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 L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)

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Silas Pollock

Silas Pollock

PSEUDO/PRÉNOM : NEPT237/KELYNN
CRÉDITS : MARIE
AVATAR : JACK KILMER
ÂGE : DIX-SEPT ANS
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2014
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MessageSujet: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyLun 22 Sep - 15:27

J’vous jure j’ai pété les plombs.  Quand j’ai ouvert mon casier et que j’ai lu ce que Coma avait écrit avec ses lettres toutes tremblantes et toutes maladroites (c'est pas la peine de venir vendredi
en fait je préfère qu'on arrête de se parler
et de s'embrasser
et puis après on verra (plus tard)
je suis désolé

comète
(je garde ton ciel)). J’ai donné trois coups de poing dans la porte de mon casier. Boum. Boum. Boum. Maintenant elle est toute déformée et il faut la forcer pour réussir à la fermer bien comme il faut. Du coup j’ai des tout petits hématomes sur la main. C’est que c’est douloureux de se battre avec son casier.
Et puis j’ai eu envie de hurler. De me jeter sous les roues d’un bus. De m’ouvrir les bras. De dire à Debbie pour Coma et moi et lui faire « moi aussi j’ai baisé ton mec ». J’ai aussi eu les yeux plein de larmes et j’ai fini par coller mon front contre la porte toute froide du casier. Dans le couloir on m’a regardé bizarrement, avec les yeux de travers et tout ça. Mais personne ne m’a posé de question. De toute façon j’aurai répondu : ALLEZ TOUS VOUS FAIRE FOUTRE
J’ai gardé le mot. Plié/chiffonné au fond de mon sac à dos. Mon cœur aussi il est plié/chiffonné. Faut croire que je l’ai pas laissé entre de bonnes mains. Et puis je pense à l’autre jour, à lundi après-midi, quand on était dans mon lit et qu’on s’aimait différemment de d’habitude mais tout aussi fort. J’ai un peu la nausée. Tout patraque. Triste aussi. Mon cœur me hurle va te noyer et mon cerveau murmure d’aller lui casser la gueule en deux.
J’ai séché les deux dernières heures de la journée pour rentrer chez moi. J’ai cru que je me promenais avec un pieu en bois enfoncé dans le ventre et ça me donnait l’air fatigué, les épaules voutés et l’air abattu, comme si j’en avais marre de voir le soleil. Quand j’ai passé la porte de ma maison j’ai pensé à toutes les fois où Coma a franchit cette porte aussi et ça m’a foutu mal. J’ai pensé : alors la dernière fois, notre première fois, c’était vraiment la toute dernière fois ? Mais fallait me prévenir, fallait me prévenir, putain… Un pas en avant, dix mille pas en arrière. Regardez comme il est loin de moi, maintenant. Je peux même plus l’atteindre, même plus lui parler, le toucher, l’embrasser. J’ose même pas lui envoyer un message.
Je me suis laissé tomber dans mon lit. Il a encore son odeur. J’ai enfoncé mon nez dans la couverture et j’ai respiré très fort les traces de son passage. J’ai pleuré un peu aussi, ça a fait comme un chagrin d’amour, une rupture de mes sacs de larmes. J’ai eu les yeux tout rouges, le nez qui coule, j’ai dû ressembler à rien, être encore plus laid que d’habitude. J’ai eu un rire amer après la crise, un rire ironique. J’ai pensé aussi que j’aurai dû le laisser se péter la tête contre la porte d’entrée, la dernière fois. Au moins je pourrai le remercier de m’avoir rendu heureux et niais à en crever pendant quelques jours. Mais voilà, je suis allongé sur le ventre, la tête enfoncée dans le matelas. Et je pense à lui
à lui
à lui
à lui
à lui
Je pense à ses mains sur moi à sa bouche sur moi à son ventre sur moi à nous entremêlés nous et nos respirations saccadées nous et nos cheveux en bagarre nous qui s’aimions pourtant si fort.
Je suis resté longtemps comme ça, très longtemps. J’ai fait semblant de manger. Debbie m’a demandé bah alors qu’est-ce qu’il va pas Silas, je lui ai répondu ta gueule toi, elle m’a regarder avec des yeux gros comme deux planètes et elle a gueulé un peu et on est partis chacun de notre côté. Je me suis senti mourir avec mes pieds qui tombaient dans le vide et mon visage planqué sous mon oreiller. J’ai relu le mot, pas celui du casier, mais celui du cahier de maths. Ça disait t’es beau, j’ai envie de toi, tu me fais tourner le cœur, etc
etc
etc
J’ai enfourché mon vélo, il est vingt-deux heures. J’ai le mot au fond de la poche de mon jean. Je pédale, je pédale vite. J’ai les cheveux tout en bagarre et je transpire aussi. La colère, la tristesse. Le début d’une micro-haine envers Coma. Cocktail sacrément indigeste. Je traverses quelques quartiers quelques rues les mâchoires serrées les poings serrés les mains abîmées. Et puis sa maison, pas tellement éclairée. Je ramasse des graviers, des cailloux par terre. J’ai même pas bu mais je me sens pareil, prêt à faire n’importe quoi, à dire tout ce que je pense, à pleurer, à donner (rendre) des coups.
Je lance les cailloux graviers petits rochers contre la fenêtre de a chambre de Coma. J’espère qu’il dort et que je vais le réveiller. J’espère aussi que je vais péter la vitre de sa fenêtre. Et je hurle
- VA TE FAIRE FOUTRE ENFOIRÉ ! Tu crois que tu peux m’écrire des trucs pareils après… après tout ça ? J’suis pas un garçon qu’on sort du placard quand on a envie, j’suis pas un garçon comme ça, moi, putain !
Je sais que la veine de mon cou (là où Coma et ses lèvres magiques se sont déposés) est un peu gonflée. Je continue de lancer mes projectiles contre le carreau de sa fenêtre.
- Tu crois que tu peux m’embrasser et me faire l’amour chez moi et dire stop on arrête de se parler ? On arrête de se parler ??? Non, non tu peux pas, t’as pas le droit… Alors tu vas descendre, et tu vas venir t’expliquer, parce que sinon j’te jure, j’te jure que c’est moi qui viens… C’EST PAS TOI QUI ME DISAIS JE T’AIME, HEIN ? C’EST PAS TOI ÇA ?
J’ai les mains en colère. Les poings serrés : ils tremblent, eux aussi. La voix brisée d’avoir tant hurlé, les yeux bouffés de larmes. Je jette les derniers cailloux qui me restent et avec eux je me laisse tomber par terre, les fesses contre le sol un peu humide, et j’essaie de respirer, de ravaler mes larmes, de me calmer.

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Coma Nobody

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PSEUDO/PRÉNOM : endort-fine (élodie)
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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyMar 23 Sep - 16:46

J’ai eu trois jours et demi de répit.
Paradis.
Lundi je suis resté jusqu’au bout, jusqu’à ce que ça devienne plus possible de rester, trop risqué. Je suis resté et on a recommencé une fois, recommencé deux fois, trois fois, cent fois, jusqu’à avoir mal partout. On s’est dit je t’aime trop de fois aussi, c’est facile finalement, une fois que t’es lancé tu peux même pas t’arrêter. Je t’aime je t’aime je t’aime, à force ça voulait plus rien dire. De toute façon j’ai jamais dit que ça suffisait, je t’aime, pour nous, que c’était assez Grand, assez Spatial.
Mardi j’ai rempli son casier de cœurs.
Pour lui montrer ce que ça fait dans moi.
Debbie faisait la gueule et je l’ai pas embrassée.
Mercredi elle est venue me chercher pour qu’on aille au lycée ensembles et elle a tenu ma main sur le chemin, comme moi j’ai tenu la Sienne, et elle m’a embrassé, comme moi je L’ai embrassé (tout le temps). L’après-midi j’ai vu son frère dans les toilettes. C’était bien, des baisers et des étoiles au stylo indélébile sur la porte. Mais j’avais déjà un pied dans le malheur.
Aujourd’hui vendredi.
Le jour de notre rencard mais en fait non.
J’ai encore fait des bêtises.
J’ai mis un mot d’adieu dans son casier hier soir et je me suis barré très très vite. Maintenant j’ose même plus penser son prénom.
Hier on était jeudi. À la première récré, celle du matin je l’ai croisé à côté des casiers, sans faire exprès vraiment. On a discuté, comme on doit discuter quand on fait pas les amoureux, et puis il disait des bêtises, des bêtises à la pelle avec du rire dans la voix, et moi j’ai voulu dire t’es con, je l’ai dit d’ailleurs, t’es con Silas, mais en même temps que je disais ça, j’ai posé ma main dans son cou, comme par magie, comme sans réfléchir. Je l’ai enlevée très vite comme si je m’étais brûlé mais je crois qu’il a même pas remarqué. J’ai fait normal jusqu’à la fin de la journée, même quand on a mangé tous les deux et que je suis sûr que ses yeux avaient l’air de trop m’aimer (les miens aussi) mais je savais déjà que … Que y avait un truc qui venait de se casser la gueule, dans moi. J’ai écrit le mot. Ou plutôt j’ai tremblé le mot. Après l’avoir glissé dans son casier j’ai prié pour qu’il comprenne rien à mon écriture. Qu’il me dise après « j’ai pas compris ton mot c’était trop mal écrit » et moi de répondre « oh, rien, un petit mot d’amour tu vois, oublie … »
Je préfère qu’on arrêté de se parler.
ET DE S’EMBRASSER.
Trop, trop con le mec.
Je suis assis contre mon lit et je regarde dans le vide.
Mais dans le vide y a Silas.
Partout y a Silas.
Ohlala, qu’est-ce qu’il me fait mal au ventre ce garçon.
Tu es mon ciel.
Et mon système solaire.
Je t’aime
Je te météorite
Je t’as …
Putain …
Je sais même pas pleurer.
Je préfère qu’on arrête de s’embrasser.
Et puis quoi encore.
Je pense qu’à ça moi, l’embrasser, le toucher, le faire rire, lui parler, le caresser, le sentir, le serrer contre moi, le porter sur mon dos, le faire sourire, le faire bonheur et lui courir après pour qu’à l’arrivée l’étreinte soit plus belle. Silas c’est une étoile et faut l’entretenir. Le faire briller, le cirer un peu, et lui rajouter des paillettes. J’suis nul.
(Mais j’ai pas dit arrêter de s’aimer non plus. Jamais.)
Il est vingt-deux heures. On devrait être à notre rencard. Je devrais être en train de lui dire
Déshabille-toi
Déshabille-moi
Déshabille-nous
À la place je suis en t-shirt caleçon dans ma chambre pas éclairée si ce n’est par le souvenir de Silas dans mes bras et cette fois, il viendra pas m’enlever mon t-shirt ni mon caleçon. Je vais rester comme ça toute la nuit et peut-être toute la vie, j’ai, trop, mal, pour, bouger. Je préfère pas tenter un tout petit geste et puis y a encore Silas qui m’engueule dans ma tête. Et qui jette des cailloux dans mes pensées aussi. Et qui dit va te faire foutre enfoiré. Tellement crié que ça a l’air vrai. Et puis ça continue ça continue, et à chaque mot ça me fait comme un coup de couteau dans le cœur.
- Tu crois que tu peux m’embrasser et me faire l’amour chez moi et dire stop on arrête de se parler ? On arrête de se parler ??? Non, non tu peux pas, t’as pas le droit… Alors tu vas descendre, et tu vas venir t’expliquer, parce que sinon j’te jure, j’te jure que c’est moi qui viens… C’EST PAS TOI QUI ME DISAIS JE T’AIME, HEIN ? C’EST PAS TOI ÇA ?
Je suis sûr, putain, maintenant, que c’est vraiment lui.
Mon cœur fait trois bonds.
J’ouvre la fenêtre, c’est pas pour les carreaux de la fenêtre que j’ai peur, c’est « me faire l’amour » qui pourrait se glisser jusqu’aux oreilles de mes parents qui regardent la télé en bas.
- Putain, arrête de gueuler comme ça ! Mes parents sont en bas ! J’arrive.
Dehors il fait nuit mais je vois que lui, il brille, comme un astre, comme une enseigne de magasin.
Je laisse trois mètres et beaucoup de rancœur entre nous.
Périmètre de sécurité.
Lundi on était tellement symétriques.
Maintenant ça ressemble plus à rien.
Je le regarde et ça me rappelle ce matin.
Ce matin il y avait de l’orage et du ciel bleu, on aurait dit Silas et moi.
Lui le ciel heureux et moi le fous-merde.
Ce matin je me suis regardé dans le miroir et j’ai dit t’es qui. À mon reflet. Je vous jure je reconnaissais pas cette gueule fatiguée et ce cœur qui ressort derrière le pull. D’abord j’ai posé la question calmement, t’es qui toi, j’te connais pas, et puis j’ai crié, t’es qui mais t’es qui bordel, t’es qui t’es qui t’es qui je pouvais plus m’arrêter de hurler la question parce que ce connard dans le miroir voulait pas me répondre. J’ai fini par taper dans le miroir pour plus le voir. Ma main a saigné et personne n’était là pour me soigner. Pas un bruit dans la maison.
Je suis allée à l’école comme ça et j’ai évité Silas toute la journée.
Je le regarde toujours, et je dis rien mais j’en pense pas moins. J’en pense que ses yeux sont tellement bleus que ça dépasse le bleu. Plus-que-bleu. Plus-que-beau. J’en pense que son corps, ce corps qui est comme tombé par terre, a valsé sous la force du mien et que c’était la plus belle chose du monde. J’en pense que ses joues qui, ce soir, sont roses de colère, étaient l’autre jour roses de moi, roses bonheur. J’en pense qu’il a perdu ses couleurs d’hier et d’avant-hier et que c’est ma faute. Pendant deux secondes je me dis mais qu’est-ce que t’as Coma à la fin, pu-tain, secoue-toi, réveille-toi, est-ce que c’est grave de mettre ta main dans son cou sans réfléchir et que les autres le voient, non mais on s’en fout, les gens qui s’aiment ont bien le droit de le montrer. C’est pas grave. C’est pas grave.
Mais si c’est grave putain.
On peut pas être des amoureux.
Mais comme on s’aime quand même, on peut pas être non plus des amis.
Je le regarde encore et ça me donne l’impression d’avoir été passé à tabac, saigné de tout mon corps, écrasé par une voiture, jeté dans la lave d’un volcan, je me sens agressé, cogné dans tous les sens et putain putain quand est-ce que ça s’arrête de faire mal comme ça.
- Qu’est-ce que tu fais là ?
Wah, champion.
J’ai mal.
Je me suis cogné le cœur.
Cassé le cœur.
Et il paraît qu’on en a qu’un.
Tant pis pour moi.

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyMar 23 Sep - 18:21

Je vois son visage sombre qui s’échappe de la fenêtre et sa bouche me hurle de me taire et il me dit qu’il arrive. Je le regarde même pas, faut dire que j’ai plus rien à dire, rien à parler. J’ai la gorge sèche, la langue sèche et les yeux secs à force de ravaler mes larmes. Je me sens comme une nuit vide, sans étoile ni lune. Une nuit très noire avec toutes les lumières du monde éteinte. On y voit plus rien, on se cogne partout, on se fait mal, on se fait des hématomes partout sur le corps. Mais surtout on est totalement perdu. Plus de soleil, nuit éternelle, plus de lumière. Nulle part où aller. Du coup depuis ce matin je tourne en rond dans mon ciel sans rien, mon ciel tout vide, et même en agissant comme un poisson rouge dans son bocal la seule chose que je parviens à faire c’est me perdre.
J’attends.
Mais il est déjà là, à une distance certaine de mon corps assis sur le sol (comme un chien).
Il me regarde et c’est le grand silence. Pas un silence malaise mais un silence où chacun réfléchit. Je sais pas à quoi il pense mais je trouve son visage sombre et triste. Moi je me demande si je vais encore lui pardonner, si mon cœur va encore se planquer sous l’excuse de l’amour et dire c’est pas grave, je t’en veux pas, je t’aime toujours. Enfin oui, bien sûr que je l’aime toujours, je m’arrête pas d’aimer quelqu’un comme ça, du jour au lendemain. Je décide pas de couper les ponts parce que j’ai les boules et tout. En même temps je pense que je pourrais pas lui en vouloir toute ma vie. Je pourrais jamais. C’est impossible. Im-pos-sible. C’est comme me demander d’arrêter de penser à lui, je peux pas. Je vais finir par lui pardonner, même si c’est dans dix ans. Peut-être même que demain mon cerveau y repensera et se dira : mais Silas, c’est de l’histoire ancienne, c’est encore un obstacle dans votre parcours foireux mais vous y arrivez, vous vous en sortez.
Maintenant je regarde le sol, entre mes deux pieds, et passe mes doigts dans mes cheveux. Ça me tue de me dire qu’il y a quelques jours c’étaient les doigts de Coma qui se promenaient dedans et s’amusaient à les coiffer/décoiffer au rythme de nos gestes amoureux.
Et puis il tue le silence (il tue tout, Coma).
- Qu’est-ce que tu fais là ?
Je le fixe avec mes yeux qui demandent PARDON ? Je me lève avec un peu de peine parce que je suis tout engourdi à cause du froid de la nuit. Une fois sur mes jambes je m’approche de lui, les mâchoires serrées très fort. Au bout de mon bras, j’ai le poing serré.
Je le lui envoie dans le visage.
Une seule fois mais très très fort. J’entends un petit craquement et je vois la silhouette fantôme de son visage suivre la violence de mon geste. C’est la même main qui s’est acharnée péniblement sur la porte de mon casier. Je me le masse.
- Ça c’est pour le mot dans mon casier. Tu sais que j’aimerais te taper plus, plus fort, te saigner ? Tu vois, même si tu voulais pas me voir, je suis là. Surprise ! J’espère que t’es content. D’ailleurs j’le trouve plutôt chouette notre deuxième rencard, plein d’amour et de tendresse.
Je ris.
Amertume.
Je crois que je vais pleurer. En plus il saigne du nez ça lui fait deux cascades écarlates sous les narines. Et même avec le visage barbouillé et les traits tirés je parviens à le trouver beau. Mais c’est ça mon problème. Je suis amoureux. Je suis amoureux et je passe mon temps à orienter mon esprit vers mon soleil, à me demander comment il va, s’il est triste, s’il a mal. La partie vicieuse de ma personne souhaite qu’il soit blessé, blessé du cœur comme il passe son temps à le faire. Moi j’en peux plus, je suis fatigué. Je suis fatigué de courir après lui, d’essayer de le rattraper par la main
ah non c’est vrai qu’il faut pas lui toucher la main, pas devant tout le monde
le poignet alors
non pas le poignet non plus, on pourrait se poser des questions
PUTAIN MAIS J’EN AI MARRE. J’ai envie de hurler MAIS ARRÊTE, ARRÊTE. Réagis, fais quelque chose, prends des décisions, décide si oui ou non tu veux m’aimer, si oui ou non tu veux qu’on fasse des trucs ensemble, qu’on aille au cinéma, qu’on fasse du vélo ensemble, qu’on se promène dans la rue, qu’on mate un film le soir, qu’on boive un coup ensemble…
- Faut savoir ce qu’on va faire, Coma. Ce qu’on va devenir.
Je lui tourne le dos.
J’allume une cigarette.
Je veux pas le regarder, lui et son nez qui saigne. Ils pourraient me faire changer d’avis, tous les deux.
- Moi je peux pas continuer comme ça, à attendre un geste de ta part, à attendre un mot. Tu vois je veux pas passer ma vie à attendre que tu m’aimes. Je veux pas exister pour que quelqu’un te donne de l’amour. Je sais pas moi
Je regarde le ciel pétrole un instant, et je me tourne finalement vers lui.
- Tombe amoureux de quelqu’un. Pour de vrai. Mais me fais pas croire des trucs…
Je renifle.
Je me bats encore avec mes larmes et j’ai la voix un peu cassée, cassée d’avoir trop hurlé, la voix parfum larmes, la voix accent regrets accents colère accents tristesse mais surtout
la voix amoureuse
la voix chagrin d’amour qui, derrière les mots, hurle pourquoi pourquoi pourquoi tu fais ça pourquoi tu m’aimes pas qu’est-ce qu’il y a qui va pas chez moi est-ce que c’est ma façon de te regarder est-ce que je sens pas bon est-ce que je suis trop jeune est-ce qu’en fait tu préfères les filles est-ce que tout ça c’est faux est-ce que c’est comment je t’embrasse comment je te touche
(mes mains emprisonnent ses épaules, mâchoires de chair, pour pas le laisser s’enfuir. les yeux tantôt dans les siens tantôt sur son nez devenu sang)
- Est-ce que c’est de ma faute, Coma ? Est-ce que je suis trop bancal, est-ce que je cloche ? Faut me l’dire Coma, faut me l’dire. J’sais pas moi, j’sais pas…
La voix se brise.
Ça se casse comme de la vaisselle qu’on balance sur du carrelage.
Est-ce qu’on est en train de rompre ?
Non.
On n’était même pas ensemble.

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyMer 24 Sep - 12:35

Pourquoi il est là pourquoi il est là mais à ton avis ? Parce que t’es incompréhensible Coma, tu dis je t’aime et puis tu dis dégage, tu fais croire que c’est pour la vie et puis tu dis c’est plus la peine d’être même des amis. Pardon, pardon, mais je débute et je sais pas comment faire autrement, parce que je comprends même pas exactement tout ce qui se passe dans mon corps quand je le regarde. Pourquoi je suis autant heureux et autant KO. Pourquoi ça me donne des ailes et ça me fatigue comme ça. Et pourquoi mes ailes j’arrive pas à m’en servir. Pourquoi je sais juste prendre mes doigts pour écrire C’EST / FINI
Mais Silas aussi, il débute.
Non mon problème voilà c’est que j’ai peur d’aimer un garçon, que je veux bien le faire devant nous deux mais pas devant les autres, devant les autres faut être amis mais quand on s’aime autant d’amour, c’est pas possible. C’est comme quand on s’aime pas. Ça finit par se voir. Gros comme un soleil.
Ouf.
Ça va mieux non ?
Euh …
Pas vraiment …
Pas vraiment, et mon cœur continue son processus d’auto destruction, il tombe en lambeaux et ça fait du bazar par terre, là on s’en fout parce que c’est dans l’herbe mais dans ma chambre je vous raconte pas, y a comme des petits bouts de moi partout, maman sera pas contente, elle va me dire qu’est-ce que t’as fait avec ton cœur encore. Ha maman si tu savais … Si tu savais dans quelles belles mains, je l’ai mis, mon cœur … Tout ça pour le récupérer trois jours plus tard … Et tu vois moi je suis trop con pour pouvoir bien m’en occuper sans lui, alors je le casse à côté de mon lit.
Oh maman …
Maman, je vois son poing qui se replie contre lui-même, qui se sert et je sais que c’est pour moi, que ça va me tomber dessus. C’est comme quand y a un nuage noir qui menace au-dessus de ta tête et que tu sais qu’il va se mettre à pl
Il a explosé mon nez.
Je sais pas s’il l’a cassé, en fait je le sens même plus, comme si j’avais trop bu.
- Ça c’est pour le mot dans mon casier. Tu sais que j’aimerais te taper plus, plus fort, te saigner ? Tu vois, même si tu voulais pas me voir, je suis là. Surprise ! J’espère que t’es content. D’ailleurs j’le trouve plutôt chouette notre deuxième rencard, plein d’amour et de tendresse.
Il rigole mais putain c’est vraiment pas drôle.
Et puis comme il est très bien lancé il continue, moi j’essuie le sang qui me coule sur la bouche, ça doit me faire une sale trainée sur la joue et ça me rougit le dos de la main mais tant pis, c’est pas comme si j’avais besoin d’être très joli là tout de suite. Il dit pleins de choses, des choses qu’il a raison de dire mais moi ça me donne envie de vomir, il m’arracherait dix fois le cœur que ça ferait la même chose, aussi. Et puis j’ai froid, il doit faire même pas cinq degrés, je vais terminer flocon de neige, j’ai froid de lui et puis froid dans mon caleçon et mes chaussettes, je me serre contre moi mais qu’est-ce que tu veux que ça change.
Il fait moins six dans mes bras.
Silas a raison de plus vouloir venir.
- Tombe amoureux de quelqu’un. Pour de vrai. Mais me fais pas croire des trucs…
Mais je suis tombé amoureux, moi, putain.
De lui.
Et de haut.
- Est-ce que c’est de ma faute, Coma ? Est-ce que je suis trop bancal, est-ce que je cloche ? Faut me l’dire Coma, faut me l’dire. J’sais pas moi, j’sais pas…
Qu
Quoi
Je sais plus si je dois me mettre à pleurer, me mettre à crier, me mettre à courir, me mettre à le taper, je sais pas quoi faire pour qu’il arrête de parler alors moi j’arrête de l’écouter. Je récite en moi-même tu es mon ciel / et mon système solaire / je t’aime / je te météorite / je t’astéro / mais j’y arrive pas, encore pas toujours pas, c’est pas que je m’en souviens pas, c’est qu’il est tellement beau, trop beau pour moi, j’ai honte d’arriver jusqu’à la fin, pourquoi faire d’abord. Ça sert à quoi de me le dire à moi, c’est à lui qu’il faut le dire. Non, j’agite mon corps cassé et je me dégage de ses mains sur mes épaules. J’ai mal partout, du sommet du crâne aux ongles d’orteils en passant par le nez, les épaules, le cœur, ma main avec ses bouts de verre dedans, le ventre, les cuisses, à force de serrer les poings, contracter pour être prêt à tout recevoir, pour que ça fasse moins mal. J’ai des courbatures partout, je pourrais à peine te serrer dans mes bras.
- J’suis désolé.
C’est pratique « désolé » quand on veut pas dire autre chose, mais le pire c’est que je suis vraiment désolé, j’espère que ça se voit sur ma tête.
Je suis désolé de passer mon temps à allumer des lumières comme des espoirs et puis les éteindre tout de suite après. Je suis pas assez fort pour que l’électricité continue à marcher.
Ni pour t’aimer devant les autres.
Ni pour faire semblant d’être ton ami.
J’suis désolé.
Y a pas d’issue Silas.
Ou alors faudrait déménager dans les étoiles.
Malgré tout je cherche dans ses yeux une petite trace d’amour, des restes de lundi, des paillettes ou quoi mais je trouve rien et de toute façon ça m’avancerait pas à grand-chose. Moi j’y pense, à lundi, à nous deux, à l’amour, et je … bah, je souris. Peux pas m’en empêcher. Faut pas qu’il me voie, il va me tuer.
- Tu devrais tomber amoureux de quelqu’un d’autre, toi.
(Parce que moi je t’aimerai que dans mes rêves)
Mais ne tombe pas amoureux d’un autre garçon en fait
S’il te plaît
Ça me ferait trop mal
Ça me ferait encore plus mal que comment il me regarde maintenant, comme une grosse merde.
J’ai envie de lui dire mais c’est difficile pour moi aussi, j’ai cru que j’arriverais jamais, jamais à me lever ce matin, plus jamais, je me sentais lourds et mes bras voulaient plus me répondre, jusqu’à ce que j’aille me foutre le poing dans le miroir, et puis tu crois que ça me fait rire moi, tu crois pas que j’en bave et que ça me coûte de devoir te laisser, tu te rends compte aussi que pour pouvoir t’aimer tranquillement faudrait qu’on aille habiter sur la lune, au moins ! Tu crois que t’es un garçon que je sors du placard quand j’en ai envie, tu crois vraiment ça ? Tu sais quoi, j’aimerais mieux passer toute ma vie dans ce placard, avec toi, mais même ça, je préfère pas, au cas où tu penserais que je t’aime et tu me demanderais d’en sortir.
Mais je dis rien.
Peut-être que si je criais aussi, ça le ferait rester, je sais même pas.
Je pourrais aussi éclater de rire et lui dire mais c’était une blague, c’était un test, allez rentre à la maison Silas, je t’ai acheté des fleurs à manger et à boire et on va célébrer tout ça en cœur à cœur, tête à tête, c’était une blague, juste pour rire, bon c’était pas très drôle finalement, allez fais pas la gueule quoi, viens là que je t’embrasse. Je pourrais mais là je peux pas.
Tu es mon ciel
Et mon syst…
Eh merde.

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyMer 24 Sep - 15:30

Est-ce que je suis bête ? Bête de seulement attendre, bien sagement, attendre qu’il rallume les étoiles, que les paillettes retournent au fond de ses yeux ? Est-ce que c’est stupide de s’asseoir sur un banc ou sur son lit et de se demander « peut-être que ça va revenir ? » Parce que peut-être bien que ça va revenir, peut-être bien que son cœur va recommencer à battre normalement et aussi à battre pour moi. Peut-être qu’il aura de nouveau les mains qui tremblent un peu et le corps ému. Le corps ému de ses actes, le corps ému par le mien. Son corps qui se tend, qui murmure. Est-ce qu’un jour Coma va revenir avec les mains tendues et dans ses paumes on y trouvera des rêves ? Mais pas des rêves parfum espoir, hein, des rêves qui vont se réaliser. Des rêves qui deviendront vrai, et ce sera plus des mirages. Parce que ces derniers jours, on nageait en plein rêve. Mais le genre de rêve où tu finis toujours par te réveiller.
Parce que c’est pas vrai.
Parce que c’est trop beau, trop beau pour être vrai.
Les doigts de Coma viennent essuyer le sang sous ses narines sur sa bouche sur son menton et y en a même qui est un peu tombé sur son tee-shirt. J’ai même pas remarqué avant maintenant, mais il est en caleçon chaussette. C’est qu’il doit avoir froid. Si j’étais un gentil bonhomme, si y avait pas eu le mot dans mon casier, je lui aurai donné mon pantalon. Et j’aurai eu froid pour lui, c’est pas grave, c’est normal.
Ça me dérange pas.
Ses lèvres disent
- Je suis désolé.
Pardon
Pardon
Je bouffe l’intérieur de mes joues, très fort, je les serre avec mes dents. C’est pour me retenir de hurler, de hurler et de me foutre à genoux par terre. D’implorer le ciel, la lune et les étoiles de faire quelque chose. Quelque chose pour moi, pour lui, pour nous. Pour qu’on arrête de nager dans le vide, pour qu’on arrête de saigner, de se foutre en l’air, de se mutiler les cœurs et les cerveaux. J’ai aussi envie de hurler arrête d’être désolé je t’en supplie arrête d’être désolé.
En plus je le regarde dans les yeux et je sens sa tristesse. Je sens que ça le tue.
Parce qu’il y arrive pas, parce qu’il est pas capable.
Et je finis par penser et par croire que c’est de ma faute, que je lui en demande peut-être trop. Mais j’ai fait des efforts, j’ai pris sur moi. Je respecte le fait qu’il veuille pas qu’on se touche de trop devant les autres, c’est pas grave. C’est pas grave si on rattrape le temps perdu à l’abri des regards, loin du monde. C’est pas grave tant qu’on continue à se regarder avec les yeux comme des étoiles et le cœur enflé d’amour. Moi, tout ce que je te demande, Coma
C’est que tu me laisses pas tomber.
Peut-être que je pourrais (sur)vivre sans que tu m’aimes en retour. Mais ce qui est sûr, ce qui est certain, c’est que je pourrais pas vivre sans toi. Sans te voir, sans te parler. Sans toi je suis tout seul, sans toi y’a plus personne. Y’a seulement moi et moi sans toi je préfère autant mourir tout de suite. Aller dans une fusée et me jeter dans l’espace pour me faire percuter par des météorites. Ou mieux encore, me noyer dans la lave d’un volcan.
Sans Coma…
Sans Coma je sais pas comment je ferai pour vivre. C’est la moitié de moi, moi tout entier je crois, qui disparaît. Je peux pas fonctionner normalement, je suis incapable de former des phrases, de penser de voir de marcher de dormir de me réveiller d’aller de l’avant de reculer.
Je stagne.
J’avale ma colère, je l’avale et c’est comme bouffer des couteaux.
Et puis il me fout encore un coup de marteau sur le sommet du crâne quand il me dit que je devrais tomber amoureux de quelqu’un d’autre. J’ai le menton qui se met à trembler un peu. C’est l’étape qui précède la crise de larmes, ça, je crois. J’essaie d’avaler ma salive mais c’est dur.
- J’peux pas. Je suis désolé, mais j’peux pas.
Je peux pas ne pas t’aimer, je peux pas penser à un autre garçon et encore moins à une fille. Je pense à toi à toi à toi parce qu’il n’y a que toi. Le reste du monde n’existe pas même quand on s’aime plus trop comme maintenant. Je voudrais tellement qu’on se réconcilie. Qu’on se réconcilie et qu’on se dise que c’était rien, que c’était pas pour de vrai, un peu comme les exercices incendie à l’école.
Pour nous préparer aux futurs coups durs.
Qu’on se prenne dans nos bras pour se dire : allez, allez, ça va le faire.
C’est nous les plus forts, hein ?
C’est nous les plus fort ???
Non.
Non c’est pas nous les plus forts.
Deux moins que rien qui s’aiment (plus vraiment) ça donne du rien tout court, non ?
Faut qu’on se dise ce qu’on a sur le cœur, je crois, faut qu’on se dise ce qui pèse, ce qui nous écrase, ce qui nous fout mal, nous affame et nous tue.
- Moi j’veux pas qu’on se laisse tomber, qu’on abandonne. J’te jure Coma, faut pas que tu me laisses seul, faut vraiment pas que tu me laisses tout seul ? J’vais crever moi, si t’es plus là, si tu m’oublies, j’vais crever…
Les mots qui trébuchent les uns sur les autres. La voix chargée de mots humides, mouillés de larmes. D’ailleurs je les retiens toujours, celles-là. J’ai toujours les poings serrés au bout de mes bras, les poings qui veulent pas évacuer la tension, les poings qui sont prêts à redonner des coups s’il le faut.
C’est que putain…
Coma…
Si tu me laisses tomber, si tu m’oublies… Je te tue et je me tue avec, c’est clair, c’est clair que je nous tue tous les deux. Je me venge, je te fais payer. J’y mettrais les mains et aussi les pieds s’il le faut. Tu peux juste pas décider qu’on arrête de se voir/de se parler. Ni même de s’embrasser, pas maintenant. C’est dégueulasse, pas après tout le chemin parcouru.
C’est pas le moment d’avoir peur.

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Coma Nobody

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyMer 24 Sep - 18:44

J’arrive pas à penser beau, haut.
Je me sens colorié en noir.
En deuil.
Comme si je nous avais tués.
Un coup de couteau dans le dos.
Bon euh …
J’étais sérieux pour la blague moi.
Quand est-ce qu’elle sort de sa cachette cette connasse, avec ses confettis et ses rires gratuits, pour dire aller on se détend les enfants, c’est fini, et puis plus jamais de blague avec vous hein, je pensais que ce serait marrant mais là on dirait plutôt un enterrement, plus de blague, pardon, promis. Vous pouvez vous embrasser. Vous pouvez arrêter de tirer ces têtes de six pieds de long.
- J’peux pas. Je suis désolé, mais j’peux pas.
J’ai envie de me jeter à ses pieds et de dire putain merci.
Putain mais merci.
Ah j’aurais eu l’air malin s’il avait haussé les épaules et dit « ok, salut ». Si lundi matin je l’avais retrouvé appuyé contre son casier avec dans les bras un autre garçon que moi, un garçon mieux que moi, un garçon pas comme moi mais plutôt comme lui, un stellaire quoi. Mais même un nase. Si je l’avais trouvé en train de regarder un nouveau mec avec tout le système solaire dans les pupilles, n’importe quel mec, un joueur de foot, un moche, un trop-banal, j’aurais perdu ma vie. Je me serais laissé tomber par terre, marcher dessus, mourir.
Alors merci.
On a frôlé la fin du monde.
Mais j’ai toujours aussi froid.
Je vais attraper la crève.
La crève de l’amour.
Celle qui dure dix mille ans.
Tous les jours tu mouches ton malheur et t’as mal au crâne mais jamais ça passe.
Jusqu’à ce que ça passe.
Mais tant que c’est pas passé, tu peux pas y croire.
- Moi j’veux pas qu’on se laisse tomber, qu’on abandonne. J’te jure Coma, faut pas que tu me laisses seul, faut vraiment pas que tu me laisses tout seul ? J’vais crever moi, si t’es plus là, si tu m’oublies, j’vais crever…
Oooh merde merde merde de merde.
Mais comment on en arrive là
Depuis que j’ai cinq ans (depuis Silas), je me suis toujours appliqué à donner des coups de pieds au cul de la vie. Chaque fois qu’elle nous disait « vous pouvez pas », tu peux être sûr que je faisais tout pour sortir un truc magique de ma tête et lui dire « si, on peut, regarde ». À chaque fois qu’elle nous a regardés droit dans les yeux en se foutant de notre gueule, en disant « vous allez pas y arriver » on l’a fait quand même, l’école, le skate, les filles, les amis, les parents, on l’a fait quand même, à deux sur mon skateboard on a slalomé entre ses obstacles (c’est que grâce à Silas, je fais vachement bien du skate, moi). Jamais on a courbé l’échine devant elle, jamais on lui a obéi. Par contre tout ce qu’elle nous a donné de joli pour nous récompenser, on l’a pris.
Tout ça pour dire que …
Bah merde quoi …
Qu’est-ce qui se passe là …
Et moi j’ai déjà oublié ce que ça faisait quand on était indestructibles.
Je meurs, là, petits bouts par petits bouts, et bientôt, il restera plus rien.
Putain je pensais vraiment que j’avais réglé le problème moi, vous m’auriez vu hier soir, j’étais aussi triste qu’une fin du monde mais je pensais que ça durerait pas, que ce serait pas si dur, faut pas m’en vouloir (enfin si), moi l’amour je connais pas et je sais pas comment on peut l’arrêter (en fait on peut pas). Je pensais que ce serait fastoche. Mais c’est dur, surtout quand c’est du mensonge et que l’amour est toujours là, heureusement qu’il me demande pas de lui dire « je t’aime pas, je t’aime plus » parce que j’en serais incapable. Maintenant qu’il est là, je suis plus capable de lui répéter le mot, « on arrête de s’embrasser, on arrête d’être amis ». J’en ai jamais été capable. Et en attendant (quoi, rien) je préfère tourner autour du problème. Je préfère encore essayer de faire des maths.
C’est comme l’autre jour quand je disais « j’me souviens de rien ».

« Je t’aime pas »
Si seulement mais si seulement il pouvait me secouer, me regarder bien droit dans les yeux et me dire, avec un sourire, j’te crois pas une seule seconde. T’es un gros mytho Coma, mais tu peux pas jouer à ça avec moi. J’te crois pas, je sais même pas pourquoi t’as essayé avec ton mot bidon, tes adieux en carton, t’es un petit peu bête en fait. Non j’y crois pas une minute à ton histoire de pas vouloir m’embrasser et me parler. Sinon pourquoi t’es là, pourquoi t’es descendu, pourquoi t’as pas juste dit « va-t’en Silas ». Et sinon pourquoi moi je suis là. Allez arrête ton cirque là, toujours à vouloir te faire remarquer hein. Non mais regarde-toi un peu. Sors de toi et regarde comment tu me regardes. Regarde comme c’est pas crédible …
J’te crois pas.
Ta mère te croit pas.
Et les étoiles non plus.
Si seulement.
Je dirai « mais oui ! je t’aime ! » et on efface tout.
Ce serait de sa belle faute.
Je te regarde, oui, ça me suffit. Et ça me fait …
Comme si y avait une perceuse dans mon cœur.
Tes yeux tu sais on dirait le ciel la nuit.
- Mais moi aussi putain.
Qu’est-ce que tu crois
Qu’est-ce que tu crois
Qu’est-ce que tu crois
Qu’est-ce que tu crois
- Mais explique-moi un truc. Comment, COMMENT je suis censé faire tous les matins et tous les après-midi. Comment j’enlève tout l’amour que j’ai dans les yeux moi. J’en fais quoi quand les autres sont là et que je te regarde et qu’ils nous regardent ? J’le range dans mon casier ? Bah nan. Alors tu vas me dire que je suis capable de m’en inventer, de m’en imposer, de l’amour, de faire semblant, je suis capable de m’en tartiner sur tout le corps quand j’suis avec ta sœur, mais dans l’autre sens ça marche pas bizarrement, je sais pas pourquoi, et c’est ça l’problème. Alors vas-y, j’t’écoute, si t’as la solution moi je repars pour un tour sans broncher. Même deux tours. Même trois. Même cent. Mais dis-moi comment j’dois faire. Dis-moi comment on est amis devant les casiers et amoureux derrière les arbres. Parce que j’sais pas moi. Et j’peux pas faire l’un et l’autre. J’peux p
Ça fait un drôle de bruit sur ma voix et je m’arrête.
Comme si on étranglait mes mots dans les larmes qui s’amènent.
Et puis tant mieux, parce que si je continue je vais me remettre à dire je t’aime.

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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyJeu 25 Sep - 15:52

Ça assomme les soirs comme ça.
Les soirs tristes, les soirs pas beaux, les soirs pluvieux, les soirs d’orage. C’est pire qu’un lendemain de cuite. Ça te retourne la tête avec le mal de crâne qui va avec. C’est vraiment pas drôle moi j’aimerais que ça n’arrive jamais, que tout roule comme sur un vélo ou sur un skate. Bon, après bien sûr qu’il y aura toujours des accidents de la route. Une roue qui se perd ou le chaîne qui casse, mais on peut toujours remplacer, réparer. Je sais pas si ça marche pareil avec les accidents du cœur. Parce que bon, remplacer, moi je veux pas. Je veux pas aimer quelqu’un d’autre, je veux pas le cœur d’un autre. Je veux mon cœur pour Coma. Et le réparer… Le réparer on n’a pas trop le choix, on le fait depuis toujours, ça. Avec le temps, et des pansements comme des mains chaudes et apaisantes.
J’aimerais prendre de grandes inspirations et dire faut pas s’inquiéter, on va s’arranger. Ça s’arrange toujours, et puis je crois qu’on est trop grands pour se faire péter les jambes par la vie. Pas maintenant. Elle peut pas nous faire ça et on peut pas se s’infliger ça à nous-mêmes.
Et puis il dit
- Moi aussi putain.
Je veux sourire très fort et dire ouf tout n’est pas perdu c’est bon on va continuer à vivre ensemble se voir se parler peut-être même se toucher et avec un plus gros peut-être encore s’embrasser (ne pas trop espérer non plus). Je crois que je devrais faire une liste avec des codes à respecter, comme un règlement rien que pour moi, histoire de pas trop tomber de haut, de réussir à vivre bien sans me prendre des grosses claques ou trébucher à chaque coup dur donné par notre amie la vie. Par exemple :
faire attention à mon cœur
arrêter de croire aux miracles
penser à autre chose qu’à poser ma peau sur la sienne
la vie ne se résume pas à embrasser Coma
boire moins
penser à changer les freins de mon vélo
chasser les peurs de Coma
(…)
Et puis il se met à parler, à parler beaucoup, longtemps, avec sa langue qui se délie et qui dit des choses un peu belles et un peu pas belles à la fois. Des mots qui me confirment qu’il m’aime encore (tout l’amour que j’ai dans les yeux), (je repars pour un tour sans broncher), etc. Il se pose surtout la grande existentielle question de COMMENT FAIRE. Comment faire pour s’aimer sans le montrer, comment faire pour s’aimer sans qu’on parle dans notre dos, comment faire pour éteindre la lueur amoureuse au fond des yeux, comment faire pour effacer les sourires qui signifient tellement plus que les simples sourires ? Comment composer entre amour derrière les arbres et amitié devant les casiers ?
Moi je suis sûr et certain qu’on peut s’en sortir. Facilement.
Il suffit de se comporter comme on a toujours fait. Enfin, comme on fait depuis quelques temps. On n’a pas besoin de jouer à cache-cache. Il suffit de s’attendre à la fin des cours, de se donner rendez-vous chez l’un ou chez l’autre, de sécher les cours, d’aller au cinéma… C’est pas si compliqué, si ?
Si, ça l’est.
Parce que c’est impossible à faire.
Mais de toute façon le lycée est bientôt fini, donc on n’a plus que quelques mois à tirer avant d’être libres de s’embrasser devant la terre entière et de laisser nos doigts s’enlacer sans avoir peur du jugement des autres, des langues de vipères et des jaloux.
- C’est pas facile pour moi non plus. Mais on va s’en sortir, hein ? Il suffit de moins se croiser au lycée, de penser à autre chose qu’à s’aimer, il suffit de se comporter comme toujours. De forcer les intentions amicales, de retourner à l’entraînement de foot comme si de rien n’était… C’est pas à toi qu’on va apprendre à jouer la comédie, Coma. T’inquiètes pas, y’aura toujours après les cours… les toilettes… On va composer, j’te jure, ça va aller.
On peut pas s’arrêter maintenant, on peut pas arrêter là, tout de suite. J’ai la voix qui presse et qui se presse, les mots qui se cognent, qui vont vite.
Moi je suis trop amoureux, vous vous rendez pas compte.
Ce serait trop dur, sans lui. Et puis un autre garçon, même pas en rêve. Jamais. À moins qu’il se passe quelque chose de très très grave. Genre, le trouver dans les bras d’un autre. Même là je crois que je lui en voudrais pas et je lui dirai : c’est pas grave, c’est moi qui étais pas assez bien pour toi. Pas assez bien pour personne, incapable de tout, sûr de rien.
Je pose ma main dans sa nuque. J’essuie les dernières traces de sang sur son visage du revers de la manche. Ça m’a pas tant soulagé que ça de lui avoir envoyé mon poing dans la figure. Puis j’sais pas trop comment me battre, moi, j’ai pas l’habitude de jouer des poings et des pieds. Mais j’apprends.
C’est comme l’amour
ou embrasser
ou faire l’amour
ça prend du temps.
Je pousse un soupir et je laisse retomber mon bras.
- C’était des conneries, hein, le mot dans mon casier ? On va pas arrêter, hein ? On va rien arrêter, d’accord ? On s’en fout, on s’en fout.
J’aimerais beaucoup lui dire des trucs du genre je t’aime je t’aime je t’aime et encore je t’aime et désolé pour le poing dans la figure et pardon pour tout, pour les rayures sur les carreaux de ta fenêtre, pardon d’être un garçon pardon pardon
J’aimerais lui dire un tas de mots parfum poème, mais je sais pas. Je crois que c’est juste le moment de se taire et de se promettre que tout commence, que rien ne se termine. Il a dit qu’il pouvait pas lui, non plus. On va pas se laisser mourir, quand même. Faut vivre, et faut vivre ensemble, même si c’est pas facile.
même si Debbie
même si les parents
le lycée
les arbres
les casiers
la vie

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyJeu 25 Sep - 19:19

Je me sens essoufflé, mais pas énamouré, non pas encore, je peux crier tout ce que je veux, écrire tout ce que je veux sur tous les petits papiers du monde, ça y changera rien, à ça, à moi, à Silas et moi. Je me sens essoufflé et éteint, j’ai vidé mes poches de chagrin et maintenant y a plus rien, plus que la douleur. Elle se réveille pour me montrer qu’elle est là elle aussi, eh oui, y a pas que Silas dans la vie. Elle est là et elle me fend le nez (les poings de Silas), elle me tord le bide (j’ai pas mangé depuis hier soir), elle me donne l’impression qu’un bus m’est passé dessus en insistant bien (c’est l’amour). Et je suis pas capable de la chasser, de lui foutre un beau coup de pied au cul, pourtant j’en ai bien l’habitude, c’est comme avec la Vie, mais désolé ce soir, je suis en repos.
Je suis off.
KO.
- C’est pas facile pour moi non plus. Mais on va s’en sortir, hein ? Il suffit de moins se croiser au lycée, de penser à autre chose qu’à s’aimer, il suffit de se comporter comme toujours. De forcer les intentions amicales, de retourner à l’entraînement de foot comme si de rien n’était… C’est pas à toi qu’on va apprendre à jouer la comédie, Coma. T’inquiètes pas, y’aura toujours après les cours… les toilettes… On va composer, j’te jure, ça va aller.
Je souris.
Non, c’est pas vrai.
J’y arrive pas.
Quand même pas.
Il passe sa main derrière mon cou et … Non steuplaît arrête là …
- C’était des conneries, hein, le mot dans mon casier ? On va pas arrêter, hein ? On va rien arrêter, d’accord ? On s’en fout, on s’en fout.
Non Silas, je suis pas assez bas pour m’en foutre, pour dire je m’en cogne de Debbie, je m’en tape des autres, c’est nous les plus forts, c’est nous les plus beaux, et on s’aime plus que tout, mieux que vous, vous on vous écrase avec notre amour gros comme le monde, imposant comme une montagne, vous avez rien à dire face à nous, allez fermez-la maintenant et laissez passer les rois. Non je suis pas encore au fond du fond, il me reste encore des trucs tu vois, une fierté à la con, une réputation morte de chez morte et des belles chemises bien repassées.
Mais eh, je m’y accroche hein.
Je grelotte, je grelotte super fort pour que tu viennes me prendre dans tes bras maintenant. Mais c’est con. Je suis con. S’il s’approchait de moi là avec ses bras en forme de câlin, je me tirerais en courant. Pas à cause des autres autour (y a personne, rien que la nuit), mais parce que j’ai dit que c’était fini et quand c’est fini on rajoute plus rien. Je lui ai dit à lui mais surtout à moi, toute la nuit dernière, répété mille fois, c’est fini c’est fini c’est fini, pour bien que ça rentre. Et puis c’est pratique pour lui aussi que ce soit moi le méchant. Pourquoi c’est pas lui qui a glissé le mot dans mon casier ? Pourquoi c’est encore moi qui fous la merde ?
Mais parce que Silas c’est une étoile putain.
Et peut-être que les étoiles ça brûle, mais aussi, ça brille, et ça fait de mal à personne, sinon beaucoup de lumière.
(Je sais pas si vous avez remarqué mais quand je parle de Silas dans ma tête c’est toujours les mêmes mots qui me viennent, mon champs lexical rien qu’à lui est fait de toutes les choses de l’espace. Les étoiles pour ses cheveux, le ciel pour ses yeux, les météorites pour sa puissance, le soleil pour sa brillance, la lune pour sa douceur, les astéroïdes pour son côté chamboule-tout, l’Univers pour parler de lui de manière plus générale).
J’ai l’impression de passer mes journées à faire des allers retours entre « on s’aime » et « on s’aime pas ». Au moins c’est pas du sur place.
Ha ! au moins on se fait pas chier dans cette histoire d’amour-là.
Hein Debbie.
En attendant avec Debbie ça fait moins mal. C’est pas compliqué, avec Debbie, ça fait rien. Ça (at)tire pas les sourires, ça force pas le bonheur à se loger dans le cœur, ça fait pas grand vent frais, grand claque dans la gueule, ça fait plutôt même pollution, poussière, hiver dans ses côtés les plus laids, et Debbie c’est ma faute. C’est toujours ma faute. Parce que j’ai un train de retard sur ma propre vie. Quand j’ai rencontré Silas, avant toutes ces histoires de se faire bien voir, j’aurais dû l’aimer, lui, plutôt que moi. J’aurais dû l’aimer tout de suite et être son amoureux à même pas six ans, être ton meilleur ami. L’inverse, quoi. Mais le bon ordre en fait. J’aurais dû l’aimer lui, direct, pour ne jamais avoir à faire semblant de t’aimer toi, à faire semblant de ne pas l’aimer lui. Mais vous vous ressemblez tellement et moi je suis un peu con, donc forcément j’ai tout mélangé mes pinceaux. Confondu le frère et la sœur. C’est vrai qu’on dirait des jumeaux. Le seul truc qui vous rend pas pareils, pour moi, c’est l’amour.
Dans le jardin je fais les cent pas.
J’ai encore plus froid.
Il faudrait que je lui dise tu t’en vas maintenant, et je rentrerai chez moi.
Mais non, mais non, je dis
- C’était des conneries, ok, c’était des conneries. Mais putain mais on dirait tellement que c’est facile pour toi ! Parce que toi ça fait longtemps qu’tu t’entraînes à regarder ailleurs quand on s’parle ! Mais moi, tu peux même pas t’imaginer comme c’est dur et comme j’ai dû lutter rien qu’en l’espace de trois jours ! Dis-toi que même quand j’regarde tes g’noux j’ai qu’une envie c’est t’embrasser et te … Et puis l’entrainement de foot, non mais tu m’fais rire quoi, imagine un peu les vestiaires, s’foutre à poil devant l’autre … C’est pas comme si c’était jamais arrivé mais … Mais c’est ça l’problème putain ! C’est que même de t’voir en t-shirt avec tes bras nus ça m’trouble ! J’en suis à c’point, malade ! Alors moi j’veux bien jouer aux bons copains avec toi mais j’t’avoue que j’ai du mal à y croire. Et j’trouve même que ça nous réussit pas tant qu’ça, hier aux casiers, tu sais, un peu plus et j’t’embrassais, moi.
Malgré moi mes mots sont bercés de déclarations d’amour.
Mais tellement crachés qu’on dirait que je suis en train de l’insulter.
- Et puis regarde-toi deux s’condes sérieusement, tu verrais comment tes yeux ont l’air de deux gros cœurs quand tu m’vois, tu sais les emoji là, c’est … C’est pas possible ça …
Je me trouve con, je me trouve nul, à lui dire toutes ces choses-là pour faire semblant de vouloir le faire fuir alors que tout ce qu’on peut lire entre les lignes c’est reste, reste, et puis on verra bien.
- J’suis désolé d’te parler comme ça
en touchant un peu son bras gentiment.
Mais faut bien que ça sorte, c’est ça ou je tombe d’un immeuble.
Je me demande comment ils font les autres. Ceux qu’ont vraiment rien, les gens en Afrique ou même les maisons moches sur le bord de l’autoroute quand on rentre de chez mes grands-parents. Mais comment ils font. Regardez-moi j’ai une belle maison où y a le chauffage l’hiver la clim l’été, ma maman m’aime bien même si elle se cache bien pour le montrer, j’ai beaucoup à manger et si parfois y a rien dans le frigo, on va tout simplement au resto. Et me voilà avec mon pseudo-maousse chagrin d’amour. Comment ça se fait que ça puisse marcher par-dessus tout ça. Par-dessus mon bel héritage et mes parents qui m’aiment beaucoup.
Si ça se trouve les africains qui mangent rien ils sont plus heureux que moi parce qu’eux ils s’en fichent d’avoir l’air plus cool que le voisin.

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyVen 26 Sep - 19:39

Ah… Si on m’avait dit que ce serait aussi costaud, cette histoire, je suis même pas sûr que je me serai lancé là-dedans. Quoique, peut-être que j’aurai quand même tenté. Pour les sensations fortes, l’impression d’être dans un grand huit h24, les frissons au fond du ventre, les poils hérissés sur les bras, le cerveau qui tourne à deux mille à l’heure ou le cerveau qui s’endort dans les bras de l’autre. Rien que pour tout ça, rien que pour le plaisir de regarder, d’aimer, d’éprouver, j’aurai tenté l’aventure. Même si je dois récolter une dizaine de bleus dans le combat (c’est pas grave).
Faut bien se crier un peu dessus, parfois.
Tout ne peut pas être tout rose trop beau trop joyeux.
On se lasserait l’un de l’autre, autrement. Et ce serait ça le plus triste. D’avoir le cœur qui jour après jour s’arrête d’aimer. Qui s’essouffle et qui dit : oh, on s’arrête là. Moi j’ai plus envie, plus envie de toi, plus envie de battre pour toi. Parce que je crois que je ne t’aime plus, parce que tu ne me rends plus fiévreux. J’ai même plus envie de te prendre la main, alors imagine t’embrasser, encore moins. Je t’aime plus, je suis désolé. Va falloir se quitter. Faire ses bagages. Se serrer poliment la main et se dire, on reste amis, hein ?
Ah le grand malheur…
Mais on en est loin. Parce qu’en ce moment mon cœur il baigne complet dans la passion, là. Il est trop dingue quand il voit Coma. Et moi tout ce que je veux c’est le toucher, l’embrasser, lui enlever son tee-shirt, compter ses grains de beauté sur son dos et sur son torse, décider que sa peau est devenue une grande feuille de dessin et dire que mes crayons ce sont mes mains. Et dessiner des ciels, des ciels virtuels. Des étoiles, des soleils rêvés et imaginés. Un ciel rien que pour nous, un ciel avec deux soleils dedans et les étoiles en même temps. Ça brille tellement qu’il fait jamais vraiment nuit, qu’on peut même pas avoir peur du noir. On devient aveugles (mais ça continue de briller même dans des yeux qui n’y voient plus, plus rien du tout).
Moi je veux jamais perdre cette sensation. Je veux jamais perdre cette impression d’être immense, de surpasser tout le monde parce que je me sens, parce que je me sais amoureux. J’ai l’impression d’avoir deux ailes immenses dans mon dos qui me rendent invincibles. Et même si on se moque de moi parce que je suis homosexuel, je dirai je m’en fous, je m’en fous de ce que tu penses. Moi au moins j’aime et je suis aimé en retour. Toi on t’aime parce que tu es beau, parce que tu es belle. On t’aime pas parce que t’as des soleils dans les yeux et les lèvres comme un cœur.
Ça me rend coton.
Ça me fait déborder.
Puis Coma se met à marcher dans tous les sens, faire les cent pas comme on dit. Il doit avoir froid avec l’air de la nuit qui lui caresse les jambes. Et en même temps il parle et sa voix essaie de faire comme des couteaux mais ça me fait jamais mal ses mots. Parce que malgré tout il dit des choses très jolies qui me donnent envie de lui dire tais-toi, arrête de parler mais aussi de le tenir très fort dans la courbe fermée de mes bras et de l’embrasser en même temps sur le front et sur le nez et dire aussi je t’aime, je t’aime toujours mon soleil ma comète.
Ça me monte à la tête ces bêtises.
Il dit que c’était des conneries (feu d’artifice dans le cœur) puis il essaie de m’expliquer à quel point c’est difficile, difficile pour lui de lutter. Que regarder mes genoux, mes bras, moi dans les vestiaires ça le tue et ça lui donne envie de m’embrasser. Il dit aussi que ça le rend malade (le feu d’artifice s’éteint). Puis il me dit que mes yeux sont comme deux gros cœurs (c’est le mien et le sien). Et ça me fait un peu rire, cette vision qu’il a de moi. Il a l’air en vrac dans sa tête, comme s’il pensait à douze milliards de choses en même temps et ça le fait débiter comme un dingue.
Et puis
- J’suis désolé d’te parler comme ça.
(le bout de ses doigts sur mon bras).
- Tais-toi
Je dis.
Mais gentiment, hein.
Avec un petit soupir au bout.
On sait un peu éloigné de la maison à cause de Coma qui marche dans tous les sens comme s’il était déboussolé. Allez, c’est le moment où on sort les violons et les voix qui enchantent. Je le serre contre moi et j’ai l’impression d’être un bonhomme de neige qui prend une brindille dans ses bras. C’est à cause de lui en tee-shirt contre moi dans ma veste. J’espère qu’il a moins froid. Je dépose tout doucement mes lèvres sur son front puis son nez et enfin sa bouche, je m’attarde sur celle-là parce que c’est ce que je préfère embrasser. Je fais comme un pansement avec ma bouche. Plusieurs fois des petits baisers et pour finir un qui dure plus longtemps.
C’est que ma bouche s’était ennuyée de la sienne, pendant tout ce temps.
Et mes mains avaient oublié la présence de son dos. Puis je le lâche
et je souris
je souris parce que je suis bête
mais surtout heureux
et encore plus amoureux
parce qu’il est amoureux
et je crois que c’est vraiment très beau et très chouette deux personnes qui s’aiment même si c’est deux garçons.
- T’es pas en train de mourir de froid ? Tu veux pas rentrer chez toi ? C’est moi qui suis désolé d’avoir hurlé tout à l’heure et aussi pour les cailloux lancés contre ta fenêtre c’est que j’étais vraiment dévasté j’te jure j’allais pas bien… J’ai même espéré casser un carreau ou te réveiller et tout enfin, désolé, quoi…
Je me racle un peu la gorge. C’est que moi aussi je me sens obligé de faire parler mon cœur parce que lui aussi l’a fait. Je pense qu’il va pas m’en vouloir pour les cailloux. Ni pour le reste, d’ailleurs. Il a pas le droit de m’en vouloir, après toutes les conneries qu’il fait sans faire exprès.
J’ai le cœur qui dit moi je t’aime moi je t’aime moi je t’aime je t’aime
je t’aime
(j’ai envie de lui faire des câlins, des câlins normaux et aussi des câlins 18+ parce que c’est trop bien)
- Je t’aime toujours, hein
malgré tout

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyDim 28 Sep - 8:29

Oh son bras.
C’est comme rentrer à la maison
Oh le soulagement
Oh les épaules légères
Alors c’est ça la solution
Le médicament
C’est ça le remède au Silas
C’est Silas.
Mais moi
J’ai l’impression d’être une machine à écrire et qu’on m’a tapé dessus tapé dessus pour rédiger une lettre d’amour.
Un boxeur sur le ring qu’a complètement abandonné, qui se prend les coups en attendant que ce soit fini, avec les bras par-dessus le visage pour le protéger mais sans y croire vraiment.
Courbatures et hématomes.
- Tais-toi.
Et ses bras me serrent contre lui, c’est comme être en prison mais c’est bien, c’est beau, s’il vous plaît abandonnez-moi ici et lai-ssez-moi-tran-qui-lle. Effacez-moi de la surface de la terre, oubliez-moi et laissez-moi récupérer tous ces kilomètres de vie que je me suis volé, tout seul, dont je me suis privé, laissez-moi rattraper doucement le temps perdu. Après, je reviendrai si j’ai la foi. Pour l’instant, laissez-moi. Ses bras. Et déjà j’ai l’impression de faire cent kilos de moins.
Et sa bouche.
Sur la mienne.
J’ai du mal à penser droit.
- Je t’aime toujours, hein.
Il sourit, moi je fais toujours un peu la gueule. Un sourire tellement long qu’il peut toucher du doigt la fin du monde. Un sourire tellement grand que je peux dire tout ce que je veux, ça l’enlèvera pas. Silas il a cru mon mot, mais moi en vrai il me croit pas. J’ai beau lister tous les problèmes Silas il sourit, il dit c’est pas grave, on s’en fout, ça va aller, t’inquiète pas, on va s’en sortir, on va trouver comment ça marche tout ça, je t’aime toujours, je t’aime pour toujours. C’est un magicien. Et puis moi je suis capable d’un geste aussi crevard que jeter un morceau de papier dans son casier pour dire « on peut pas » mais je suis pas capable de le regarder dans les yeux et de lui dire la même chose. On ne peut, je ne peux pas, parce que quand je le regarde je me dis que même le pas-possible on peut y arriver. Alors moi aussi je souris. Et je me marre même. Et ça me fait mal au nez.
Je suis trop con, moi.
Moi sans Silas : je sais pas où est-ce que j’ai été la pécher celle-là mais elle est bien bonne dans le genre Impossible. Mais pourquoi y a jamais personne qui vient pour me dire oh stop là tu marches droit vers la catastrophe toi avec tes airs d’ange qu’a pas fait exprès. Pourquoi. Parce que c’est Silas. Silas qui s’occupe de ça, de moi. Silas c’est mon meilleur ami mon frère ma mère mon amoureux mon fils mon amant, mon sang mes tripes et mon cœur. Vice versa. C’est comme ça que ça marche depuis toujours qu’il est là. Quand il voit que je m’approche trop près d’un meuble il prend mon bras et il me dit attention. C’est pour ça qu’en rien que vingt-quatre heures je me suis fait pleins de bleus, tellement de bleus, je sais même pas d’où ils viennent, je pourrais pas faire une frise chronologique.
Oh ma vie gribouillis.
Silas il en fait une œuvre d’art.
Moi aussi je l’embrasse cette fois, les mains très fort autour de la taille et le baiser en folie. Parce que ça fait bien deux mille ans que …
Euh, non, vingt-quatre heures
Que je l’avais pas embrassé.
Et là vous voyez c’est comme si le ciel nuit s’était rapproché de nous. C’est pas le ciel qui nous tombe sur la tête non. C’est plutôt les étoiles. Elles se sont abaissées à notre niveau, elles sont descendues d’un cran pour venir nous féliciter. Elles sont des millions, petites paillettes fières de leur progéniture (Silas) et de cette espèce de boule de feu enragée (moi). Elles applaudissent comme des dingues (ça fait le même bruit que quand Silas rigole) et je sais que ce serait le moment de faire un discours de remerciements mais bon moi j’ai la bouche occupée, faudra repassée. Tout ça pour dire que je crois qu’on a enfin réussi quelque chose.
Réussi quoi je sais pas trop.
Mais réussi enfin.
Même si …
Même si je la sens encore la menace, le truc qui boue, prêt à tout péter, la bombe qui rêve d’exploser encore une fois. Je les entends encore les cris les POURQUOI / COMMENT / JE COMPRENDS PAS. Ma tête a peur et c’est mon corps qui la contredit, il me dit qu’il veut faire la fête avec celui de Silas. C’est comme quand mes muscles fatiguent et que mes idées sont quand même endiablées de bonheur (genre lundi post-amour). Sauf que là c’est la tête qui suit plus. Si seulement je pouvais la poser par terre un moment et puis aller faire mes affaires. Ça m’éviterait toujours pleins de problèmes. Alors la menace, je la range de côté en disant ça suffit pour aujourd’hui. Pour le pétage de câble, voir la semaine prochaine au moins.
J’ai l’impression qu’on est dans un film de Xavier Dolan.
Là où il est question de vie et où les montagnes d’émotions se succèdent sans nous laisser le temps de respirer.
Des sensations fortes, comme la première fois que j’ai pris le grand toboggan au square, j’avais quatre ans.
J’ai quand même envie de dire mais on fait quoi là, mais on fait quoi maintenant, je me retiens juste parce que je l’ai assez fait chier comme ça aujourd’hui, parce que sinon il va vraiment casser mes carreaux et je vais dire encore des choses jolies qui auront l’air tellement, tellement horrible. Alors maintenant Coma vous êtes un vrai couple. Maintenant vous êtes en route pour du long terme, va falloir se calmer sur les petits bouts de passion par ci par là. Maintenant va falloir rêver sur ses poignets, adorer son cou et attendre la récompense dans les toilettes (ses yeux, sa bouche). J’ai l’impression que c’est une montagne, un monde, tout ça. Je sais pas si je suis capable d’escalader une montagne et de dominer le monde. Je sais pas faire grand-chose pour l’instant. Et puis il est où le monsieur avec le mode d’emploi, Cupidon qui tire des flèches à tort, de travers et qui fait chier tout le monde ? Parce que Silas il peut bien dire faut s’aimer faut s’aimer, je suis pas sûr qu’il en sache plus que moi sur les couples.
Et je me demande s’il est beau, le nôtre. Notre puzzle.
Debbie et moi, on est beaux, c’est ce que les gens nous disent tout le temps. Ils nous disent ohlala mais qu’est-ce que vous allez bien ensembles, ça fait tellement envie, tellement jalousie, en plus on dirait deux anges tous les deux non mais sérieux quoi. J’veux les mêmes. Faux derches. Moi je sais que je suis beau dès que Silas me regarde.
- Tu … tu veux entrer ?
Et dans ma tête :
Tu es mon ciel
et mon système solaire
Je t’aime
je te météorite
je t’astéroïde
je te comète.
Ah, voilà.

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyDim 28 Sep - 13:39

Sans pudeur, il m’embrasse aussi. Ses deux bras comme un étau indestructible autour de moi. Et je pourrais le dire quinze millions de fois mais j’aime, j’aime tellement ça. Ces petits moments, ces petits moments qui calment qui apaisent qui font ralentir le cœur et l’accélérer en même temps, ces mini-montagnes russes dans le ventre et dans la tête, nos corps qui s’aiment vraiment fort, qui s’emboitent très bien comme deux pièces d’un puzzle. Ça fait une pause dans la vie, c’est des instants de bonheur qu’il faut jamais oublier de capturer et d’emprisonner quelque part sur soi ou à l’intérieur de soi.
C’est qu’on pourrait rester une vie entière à se tenir l’un contre l’autre avec les bouches qui jouent à se chatouiller.
Ça me fait faire des tout petits soupirs de bonheur entre deux chutes de bouches.
Finalement quand on dit que l’espoir fait vivre, je crois qu’il y a quelque chose de très vrai là-dedans. Si je passais pas mon temps à me dire que ça va aller, qu’il faut y croire, peut-être que je serai pas dans le jardin de Coma à l’embrasser sous des étoiles absentes sous un ciel couvert de nuages. Peut-être que je n’aurai pas eu à hurler au pied de sa maison pour demander des explications, pour exiger qu’on se parle et puis crier un peu ma colère et ma tristesse mélangées, qu’on voie ce qui ne va pas, qu’on comprenne pourquoi ça cloche, pourquoi parfois on marche dans la direction opposée de l’autre. Je me trimballe avec un sac à dos imaginaire et à l’intérieur il y a bien trente-cinq kilos d’espoir. Et c’est grâce à ça, c’est grâce à ça que j’arrive à mettre un pied devant l’autre et à regarder bien droit devant moi. parfois je trébuche parce que, quand même, ça reste lourd, trente-cinq kilos d’espoir. Et dans ces trente-cinq kilos on trouve des étoiles de l’amour des poèmes des rêves réalisés des désirs assouvis de la liberté aussi. Et ça fait du bien, ça fait du bien de le laisser sortir, l’espoir. De le laisser nous faire briller les yeux et vivre sans s’étouffer, sans avoir envie de mourir.
En allant chez Coma j’ai cru que j’avais perdu mon sac à dos. J’ai failli le jeter à la poubelle ou le jeter avec moi sous les roues d’un bus ou sous un train ou sous l’eau.
Mais c’est bon, maintenant.
Ça va. Ça va beaucoup mieux.
J’ai les paupières fermées et ça me fait du bien de sentir son corps collé contre le mien, je pose même un peu mon menton contre son épaule et j’enfouis un peu mon visage aussi. Et j’inspire très fort. Pour ne plus sentir que son odeur, pour le percevoir même quand il s’éloigne de moi. Pour garder son souvenir en moi et sur moi. Pour pas l’oublier (même si ça n’arrivera jamais). On n’oublie pas les premières fois les premiers émois le premier amour les premières joies les explosions du cœur l’ivresse cérébrale le sang qui arrête pas d’affluer les cellules les hormones le corps entier comme du bonheur.
De toute façon, je sais que tout sera parfait le jour où j’aurai vraiment pris la place de Debbie. Le jour où il lui aura dit : c’est fini, mais entre nous ça colle pas. Je suis pas amoureux de toi, j’arrive pas, c’est pas contre toi, c’est juste que j’aime quelqu’un d’autre. C’est ton corps, ça va pas. Et puis j’aime pas t’embrasser et encore moins te faire l’amour. Quand je te touche je pense que c’est Silas. Et puis après on pourra aller au lycée, les doigts fermement entrelacés. Un geste qui voudra dire : on se quitte pas, jamais. Et peut-être que les regards tomberont sur nous, des rires moqueurs, des mots méchants dans notre dos. Mais je continuerai à penser et à croire que c’est la jalousie, la jalousie de ne pas être aimé et de n’avoir personne à aimer.
Et puis on pourra s’embrasser devant les casiers.
Sous les escaliers.
Avec la plus grande indifférence du monde mais
toujours avec le cœur qui bat.
Deux oiseaux libres. On aura enfin trouvé la force de déployer nos deux grandes ailes, on aura enfin trouvé le courage de voler, de voler plus haut que les autres sans même avoir peur de s’écraser, de bouffer le bitume. C’est qu’on l’a percuté tellement de fois que maintenant… on n’en a même plus peur. On lui fait des doigts d’honneur. On a presque trouvé le chemin jusqu’aux étoiles, nous. Encore quelques kilomètres dans l’espace et ça y est.
Il me demande si je veux entrer.
Je pose mes yeux sur lui et
- Oui, j’veux bien.
On fait le tour et on entre dans la maison des Nobody (c’est drôle comme nom de famille tout de même, je me dis). Je salue les parents de Coma de loin, je vois leurs sourcils un peu froncés quand ils voient que Coma a un peu de sang sous son nez et sur son tee-shirt et moi sur la manche de ma veste. Mon visage dessine un sourire, un sourire qui assure : vous inquiétez pas, c’est rien, juste un petit accrochage de soirée.
Je me demande si ses parents peuvent deviner. Qu’on vient de s’embrasser dans leur jardin. Est-ce que ça se voit à nos vêtements un peu froissés, est-ce que ça s’entend à nos cœurs qui battent, à nos yeux comme des soucoupes volantes, est-ce qu’on dégage une odeur, quelque chose qui ferait dire
ceux-là ils s’aiment
???
Puis ses parents retournent à la télévision et je passe rapidement ma main dans le dos de Coma pour qu’on se dirige vers les escaliers et qu’on se sente un peu à l’abri, un peu loin des regards. Pour une fois c’est moi qui ai envie de me planquer. C’est que bon, c’est quand-même mes futurs beaux-parents, alors leur présence m’inquiète un peu, me rend un peu tout raide.
On grimpe les marches jusque la chambre de Coma. Je pose ma veste sur la chaise de son bureau et je m’assieds ensuite au bord de son lit. J’ai les yeux grands ouverts tout entiers posés sur lui. Je pense à la dernière fois où on s’est trouvés tous les deux dans une chambre et ça me fait sourire.
Je dois avoir l’air idiot à le mater comme ça.
- Ça va ton nez ? Est-ce qu’il est cassé ?
Je demande. Peut-être qu’il est cassé. Et qu’il sera un peu tordu. Comme ça, à chaque fois qu’il se regardera dans le miroir
il pensera à moi.

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyDim 28 Sep - 19:21



La tête en poème, nos cœurs qui mènent la marche, je prends sa main et je l’entraîne chez moi. Chez moi il y a mes parents qui m’ont vu descendre les escaliers en catastrophe amoureuse et qui me retrouvent le nez rouge de sang et arc-en-ciel de Silas. J’aimerais que demain matin ils me posent des questions mais ils s’en foutent. J’aimerais qu’ils m’envoient un texto depuis leur bureau pour me dire « alors on a un nouveau beau fils ? » mais ils le feront pas. Silas leur dit bonsoir et moi je cache nos mains.
Je sais pas si de loin ils peuvent voir que j'ai le nez ensanglanté.
Je sais pas si de loin ils peuvent voir que je l'aime.
Mais ils s’en tamponnent.
Et en montant l'escalier j'ai envie de lui dire putain mais merci mec, merci de nous avoir sauvés. Moi j'y croyais dur comme fer à mes affaires, à mes conneries. Moi j’étais complètement parti en live, je fonçais tête baissée et j’allais bientôt me prendre un mur. Mais j’étais pas prêt de faire demi-tour, je peux te dire que non, j’étais lancé, je savais que j’allais nous perdre en chemin mais je pensais que c’était une bonne chose. La meilleure chose. Même les étoiles, quand elles m’ont crié que je faisais une bêtise, je les ai pas entendues. Et puis merci toi de pas m’avoir entendu, ou plutôt de m’avoir très bien entendu et de m’avoir dit de la fermer. D’avoir résisté à mes coups de massue de malheur, à mon pessimisme, à moi tout court.
Silas de toute façon il nous aime trop pour me laisser faire des bobos à notre relation.
Mais merci quand même.
On entre dans ma chambre et euh … La voir, c’est encore mieux qu’une histoire. C’est encore mieux que de dire « Coma a pété une durite ». Ça pue le désespoir là-dedans il y a mon lit qui est sans dessus dessous parce que plus tôt dans la soirée j’ai serré ma couette très fort contre moi pour faire comme si c’était Silas mais ça a pas marché et ça m’a gonflé, il y a mes devoirs qui trainent parce que je pensais que ce serait malin de faire des maths pour pas penser à mon autre problème, le grand, le vrai et le seul, il y a le poème justement qui gît par terre, comme mort, il y a mes fringues en boule parce que j’avais chaud mais chaud, la vérité c’est que j’aurais bien eu besoin d’une petite excursion hors-Coma, aller voir ailleurs si c’est mieux, plus habitable, plus confortable que de passer son temps dans la carcasse d’un petit con. C’est pas beau à voir, ça me va plus du tout ce bordel, maintenant j’aimerais mieux que tout soit rangé et que tout ressemble davantage à un sourire. Et puis j’aimerais cacher les yeux de Silas pour qu’il ait pas à voir tout ça mais si je vois plus ses yeux je -
- Ça va ton nez ? Est-ce qu’il est cassé ?
Il dit ça avec un sourire qui sort de je sais pas où.
Je m’en fous.
Tant qu’il est là.
Je hausse les épaules en m’allongeant, je touche mon nez et ça fait mal, demain j’irai à l’hôpital mais ce soir il est là. Il a enlevé sa veste et il porte juste un t-shirt qui raconte très bien les courbes de son corps. J’aimerais lui enlever juste pour regarder ce que ça donne là-dessous, rien de plus (il y a maman et papa en bas), parce que lundi j’étais tellement sur une autre planète, j’ai l’impression d’avoir couru tout l’après-midi et de jamais avoir pris le temps de m’arrêter deux secondes pour admirer le paysage. C’est vrai que sur le coup j’ai eu l’impression de connaître par cœur l’emplacement de ses grains de beauté, d’être capable de restituer toutes ces constellations une par une plus tard dans la nuit, mais en vérité tout est allé très vite, je savais même plus comment je m’appelais, et si je me souviens encore de certains trucs, j’ai surtout des trous noirs de son corps, il me manque des pièces. Mais maintenant on va prendre le temps. Maintenant que j’ai fait toutes les bêtises possibles en un temps record et qu’il nous reste plus qu’à aller bien, on va prendre le temps d’enlever nos t-shirt et de tomber amoureux petits bouts par petits bouts, genou par genou, cou par cou, par cœur, encore et en-corps.
Mais pas pour l’instant.
Ciel
système solaire
météorite
astéroïde
et dodo.
Je le tire vers moi et la couette avec et je nous enferme dedans, un cocon pour deux petits papillons, un peu comme ceux qui s’excitent dans mon ventre quand je vois ses yeux, ses cils autour, ses sourcils par-dessus, et puis son visage et puis son corps pour le compléter. J’ai chaud. J’ai froid. J’ai mal. Je suis bien. J’embrasse tout ce que je peux attraper de lui en faisant bien attention à mon nez et je le fais les yeux fermés parce que je commence à connaître la route par cœur. Je rouvre les paupières sans parler et je le regarde juste comme ça. Je repense à tout ce que je lui ai fait de mal, c’est pas pour me torturer, c’est rien qu’à titre scientifique, pour savoir combien de temps ça va me prendre de me faire pardonner (au moins deux vies) :
d’abord et surtout y a Debbie. Moi avec Debbie. Debbie et moi. Sa sœur, son amoureux. Je me dis qu’est-ce que ça a dû être dur pour lui, tous les baisers, toutes les mains, tous les étreintes, tous les moments, toutes les premières fois, et puis toutes les soirées, c’est qu’avec Debbie on a jamais été les amants les plus silencieux, comme si on cherchait à lui prouver quelque chose / et puis y a moi tout court, moi et mes allers retours, moi qui ai fait foiré toutes nos premières fois, d’abord le baiser que j’ai voulu effacer, et puis tout ce que j’ai commencé sans le terminer, toutes nos deuxièmes fois réussies grâce à lui à son insistance, comme si j’avais besoin de lui pour aller jusqu’au bout, comme si j’étais pas capable de l’embrasser du premier coup sans faire marche arrière.
Pardon
Pardon
Par
Don
Silas il me donne du bonheur par paquets de cent kilos et moi, pour une fois, j’aimerais lui rendre le geste.
Alors dans un coin de ma tête je commence à réfléchir à notre rencard (le Vrai, le pour-de-bon), mais sans lui dire.
Juste en le regardant et en souriant et en faufilant ma main sous son t-shirt, contre son torse.
Je baille et ça m’explose la mâchoire, je savais pas que j’avais mal ici aussi. C'est que ça m'a jamais esquinté cette histoire. Tout ce en quoi je croyais s’est cassé la gueule et moi avec, tout cassé. En fait Silas aime les garçons, Coma n’aime pas Debbie, non Coma aussi préfère les garçons (surtout Silas). Je suis tombé très haut de ma montagne, et maintenant, je me relève très difficilement, parce qu’en plus y a les bleus et y a le poing de Silas. Ça fait beaucoup.
- Mais comment on va faire lundi, qu’est-ce que je dis à Debbie. Je peux plus moi. Je peux plus toucher quelqu’un d’autre que toi, je peux surtout pas la toucher elle, ça me fait trop mal, ça me fait trop chier, mais je peux pas lui dire ce qui se passe, si ? Elle va le dire aux autres, elle va … Tu sais je l’ai jamais aimée, c’est horrible, mais comme j’aimais pas vraiment quelqu’un d’autre non plus, c’était pas très grave, ça m’occupait vaguement le cœur, juste histoire de, mais là, là … Qu’est-ce que je fais moi si elle veut m’embrasser … Ça fait déjà quelques jours qu’elle me pose des questions et -
Je me soupire.
Je sais pas combien il lui reste de « ça va aller » en stock mais j’espère que ça peut encore aller jusqu’au bout de la terre.

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyMar 30 Sep - 16:07

Mes yeux se promènent dans l’espace de vie de Coma. C’est vraiment le bazar, dans sa chambre. Il y a des feuilles qui ont volé dans tous les coins, sa couette est roulée en boule, des crayons ici et là, un cahier ouvert avec plein de gribouillis dessus sur son bureau. Ça sent le lion en cage. Ou plutôt le soleil emprisonné. Il a failli arrêter de briller, je crois. J’aurai pas supporté. Faut souffler sur ses braises, à Coma. Faut prendre soin de lui, continuer de le réchauffer, de le faire brûler.
Il me répond pas pour son nez. Seulement ses épaules qui montent un peu vers le plafond et qui retombent presque immédiatement.
Il s’approche et j’ai juste le temps de tirer mes chaussures (les trouées) et on se retrouve tous les deux dans son lit, sous sa couette, prêts à s’endormir enlacés. Enlacés amoureux.
candide elle a l’arôme/
d’amoureux enlacés
Sa bouche découvre et recouvre toutes les parties visibles de ma peau. Je me laisse mourir tout doucement sous la pression tendre de ses lèvres. Ça me fait fermer les paupières et je me sens très bien. J’ai chaud, un peu comme dans un sac de couchage. Ou comme dans un bain. C’est confortable, on peut y rester des heures sans jamais ressentir le besoin de rouvrir les yeux. C’est comme un rêve. On n’a pas envie d’avoir à se replonger dans la réalité, à regarder les voitures rouler les gens marcher les profs parler les oiseaux voler. Bon, peut-être rouvrir les yeux pour les oiseaux.
Je sens ses doigts s’aventurer sous mon tee-shirt. Moi j’étends mon bras pour pouvoir caresser son front, ses cheveux, son cou. Le tout du bout des doigts. J’ai les yeux pas très ouverts sous des paupières lourdes comme deux grosses enclumes. On peut dire que je ne le regarde qu’à moitié. Mais même un peu assombri, il est très beau. Même avec du sang sous le nez, même avec de toutes petites cicatrices qui trônent ici et là sur la toile de sa peau, il est très beau. Même avec une entaille qui lui barrerait le visage en deux, je continuerai de penser qu’il est très beau. Et je me dirai, tiens, une blessure de guerre. Et je mettrai des pansements dessus. Jusqu’à ce que ça devienne un trait rose pâle, visible que lorsqu’on le regarde d’aussi près (un peu comme maintenant).
Et puis le moulin à paroles se remet en marche. Il y a des accents de panique dans sa voix. Des élans d’insécurité qui disent mais comment on va faire lundi comment on va faire. Et puis aussi il me dit qu’il ne peut plus toucher quelqu’un d’autre que moi et encore moins Debbie (moi ça me fait encore l’effet d’un feu d’artifice parce que malgré sa détresse je suis content d’entendre des mots comme ça). Il me dit aussi qu’il l’a jamais aimée. Tant mieux. Moi ça m’aurait tué qu’il l’ai aimée, Debbie. Enfin, je crois que j’aurai pas supporté qu’il la regarde comme moi je le regarde ou qu’il l’embrasse de la façon dont il m’embrasse. Déjà que je sais que leurs bouches se sont cognées plus de fois que les nôtres…
Le pire c’est que je sais pas quoi lui répondre. C’est qu’il est un peu dans la merde, à sortir avec deux personnes en même temps. Moi je m’en fiche, parce que c’est de SILAS dont il est amoureux et pas de Debbie. Tu vois, ça me rend quand même moins triste de savoir ça, parce que c’est Debbie qui va se prendre une grosse claque. Déjà, elle va comprendre qu’elle avait peu d’importance pour Coma mais surtout elle va savoir qu’il est homo. Et qu’il a jamais vraiment aimé tripoté ses seins ou ses fesses…
et puis
- T’as qu’à lui dire que c’est fini entre elle et toi… Que vous vous quittez. Tu mets un terme à votre relation, tu lui dis ce que t’as sur le cœur, que tu l’as jamais vraiment aimée, qu’il faut bien se rendre compte que ça marchera pas entre vous. Que vous êtes pas faits l’un pour l’autre. Et pour pas qu’elle soit trop dégoûtée, tu lui dis aussi mais t’en fais pas, hein, t’es belle comme un cœur, tu trouveras un garçon qui saura t’aimer à ta juste valeur.
Je laisse échapper un petit rire. C’est que je suis pas toujours gentil avec elle. Mais moi je veux le bien de Coma et aussi le bien de Debbie. Je veux dire, même si on se chamaille beaucoup et qu’on est d’accord sur à peu près rien, j’ai pas envie de la voir triste et encore moins de l’entendre pleurer. Je veux pas non plus qu’elle fréquente de vilains garçons ou qu’elle se fasse du mal. Je veux qu’elle soit heureuse avec un garçon qui l’aime bien et avec un peu de chance qui l’aime vraiment. Un peu comme moi j’aime Coma, quoi… Avec les étoiles dans les yeux dans la tête dans le ventre et même dans les pieds. Avec les mains qui tremblent, avec le corps amoureux aussi, les silences qui ne gênent pas, les amours passionnées mais timides.
Je veux pas qu’elle sorte avec un garçon pour être populaire. Pour être plus jolie que les autres.
- Et puis nous… nous on fera comprendre progressivement aux autres qu’on s’aime plus comme des meilleurs amis mais plutôt comme des amoureux. Et ça ira bien, peut-être qu’on se prendra des « sales pédés » dans la tronche, mais ça fait partie du truc… Mais t’inquiètes pas, Coma, tant qu’on est tous les deux, ça va aller.
Ça va aller.
C’est trois mots.
C’est une promesse.
Une conviction.
Quelque chose qui fait battre mon cœur parce que je sais, parce que je sens que ça va aller. Qu’on va passer au dessus de toutes les barrières et même des mots méchants, des mots jaloux, des mots en colère, des mots gratuits qui blessent. J’ai pas peur d’affronter le monde, moi. J’ai pas peur de leur dire « je vous emmerde ». J’ai pas peur de prendre Coma par la main. J’aurai même pas peur de l’embrasser devant tout le lycée.
En parlant de l’embrasser…
Je m’appuie sur mon coude pour pouvoir me surélever un peu et me pencher sur son visage un peu pâle. Je l’embrasse encore, et aussi sur le nez (bisou magique et guérisseur) et re sur la bouche, un peu plus longtemps, un peu plus fort, un peu plus passionnément.
Pour le rassurer.
ASTÉROÏDES

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Coma Nobody

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyMar 30 Sep - 19:25

Avec moi il va lui falloir des tonnes de ça va aller, de je t’aime, de t’inquiète pas, je vais m’en bourrer les oreilles jusqu’à m’en faire exploser le crâne s’il le faut mais c’est comme ça que ça va être. Rose sous les draps, grisâtre dans les couloirs et un calvaire sous les mauvaises lunes. C’est pas lui qui me fait peur, c’est pas nous qui me fait douter, c’est moi, moi moi moi, je me fais pas confiance, et avec lui c’est tellement beau, tellement haut, je pourrais faire une bêtise, tout le temps, maintenant, j’ai l’impression d’être toujours à deux doigts de faire une connerie. À une seconde de dérailler, de tout foutre en l’air, et Silas il va falloir qu’il m’en empêche tout le temps.
Et puis un jour ça ira.
Peut-être qu’on le dira.
Moi, je suis pas pressé, mais Silas, il en parle comme si c’était demain, comme si on avait un train à prendre, direction l’univers, et Debbie, ben elle peut rester sur le quai. Il dit qu’il faut la quitter, il faut lui dire ça va pas, ça rame, ça fonctionne pas, y a une pièce qui bloque et le seul moyen de tout réparer c’est de tout arrêter. Il dit qu’après ça faudra dire ou faire voir aux autres que Silas et Coma sont pédés (ensembles) (amoureux, quoi). Des sales pédés. C’est ce qu’il dit. Que les autres diront. Pour parler de nous. Ça me fait peur, ça me fait mal aux sentiments, ça m’arrache le bide, je me dis oh merde, oh non, autant je me vois bien dans ce lit contre Silas jusqu’à la fin de ma vie, autant les couloirs et nos deux mains accrochés je peux pas.
C’est pas que j’ai pas envie.
C’est juste montagnesque.
Lui il dit ça comme ça comme s’il me donnait une recette de gâteau. Je veux bien croire qu’il a des fleurs à la place des mots mais là il me fait peur. Il me demande une montagne, vraiment, non, c’est un monde qu’il me demande, et pour lui je serais bien capable de construire une autre planète, même un système solaire, même une voie lactée, même un univers, mais pas devant les autres. Seulement si personne est là pour me voir. Les autres, ils ont pas besoin de savoir que j’aime Silas.
Y a que lui.
Y a que lui.
C’est pas un secret, mais c’est tout comme.
Il est joli, non ?
Je l’embrasse, il m’embrasse, on s’embrasse. Jeudi ou mercredi matin je crois j’ai fait une liste de nos baisers (trop con, le mec, non mais vraiment, amoureux jusqu’au bout du crayon quoi, jusqu’en cours de maths). Il y en a neuf et je me rappelle de tous. Il y a l’arbre, il y a sa chambre (trois fois), il y a le canapé, il y a le couloir, il y a le banc, il y a la grotte, il y a son lit (mille fois), il faut ajouter tout à l’heure et tout de suite. À la fin de la liste j’ai écrit « trois petits points » pour bien dire que c’est pas fini. Je disais l’inverse tout à l’heure mais bon je suis bête parfois. Je me perds tout seul et je sais plus ce que je pense.
Je l’embrasse, donc, je m’applique, je m’apprends un peu, pour pas embrasser comme je fais d’habitude (sans l’amour) (avec trop de langue), je suis au-dessus de lui et il peut pas s’en aller, je le retiens, c’est beau de retenir quelqu’un.
Je l’embrasse, et ses lèvres ont goût de sourire.
On s’embrasse et il y a les sourires qui marchent par-dessus nos baisers.
Les sourires de Silas, ils sont beaux, ils sont longs, ils mettent du temps à s’évanouir.
Ils sont plus beaux que tout, quand il sera plus là faudra les exposer dans un musée.
J’aimerais bien qu’on s’endorme ensembles et sans faire exprès. Je veux dire ça nous est déjà arrivé de dormir tous les deux mais jamais comme ça, ça nous est déjà arrivé de nous effleurer dans ces moments-là mais c’était pas voulu et il fallait bien dire « dégage, pédé » pour le montrer. Et puis nos corps c’était pas pareil, y avait pas cette raideur et cet abandon à la fois. Ça me plairait moi de le voir disparaître dans les rêves petit à petit, d’abord les yeux, et puis la bouche, et puis les bras. Je pourrais le regarder sans me sentir coton parce qu’il sera pas là pour me regarder aussi. Je pourrais refaire sa peau de baisers et ça aurait la saveur de ses songes.
Du paradis en barre.
Silas
il aurait vraiment pas pu être avec un autre garçon que moi. Y a qu’à regarder nos corps. Là où il y a des creux dans le mien, le sien a ce qu’il faut pour combler et vice versa.
Deux corps sur mesure.
Quand je vois son corps, quand je pense à lui, quand je le regarde, y a tout plein de belles choses qui me viennent en tête, ça fait des arc-en-ciel mais pas avec la pluie, que du soleil. J’ai envie d’embrasser des endroits précis de lui, j’ai envie de chanter des chansons d’amour, de le prendre sur mon dos et de l’emmener à l’autre bout du monde, de lui dire que j’arrive vraiment mais vraiment pas à comprendre les levers de soleil. Avec Debbie ça a toujours été de la contrefaçon. Se retourner le cerveau pour trouver un truc à dire et finir par l’embrasser, parce qu’au moins y a pas besoin de parler, juste de garder les yeux fermés. Faire l’amour dans le noir, même en plein après-midi. Sourire pour ne pas pleurer. Il a raison Silas, faut rompre avec elle, faut lui dire écoute Debbie, ça va pas, ça marche pas, quand je te vois ça me fait comme le poète et ça page blanche, y a rien, y a pas d’électricité, pas de feu, pas de lumière, pas d’astéroïdes, pas d’étoiles, pas d’étincelles, que des courts-circuits, c’est pas moi, c’est toi, enfin c’est nous ensembles, ça devrait pas exister.
Mais
Mais
- Je t’aime.
Introduction en béton.
Je marque une pause, un temps, une éternité, juste histoire de sourire, juste histoire de me rappeler la première fois que je lui ai dit les mêmes mots (c’était y a quatre jours / cent ans), la délivrance, ça trainait depuis tellement de temps et fallait qu’il le sache parce que ça me mettait beaucoup trop le ventre en vrac, les idées en sourires mais en secret, ça me tuait un peu en fait. Et puis la peur-bonheur, cette façon de se dire oh putain qu’est-ce que je viens de faire là et d’être content en même temps.
- Mais
Oh, je me déteste.
Je me déteste, je me aaaahdmksdjfmidfmsiodfj^sdf.
- Tu sais ça fait au moins un an qu’on est ensembles, j’peux pas lui dire ça comme ça comme à une pauvre merde, une fille comme les autres, tu sais avec elle j’ai ri et puis j’ai pleuré, j’ai fait mes devoirs, j’ai fait l’amour, j’ai appris, je me suis planté, j’ai réussi un peu, je vais pas regretter, je veux pas que ça continue, mais je sais pas quelle forme donner à tout ça, et puis j’peux pas lui dire … Toi … J’peux pas … Imagine, pour elle …
Et comment on va faire lundi déjà ?
Mais on s’en fout
Demain c’est samedi

(Moi je comprends pas les levers de soleil.
Avant qu’il arrive, y a le ciel bleu foncé, c’est la nuit. Lui, c’est qu’une boule orange au début et puis dorée pour toute la journée. Comment ça se fait, comment il fait pour donner des rougeurs et des bleus au ciel ? Comment il fait pour qu’au-dessus de nous ça soit comme un arc-en-ciel géant, complètement démesuré ? Comment il fait pour colorer le ciel (j’ai regardé, de haut en bas ça fait bleu - rose - jaune - orange - rouge) ? C’est qu’il est fort c’est ça ? Mais il le prend où, le rouge ? Et le bleu ? Et le rose ? Et puis il est pas foutu de faire son truc dans son coin, aussi.
Un peu comme Silas.)

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyJeu 2 Oct - 18:06

Ses mains de chaque côté de mes épaules et puis il m’embrasse aussi. On prend notre temps. Et c’est agréable, c’est tout doux. Pas comme les baisers volés, un peu à l’arrache, de peur de se faire repérer. Et puis c’est que j’aime bien être coincé entre ses bras, comme ça quand j’ouvre les yeux la première chose que je vois c’est lui et même quand je regarde autour de moi c’est encore lui que je vois (tout un monde, un monde à la peau rose aux cheveux blonds aux yeux comme deux ouragans avec un nez un peu rouge ensanglanté). Je veux bien vivre dans la cellule Coma pour toujours. C’est beau, ça sent bon, c’est tout doux, ça te donne de l’affection à plus savoir qu’en faire.
Sécurité.
Et puis je comprends vraiment pas ce qu’on peut trouver aux filles (faut bien les regarder, les corps des garçons, c’est quelque chose, j’peux vous promettre, c’est quelque chose).
Et puis Coma c’est bien parce qu’il est un ou deux centimètres plus haut que moi, un peu plus musclé (j’ai remarqué), beaucoup plus beau surtout. Alors quand je suis avec lui, dans ses bras, sous lui ou peu importe mais être avec lui tout court ça me valorise un peu. Il me met un peu de soleil sur la peau et dans les cheveux.
Il commence à dire
- Je t’aime.
et puis
- Mais
Je fronce un peu les sourcils et j’écoute. J’écoute quand il me dit que Debbie c’est pas une fille comme les autres, c’est pas n’importe qui. Il a fait un tas de trucs avec elle et tout ça et qu’en gros c’est plus facile à dire qu’à faire, de la quitter. Je le regarde et j’essaie de comprendre. C’est évident que c’est pas facile, que pour ma sœur ça va être une claque monumentale. Enfin, elle va vraiment tomber de haut.
- Mais personne te demande de lui balancer tout ça d’un coup, Coma. Faut faire ça avec du tact, faut que tu lui fasses comprendre que c’est plus possible. Et puis t’es pas obligé de hurler sur tous les toits que nous on s’aime. Ça peut attendre, ça, c’est pas important.
Enfin si, c’est important. Mais si personne ne le sait, c’est pas dramatique, la Terre s’arrêtera pas de tourner et le soleil de briller et tout ira bien. Je pense juste qu’il faut qu’il mette un terme à sa relation avec Debbie. Il pourrait, je sais pas, déposer un petit mot dans son casier en disant qu’il faut à tout prix qu’ils se parlent, que c’est important, que ça la concerne. Comme ça elle sera préparée à avoir une discussion sérieuse et importante. Et puis je crois que c’est plutôt malsain d’entretenir deux relations à la fois, surtout avec deux personnes de la même famille. Mais je vais pas lui en parler, de ça, sinon il va prendre peur et se jeter dans les bras de Debbie, il va retourner dans les bras de la normalité.
Enfin, histoire d’être dans les rangs.
Pour pas que les autres le regardent de travers, pour pas qu’ils se moquent de lui, pour pas qu’ils l’insultent. Je m’en fiche d’être moins heureux que lui, voire totalement malheureux. Ce qui compte, pour moi, c’est que Coma n’oublie jamais comment sourire. Qu’il continue de rire et d’avoir les yeux qui pétillent autant qu’en ce moment. Et tant pis si c’est pas à cause (ou plutôt grâce) de moi, tant pis si c’est pour une fille. Peut-être qu’il est complètement perdu, et qu’il cherche où aller, dans quel nid se poser. C’est un oiseau paumé, Coma.
Une fille ou un garçon, c’est pas facile de savoir.
J’ai mis dix-sept ans avant de m’en rendre compte que les filles j’avais beau les regarder, j’avais beau essayer, ça me faisait rien. J’avais beau me dire mais tu finiras bien par leur trouver quelque chose, aux filles, Silas. Alors j’ai même essayé les sites pornos mais ça m’a un peu effrayé. Et puis j’essayais de regarder discrètement les filles quand elles mettaient des robes ou des tee-shirts moulants mais
non
rien
pas même le fond du bide qui tressaute et tremble comme quand Coma se découvre.
- Tu veux bien faire l’effort de penser à rien...
Je souffle, ça ne ressemble même pas à une question. Il faut qu’on arrête de se tourmenter, de faire tourbillonner les questions dans nos têtes comme des charognards. Sinon on va devenir fous à carburer de la cervelle, comme ça. Moi je préfère penser à des belles choses
à une nuit étoilée
à une ville plongée dans la brume le matin (et la lumière des lampadaires qui se découpe dedans)
et au visage de Coma
et à la vie quand il fait soleil
et même
pluie
Je me tourne vers lui ou plutôt contre lui et je passe ma main sous son tee-shirt, je la pose sur son ventre. Et puis ma tête sur son épaule et mes cheveux qui s’étalent sûrement comme une corolle autour de ma tête. J’ai pas dis à mes parents où j’étais parti. J’ai pas dis que je rentrerai. Je crois que je vais encore rester ici quelques heures. c’est que j’ai pas spécialement envie de partir. Je le dis tout le temps mais c’est pas pour rigoler quand je pense qu’on pourrait rester comme ça une vie entière à s’enlacer et à s’embrasser de temps en temps.
Se toucher pour se sentir vivants.

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MessageSujet: Re: L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA)   L'AMOUR C'EST POUR LES PÉDÉS (COMA) EmptyVen 3 Oct - 19:52

- Mais personne te demande de lui balancer tout ça d’un coup, Coma. Faut faire ça avec du tact, faut que tu lui fasses comprendre que c’est plus possible. Et puis t’es pas obligé de hurler sur tous les toits que nous on s’aime. Ça peut attendre, ça, c’est pas important.
Debbie
Demain
C’est les mêmes deux premières lettres.
Alors pour une fois, et surtout pour faire plaisir au garçon que j’aime (mon amoureux, celui qui éclaire, non, pardon, qui explose mes journées, les rend belles au-delà de l’imaginable), je vais arrêter d’y penser pour l’instant. Remettre Debbie à demain. Procrastiner pour la belle cause.
(Et aussi
Je préfère me cacher toute l'éternité avec lui plutôt que de continuer à me montrer avec Debbie.)
- Tu veux bien faire l’effort de penser à rien...
Il a mis sa main sur mon ventre, sous le tissu, et ça se met à danser-malade là-dedans, je peux vous dire que c’est pas un slow de merde (comme celui que j’ai jamais pu danser avec lui), non, c’est plutôt du twist ou alors du madison, je sais pas, quelque chose de dingue, comme moi par exemple quand je mets dans ma chambre une chanson de Daft Punk et que je danse un peu n’importe comment, mais en rythme avec le bonheur. Mon ventre. Comme ça. Comme moi sur du Daft Punk.
Je dis mais c’est pareil que si je disais ok, ok, pause de vie.
On pourrait s’endormir comme ça, se réveiller à l’heure du lever du soleil. Il m’expliquerait pourquoi-les-couleurs, et s’il sait pas non plus, il inventera, pour moi ça aurait quand même des airs de vérité universelle. Enfin c’est bien mignon dormir mais j’aimerais bien faire un dernier tour du propriétaire avant de m’en aller et de le retrouver dans huit heures (c’est que dans mes rêves, il aura pas la même tête, mes rêves, ils savent pas raconter la vérité et sa beauté).
Ses yeux mais ses yeux.
C’est le bouquet final du feu d’artifices.
Je pourrais rester là des décennies à vous raconter sa beauté de long en large, des genoux aux amygdales, sans me lasser, juste pour que vous compreniez l’ampleur des beaux dégâts, je pourrais faire ça toute la nuit et toute la vie mais bon il finirait sûrement par me dire « eh oh t’es dans la lune ? » ou « t’as l’air bête là » ou encore « je t’aime ». C’est qu’il comprend pas comme il est beau, et si je m’acharnais à essayer de lui expliquer, il se mettrait à rougir, à me dire d’arrêter. Mais moi je pourrais le regarder pendant des heures. Sans parler ou respirer. Lui, là, avec son sourire qui raconte le monde. Et puis lui tout entier.
Lui cil par cil, grain de beauté par grain de beauté.
Doigt par doigt, et cætera.
Parfois quand je suis triste ou très noir, les étoiles filantes que je croise dans le ciel je me dis c’est juste des avions Coma, les étoiles ça existe pas. Ou alors je vois une fille qui marche et qui sourit et je me dis elle sourit pour pas pleurer. Ou encore je regarde le soleil et je me dis s’il nous tombait sur la tête on brûlerait tous et y aurait plus personne pour le regarder, plus personne pour briller, déjà qu’on a un peu de mal d’habitude. Des fois je me dis tout ça.
Mais quand Silas est là il y a des étoiles filantes partout
Même en plein jour
Et des sourires
Et le soleil, bah c’est lui.
J’attrape son t-shirt et je l’enlève, parce qu’il m’énerve. Je crois que Silas je le tords et je le torture un peu mais moi aussi je me suis fait mal pour lui aujourd’hui faut pas croire. Il y a mon nez (son chef d’œuvre) et il y a ma main (ma grosse rature). Je suis en lambeaux, mais beau, parce qu’il me regarde avec des kilos et des kilomètres d’amour dans les yeux. Et puis franchement qu’est-ce qu’on s’en fout d’avoir le corps cassé, tant que le cœur court toujours. Moi ça m’ennuie pas d’être réduit en miettes par les poings de Silas, parce que de toute façon je sais qu’il va me réparer avec ses outils d’amoureux, qu’il va me remettre dans le bon ordre, y a que lui qui sait faire.
Donc, il est torse nu, et moi aussi, contre lui.
La paume de ma main abîmée traverse son torse, comme si elle savait pas trop où s’arrêter, où la vue est la plus belle (partout), comme si elle était bien, comme ça, à sentir la peau de Silas contre la mienne. Silas il a pas trop de poils et pas trop de muscles, c’est normal, Silas il a que des étoiles dans son corps, on peut pas tout faire. Et puis même mal coiffé et maigrichon, vous savez quoi, Silas il est plus beau que moi. Et il en a un, d’ailleurs, de muscle, qui est super fort, le plus fort du monde, qui te soulève cinq cent kilos de malheur ou trois tonnes de bonheur, qui me rend dingue.
C’est son cœur.
J’ai encore envie de dire je t’aime parce que quand je le regarde, parmi tous les trucs que j’aimerais lui dire mais que j’arrive pas à sdjfhqsdfqsdf, c’est « je t’aime » qui crie le plus fort et qui pousse tout le monde.
Je t’aime
Je t’aime
Ça sonne insuffisant.
Ça sonne commetoutlemonde.
Mais je connais que ça et je suis pas un poète alors je fais avec.
Je ne dis plus rien. Mais c’est tout comme.
Je l’embrasse, une fois, deux fois, quarante fois, pour garder des souvenirs jusqu’à demain matin, pour m’empêcher de devenir fou, ou pour m’obliger à l’être, justement. Mes mains passent de ses cheveux à ses bras et de ses bras à son torse et de son torse à … Je savais pas que j’étais aussi doué pour coordonner mes gestes. Je savais pas pleins de choses avant Silamour. J’étais complètement à la ramasse. Un espèce de zombie en jolie chemise.
Je devrais dire merci. Encore et puis toujours, pour toujours. Merci d’avoir bien voulu être mon ami pour commencer (parce que je lui avais posé la question, on sait jamais). Merci de l’avoir été jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’on le soit plus, jusqu’à ce qu’on devienne autre chose, le niveau au-dessus, les choses sérieuses. De jamais avoir flanché, de jamais avoir dit « demain j’arrête ». Et puis merci pour l’amour, merci de m’avoir appris. Avec toi je me remets à courir et malgré la vitesse je comprends quand même mieux ce qui se passe autour de moi que quand je stagne(ais) avec Debbie. Merci de m’avoir montré qu’on peut aimer un garçon sans être une fille.
Oh …
On verra demain …

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