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 crazy people. (loane)

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PSEUDO/PRÉNOM : Mathilde.
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MessageSujet: crazy people. (loane)   Dim 16 Nov - 21:33

Mauvaise journée. Comme souvent à vrai dire. Mais aujourd'hui, c'était particulier. D'abord ce prof à la con qui m'avait allègrement gonflé sans raison valable. Je m'étais énervé, mais les profs, eux, on peut pas les frapper. Alors je me suis contenu en me disant que si je me levais, je risquais un peu trop gros. Ça m'empêcherait de voir Olie. Et ça, je veux pas. Alors j'ai respiré, fort, très fort bordel. Et au lieu de me lever pour lui foutre une droite en plein visage, je me suis levé, mais juste pour sortir.
Sortir et quitter cette sale de cours. Sortir et éviter de buter un prof. Sortir et m'aérer la tête en évitant la foule habituelle du couloir. Je comprends pas la connerie des gens. Quelle idée de venir me faire chier. À moi. Je me demande souvent d'où vient leur problème. Ils savent. Ils savent que je peux partir en couilles en l'espace d'une seconde. Et pourtant. Et pourtant ils viennent, me regardent dans les yeux et me balancent de la merde en pleine gueule juste pour me pousser à bout.
- Morris, je rêve ou t'es encore vénère? T'sais, tu devrais aller consulter, mec. On espère que ton petit-frère sera pas comme toi, sinon, c'est cool, vous finirez tous les deux chez les barges. Ou comme papa et maman, on sait jamais après tout.
Puis là, avant que je capte tout ce que ce fils de pute vient de dire, je le vois déjà au bout du couloir. Et j'entends son rire jusqu'ici. Mon poing s'écrase sur un casier. Une fois. Puis deux. Puis trois. Puis quatre. Puis je m'arrête. Je tente de respirer normalement. De faire comme si Olie était à côté. De faire comme si sa main était sur mon épaule. De faire comme si elle disait mon nom dans mon oreille sur un ton calme et serein. Mais Olie elle est pas là.
Et quand j'ouvre les yeux, je vois Loane. Une meuf que je connais pas, mais que je vois. Que je vois souvent dans les couloirs. Depuis que je suis gamin. Depuis qu'on est petits. Je lui ai jamais parlé, mais je sens son regard sur moi, tout comme elle doit sentir le mien. Elle pleure, on dirait. Je me dis que je dois me changer  les idées.
- Qu'est-ce que t'as?
Que je demande sur un ton intéressé, curieux. Parce que je dois penser à autre chose. Je dois oublier ce que ce type vient de dire sur mes parents. Sur MA famille.
Inspire. Expire.
Puis attends une réponse pour oublier.

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MessageSujet: Re: crazy people. (loane)   Dim 16 Nov - 23:20

L’œil vide, je regarde le professeur.
Je sais qu’il m’a posé une question car tous les regards sont braqués sur moi.
Je sais qu’il s’impatiente car sa mâchoire se crispe et ses sourcils se froncent.
Je sais que je vais me faire virer.
Après quelques expériences, il s’avère qu’il est très facile de sentir ces choses-là. A moins d’un coup de génie, je suis dehors, c’est sûr. Un coup de génie, je pourrais en avoir un… en littérature ou peut-être en histoire. En maths, les choses se compliquent. Je ne sais même pas sur quel chapitre nous sommes en train travailler cette semaine.
Un sourire m’échappe, si seulement la Loane d’il y a cinq ou six ans pouvait me voir à présent, elle serait terrifiée.
- Cela vous fait rire, Mlle Bauer ? Sortez. Sortez d’ici, vous n’avez rien à faire là.
Ton tranchant. Yeux revolver.
Je ne réplique pas. Il est à bout. Il ne peut plus me supporter. Un sourire et le vase a débordé. Je sais que pour certains se faire expulser d’une salle de classe est un moment de gloire, l’instant où il faut faire rire pour sortir triomphant sous les ricanements des autres. Je n’ai rien de drôle à dire et même si quelque chose me venait à l’esprit, je ne le partagerais pas. Bien sûr, bien sûr que je n’ai rien à voir avec la petite fille sérieuse que j’étais mais certaines habitudes ne se corrigent jamais et malgré tout, malgré ce qu’ils semblent penser, je respecte l’école, l’éducation, le savoir et tous ceux qui les représentent. Alors, je me tais.
Élément perturbateur, je m’en vais. Tête baissée, efficace, je disparais. Le cours peut reprendre.
Dehors, dans le couloir, je m’adosse contre le mur. J’entends la voix d’un type de ma classe répondre à la question à laquelle j’aurais du avoir la réponse. Non. Non, même en ayant entendu la question, je n’aurais pas su, c’est certain. Le sourire revient.
Deux sourires en l’espace de quelques minutes, c’est un record.
Je suis à bout. Je la sens. L’hystérie. Elle arrive, sournoise, et je sais qu’à la moindre goutte c’est mon vase qui va déborder. Je respire un grand coup. Reprends-toi Loane, tu es au lycée. Il ne manquerait plus qu’on te voit craquer et qu’on t’emmène de force chez la psy. Je vois déjà la tête de ma mère lorsqu’on lui téléphonera, ses poings crispés sur le pauvre appareil. Non. Respire.
Aujourd’hui est une journée comme les autres. Il n’y a aucune, absolument aucune, raison pour que je craque aujourd’hui.
Mon téléphone vibre. Un SMS au timing parfait. Il me faut une distraction, quelque chose, n’importe quoi.
Papa.
Je verrouille l’écran sans lire le message. Papa. Il ne manquait plus que lui. Ma tête s’incline vers l’arrière et je regarde le plafond avant de fermer les yeux. Qu’est-ce qu’il me veut ? Qu’est-ce qu’il a ?
Tout sauf lui. Pitié. Lui et elle. Tout sauf eux. Je n’en peux plus, ce n’est pas le moment.
Qu’est-ce qu’il me veut ?
Qu’est-ce qu’il me veut ?
Qu’est-ce qu’il me veut ?
La curiosité me tue. Je la hais. C’est elle qui me fait déverrouiller l'écran et c’est elle qui pousse mes doigts à ouvrir le message. C’est de sa faute, ma curiosité, cette salope, si seulement elle pouvait disparaître, me foutre la paix, si seulement.
Je ne sais pas ce qu’il t’arrive mais il faut que tu arrêtes de mettre ta mère dans des états pareils. Je ne peux pas gérer vos chamailleries, j’ai un travail. Je ne me répèterais pas deux fois.
Ces mots s’affichent et je les fixe.
Je les fixe et je sens ma gorge qui se serre.
Ce n’est pas une goutte d’eau, ça. C’est une averse. C’est de la grêle qui s’écrase sur mon vase et le fissure, le fêle, le casse.
Je sens les larmes sur mes joues et il faut que je sorte. De l’air, de l’air, j’ai besoin d’air. On étouffe ici.
Comment ose-t-il ?
J’ai besoin de sortir. Maintenant.

Mais BANG BANG BANG je tourne le coin du couloir et je le vois. Billy. Ses poings sur le casier brisent mon élan et je m’arrête. J’oublie. Celui qui me sert de père s’évapore et je regarde ce garçon que je connais depuis si longtemps s’acharner sur un bout de métal, la rage sur le visage. Billy est souvent en colère, maintenant. Depuis que ses parents ne sont plus là. Je ne le connais pas mais je sais. Je le vois parfois. Sans le faire forcément exprès, je remarque. Je vois la haine, la frustration, la violence. Un changement si radical ne passe jamais inaperçu. Je me souviens du garçon qui aimait faire la course et cacher les affaires des filles et je me demande où il est passé. Il n’a pas totalement disparu, si ? Et moi, est-ce que j’ai totalement disparue ?
- Qu’est-ce que t’as ?
Je cligne des yeux. Je crois que c’est la première fois qu’il m’adresse la parole. Je le regarde puis la porte du casier puis lui. Puis je comprends. Lui aussi a besoin d’une distraction. Comme moi. Je détourne les yeux et un petit rire sort de ma gorge.
Ah ! La voilà. L’hystérie. Il faut croire que si, finalement. Je vais craquer, là, dans le couloir du lycée.
Inspiration. Expiration. Non, reprends-toi, reprends-toi. Il va croire que tu te moque de lui. Trace ton chemin. Evite-le, comme d'habitude. Mais je ne pars pas. Je le regarde et je réponds sans réfléchir. Il faut réfléchir, pourtant, lorsqu'on s'adresse à quelqu'un d'aussi volatile. Il faut.
- C’est pas ça la bonne question, Billy. La bonne question c’est : mais qu’est-ce qu’on est devenus ? Qu'est-ce que tu fous et qu'est-ce que je fous et pourquoi ?
Pourquoi, putain.

Spoiler:
 

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Dernière édition par Loane Bauer le Lun 17 Nov - 21:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: crazy people. (loane)   Lun 17 Nov - 17:51

Les choses auraient certainement pu être largement différentes, si les parents n'étaient pas morts. Premièrement, on vivrait sûrement avec eux avec Max. Puis on aurait pas eu l'incapacité de mon oncle à élever deux gosses à supporter. Et Max aurait d'autres exemples à suivre. Mais non. On s'est retrouvés comme ça, dans la merde. Et on n'a pas eu le choix. Alors ouais, ouais, je trouve pas ça juste. Je trouve ça dégueulasse et ça m'énerve à chaque fois que j'y pense.
J'aurais pu être un mec normal, pas si foutu mentalement et pas si taré. Mais c'est arrivé comme ça et j'ai pas vraiment eu le choix. Peut-être que je me suis retenu de péter un câble trop longtemps après leur mort. Peut-être que du coup, j'ai ce besoin d'éclater la première personne qui me gonfle. Sauf Olie. On touche pas Olie.
Et c'est chiant. Ouais c'est chiant d'avoir cette incapacité de contrôle. Ce besoin d'exploser. Cette Tempête qui gronde, frappe et hurle tout le temps dans ma tête. Et qui sort toute seule, comme une grande, quand on me fait une remarque. Je trouve ça dingue. Mais je peux pas la contenir, j'ai arrêté d'essayer. Seule Olie sait le faire.
Mais peut-être que je peux détourner son attention. Loane. Elle, en train de pleurer. Je trouve ça bizarre et j'ai besoin de le changer les idées. D'oublier. De me calmer. Donc je lui demande ce qu'elle a. Normalement, elle marche sans rien dire dans les couloirs. Elle erre. Alors la voir pleurer, je trouve ça pas banal. Et ça me fait poser des questions.
Mais elle se met à rire quand je lui demande. Je hausse un sourcil, me demande si elle se fout de ma gueule. Mais je crois pas que ce soit tout à fait ça. Peut-être que c'est parce qu'elle est triste, mais qu'elle pète un câble elle aussi. Sauf que peut-être qu'elle frappe pas tout ce qui bouge (ou pas d'ailleurs) quand elle est en colère. Peut-être qu'elle se contente de pleurer et de rire en même temps. C'est une fille après tout.
- C’est pas ça la bonne question, Billy. La bonne question c’est : mais qu’est-ce qu’on est devenus ? Qu'est-ce que tu fous et qu'est-ce que je fous et pourquoi ?
Je fronce les sourcils en la regardant, perplexe.
Je sais pas moi ce qu'on est devenus, les vieux disent que c'est l'adolescente. L'âge con. Et qu'on va changer, qu'un jour, on deviendra grands. Qu'on sera mesurés et qu'on arrêtera de se "chercher" autant. Qu'on sera qui on est. Moi, je pense que c'est des conneries tout ça. Je pense qu'on est dans la merde, qu'on y restera et que ça changera jamais. Mais ça, c'est que mon avis.
- Je sais pas moi. Tu sais ce que tu fous, toi? Moi je cogne dans des casiers pour me détendre et je sais pourquoi. La même raison que d'habitude. Et toi? Pourquoi tu pleures? Normalement, t'es la, tu dis rien. Tu continues ta route et je sais même que t'as peur de moi.
En même temps, tout le monde a peur de moi. Sauf les suicidaires et Olie. Et elle est pas dans la première catégorie. Elle est juste sûrement aussi folle que moi. Mais elle est plus belle, ça c'est sur. Alors Loane, dans d'autres circonstances, m'aurait sûrement pas répondu. Aurait continué de marcher comme si elle n'avait rien entendu. Comme si le monde n'existait pas. Et peut-être que c'est la solution, en fait.
Faire comme si le monde n'existait pas.

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MessageSujet: Re: crazy people. (loane)   Lun 17 Nov - 21:28

Les questions fusent. Elles sortent de ma bouche sans passer par la case cerveau et le mal est fait. Je ne sais pas d’où ça vient tout ce bordel existentiel mais je n’arrive pas à croire que je suis la personne à les prononcer à voix haute, devant quelqu’un. Non. Pas quelqu’un. Billy. Pourquoi est-ce que je demande ces trucs à Billy ?
Il fronce les sourcils et il m’observe. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’a pas l’air de vouloir me tabasser. C’est déjà ça. Avec lui maintenant je sais qu’il faut toujours faire attention, le moindre truc, le moindre regard et c’est fini, l’espace d’un claquement de doigt vous êtes l’ennemi. Je ne suis donc pas l’ennemi. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il a l’air de réfléchir à mes questions. Pourquoi, je n’en ai pas la moindre idée, mais il le fait.
J’attends l’insulte. Elle va sûrement arriver. Dingue, folle, timbrée, cinglée, azimutée. Quelque chose de ce genre ou peut-être un bon vieux “il faudrait que t’aille te faire soigner”, je le sens bien venir celui-là, il a une tête de vainqueur. J’attends, j’attends et puis il parle et rien de tout ça ne sort de sa bouche.
- Je sais pas moi. Tu sais ce que tu fous, toi? Moi je cogne dans des casiers pour me détendre et je sais pourquoi. La même raison que d'habitude. Et toi? Pourquoi tu pleures? Normalement, t'es là, tu dis rien. Tu continues ta route et je sais même que t'as peur de moi.
Je cligne encore des yeux. Je ne sais pas vraiment ce qu’il est en train de se passer mais je sens qu’un truc est en train de se passer. Il me parle, je dis n’importe quoi, il répond. Ce scénario n’a rien de normal. Il a raison, normalement, je suis là – là, devant lui, dans sa ligne de mire, dans l’espace qu’il occupe – je ne dis rien. Je fais comme d’habitude, je rase les murs. Je voudrais passer au travers mais malheureusement les choses ne marchent pas comme ça. Aujourd’hui, un truc étrange se ballade entre lui et moi. Un truc qui fait qu’il me voit, que je le vois et que pour la première fois depuis des années on se parle. C’est peut-être les blessures cachées, là, tout au fond de nos yeux. Elles se sont reconnues et nous, nous ne pouvons rien faire contre elles. On a jamais rien pu faire contre elle.
L’hystérie me quitte, étrangement. Elle me laisse là, plantée dans le couloir, les yeux qui pleurent encore et la respiration saccadée. Au moins, je ne ris plus, c’est déjà ça.
De mes deux mains, je frotte mes joues. J’essaie d’effacer les larmes. Ce qu’elles représentent. Je range mon portable dans ma poche et relève la tête. Il m’observe. Je l’imaginais impatient, on dirait qu’il sait attendre. Qu’est-ce que je sais de lui, vraiment ? Des années qu’il est là mais qui est-il ? Je n’en sais rien. Comme il ne sait rien de moi, pas vraiment.
- Tu cognes des casiers pour te détendre, ça me donne quelques raisons d’être flippée, non ?
Je lui lance un petit sourire fatigué pour lui faire comprendre que non, admettre que j’ai peur de lui n’est pas un problème, seulement la pure et simple vérité ; oui, j’évite sa question ; et non, je n’ai pas envie d’en parler, pas maintenant. Pour une raison obscure, j’ai l’impression qu’il comprendra. Pas forcément qu’il laissera passer mais qu’il comprendra.
Soupir.
- Je suis désolée pour les questions existentielles. Je ne sais pas ce que je fous et je ne sais pas pourquoi je n’ai pas peur, là. J’ai pas peur, c’est tout.
Pause.
- Enfin, si, peut-être un peu. T'es flippant comme type, au cas où tu n'étais pas encore au courant.
Quitte à faire dans l’honnêteté, autant aller jusqu’au bout. Ce n’est pas comme s’il nous restait beaucoup de dignité, à moi et mes yeux rouges et gonflés.

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MessageSujet: Re: crazy people. (loane)   Mar 18 Nov - 11:49

Sûrement qu'elle doit vraiment être paumée pour me parler. Je veux dire, j'aurais trouvé ça plutôt normal qu'elle se casse en courant. Mais c'est quand même rare que mes coups tombent sur des filles. Elles, elles ont trop la trouille pour être suffisamment connes pour me faire chier. Celles qui emmerdent Olie, je me contente de leur foutre la trouille autrement. Parce que je me dis qu'elles ont pas vraiment les mêmes chances de se défendre que les autres connards qui me font chier.
Puis je fais suffisamment peur pour qu'elles arrêtent vite. Pour qu'elles partent en courant sans demander leur reste. Et elles emmerdent plus Olie. Ni moi d'ailleurs. Sûrement qu'elles vont se plaindre à leurs mecs qui ensuite essaient de venir me faire chier. Mais eux aussi, ils arrêtent vite. Suffit que la Tempête arrive et c'est fini pour eux. Tous les arguments tombent dans une oreille sourde. Trop sourde pour perdre du temps à essayer.
Alors je suis un peu étonné qu'elle soit encore là, Loane. Mais ça me dérange pas tant que ça en fait. Peut-être parce qu'elle est dans mon environnement depuis longtemps. Pas que j'en ai jamais eu quelque chose à foutre. Mais elle a pas l'air d'avoir envie de me faire chier. Donc peut-être qu'on peut avoir une conversation plus ou moins normale. Après tout, je suis pas non complètement con.
- Tu cognes des casiers pour te détendre, ça me donne quelques raisons d’être flippée, non ?
Haussement des épaules, c'est une façon comme une autre de se détendre après tout. Mais elle vient quand même d'avouer que je lui fous les jetons. C'est pas tout le monde qui me le dirait haut et fort.
- C'est juste parce que ce connard est parti trop vite. Sinon ça aurait été sa tête qui aurait frappé le casier...
Que je dis, normalement. Trop normalement pour que ce soit, justement, normal. Loane me sourit et évite ma question, mais c'est pas comme si la réponse me tenait vraiment à cœur maintenant qu'elle a arrêté de pleurer. Disons que c'est oublié et qu'on en parle plus. C'est plus simple comme ça.
- Je suis désolée pour les questions existentielles. Je ne sais pas ce que je fous et je ne sais pas pourquoi je n’ai pas peur, là. J’ai pas peur, c’est tout.
D'accord. Je hausse à nouveau les épaules. Si elle a pas peur, tant mieux.
- Enfin, si, peut-être un peu. T'es flippant comme type, au cas où tu n'étais pas encore au courant.
J'ai déjà entendu ça ouais. Enfin, non. On me le dit pas souvent, mais ça se voit dans les regards. Les regards qui m'évitent ou qui prennent un air terrorisé quand je les croise. Comme si j'allais sauter sur les gens pour les déchiqueter comme un loup affamé. Comme si j'étais qu'un animal. Et peut-être que c'est vrai dans le fond. Parce que je peux m'énerver pour un regard mal placé, mais c'est dans mes mauvais jours ça.
- Les gens sont énervants. Tu dois le savoir, j'suis sur. Mais moi, contrairement aux autres, je réagis vite. Trop vite. Alors je passe pour un dingue, mais si les gens sont sympas... Bah, je sais être sympa aussi. Regarde, je t'ai pas frappé et pourtant tu me parles.
Pas vrai?
- Puis, pas grave pour les questions. T'as le droit de te demander ce qui s'est passé pour qu'on change autant. Je veux dire, je comprends.
Je comprends, parce que je me pose la question souvent. Mais la différence, peut-être, entre elle et moi, c'est que moi, je sais pourquoi je suis comme ça.

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MessageSujet: Re: crazy people. (loane)   Lun 24 Nov - 17:44

- Les gens sont énervants. Tu dois le savoir, j'suis sûr. Mais moi, contrairement aux autres, je réagis vite. Trop vite. Alors je passe pour un dingue, mais si les gens sont sympas... Bah, je sais être sympa aussi. Regarde, je t'ai pas frappé et pourtant tu me parles.
Il réagit vite, en effet. Il passe pour une dingue, sans aucun doute. Je regarde derrière lui, au bout du couloir, mais il n’y a personne. Je ne sais pas qui l’a poussé à se défouler sur ces casiers mais j’espère qu’ils sont loin parce que, si je suis une distraction, je ne le serais probablement pas la prochaine fois qu’il les croisera. Enfin, ce n’est pas mon problème.
Il peut être sympa aussi. Le peut-il vraiment ? Mes yeux se fixent sur les siens.
Oui, il le peut. C’est sûr. Avec Olie. Il n’est pas vraiment le même quand il est avec elle. Des filles en parlaient dans les toilettes la semaine dernière. Billy et Olie. Le timbré et la petite souris. Un grand mystère digne des petits potins et divers commérages lycéens. Il est calme avec elle. Il sourit, même, parfois. Avec les autres, je ne suis pas sûre. Peut-être. Sûrement.
Je ne sais pas vraiment ce qu’il essaie de faire. « Regarde, je t’ai pas frappé et pourtant tu me parles. » Je suppose que cela fait de moi quelqu’un de ‘sympa’.
- C’est vrai.
Un rire nerveux m’échappe. C’est vrai. Soudainement, la situation me parait presque surréaliste. Billy Morris et Loane Bauer, discutant dans le couloir. Je n’aurais jamais laissé cela se produire auparavant, c’est certain, mais les faits sont là.
- Puis, pas grave pour les questions. T'as le droit de te demander ce qui s'est passé pour qu'on change autant. Je veux dire, je comprends.
Il comprend. Il pense comprendre. Je sais plus ou moins ce qu’il lui est arrivé mais je doute qu’il sache grand-chose sur moi. Ce n’est pas comme si j’allais discuter de ma situation avec n’importe qui. « Je suis adoptée. Mon père adoptif n’est qu’une ombre. Ma mère adoptive devrait aller consulter un psy. Je veux savoir d’où je viens. Elle m’en empêche. Je suis en train de lentement tomber en morceau. » Non. C’est un peu trop pitoyable pour être partagé. Les personnes extérieures ne comprennent même pas, en général. Pourquoi est-ce que tu veux savoir ? A quoi cela va te servir ? Regarde, mais regarde, dans quel état tu mets ta mère ! On ne compatit pas avec le méchant de l’histoire.
Puisqu’il ne sait sans doute rien, il doit me prendre pour une ado en crise. Est-ce que je suis une ado en crise ? Sûrement. Mais une ado en crise avec légèrement plus de raisons légitimes pour l’être. Une petite fille heureuse qui s’est transformée en petite fille curieuse qui s’est transformée en jeune fille haineuse. Le développement n’a rien de commun avec la plupart des autres ados en crise. Sans être forcément supérieure, je suis tout de même différente. Mais est-ce qu’il le sait, ça ? Est-ce qu’il le voit ?
Qu’est-ce qu’il sait de moi ?
Rien.
Absolument rien.
Pas vrai ?
- OK.
Mon éloquence est éblouissante aujourd’hui.
Un silence s’installe.
Si je gère plutôt bien les silences en temps normal, cette situation n’a rien de normale. Des années que nous nous croisons mais ce sont les premiers mots que nous nous adressons, à combien de personnes ce genre de chose arrivent-elles ? Beaucoup, je suppose, mais ce que j’aimerais savoir maintenant, c’est comment elles s’en sont sorties. Pas de manuels, pas de petit guide à disposition. C’est moi et Billy et le silence et toutes ces années de rien entre nous dans le couloir. C’est tout.
Je regarde sa main. Elle saigne. Une porte de secours s’ouvre à moi.
- Tu devrais aller voir l’infirmière.
Non, je n’essaie pas de fuir cette conversation bizarre maintenant que je me suis rendue compte qu’elle l’était. Pas du tout. Ce serait vraiment lâche de ma part.
Vraiment. Et puis, il devrait vraiment aller voir une infirmière. Il s'est probablement cassé quelque chose. Je sens mes sourcils se froncer. Taper des gens, des choses, comme ça, presque tous les jours, et recevoir des coups en retour parfois, tout ça, c'est si malsain.
Je n'ai pas envie qu'il se soit fait mal.
Je n'ai pas envie qu'il ait mal, là, alors que je lui parle.
Pour une raison obscure, c'est important.

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