySam 8 Nov - 11:11

- Tu mourras pas demain. Et puis on en a déjà raté vingt-et-unes, des journées comme ça …
Je ferme les yeux parce que j’aurais préféré qu’il en parle pas, de ça, des trois semaines, ça me rappelle comment il se passait absolument plus rien dans mon corps, ça me rappelle que j’ai cherché mon cœur partout pendant une semaine jusqu’à ce que je comprenne qu’il me servirait à rien puisque Silas était parti, ça me rappelle quand le monde était encore en couleurs et que c’était juste moi qui arrivais plus à les percevoir, ça me rappelle les soirées sans rien à se bouffer les ongles, se ronger le ventre, se torturer les doigts, à chercher comment remplir les vides qu’il avait laissés en partant. Ça me rappelle trois semaines où j’étais plus moi, où j’étais vraiment personne, là, pour de vrai, Nobody plus qu’un nom de famille, où j’envoyais chier tout le monde parce que y a que Silas qu’aurait pu me consoler. Ça me rappelle trois semaines que je préfère oublier, cacher dans un tiroir pour plus y repenser.
Peut-être que Silas a envie d’en parler.
Peut-être qu’il a des instructions à me donner pour Sima 2.0.
Peut-être qu’il est gentil avec moi pour faire le sérieux après.
Il m’avait dit « il faut qu’on parle » et en vrai on a pas du tout parlé, on s’est dit qu’on se manquait autant que le soleil à la lune quand c’est l’heure de la nuit (sauf qu’eux, leur histoire d’amour est encore plus impossible que la nôtre, c’est un truc à vouloir disparaitre ça), et puis avec le baiser j’ai cru que tout était fini qu’un deuxième truc commençait et qu’on était ensembles et qu’on allait le dire et le montrer et le répéter à tout le monde demain toute la journée. Je suis de plus en plus doué pour me planter.
Et puis y a sa main.
Ses doigts de fée.
Ses doigts qui viennent faire la magie.
Mon front, mon nez, mes yeux, mes joues.
Et puis y a moi qui me dit :
Mais putain mais quand est-ce que tu vas arrêter.
Quand est-ce que tu vas te calmer et t’ouvrir en grand.
Fleurir vraiment.

Pardon.
Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. Évidemment qu’il m’aime. (…)
Évidemment qu’il m’aime.
Je crois même qu’il a pas très envie de parler parce que ses doigts poussent mon pull et évincent ma chemise pour se poser contre mon ventre plat presque creux de pas avoir asse goûté de Silas ces derniers temps. C’est froid et chaud, sa main qui balaye mon torse, c’est un « choc thermique » comme il dit, c’est l’été qui rencontre le froid, c’est la timidité qui se mêle au désir, c’est l’hésitation qui se cogne au oui, c’est une invitation.
- On rentre.
Je voulais faire une question mais finalement je me suis planté dans la ponctuation.
J’ai jamais écouté en grammaire, voilà ce que ça fait.
Je me relève et je prends ses mains pour l’aider à faire pareil, quand il arrive debout il est pile à ma taille pour que je l’embrasse alors c’est ce que je fais. Un truc rapide juste comme ça juste parce que j’avais envie juste parce que j’ai le droit juste parce que c’est ce que les amoureux font et que c’est ce qu’on est. On fait demi tour mais pas marche arrière. Il est venu sans son vélo et moi sans son mon skate. Je me rappelle avoir marché tranquillement avec des débuts de sourire sur le visage et le commencement d'un ulcère dans mon ventre, mélange étrange d'excitation et d'angoisse, le mec qui sait pas où il va mais qui le sait un peu. Il est venu à pieds et je le ramène sur mon dos parce que Silas il fait à peu près le même poids qu’une poussière spatiale. Il pèse rien mais il est très très beau.
On rentre.
Sur le chemin je souris rien que d’y penser.
J'espère qu'il y aura personne à la maison et au pire si y a quelqu'un je dirais ben voilà c'est mon amoureux (même si c'est tellement plus que ça mais les autres peuvent pas comprendre et j'ai pas l'intention de me lancer dans des tentatives ratées de poèmes pour leur expliquer). Parce qu'aujourd'hui j'arrête de déconner. C'est pour ça le sourire aussi. C'est que y a un truc dans moi qui s'est enfin réparé et y a une voix (la mienne) qui me dit c'est bon maintenant t'arrêtes, t'arrêtes de construire des murs pour te les prendre en pleine gueule ensuite, t’arrêtes de dire oui, non, noui, t’arrêtes de te refuser toutes les beautés qui te passent devant le nez (combinées dans le petit corps de Silas), t’arrêtes de le faire exprès. Et moi je vais lui obéir. Je vais me mettre au garde-à-vous et je vais arrêter de jouer au roi des cons, ça me va même pas.
- Hello ?
Rien de rien.
Avec Debbie j’aimais bien entendre un « Coma c’est toi » comme ça elle allait discuter un peu avec mes parents et ça repoussait le moment où faudrait fermer les yeux pour enlever sa robe et aussi pas faire de bruit parce qu’on était censés faire nos devoirs.
J’aurais préféré qu’on travaille vraiment.
Mais là, je suis avec Silas et je souris.
Encore trois marches qui me séparent de son corps.
En-corps.
J’ouvre la porte de ma chambre et tout de suite je l’embrasse en accrochant sa taille et tout plein d’autres gestes pressés. Ça me rappelle le baiser de tout à l’heure parce que nos mains sont tellement contentes qu’elles trébuchent sur le corps et sur les angles de l’atre, parce que nos bouches ont à la fois envie de sourire et de s’embrasser, ça donne quelque chose comme un baisourire, parce qu’on dérape et qu’on déraille mais en beauté, parce qu’on est tellement heureux qu’on arrive pas à se concentrer, y a pas un silence de cathédrale entre nous comme la première fois où je lui ai enlevé son pantalon, un silence qui respecte et aussi un silence qui a un tout petit peur peu peur d’un truc aussi ouf, aussi beau. Parce qu’on a oublié un peu aussi je crois, parce on a trois ans et on découvre ce que c’est d’exister.
Je m’arrête deux secondes.
Silas est beau. Putain que Silas est beau. Silas c'est la preuve qu'on a pas besoin d'être grand, beau, bien coiffé, toujours bien habillé, bien aimé, et encore moins d'être une fille, on a besoin de rien de tout ça pour rendre quelqu'un (moi) dingue. Silas a la forme des étoiles que je dessine dans mes cahiers à l’école.
La tête qui pointe vers le ciel.
Les bras toujours écartés prêts à me serrer contre lui.
Les deux jambes un peu raides.
Elles demandent de l’aide pour avancer (moi, je suis là.)
Et j'ai oublié de respirer.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptySam 8 Nov - 19:59

- On rentre.
Je hoche la tête pour dire oui et puis je sens ses mains dans les miennes qui me relèvent d’un coup et puis aussi sa bouche qui vient se poser contre la mienne, bouffée d’oxygène.
Coma me porte sur son dos et ça me fout encore un sourire béat sur la tronche. Je vais avoir plein de courbatures au visage demain matin à cause des rires, des sourires et puis aussi des baisers. Ils arrêtent pas de pleuvoir, ceux-là, pour notre plus grand bien (je ne m’en plains pas). Coma marche vite et ça secoue un peu là-haut mais c’est quand même bien. Et je sais où on va et ça me rend dingue de bonheur.
On arrive devant chez lui et je retrouve les pieds sur le sol.
C’était quand même chouette sur son dos, c’était presque la tête dans les étoiles et tout ça. J’espère qu’il le refera plus souvent. Et puis c’est toujours plus beau le monde quand on le voit de plus haut. Surtout quand il y a Coma en dessous et ses cheveux qui bougeaient dans le vent. Mon cœur bat très vite, j’ai ma main dans la sienne. Elles sont incapables de se lâcher, on dirait.
On entre dans sa maison (personne).
On marche en courant un peu dans ses escaliers. Je sais aussi qu’il est en train de sourire. Je le sens à sa façon de me serrer un peu les doigts quand ma main est dans la sienne. Il ouvre la porte de sa chambre de sa main libre et moi je la referme immédiatement avec mon pied. Ses lèvres s’écrasent sur les miennes. C’est ce qu’elle font, boum. Ça fait effet démolisseur dans mon ventre. Mais un bon démolisseur. Celui qui remplace tes organes par des choses beaucoup plus jolies et presque musicales.
J’ai déjà enlevé mon (son) pull et mon tee-shirt et ils gisent au sol.
Puis à un moment Coma arrête tout. Sa bouche ne bouge plus, ses mains non plus. On se regarde. Je trouve que Coma est absolument magnifique quand ses cheveux ont été désordonnés par mes mains et par le vent. On dirait qu’il descend d’une étoile. Coma c’est mon étoile, mon soleil, mon tout, mon petit morceau de ciel que j’aime regarder et regarder et encore regarder.
Je cligne des yeux.
(photo)
Et puis, avec des gestes moins pressés, je continue de le déshabiller. J’arrive pas à freiner la hâte dans mes doigts, ça me fait un peu trembler des mains et tout ça. C’est pas de la peur. J’ai pas peur de voir Coma tout nu, je l’ai déjà vu plein de fois. D’abord quand on était gosses et que ça m’était égal. Puis on a commencé à grandir et j’ai préféré regarder mes pieds que le regarder lui. Puis encore un peu après où j’avais les joues toutes rouges dans les vestiaires et que je disais que c’était rien qu’une histoire d’effort, que j’étais essoufflé et tout ça. Mais faut le voir sans ses vêtements, Coma. Faut voir son torse, ses bras, son bassin, ses fesses, ses cuisses, ses jambes. Il est vraiment incroyable. Et moi ça me rend clairement heureux parce qu’à côté je suis pas très beau à regarder. J’ai pas beaucoup de muscles, j’ai l’air un peu chétif même si j’ai des grosses joues. Tu m’étonnes que les filles se soient jamais retournées sur mon passage.
Heureusement que Coma me regarde avec son cœur.
Et pas seulement avec ses yeux.
Ça doit vachement m’embellir.
Et puis on se retrouve tout nus l’un devant l’autre et puis l’un sur l’autre sur son lit (parce que je le pousse, Coma, je suis peut-être moins fort en apparence mais là lui comme moi sommes incapables de résister aux attaques amoureuses de l’autre). J’ai son corps brûlant sous le mien.
Et il me semble que je pourrais passer toute ma vie
à faire glisser mes mains sur lui et à embrasser chaque parcelle de sa peau.
(éclipse magique et hors du temps qui n’appartient qu’à nos corps et à nos cœurs)
Je pensais pas que le « il faut qu’on parle » aurait conclu sur ça. Enfin, je suis pas mécontent, bien au contraire. Mais je savais bien que je pourrais pas m’en empêcher : le tenir contre moi, l’embrasser, le toucher, lui sourire. Au final, il ne reste plus vraiment de place pour les mots. C’est plutôt la porte ouverte sur l’amour, la tendresse et la ribambelle de jolies choses qui vont avec.
Ça fait un peu réconciliation sur l’oreiller.
On est tous les deux étendus sur le lit.
J’ai même pas la couette pour me cacher. Me cacher de quoi, après tout ? De rien, au final. J’ai rien à masquer devant Coma, au contraire. C’est le seul garçon pour qui je suis capable de me déshabiller et même d’être un garçon sans rougir. Enfin, je rougis d’amour et d’effort mais jamais de gêne. Je me mets sur le flanc.
Ma main vient encore se promener sur Coma.
Elle fait le tour de lui. Les épaules, le cou, la clavicule, le nombril, puis tout le torse, le bas-ventre, la naissance de la cuisse, les côtes. Tout dans le désordre. Elle suit un chemin pas du tout tracé qu’elle invente au fur et à mesure des centimètres parcourus.
J’embrasse la pointe de son épaule et je pose ma tête dessus. J’enroule aussi son torse avec mon bras et je me colle contre lui. Je le serre fort.
- Quand j’disais il faut qu’on parle je crois que c’était pas vraiment pour parler. Peut-être que c’était juste un prétexte pour te revoir et te regarder. Mais ça a valu le coup, hein. Parce que regarde on a même pu s’embrasser plus d’une fois, se toucher. C’est vraiment un chouette truc d’être amoureux. Et puis moi je veux bien tomber un milliard de fois amoureux de toi, encore, ça me pose aucun souci.
Je sais pas pourquoi je dis tout ça.
Ça doit même pas l’intéresser.
Peut-être qu’il dort.
Moi j’ai une vue sur sa peau qui se baisse et s’élève avec sa respiration. Et j’ai encore un tourbillon de flammes dans le ventre. C’est génial, l’amour. Et c’est encore mieux quand je le fais avec Coma. Pas que tomber amoureux mais aussi faire l’amour tout court. On dirait que tous les feux d’artifice du monde ont décidé d’exploser en même temps.
Ça fait fanfare dans les veines, ça essouffle gentiment.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyDim 9 Nov - 9:40

Quand je reprends mon souffle ça fait un petit bruit de survie.
Mais de toute façon, j’allais pas mourir avec mon super héros juste là.
Donc Silas c’est une étoile et je suis en train d’enlever toutes les couches brillantes qui mènent au petit être humain qui se cache à l’intérieur. Le petit corps plume de Silas. Silas n’a que la peau sur les os, je pense qu’il pourrait même pas l’enlacer et me soulever du sol, me faire voler (quoique, avec un peu d’adrénalinamour), mais il peut faire tellement d’autres belles choses avec son corps que c’est pas grave. Je sais qu’il s’aime pas comme il est, d’ailleurs, maigre à se faire des bleus en l’enlaçant, je comprends pas, il est sublime avec sa clavicule qui fait comme un repose-étoiles en haut de son torse et ses côtes qu’on dirait de l’accrobranches pour les plus petits des oiseaux et enfin ses hanches, mon port d’attache, mon accroche au monde. J’y fais buter mes mains, dans ses hanches, pour l’accompagner dans le geste qui fait tomber son caleçon. Lui il se débat avec le mien, de ses doigts de fée-fille, plus il essaie moins ça marche, je ris dans ses cheveux et ça y fait comme un coup de vent.
Deux secondes mon amour.
Deux secondes.
Je souris quand on tombe comme tout à l’heure, mais cette fois dans mon lit et cette fois épiderme contre épiderme, peau de bébé (lui) contre peau à bleus (moi, à force de me bouffer tous les coins de meubles, même les arrondis). Il est au-dessus de moi et puis c’est l’inverse, j’ai posé ma main là où les filles ont des seins et là où Silas, lui, a tout plein d’étoiles à offrir, je souris et puis j’embrasse son cou, son nombril, sa bouche. J’ai déjà la tête à l’envers. Les yeux à la place de la bouche, les lèvres à la place des paupières, je l’embrasse avec mon regard et je le regarde avec ma langue.
Nos corps se cognent dedans.
Mais c’est beaucoup plus beau qu’une bagarre.
C’est de la poésie.
C’est une vraie chorégraphie. C’est de la danse classique et du twist à la fois, parce que c’est beau et parce que ça va tellement vite que ça me fait perdre la tête. D’ailleurs, elle roule dans le cou de Silas et je la trouve très bien comme ça alors je la laisse là le temps d’y poser trente mille baisers comme ça, quand il partira ce soir ou demain, il aura l’embarras du choix, comme souvenirs. Moi j’ai du mal à penser dans l’ordre, j’ai du mal à respirer correctement et j’ai du mal à comprendre ce qu’il va m’arrive, parce que ses doigts parce que ses reins parce que ses jambes parce que ses oreilles parce que la naissance de ses cheveux parce que sa mâchoire parce que ses chevilles parce que son ventre parce que son dos parce que son torse parce que son nez parce que ses bras parce que lui tout entier autour de qui le monde tourne (et parce que son cœur que j’entends très fort).
Au fait.
Vous voulez savoir ce qu’on trouve aux pieds des arcs-en-ciel ?
Bah, ça.
L’osmose Sima.
C’est ça le jackpot à la pointe de l’arc-en-ciel.
Quand c’est fini je continue d’embrasser ses joues et son cou.
C’est pas parce que c’est fini qu’il faut tout de suite arrêter de se toucher.
Je prends sa main et je la pose sur mon cœur pour qu’il se rende compte à quel point il arrive à faire voler tous mes organes (et à la fin, je vais m’envoler) (mais comme on se tiendra toujours au moins du bout des doigts, il sera là, et puis lui, de toute façon, voler, ça le connaît). Je prends sa main et je la pose sur mon cœur pour qu’il le sente un peu. Je dis tout le temps que Silas me touche direct au cœur mais c’est que de la métaphore, en vrai Silas l’a jamais touché mon cœur. Alors je pose sa main pour qu’il le sente respirer pour lui.
Et moi je respire encore trop vite.
Avec Silas je redécouvre le verbe « exister ».
À tous les temps du monde.
Je le regarde avec mon cœur qui court un crosse.
J’aime le garder et le regarder.
Non mais d’où il le sort son sourire ? J’ai jamais vu quelqu’un être aussi beau en souriant. Y en a même qui sont moches. Le reste, c’est pas compliqué, et je le sais parce que j’en fais partie, ils tirent sur leurs joues pour que le sourire et le soleil montent jusqu’aux yeux, ils montrent un peu les dents. Et voilà. Mais Silas non, Silas il s’est dit je vais taper dans l’original et dans le beau, je vais aller demander conseil au ciel et tout ça. Je suis sûr qu’il l’a fait. C’est pas possible autrement, un sourire pareil. C’est pas possible. Quand il fait semblant de sourire c’est beau aussi. Et qu’il sourie en petit ou en gigantesque, c’est pareil, ça t’éblouit, euh, jusqu’au fond du pantalon quoi. Lui, putain, son sourire, il invoque les étoiles. J’en ferais des dissertations et j’aurais 20/20.
De toute façon Silas est beau.
Vous me ferez pas changer d’avis.
Silas est beau avec ses pantalons trop courts. Silas est beau dans ses pulls énormes. Silas est beau avec sa fumée de cigarette qui s’échappe de sa bouche. Silas est beau avec les cheveux dans le mauvais sens. Silas est beau quand il vient juste de se réveiller et qu’il se souvient de ses rêves mais pas tout à fait de lui-même. Silas est beau sur toutes les photos. Silas est beau quand il se brosse les dents et qu’il a du dentifrice partout. Silas est beau en jogging. Silas est beau quand il me regarde de ses yeux les plus brillants. Silas est beau même quand il est moche. Silas est jamais moche.
J’ai l’impression d’être une gamine de treize ans.
- Hein quoi ? Tu disais quoi ? Scuse. J’te regardais sourire.
Putain c’est niais.
- J’te jure ...
Je me cache dans lui, mes joues chaudes contre son torse.
- Je t’aime.
Et un bisou sur le torse.
Ça fait longtemps que je l’avais pas dit.
Au moins cinq minutes (tout contre son épaule, pour que ça donne comme un tatouage).
- Tu dors ici ce soir ?
Ça fait longtemps qu’on a pas dormi ensembles. Avant quand on était amis (y a cent ans), on le faisait tous les week end et puis quand j’ai commencé à sortir avec sa sœur j’ai remplacé nos nuits de mecs par des nuits « d’amour ». Ça fait longtemps qu’on a pas dormi ensembles, ça fait plus de trois semaines, et dormir avec lui en amoureux c’est encore mieux que dormir avec lui à huit ans (évidemment). Moi j’aime plus que tout (mais pas plus que lui) le regarder dormir. C’est mieux que l’art et c’est mieux que la cigarette. J’aime l’air de néant qu’il y a sur son visage, j’aime me coller contre lui pour aller le retrouver dans ses rêves, j’aime attendre de le voir se réveiller le matin, voir ce que ça fait quand j’ouvre mes volets et que les deux soleils (lui et l’autre) se rencontrent. J’aime voir son visage qui recommence à prendre vie et qui comprend pas tout de suite ce qui se passe, qui capte qu’une seule chose : moi, et sa main qui se tend vers ma joue pour dire bonjour. J’aime bien lui préparer son petit-déjeuner et le regarder manger ses céréales, avec des morceaux de rêves encore collés aux paupières.

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyDim 9 Nov - 15:27

J’ai encore le corps hérissé du grand-frisson. Le frisson Coma.
Ça me fait un effet froid/chaud sur toute la peau.
Ses mains c’est pas seulement un effet guérisseur mais ça a aussi des vertus élévatrices. Je sais pas comment il fait mais il a le don de nous envoyer un peu plus haut que sur terre. Tout a un parfum stellaire, c’est incroyable. Coma est incroyable. Dans tout ce qu’il dit, fait, entreprend. Il me balance des tonnes d’étoiles dans les yeux jusqu’à l’aveuglement. Moi j’en redemande. Puis c’est pas seulement ses mains c’est … chaque morceau de lui. Ça me réveille, ça m’essouffle sans me fatiguer, ça me courbature, ça fait voler un essaim de papillons dans mon ventre. C’est un sacré garçon.
Heureusement qu’il est rien qu’à moi.
Je me demande si Debbie a connu des instants aussi magiques avec lui, aussi forts. J’en suis pas certain. Parce que, putain, quand elle parlait de lui, ça avait rien à voir avec moi. Elle en parlait avec ses yeux dans sa soupe, le même ton de voix. Elle disait oui Coma Nobody c’est mon copain. Je sors avec lui. Je pourrais pas, moi. ce serait mentir. Je dirai plutôt : Coma Nobody c’est mon amour, je l’aime et le chéris. J’existe à travers, grâce et pour lui. Bouteille d’oxygène, poumon droit, épaule, jambe, deuxième rein, deuxième œil. C’est plus qu’une partie de moi. C’est la moitié de Silas Pollock. Ça sert à quoi, sinon ?
Moi mais même quand je pense à lui j’ai le visage qui s’illumine de toutes les couleurs du monde. Et quand j’en parle mais oh là là, je pourrais écrire des romans pour expliquer comment je l’aime et combien. Y’en a, des phrases à faire et des mots à inventer spécialement pour le définir.
Il bouge un peu contre moi.
Ça fait encore des brassées de sensations dans mon ventre.
Je vous jure, je sais pas comment on fait pour calmer tout ça, mais j’ai l’impression que c’est impossible. J’ai tout mon corps qui tremble, qui s’agite, qui arrive pas à se calmer. Et à chaque fois qu’on fait l’amour avec Coma, c’est pareil. Ça me secoue, ça me remue dans tous les sens. On dirait qu’il faut que chaque composant de mon corps revienne à sa place initiale parce que là ils se sont tous perdus dans le voyage céleste offert par la comète Coma.
- Hein quoi ? Tu disais quoi ? Scuse. J’te regardais sourire. J’te jure ...
Je m’entends pouffer un peu.
Il a son visage sur mon ventre.
J’étends un peu le bras pour pouvoir caresser ses cheveux, masser son crâne et sa nuque. Puis ses lèvres viennent épouser la peau de mon torse.
- Je t’aime.
Je suis en train de couler dans un océan de tendresse et de bonheur. Et c’est vraiment bon de se laisser aller, comme ça. Je veux dire, de fermer les yeux et de penser très fort et de savoir qu’on est heureux. C’est absolument dingue, comme sensation. Ça fait bulle de confort qu’on voudrait jamais avoir à quitter parce que c’est un trop beau voyage. Faudrait être malade pour vouloir retourner dans la vraie vie. Pas après ça.
- Pareil. Très fort.
Je murmure. Mon autre bras vient chercher son dos et je le serre contre moi. Nos peaux collent un peu. Je crois qu’on forme un joli puzzle, un joli dessin, un joli tableau. Malgré moi qui vient un peu noircir l’œuvre avec mes angles trop coupants et décousus.
- Tu dors ici ce soir ?
Je bouge de façon à avoir mon visage en face du sien.
C’est que moi aussi j’passe beaucoup de temps à regarder ses yeux son nez sa bouche ses sourcils et tout ce qui compose son visage.
- Ben oui.
Je pense à nous deux dans le même lit mais pas pour l’amour cette fois-ci. Encore un truc qui me rend heureux. Ces derniers jours je commençais vraiment à avoir froid à force de dormir tout seul. C’est que j’avais perdu mon morceau de soleil qui venait me réchauffer de temps en temps. Et là je pense que je vais dormir avec lui et ça me rend tout slkdhudnguskngk. Je pourrais regarder son dos quand il sera tourné de l’autre côté. Mais moi j’ai jamais pu le regarder dormir vraiment. Je tombe toujours dans le sommeil avant lui. J’suis pas un grand résistant, moi. Et puis je m’endors beaucoup plus vite avec Coma avec moi. C’est qu’inconsciemment, je dois me sentir en sécurité, protégé par l’espèce d’aura qu’il dégage tout le temps. Et puis pour une fois il sera pas à quelques quartiers de moi mais plutôt à quelques centimètres. J’aurai qu’à bouger la jambe ou le coude pour le savoir là. En train de rêver.
Je pose ma main dans son cou.
Je suis toujours en train de le regarder.
Ma main disparaît pour faire des glissades sur les montagnes russes de son corps. Le point culminant c’est les côtes. Elle part de là, tombe dans le creux de la taille puis grimpe tout doucement la pente qui mène jusqu’aux hanches. Moi je regarde son nombril et aussi tout ce qu’il y a sous son nombril.
- Bon et euh … Ça veut dire qu’on est repartis comme avant, là ? Elle est partie la tristesse, hein ?
Dis-moi qu’elle est partie, cette foutue tristesse. Et qu’elle reviendra pas, jamais. J’espère qu’aujourd’hui on a pas fait tout ça pour combler le manque et le vide atroce et que demain ça repartira comme hier. Mais non, c’est pas possible. C’est trop sincère. On peut pas toucher les gens comme ça avec les mains et avec l’âme pour faire semblant. C’est que j’ai eu tellement peur de le perdre que maintenant j’ai peur qu’il s’en aille. Mais je crois que c’est bon, on peut passer encore dix ans comme ça, enlacés, à regarder l’autre. On est pas prêts de se lasser, de se quitter, de se déchirer. Puis de toute façon on en a pas envie, hein, on veut pas. C’est qu’aujourd’hui le soleil s’est remis à briller, le monde à tourner, Coma est revenu. On est même allés au-delà des bisous sur la joue. Tout me paraît irréel et fantastique.

est-ce que tu entends comme je t’aime

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Coma Nobody

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyDim 9 Nov - 19:56

(Moi contre ton épaule je repars à la lutte)


J’ai des frissons de chaleur.
Enflammés comme si Silas y avait mis le feu.
J’ai envie de sourire, j’ai envie de rire, j’ai envie d’être bête, j’ai envie d’avoir huit ans, j’ai envie de lui chanter une chanson mais de piano alors faudra que je roule sur les notes de musique, j’ai envie de le déshabiller encore une fois mais il est déjà tout nu alors je vois pas ce que je peux faire de plus, j’ai la flemme de bouger tellement je suis heureux comme ça, avec rien d’autre que Silas, pas de vêtements, pas de bruit, pas de lumière, j’ai envie de rester ici et comme ça toute ma vie pour voir si ça peut suffire à me rendre heureux jusqu’à la fin de ma vie (je suis sûr que oui). Je suis sûr qu’un Silas étoilé et des baisers c’est assez pour encore quatre-vingt ans, c’est assez jusqu’à mes cent ans. J’ai de quoi manger (sa peau et sa bouche), j’ai de quoi partir en voyage (ses yeux-planètes), j’ai de quoi sourire (le sien qui est magnifique), j’ai de quoi aller bien pour le restant de mes jours. J’ai lui. J’ai lui pour assurer ma survie.
- Pareil. Très fort.
Je souris à moi.
Tu l’as fait mon con.
Tu l’as, ton histoire d’amour à mille étoiles.
Sa main fait des dessins et des pirouettes et des vagues dans mon dos quand il me dit qu’il dormira là cette nuit, ben oui, t’auras même le droit de pas mettre de pyjama que me disent ses yeux discrètement. Il me regarde sans gêne après ça et je me laisse faire même si ça me donne super chaud, je fais fondre à force. Sa main dort dans mon cou, elle. C’est dingue quand Silas me touche. Quand il me touche, moi, ça m’allume. Je suis comme un interrupteur avec lui. T’appuies dessus et ça fait de la lumière pour tout le quartier. Ben moi c’est ça. Je suis une véritable veilleuse. Trois cent watts, je t’explose les yeux tellement qu’il me fait briller, mon ange, je pète les rétines. Lui, il est habitué parce que ses copines c’est que des étoiles, et le soleil, c’est sa maman. Je vous jure. Quand il a accouché de Silas y a dix-sept ans il s’est dit mais qu’est-ce que je vais en faire encore de celui-là. Et puis il m’a vu, et il s’est dit qu’il avait l’air bancal, le petit en bas, va lui falloir une cale ou une béquille, alors il m’a envoyé Silas.
Fin de l’histoire.
Début d’une autre.
(Je vous jure j’ai pas bu.
C’est Silas qui me monte à la tête.)
- Bon et euh … Ça veut dire qu’on est repartis comme avant, là ? Elle est partie la tristesse, hein ?
Je dois faire une drôle de tête parce que …
Mon sourire tombe à l’envers.
On est repartis comme avant, on est remontés dans la fusée, bien sûr que oui, non ? Parce que moi j’ai déjà attaché ma ceinture et dit au revoir à tout le monde, hein. Je suis prêt à aller voir les étoiles avec mon astre à moi. Non ? Si ? Oh non mais me dites pas que c’est rien qu’une armistice, un temps mort, un cadeau. Me dites pas que c’est juste un aperçu de beauté parce que y a déjà mon cœur qui s’énerve tout seul là. Me dites pas que c’était juste histoire de tirer notre coup parce que ça faisait un bail, juste un prétexte pour avoir un peu moins froid, me dites pas que c’est déjà fini, que c’était juste pour aujourd’hui, que demain on peut aller se faire foutre pour un peu de chaleur, non non non non (non).
J’en peux plus, moi.
J’en peux plus d’aller au lycée tout seul et à reculons en trébuchant, j’en peux plus de passer toutes les heures de cours à fixer le milieu de mon cahier de maths même quand on est pas en maths, même les jours où on a pas maths. J’en peux plus de passer toutes mes récrés la tête enfoncée dans mon casier pour y voir tout noir et au cas où il resterait des traces des mots d’amour de Silas. J’en peux plus de passer mes pauses déjeuner tout seul, de plus manger. J’en peux plus de plus aller au foot après les cours et de continuer à perdre du poids quand même. J’en peux plus de tomber de mon skate et de rester visage contre bitume parce que Silas est là pour tendre la main et me relever. J’en peux plus de m’assoir tout seul dans le bus et d’écouter nos chansons sans lui, de mimer les paroles en pleurant dans ma tête. J’en peux plus de me demander toute la journée est-ce qu’il pense à moi là, et là, et là, et d’avoir peur de même pas lui passer par la tête. J’en peux plus de pas pleurer et de rien faire d’autre que pleurer. J’en peux plus de voir personne à l’arrivée. J’en peux plus de plus savoir sourire. J’en pouvais plus de cet unique souvenir de lui.
Les cheveux tristes.
Les yeux enlarmés.
Les bras tombants.
Le corps entier qui se dit
Mais non mais c’est pas possible
Je veux plus me cacher.
J’ai besoin d’ouvrir grand les ailes.
Ou même juste les bras.
Je veux que les autres comprennent pourquoi quand ils me parlent de Silas je dois me retenir à mon casier ou à la porte d’une salle ou même à un mur pour pas tomber à la renverse et céder au coton qu’il a planté dans mes jambes. Je veux pouvoir sourire de lui à n’importe quel moment, et pas avec un retard de trois heures, caché à la maison, là où personne pourra essayer de décoder ce qui se cache derrière le bonheur affiché sur un mètre quatre-vingt. Je veux qu’ils sachent pourquoi je crois aussi lentement en sport : c’est parce qu’il y a Silas qui me chronomètre dans les gradins en me regardant et ça me donne les jambes qui tremblent rien que d’y penser. Je veux pouvoir l’embrasser pour lui dire bonjour, au lieu de taper ma main dans son dos comme si on était les meilleurs amis du monde (on est les meilleurs amoureux du monde, c’est pas pareil). Je veux qu’ils comprennent pourquoi mon cœur bat aussi fort.
Et pour qui.
Et grâce à qui.
(Le petit prince là-bas.
Sa tête dans les étoiles.
Et que c’est doux, les étoiles …)
- Bah je sais pas … Oui ? Enfin, moi je suis d’accord, hein. D’être un couple et tout. Comme … Comme tu veux …
Je voudrais l’embrasser mais j’ose même plus toucher les étoiles dans son dos. Je reste comme ça c’est tout je crois que je vais pleurer s’il me dit non, ah mais non, moi demain matin après mes chocapic je me rhabille et je m’en vais. Qu’est-ce que je fais s’il me répond ça ? Est-ce que j’ai quand même le droit de rester dans ses bras jusqu’au petit-déjeuner ???
Bon.
Stop.
Frein à main.
Ça suffit, respire, décontracte.
Parle.
- Je sais que j’ai dit des trucs horribles la semaine dernière, et puis que j’ai pas fait d’efforts et tout mais là je … Là ce sera pas pareil, tu l’sais hein ? C’est pour ça que je suis là aussi. C’est pas pour recommencer pareil. Demain, moi, je suis d’accord pour te tenir la main devant les autres et tout ça. Même si on a pas vraiment parlé, c’est … C’est ça que j’voulais te dire, moi, aujourd’hui.

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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: WILD GEESE (COMÈTE)   WILD GEESE (COMÈTE) EmptyLun 10 Nov - 17:21

J’ai le cœur qui bat un peu trop fort pour la situation. Je crois que j’ai un peu peur, je crois que j’ai peur qu’il me dise des mots que je ne souhaiterais pas entendre, pour rien au monde. Je veux jamais repartir dans la spirale infernale dans laquelle nous étions plongés. C’était terrible, vraiment. Je sais que j’en ai déjà parlé mille fois, que j’ai versé des tonnes de larmes mais c’est que ça me reste encore en travers de la gorge, en travers du ventre, en travers du corps tout entier. Et puis c’est comme tout, ce sera une question de temps, pour guérir complètement. C’est que mon corps il est complètement épuisé. C’est normal, c’est pas en dormant jamais, en mangeant peu, en restant allongé les yeux grands ouverts sur le plafond que j’allais être en forme, hein … Et puis mon esprit aussi, il était au bout du rouleau. C’était que du négatif, rien que du négatif. Mélangé avec l’espoir amer de le retrouver.
Et sinon j’ai toujours mes mains posées sur lui parce que c’est là où elles se sentent le mieux. Et puis moi aussi je me sens bien avec mes mains sur lui. Ça m’apaise et m’électrifie à la fois, c’est assez magique, ces sensations. Un peu indescriptible, aussi.
- Bah je sais pas … Oui ? Enfin, moi je suis d’accord, hein. D’être un couple et tout. Comme … Comme tu veux …
J’ai un peu du mal à retenir mon sourire (ça faisait longtemps, tiens).
Ben évidemment que je veux, évidemment que j’suis d’accord pour être un couple. On peut même former qu’une seule personne, si il veut. Quoique non, un couple c’est mieux. Je m’en voudrais de mettre trop de moi en lui, ça le souillerait un peu, je pense. Faut pas l’entaché, Coma. Il est vraiment parfait comme il est, avec ses blessures de l’âme et aussi ses quelques bleus sur la peau les jours de triste.
Son sourire à lui, par contre, il s’est un peu écroulé, effacé. Ses coins de la bouche ont arrêté de s’élever. Je crois que je l’ai rendu tout inquiet avec ma question. Mais je voulais pas, moi. Je voulais juste être sûr que tout ce qu’on fait là, aujourd’hui, c’est pas pour déconner. Que c’est pas pour rameuter le soleil et les étoiles le temps de quelques heures et souffler tout de suite après pour les éteindre. Ça c’est hors de question. C’est un grand NON.
- Je sais que j’ai dit des trucs horribles la semaine dernière, et puis que j’ai pas fait d’efforts et tout mais là je … Là ce sera pas pareil, tu l’sais hein ? C’est pour ça que je suis là aussi. C’est pas pour recommencer pareil. Demain, moi, je suis d’accord pour te tenir la main devant les autres et tout ça. Même si on a pas vraiment parlé, c’est … C’est ça que j’voulais te dire, moi, aujourd’hui.
Ça l’étire un peu plus, mon sourire. Des mots comme ça, moi, ça me tue. Ça me souffle aussi des bouts de paradis dans les oreilles parce que j’ai envie de hurler très fort, de hurler avec ma petite voix que ça y est, on recommence. La fusée est lancée, la machine est remise en marche et c’est parti. On a dû faire une pause sur une planète un peu pourrie mais là notre voyage cosmique reprend de plus belle. Je veux l’embrasser, prendre sa bouche avec la mienne, me blottir contre lui, lui dire une énième fois que plus jamais, plus jamais on se quitte pour les milliards de raisons que ça implique.
Ça fait beaucoup de bien de pouvoir se dire qu’on est ensemble, de nouveau.
Que c’était rien qu’une mauvaise passe.
Une toute petite rupture dans notre histoire.
Une page blanche.
Ou plutôt une page pleine de ratures, de gribouillis, de mots en colère et de fatigue.
Et pourtant … Moi j’étais même pas fatigué de lui. Ou peut-être que si. Enfin, c’était pas vraiment lui. C’était pas Coma en entier qui me rendait las. C’était juste une seule chose. Bon et puis euh … Ça a pas tellement bien terminé, cette histoire. Mais j’ai compris, maintenant, et je sais que je recommencerai pas. Ou plutôt, si quelque chose ne me convient pas, si j’ai envie de parler, je lui dirai comme ça. Plutôt qu’un coup de téléphone tout nul où je lui dis que ça suffit, j’en ai marre d’attendre, on arrête tout.
On dit pas ça à la personne qu’on aime. Non.
On demande si on peut discuter.
Casser un peu d’étoiles et de vaisselle s’il le faut.
- D’accord.
J’ai un peu la voix nouée.
Mais pas en mal, hein.
Ma main remonte et puis elle tire sa taille vers moi, jusqu’à ce que nos nombrils se touchent. Jusqu’à ce que nos genoux se cogne, nos cuisses, tout. Et là c’est bien parce qu’encore une fois je vois son visage et rien que son visage. Je caresse ses cheveux.
Et puis je ferme les yeux pour venir l’embrasser. Je l’embrasse tout tendrement sur les lèvres et sur l’angle de sa mâchoire. J’épouse la partie inférieure de son visage. C’est des je t’aime à la pelle que je lui envoie, plein de je t’aime que je dépose partout sur sa peau. Et avec ma main dans son dos aussi. Je la fais glisser, encore comme sur les rails d’un manège à sensation. Je recommence un peu à avoir chaud, à me sentir au bord du bel évanouissement. Mais c’est normal.
Et puis entre deux baisers chargés d’amour
- Je t’aime
et encore une fois
- Je t’aime.

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