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 PETALS (SOULMATE)

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PSEUDO/PRÉNOM : endort-fine (élodie)
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MessageSujet: PETALS (SOULMATE)   Mer 12 Nov - 18:01

j'ai beau voir tous les docteurs
ça ne guérit pas


Tu veux un paradoxe en six lettres ?
L'amour.
Bam.
T’as les étoiles d’un côté et les tremblements de terre de l’autre.
Moi, je suis coincé entre les deux.
Ça donne un truc assez bizarre.
Comme un séisme d’étoiles.
Moi, je suis triste et heureux à la fois, toute la journée.
Mon paradoxe avec ses cheveux barrés dans les étoiles est au bord du stade et il me regarde courir, il compte les tours que je fais, pour l’instant je suis à un et demi. Je le vois de l’autre côté de la piste, à trois cent mètres. Même de loin il est beau. Je veux dire que les autres quand ils sont encore à cinq ou six mètres de toi, c’est pas facile à dire, leur beauté, difficile à deviner. Mais avec lui tu sais. Et t’as qu’une hâte, c’est qu’il y ait plus rien pour vous séparer, que quelques poussières, pour qu’il devienne ton éclipse-monde. Là, il est encore plus beau. Quand je le regarde moi, Silas, je vois pas la mer ou les étoiles, ou des montagnes ou le ciel de la nuit. Je vois juste un garçon qui est très beau et qui s’appelle Silas (ça rime avec « embrasse » du coup je l’embrasse tout le temps pour faire justice à ce début de poème), qui s’appelle Silas Pollock même, et qui a décidé que je serai le seul garçon qu’il aimera pendant pleins pleins d’années, pendant beaucoup de temps, jusqu’à ce qu’il en ait marre et qu’il comprenne plus le sens de nous (dans longtemps, je vous dis).
Deux tours.
Je viens de passer devant lui, il m’a fait un sourire.
Un sourire très très à lui, rien que pour moi aussi.
Un sourire qui vaut mieux qu’un baiser soufflé ou qu’un baiser tout court, qu’un mot gentil d’encouragement, qu’un signe de la main, un sourire qui dit « je t’aime » en fait.
Un sourire qui dit aussi « c’est pas grave si t’es le dernier ».
Je suis même derrière les filles. C’est qu’à force de fumer tout ce que je peux dès que Silas est pas dans les parages pour me donner du bonheur du bonheur et du bonheur, j’en perds mon souffle et j’ai du mal à avancer surtout en courant. Je fume (et je bois aussi pas mal) parce que quand Silas quitte ma maison ou même quand je l’attends parce qu’il est aux toilettes, moi, je sombre, je tombe. Ça me fait des avalanches sur la gueule, ça m’enterre, ça me descend plus bas que terre. Quand il disparait de mon champs de vision, ça me rappelle direct que mes copains passent leurs journées à se foutre de ma gueule et me traiter de pédé et faire des blagues de pédés, j’ai beau essayer de m’accrocher au souvenir de Silas ou même à l’idée qu’il est dans la cabine d’à côté, ça change rien, je dégringole. Les « copains », ils auraient mieux fait de me laisser tomber, je pensais que c’est ce qu’ils allaient faire. Mais non. Non, parce que c’est bien drôle d’avoir un pédé dans la bande, ça promet des heures et des heures de rigolades, de blagues dégueulasses qui traduisent pas du tout l’amour qu’il y a entre Silas et moi. C’est d’autant plus drôle que ce pauvre con de Nobody, bah il se laisse faire en attendant de retrouver son petit ange, non, qu’est-ce que je raconte, pas son petit ange, sa PLANÈTE, voilà.
Ça fait trois semaines qu’on est ensembles.
Deuxième fois pour nous et première pour les autres.
On l’a écrit sur facebook. Silas Pollock est en couple avec Coma Nobody. Ma mère a commenté, « oh », et puis je suis descendu dans la cuisine pour en parler avec elle, pour une fois qu’elle était là. Il a changé sa photo de profil, aussi, c’est nous deux qui nous embrassons et on voit bien qu’on sourit en même temps. J’ai eu le cœur qui flanche quand je l’ai vue, c’était la première fois que je nous voyais en train de nous embrasser, ça fait longtemps pourtant qu’on le fait, j’ai trouvé qu’on était beaux. Lilas Nobody a commenté votre photo : « trop mignons les garçons ». J’ai souri et puis … je sais pas.
Ça me fait le fait tout le temps en ce moment.
Je souris et puis …
Je souris plus.
Je crois que Silas a pas vu parce que c'est tellement inné de sourire quand il est là.
Quand je pense que j’ai dû mettre des milliers d’années à arriver ici sur terre. D’abord j’ai été une étoile ou un truc plus balourd, et puis j’ai hésité sur ma forme, hésité encore sur quel pays, à côté de quel océan aussi. Et même avec tout ce temps perdu, au bout de ce temps perdu, j’ai réussi à tomber au même endroit et au même moment que Silas. C’est increvable ça, ça me mènera jusqu’au bout cette beauté du timing. Bon, avec quelques gorgées de vodka j’avoue que ça passera mieux, ça glissera plus facilement, ça me calme le mal de gorge tout ça n’empêche. Hier soir j’ai cru que j’allais pas m’en sortir, j’avais un « repas de famille » (un truc qui réunit tout le monde une fois de temps en temps parce que le reste de l’année on a trop la flemme de se voir, sous-entendu) et Silas est pas venu dormir à la maison. Quand j’ai eu le droit de sortir de table j’ai couru, couru dans la rue, je suis allé voir Archie qui m’a vendu des étoiles. Il adore dire ça, « je vends des étoiles », mais moi je sais très bien que c’est du shit que j’achète, les étoiles, c’est plutôt du côté de Silas. Ce matin j’ai croisé ma mère, elle m’a demandé si j’étais défoncé, j’ai dit oui, elle a dit bonne journée.
C’est triste non ?
Non, parce que je vais bientôt commencer mon troisième tour (le dernier) et que Silas m’attend au bout du voyage, donc ça va, y a rien de triste quand y a Silas.
Putain, les cons.
Ils ont tous fini leurs tours et personne m’attend. Le prof je le vois il est en train de leur parler, de leur expliquer le prochain exercice et tout. On s’en fout de toute façon. Les pédés c’est toujours les derniers, ça sert à rien de les attendre. Je me mets à marcher parce que ça me saoule de courir dans le vide, y a Silas en retrait du groupe qui me regarde, je le sais, même de loin, mais je marche le plus loin possible de lui. Je sais pas. Là, le sourire, il veut même plus sortir. Mon corps tout entier, il a même envie de s’effondrer, et je me vois pas de le contredire. Je marche jusqu’au terrain, là où y a l’herbe un peu mouillée à cause du matin et je m’allonge, dans deux secondes mon t-shirt sera trempé, ça me donne une excuse pour pleurer (parce que les larmes se mélangeront à la rosée et que je pourrais faire comme si c’était pas moi). On s’en fout de toute façon, les pédés ça pleure toute la journée.
Je regarde au-dessus.
Les étoiles sont belles comme ça.
(Oui mais y en a pas …)
Ta gueule.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Mer 12 Nov - 19:08

if you fall asleep down by the water
baby, i'll carry you all the way home

Bon ça fait quand même un bout de temps que j’ai un sourire idiot sur le visage.
C’est que j’ai frôlé de si près la fin de l’univers que je me sens tellement vivre ! Tout me paraît étoiles, soleil et galaxies. J’ai jamais ressentir autant de tressautements dans mon cœur pour aussi peu de choses. Mais là c’est le bonheur en vraiment très très grand, j’y nage et puis l’eau y est chaude, c’est comme un bain. Et je veux y rester des heures jusqu’à m’y endormir et sentir la peau de mes doigts se friper.
Là je suis sur le bord de la piste, le chronomètre à la main, et je regarde Coma courir.
Je dois noter son temps et tout ça.
Il est un peu loin derrière les autres mais je trouve qu’il se défend plutôt très bien. Quand il passe devant moi il y a nos regards qui se croisent, qui s’arrêtent un instant pour se dire je t’aime et qui repartent loin vers l’avant, vers l’horizon. Coma est très beau quand il court. Il y a tout son corps qui s’étire vers le haut et vers l’avant. Ses yeux sont très concentrés, ses mâchoires un peu serrées. On dirait qu’il est en colère mais en réalité il fait juste tout son possible pour ne pas faire une mauvaise performance. Moi j’aime bien le regarder courir parce qu’on dirait qu’il n’y a rien que la piste qui compte et que le reste ne l’atteint plus du tout. Même si les étoiles tombaient du ciel, ça rebondirait sur lui sans l’atteindre. Il a un peu des airs de super héros invincible. Et puis aussi quand il court, avec la vitesse et le vent, il y a son tee-shirt qui se tire vers l’arrière et on voit le tissu qui dessine la forme de son torse et de ses pectoraux. Je pourrais passer des heures comme ça à le regarder courir et à décrire sa façon de déplier le genoux et de balancer ses bras d’avant en arrière et puis aussi comment il s’applique à bien respirer pour ne pas trop s’essouffler.
Ça me rend coton chamallow fleur bleue bonbon acidulé étoile marée haute sable (…)
Puis le truc important ces derniers jours, c’est qu’on a annoncé aux « copains » qu’on était ensemble. Moi je souriais de partout, même mes sourcils se sont mis à sourire. Coma je crois qu’il avait l’air content de le dire, mais ça l’a rendu un peu plus timide que moi. Mais quand on est tous les deux au lycée je fais des efforts pour lui, je lui prends la main que s’il se met à toucher ma main pour dire viens me la prendre. Je l’embrasse même pas devant les autres parce que je crois que ça me gênerait un peu. J’ai pas envie qu’on nous dévisage ou qu’on nous regarde avec les sourcils qui se froncent parce que deux garçons qui s’embrassent c’est dégueulasse. Finalement ça a pas vraiment changé d’au tout début de nous, quand les autres savaient pas. On continue de s’embrasser derrière les murs, à l’abri des regards. C’est juste qu’on a le cœur qui bat normalement. Certains des garçons étaient pas trop étonnés que j’sois pédé. C’est vrai qu’ils m’avaient jamais vu avec une fille au bras. Mais Coma … Ils sont tombés sur le cul. Surtout par rapport à Debbie et tout ça. Ça lui a valu des mots un peu méchants dans son dos quand il partait dans son coin sans moi. Moi j’ai rien dis parce que j’avais rien à dire sur cette histoire. Je pense juste que c’est du passé et que maintenant Coma et Debbie n’est plus rien qu’un souvenir. C’est nous deux qu’il faut regarder.
Les garçons font des blagues.
Ils nous posent des questions sur notre façon de faire l’amour.
Dans ces moments-là j’peux vous assurer que je suis rouge, mais alors rouge jusqu’à la racine des cheveux. J’ai même pas la force de leur dire mais fermez vos gueules en rigolant un peu parce que tout reste bloqué dans ma gorge.
Je pensais pas que ça les rendraient si méchants cette histoire d’amour entre Comète et moi. Mais je fais comme si j’étais sourd. De toute façon avec mon bouclier humain je sais que je risque rien et puis je sais aussi qu’il est prêt à jouer des pieds et des mains pour me sauver. Pour nous sauver.
On a même étalé notre amour sur internet. J’étais tellement heureux que je voulais officialiser tout ça. J’ai toujours pensé que je voulais crier mon amour sur tous les toits du monde. Là je l’ai juste fait sur les murs de tout le monde mais c’est déjà ça. Même que ma photo de profil c’est nous deux avec nos lèvres collées-serrées et nos sourires qui se marchent dessus en même temps. Ça donne un mélange assez spatial. Euh … spécial.
Ça a fait réagir certains.
Et d’autres se sont contentés de mettre un like avec des mots gentils en dessous. Moi je m’en fiche aussi des mots gentils et des like je veux juste que les gens soient au courant pour pas qu’on aie peur de marcher dans la rue avec nos doigts qui s’enlacent et puis aussi pour qu’on puisse s’embrasser en plein milieu du couloir parce qu’on va pas dans la même salle.
Le prof de sport nous appelle et moi je rejoins les autres en gardant un œil sur Coma qui traîne la patte sur la piste et qui a toujours pas fini son dernier tour. Je change la direction de mon regard et j’écoute le monsieur parler de performances et dire qu’on va échanger les rôles, que celui qu’était en train de chronométrer va courir, etc. Il parle, les autres posent des questions et je sens toujours pas la présence de Coma dans mon dos ou à côté de moi et encore moins son bras qui chatouille le mien. Je me tourne dans tous les sens pour essayer de le retrouver.
Je fais un tour complet sur moi-même.
Et puis il est tout là-bas, à l’autre bout du stade. Et je le vois qui se laisse tomber dans l’herbe.
Ma bouche fait un « oh ».
Je me mets à courir dans sa direction parce que tout d’un coup j’ai très peur. Je fais un sprint entre l’herbe et le sable de la piste et je manque de tomber et puis je cours et j’ai les muscles et les poumons qui brûlent un peu de s’être trop peu échauffés.
Puis je vois le bout de ses chaussures qui dépassent de l’herbe. Il est allongé sur le dos.
Je me laisse tomber à genoux à côté de lui.
- Ça va pas ???
Je demande.
- Qu’est-ce qu’il y a ???
La voix qui presse, les sourcils qui se fronce. La tête et le cœur qui comprennent rien à l’attitude de Coma. Au début de l’heure il se plaignait un peu parce qu’il avait vraiment pas envie de courir mais là il a les yeux tristes et tout ça et je trouve terrible de le voir dans cet état là. Je reste avec mes genoux nus plantés dans l’herbe humide et j’avance ma main pour lui caresser tout doucement ses cheveux. Ils sont un peu mouillés à leur racine à cause de la transpiration de son front. Encore une fois, je le trouve extrêmement très beau.
Je rougis parce que je suis encore en train de le dévisager comme si c’était la première fois que je le voyais.
Je retire ma main et je m’assieds dans l’herbe.

Pourquoi tu souris pas ?

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Jeu 13 Nov - 20:02

Elles sont partout les étoiles, elles prennent toute la place, non mais je les invente pas, il faut juste ouvrir les yeux et elles sont là, c’est des envahisseuses que j’aime bien, je leur dis allez-y, continuez mes chéries, ça me fait le spectacle, à moi, ça m’occupe et ça me sort un peu les idées. Ça m’oblige à me dire qu’il y a aussi des belles choses, qu’il en reste, et qu’elles viennent pas forcément de la bouche de Silas ou de ses épaules toutes maigres. Quoique … Quand il me parle tout près, ça sent un peu le ciel, ça me fait éternuer parce que ça brille de trop et que moi tout ce qui brille, ça me fait éternuer (ou sourire) (ou souréternuer). Alors non finalement. C’est encore Silas. C’est lui le roi du ciel de toute façon, c’est lui qui commande les étoiles et c’est lui qui les invente. L’autre jour il m’a demandé dans quel sens allaient les étoiles filantes, j’ai souri parce qu’il a fait exprès de pas savoir, et j’ai dit qu’elles tombaient direct dans ses yeux, il a souri aussi, il a rougi, moi, j’étais jaune, jaune de soleil, brillant de lui. Silas. Silas, putain.
Mais pourquoi ?
Mais comment ???
Tant qu’il est là, hein.
Là-bas ils vont dire aaaah le pédé est même pas capable de faire un foutu tour de terrain sans s’écraser par terre, c’est vraiment une tafiole, tout ce qu’il sait faire c’est mettre son cœur en avant pour bien montrer qu’il est amoureux mais à part ça … (Eh oui bande de cons.) Ils m’emmerdent et moi je les emmerde, et là, si je me suis foutu dans l’herbe, c’est pour montrer que je m’en fous du sport et je m’en fous d’eux, je suis en congé, et si ma princesse pouvait se ramener aussi ça serait bien. Il va venir de toute façon. Au bout d’un moment il va se dire « bah merde j’ai perdu mon épaule droite » (mais dans sa tête les mots seront plutôt des poèmes) et il partira à me recherche. En attendant je regarde les étoiles. Elles garnissent le ciel je vous dis. Allez. Dégagez. J’aime pas les gens qui veulent pas s’imaginer qu’il y a toujours des étoiles au ciel, même le matin, même en plein après-midi.
Vous savez ce qui les intéressent le plus ?
Comment on fait l’amour.
Ils nous ont même pas demandé, ils ont imaginé direct pleins de trucs comme ça, sûrement qu’eux c’est comme ça qu’ils font l’amour à leurs copines vu comment ils sont répugnants comme mecs. J’ai même pas eu le courage de leur expliquer comment c’est en vrai, alors que je suis sûr que y a de quoi les rendre jaloux tous ces crevards. J’ai serré la main de Silas pour dire désolé et je t’aime. J’ai même pas été capable de leur dire ce qui se passe quand on fait l’amour. Du début, du regard qu’on se jette et qui met une majuscule à ce moment. À la fin quand on continue de s’embrasser, la fin avec les trois petits points qui veulent dire qu’un jour on recommencera. En passant par nos mains qui arrivent même pas à déshabiller l’autre correctement parce que nos yeux sont trop occupés à vivre dans ceux de l’autre, à fixer cet air dans nos quatre océans, cet air qui n’appartient qu’à ces moments-là, impossibles à retrouver le lendemain. En passant par le peau à peau, peau sur peau, peau contre peau, peau dans peau. En passant par le voyage sur ses grains de beauté qui portent très très bien leur nom. En passant par son ventre, l’intérieur de ses coudes baptisé à chaque fois de mes baisers. Dans vos dents bande de cons. Mais j’ai rien dit. Et je continue de piocher des étoiles au hasard dans le ciel pour les fumer le matin avant d’aller retrouver mes copains entre guillemets.
Et Silas autour de qui j’ai enlevé les parenthèses.
Silas qui m’embrasse à son casier quand je vais en anglais.
Silas qui mange en tête à tête avec moi.
Silas qui me tient la main quand je viens cogner mes phalanges contre les siennes.
- Ça va pas ??? Qu’est-ce qu’il y a ???
Je tourne les yeux et c’est Silas.
Silas sur un fond de paillettes.
Mon cœur se rallume.
Pétards dans le sang.
Oh.
Oh.
Il s’assoit dans l’herbe et il passe sa main dans mes cheveux, à moins que ce soit dans l’autre sens. Ça fait catapulter mon ventre quelque part vers mes poumons. Quand il est là mon ventre tient pas en place. Il saute et il tombe et il me remonte au cœur et il frémit et il sourit de toutes ses dents comme moi en ce moment, et il cogne dans moi, tellement que j’ai du mal à le différencier de mon cœur. Silas est en tailleur juste à côté de moi, je peux toucher son genou gauche du bout des doigts et je le fais. Il dit qu’il aime bien quand je fais ça. Que ça lui fait comme des « piqûres d’étoiles » (il a de ces expressions, Silas, parfois, ça me coupe le souffle, exactement comme quand il secoue un peu ses cheveux). Moi ce que j’aime c’est quand on va au cinéma et qu’on s’assoit dans les sièges des amoureux (les deux seuls qui sont pas séparés par un accoudoir, pour que les amoureux puissent se prendre la main comme ils en ont envie). Moi ce que j’aime c’est quand il m’invite chez moi et qu’il me dit « tu pues, on va prendre un bain » et qu’il met plein de mousse autour et sur nous, que ça le fait ressembler à une fée des profondeurs avec des bulles sur le bas de son ventre que je connais par cœur de toute façon. Moi ce que j’aime c’est ça, là, nous deux, tout seuls avec les autres là-bas, trop loin pour nous emmerder. Moi ce qui m’embête là c’est que je dois avoir les yeux complètement explosés, ça me fait regretter « les étoiles ».
- Qu’est-ce que tu fais là toi ?
(Mais je suis content, ça rameute mon sourire.)
- C’est ton tour de courir là. Si ça t’embête pas je vais te chronométrer d’ici parce que je suis un peu fatigué et que j’ai pas envie de me frotter à tous ces cons aussi.
C’est nous deux.
Versus tout le reste.
- Mais si tu veux tu peux faire la grève toi aussi et regarder les étoiles avec ton amoureux.
(C’est moi, ça.)
Et j’ouvre grand les bras pour dire allez viens.
- T’es beau aujourd’hui.
Est-ce que t’es au courant que tes yeux prennent la moitié de ton visage ?
C’est les plus beaux du monde.
Et comment tu fais toi pour être beau même en sport ?
C’est quand la dernière fois que t’as arrêté de sourire ?
Continue, c’est bien.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Ven 14 Nov - 20:19

La première chose qu’il fait avant même de me parler c’est me regarder. Oh là là mais ses yeux. Moi je ne m’en remets pas. Le pire c’est quand il a le soleil dans le visage et qu’on dirait qu’il y a des lumières qui s’allument dans ses deux océans. Ou plutôt que le soleil s’y baigne carrément. Et c’est splendide. On dirait une eau du Pacifique ou quelque chose comme ça. Ça s’éclaircit d’un coup. Il faudrait y nager tous les deux, faire des ronds dans l’eau, faire semblant de se noyer pour que l’autre nous ramène sur la plage et nous embrasse pour remettre du souffle dans nos poumons fatigués. Ses yeux sont incroyables.
Et puis il y a aussi ses doigts qui viennent se déposer sur le rocher que forme mon genou. Moi je ne parviens pas à faire autre chose que le regarder tendrement, avec des yeux qui dégoulinent d’amour, d’amour et encore d’amour. Faut arrêter de dire tomber amoureux et de comparer ça à une bonne grosse gamelle douloureuse. Pour moi c’est pas du tout comme ça, ça, non. C’est plutôt une jolie chute dans les étoiles qui ne s’arrête jamais. Un endroit entouré de soleils qui brillent tous plus forts les uns que les autres. Ça éblouit mais c’est absolument divin. On est absolument aveugle, on ne voit plus rien que la lumière de l’autre. Et puis faut faire marcher ses autres sens. Le goût (sa langue) le toucher (sa peau) l’ouïe (sa voix) l’odorat (son cou). Bref ses doigts sur mon genou ça me fait des petits picotements sur la peau. Ça me rappelle quand on est nus et qu’on se tient l’un contre l’autre et qu’il s’amuse à découvrir mon corps avec ses mains.
- Qu’est-ce que tu fais là toi ? C’est ton tour de courir là. Si ça t’embête pas je vais te chronométrer d’ici parce que je suis un peu fatigué et que j’ai pas envie de me frotter à tous ces cons aussi.
Je hoche la tête.
Je crois que Coma a vraiment le cœur blessé à cause des autres garçons et de leurs remarques méchantes à cause de notre homosexualité. Je trouve ça terrible, ces piques, ces moqueries, ces mots méchants dits « pour rigoler ». Moi je pense qu’ils rigolent pas vraiment. Ils doivent vraiment nous juger. Mais faudrait leur expliquer, à ces garçons-là, que c’est beaucoup mieux qu’avec une fille et puis que nous, au moins, on fait même pas semblant. On s’aime avec le cœur mais aussi avec le corps et encore plus avec l’âme. C’est un truc céleste. Mais je sais aussi que si je leur sors un discours pareil ils vont me regarder sans rien dire puis ils éclateront de rire.
C’est des cons comme Coma il dit.
Et Coma a toujours raison.
- Mais si tu veux tu peux faire la grève toi aussi et regarder les étoiles avec ton amoureux.
Ses bras s’ouvrent en grand.
Oh la belle invitation.
J’ai un sourire timide et heureux qui fleurit sur me bouche. Je viens m’allonger à côté de lui, et puis je me blottis tout contre son corps. La main posée sur son ventre, le visage contre ses côtes. Je ferme un peu les yeux pour respirer son odeur. C’est un mélange de son gel douche de ce matin avec son parfum et aussi un peu de transpiration (je pourrais respirer ça pendant des heures et des heures, ça fait effet bouffée d’oxygène).
- T’es beau aujourd’hui.
J’ai les joues qui rougissent.
- Toi aussi mais comme tous les jours tu sais bien
Enfin tu sais quoi. Tu sais comme t’es beau et comme tu m’illumines. Je vais pas faire un dessin parce que ce serait dommage de tout gâcher (surtout que j’ai déjà fait assez de dégâts comme ça).
Il n’a pas répondu à ma question. Je sais bien que quelque chose le tracasse. Je le sens. D’habitude il part pas comme ça s’isoler pour s’allonger dans l’herbe. D’habitude il reste jusqu’au bout écouter le prof parler même s’il en a rien à foutre et qu’il fait que de râler. Et même son sourire. Son sourire qui a l’air très grand et très vrai, moi je sens qu’il y a des petites faussetés à l’intérieur. Il a l’air un peu cassé, son sourire. Comme si Coma n’y mettait pas tout son cœur.
- Mais euh … t’es sûr que ça va ? Parce que t’as l’air patraque et tout alors je me demande …
Je me tais. Je préfère faire des cercles sur son ventre avec mon index. C’est très frustrant d’avoir la barrière de son maillot de foot entre nos deux peaux. Je lève les yeux de lui et je jette un coup d’œil au groupe de là-bas. Il y a des regards curieux qui se posent sur nous. Je me demande ce qu’ils se disent. Je me demande aussi si on les dégoûte parce qu’on a décidé que non, on ne tomberait pas amoureux d’une fille et que oui, les torses plats c’était plutôt notre truc. Je comprends pas. On est pourtant pas les seuls au lycée. Mais c’est qu’ils nous ont tellement perçus comme deux meilleurs amis. Ils doivent être effrayés, sortis de leurs habitudes.
Mais moi ça me dérange pas plus que ça tant que Coma le vit bien. Parce que bon, tout ça, leur réaction, c’est un peu de ma faute. C’est un peu à cause de mon coup de téléphone en colère puis de nos cris dans la bibliothèque puis de nos trois semaines de silence radio à se tourner et à se retourner les méninges en se demandant pourquoi et comment faire.
J’espère que son sourire un peu cassé c’est pas de ma faute.
Je m’en voudrais toute ma vie.
Ça ferait pleurer le soleil.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Sam 15 Nov - 20:52

Tu vas arrêter de faire de la concurrence au soleil oui ?
Putain bientôt le pauvre il servira plus à rien.
Le pire c’est qu’il fait même pas exprès.
Quand je lui dis qu’il est beau il secoue la tête en souriant et en disant « non ».
T’es beau aujourd’hui, t’es beau demain, t’es beau hier, t’es beau dans cent ans, t’es beau avec tes yeux plus immenses même que la galaxie, t’es beau quand t’es endormi, t’es beau tout de suite, t’es beau maintenant, t’es beau y a dix ans la première fois que t’as perdu une dent, t’es beau tout à l’heure dans les vestiaires sous la douche, t’es beau ce matin devant ton casier quand tu m’attendais, t’es beau depuis que t’es né et t’es beau jusqu’à la fin de ta vie, t’es beau mais personne sait comment, personne peut te recopier, personne peut même imaginer jusqu’à quel degré tu peux être beau (y a que moi qui sais), t’es beau à jamais. T’es beau avec ton sourire qui trouve que moi, je suis beau. T’es beau avec moi. Toi. Avec tes yeux et ton cœur qui t’envahissent tout entier, qui laissent de la place à personne d’autre. Tu m’étonnes que tes bras soient minuscules.
Les bras de Silas.
C’est comme si …
Enfin on dirait
Attends, un, deux, douze.
Je fais un brouillon et je reviens.
(Y a toutes les étoiles dans ma tête et en plus de ça Silas se ramène avec ses bras, je suis perdu.)
Les bras de Silas.
Alors, si je devais en parler correctement, faire un exposé dessus devant toute la classe, je parlerais pas mal d’étoiles et de constellations et de poudre d’étoiles et tout ça (parce qu’on parle de Silas donc on peut pas laisser les étoiles et le ciel en général de côté sachant que c’est de là qu’il vient), mais surtout, je parlerais de force. Je parlerais de comment, avec ses bras, il est capable de soulever ou au moins supporter le monde. De comment il est capable de me serrer contre lui jusqu’à ce que ses coudes se cassent. De comment il pourrait s’en servir pour repousser le ciel si un jour il avait l’absurde idée de nous tomber sur la tête (comme l’autre fois à la bibliothèque, mais là c’était une autre histoire). De comment il peut me remettre sur mes pieds, à chaque fois. J’imagine déjà les questions des autres ou plutôt leur étonnement. Non mais tu les as vus, les bras de Silas ? Ben oui, je les regarde toute la journée, je fais que ça, je les apprends par cœur. Je le sais, qu’on dirait deux morceaux de garçon osseux. Mais c’est parce que vous l’avez pas vu, aussi. Vous l’avez pas vu quand il les élance au-dessus de lui parce qu’il est trop bourré pour se rendre compte qu’il sait pas danser et que c’est justement ça qui le rend magnifique à mes yeux. Vous l’avez pas vu quand il se couche sur moi et qu’il passe ses bras autour de mon torse pour que jamais jamais je m’en aille. Vous savez pas à quel point ses bras, ils sont magiques.
Ses bras, c’est une chanson.
Celle que j’ai écoutée en venant à l’école, la toute douce.
- Mais euh … t’es sûr que ça va ? Parce que t’as l’air patraque et tout alors je me demande …
Mon bouclier s’est étalé sur moi pour me protéger. Il a posé sa tête sur le bord de mon torse et sa main sur mon ventre, sa main, elle bouge au rythme de ma respiration. Ça fait comme quand on dort et que c’est moi à sa place, moi qui vérifie qu’il respire correctement en cadence avec ses rêves. Mais quand on dort, y a jamais son t-shirt par-dessus lui. Souvent, y a rien, rien que son torse rose, et puis son grain de beauté pile au milieu du torse. Comme une étoile collée là au hasard, comme si c’était pas fait exprès.
J’ai pas répondu.
Qu’est-ce que tu veux que je te dise Silas
Qu’une partie de moi qui est cassée en trente morceaux irréparables
Mais c’est pas grave parce que je m’en fous de cette partie-là, c’est la partie Coma-con.
C’est la partie Coma-qui-veut-garder-tous-ses-copains.
Et des copains, il en a plus.
Coma, il a plus que Silas en stock.
Ça suffit c’est juste que Coma a parfois le sourire l’envers.
- Mais non y a rien t’inquiète. C’est juste qu’on est mieux là tous les deux tu crois pas ? Enfin j’trouve. Ils sont chiants les autres. Ils comprennent rien à rien. Ils nous comprennent pas.
Je le regarde comme je peux avec mon épaule en travers du chemin. Silas. Autour de ses yeux c’est bleu clair, mon amour on dirait un lever de soleil. Mon amour, je passe toute ma vie à guetter ses sourires, surtout ceux qui viennent de nulle part, qu’on dirait qu’il les invente juste comme ça pour le plaisir d’avoir du bonheur qui lui habille le visage, juste pour que moi je le surprenne tout souriant, et que ça me fasse sourire aussi. Mon Silas qui me pourrit-gâte d’amour, qui m’en met pleins les yeux et qui s’excuse même pas quand il m’éblouit de trop. Qui râle jamais quand on rentre chez lui le soir et que sur son lit, je lui enlève son pull et son polo rien que pour pouvoir regarder la fameuse étoile et faire des dessins entre tous les autres grains de beauté (j’appelle ça des constellations). Mon stellaire. Je pourrais en faire des poèmes, des chansons, des contes, des théories, des encyclopédies, des thèses, des dissertations, des livres, des (...)
Je le pousse, je le fais rouler sur le côté et je me retrouve assis sur son torse avec les mains sur ses poumons pour mieux l’aider à respirer. Je souris grand, aussi grand que j’imagine le ciel l’être (infini, d’ailleurs). Je me penche sur lui avec les doigts dans son cou maintenant et j’embrasse sa bouche hivernale, je retrouve sa langue congelée et j’y mets du cœur pour la réchauffer. J’y vais lentement je prends mon temps parce que qu’est-ce qui peut bien nous arriver maintenant, plus rien. J’espère juste que ça se sent pas trop dans mes baisers que j’ai trop fumé hier soir, trop trop fumé, plus que de raison, j’en ai collectées des étoiles, dans mes poumons, j’espère que ça se voit pas dans mon haleine, déjà que ça doit le crier dans mes yeux.
- Eh, on sèche cet aprem ? Il me reste des trucs super intéressants à la maison si tu vois c’que je veux dire et puis y a mon corps aussi ...
Ça me fait marrer.

Moi, je m’en fous du soleil.
C’est toi qui fais chanter mon ciel.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Dim 16 Nov - 17:35

Coma m’explique que y’a rien, que c’est seulement les autres qui sont chiants et tout ça et puis aussi qu’ils nous comprennent pas. Je me contente de hocher la tête contre lui.
Et puis je sens mon corps qui roule sur le côté, je me retrouve à plat dos dans l’herbe. Coma est à califourchon sur moi avec ses mains sur mon torse. Ça me donne très chaud tout ça alors je regarde dans ses yeux pour essayer de faire baisser la température mais ça marche pas du tout. Et puis si je ferme les yeux c’est pire parce que j’imagine Coma sous toutes ses coutures. Coma vêtu puis Coma dévêtu. Coma en colère et Coma rempli de joie. Coma amoureux et Coma mû par le désir. Ça fait brûler le feu dans mon ventre et puis aussi dans mon bas-ventre mais j’essaie de l’ignorer et même d’éteindre les flammes. Le problème c’est que c’est impossible. Ses mains remontent jusque dans mon cou et je vois son visage qui s’approche du mien, c’est une comète au ralentit. Je ferme les yeux avant la rencontre de nos bouches. Mes mains à moi viennent s’aventurer dans la nuque et dans le dos de mon amoureux. Je les fais glisser tout contre lui, sur son maillot de sport un peu humide. Je décolle et recolle mes lèvres cent fois.
Coma c’est tellement céleste. Coma c’est un maelström de sensations qui t’emmène dans un endroit où les étoiles sont reines. C’est très noir, c’est la nuit immense et infinie mais parcourue de millions d’étoiles. Et puis il y a aussi des soleils. Des soleils qui existent même la nuit parce qu’ils sont plus forts que tout. Et tout ce petit monde, toutes ces galaxies amoureuses, elles se transmettent leur lumière et leur chaleur. Elles s’envoient des millions de couleur, elles s’échangent leurs étoiles. Et dans ce monde-là on est toujours un peu ivre, toujours un peu ailleurs. C’est complètement déconnecté de la réalité parce c’est irréel. C’est du rêve, du ciel, du tout. Et Coma, c’est un peu ça. Coma c’est un monde un peu à part. Mais je regrette pas, le voyage en vaut la peine. Ça a été dix-sept ans de recherche, de doutes, de remise en question. Dix-sept ans à marcher dans des sentiers qui n’étaient pas les bons. Dix-sept ans à d’abord regarder les filles (en se forçant) puis les yeux qui tombent de plus en plus souvent sur ma comète blonde, puis les joues qui deviennent un peu plus braise. Et puis ses bras grands ouverts c’est la porte sur son monde. Il suffit de se coller à lui, de toucher un peu ses mains, ses bras pour sentir toutes les galaxies qu’il y a à l’intérieur de lui. D’ailleurs je me demande si Coma est vraiment humain. Peut-être même qu’il n’y a qu’un seul cœur qui bat très fort à l’intérieur de lui. Et puis autour, pas de viscères, pas d’organes inutiles, seulement quelques astres pour le rendre aussi lumineux. Et puis une fois qu’il enlève son tee-shirt, une fois qu’il m’embrasse, qu’il me déshabille, qu’on fait l’amour, là c’est des étoiles qui m’explosent à la gueule.
C’est quelque chose de vraiment dingue.
- Eh, on sèche cet aprem ? Il me reste des trucs super intéressants à la maison si tu vois c’que je veux dire et puis y a mon corps aussi ...
Son rire éclate dans mes tympans.
J’ai les yeux ouverts et pourtant mes paupières sont très lourdes. Je dois avoir des restes de constellations à l’intérieur. Quand il dit « y’a mon corps aussi » ça se réveille encore à l’intérieur de mon ventre. Ça se secoue dans tous les sens, ça clignote, ça s’agite. Je ris aussi, mais avec un peu plus de gêne. Je dois avoir des plaques un peu rouges dans le cou et sur les joues. C’est que j’ai pas vraiment l’habitude qu’il me dise des choses comme ça. Enfin ça nous arrive de dire des choses comme « j’aime te toucher », mais on évoque jamais vraiment l’amour corporel face à face. De vive-voix. Je crois que ça me gênerai. Ce sont des moments qui n’appartiennent qu’à nos corps, qui font que renforcer l’amour et puis c’est aussi histoire de nous souvenir qu’on est vivants.
Je jette un coup d’œil par-dessus son épaule. Les autres sont partis. Le groupe nous a abandonnés-là. Mais on est un peu des orphelins, Coma et moi. Même les étoiles ont même pas voulu de lui, elles ont rien trouvé d’autre à faire que de le balancer sur Terre et lui dire « on veut pas d’toi là-haut, à plus ». Bon … Heureusement que je suis là pour en prendre soin, hein. Puis les étoiles comme lui, on peut pas les rater. Faut être aveugle. Debbie je sais pas comment elle a fait. Je sais pas comment elle a fait pour voir à quel point Coma c’était pas juste Coma Nobody. C’est pas qu’un joueur de foot, c’est pas qu’un garçon, c’est même pas un garçon normal.
Ils le connaissent pas assez.
Et puis ils l’ont pas vu sur son skate quand il a les bras en croix, prêt à affronter la vie.
C’est le plus beau de tous les garçons.
Je me redresse et nos torses sont presque à se toucher.
- Oui, d’accord, on sèche. On va se changer et puis on va chez toi ?
Je dépose un baiser dans son cou et puis je le pousse gentiment dans l’herbe pour pouvoir me relever. J’attrape sa main dans la mienne pour pouvoir le mettre debout. Il est galant, Silas Pollock. Je garde sa main dans la mienne et je marche avec lui le long de la piste de course.
On arrive jusque dans les vestiaires. Les autres sont vraiment partis. Il y a une chaussette qui traîne sur l’un des bancs du vestiaire et puis nos sacs de sport, aussi. Je lâche Coma et puis je vais m’asseoir sur l’un des bancs. Je défais mes chaussures et puis j’enlève aussi mon tee-shirt. Je pose mes yeux sur Coma.
- Tu … tu veux prendre une douche ?
Je demande.
J’ai les mains qui tremblent un peu (je sais pas pourquoi). J’espère qu’il va dire oui. Ça me donnera une bonne excuse de pouvoir le regarder encore et puis aussi le toucher un peu.
L’embrasser sous une pluie artificielle.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Lun 17 Nov - 19:47

Et puis le jour où il s’éteindra
T’auras quand même une super idée pour le ramener.

- Oui, d’accord, on sèche. On va se changer et puis on va chez toi ?
Je fais oui de la tête. On ferait mieux de tout arrêter plutôt. Arrêter de venir à l’école juste pour une heure et puis partir tout de suite après, autant qu’il reste plus longtemps au lit et moi je lui apporterai le petit-déjeuner. Ça sert à rien d’aller au lycée de toute façon, tous les gens sont cons et on apprend même pas comment aimer (la preuve c’est qu’on a failli pas y arriver), où vont les étoiles filantes, dans quel sens tourne le soleil, quand on en part le soir on sait toujours pas comment écrire un poème à son amoureux ou comment dire à ses parents « vous pourriez être là un peu plus souvent s’il vous plaît je me sens seul ». Quand je rentre du lycée moi j’ai l’impression d’être encore plus con le matin. Au moins, quand je regarde Silas, je découvre pleins de trucs. Je découvre ce que ça veut dire bien parler et à quoi ça ressemble la beauté, des trucs comme ça. Je fais des maths sur son torse quand je calcule combien d’années il nous reste à déguster ensembles (des milliers si mes calculs sont exacts), je nous conjugue à tous les temps (nous nous aimons, nous nous aimerons, etc) et puis quand je l’embrasse, quand je l’enlace, c’est pareil que du sport. En plus, parfois, j’ai même pas cours avec Silas. Alors à quoi ça rime.
À rien
à rien
à rien
à rien
Je préfère rentrer merci bien.
Et si on allait vivre dans les étoiles ?
Silas a déjà fait le chemin étoiles-terre, il peut bien le faire dans l’autre sens.
Et puis tous les autres sont partis, je les ai même pas vus disparaître tellement que j’ai le cerveau là-haut, et puis c’est les baisers de Silas aussi. Ça me prend des heures pour m’en remettre. Parfois j’ai même pas le temps parce qu’il revient trop vite à la charge et alors là, moi, je sais plus vers quelles étoiles je dois regarder tellement y en a partout autour de moi. C’est toutes les étoiles qu’il sème et celles fabriquées par mes pensées étourdies. Les vestiaires sont vides et Silas commence à enlever son t-shirt (des paillettes) et
- Tu … tu veux prendre une douche ?
Il trébuche sur moi et ça me fait sourire. Il est à trente années lumière de moi assis sur son banc en train de se débattre avec ses lacets alors je le remets debout et je lui enlève calmement son short, il tombe le long de ses jambes, il frôle ses genoux, pareil avec son caleçon et pareil avec tous mes vêtements. Ça me fait venir un sourire, toujours, même si parfois, ça prend du temps, même si parfois, mes sourires, on dirait qu’ils débarquent du pôle nord tellement ils sont longs à arriver. Mais quand ils sont là, je peux te dire que Silas, il sait y faire pour pas qu’ils s’en aillent. Silas, il me fait faire des sourires qui durent des lustres et qui mettent des années à s’éteindre. Mon Silas, si petit et tellement beau avec ses os qui débordent sous sa peau mais c’est pas grave, je les aime moi, ses os, comme ça.
J’appuie sur le bouton de la douche.
Il se met à pleuvoir des larmes brûlantes.
Je pousse Silas dessous, mon nez dans son cou.
Mes mains autour de sa taille pour pas qu’il s’en aille, lui non plus.
Les gouttes de douche qui nous tombent dessus ça me rend triste un peu, ça me rappelle les larmes que j’arrive pas à pleurer, que je mets de côté pour lui, parce qu’à chaque fois que je sens que ça monte ça monte, il arrive et c’est fini. J’ai le corps tout salé à force. Le ventre rempli de larmes que la pensée de visage m’empêcher de pleurer. J’aimerais bien qu’on reste là-dessous pendant longtemps, jusqu’à avoir le bout des doigts fripés, ça fera comme si on était en train de vieillir ensembles. C’est ça que je veux le plus dans ma vie. Qu’il reste et que j’admire ses premiers cheveux gris.
Faut pas qu’tu partes
Faut jamais qu’tu partes.
J’ai plus rien, moi. J’ai besoin de lui, je compte sur lui tous les jours de ma vie pour maintenir mes muscles et tout le reste en vie, pour remplacer mes recharges épuisées. J’ai plus que lui maintenant, j’ai plus rien à part lui. Mes parents, ça fait longtemps qu’ils ont abandonné le combat, dès qu’ils ont vu que y avait Silas dans ma vie (ça fait au moins dix ans), ils se sont dit que c’était beau, que y avait quelqu’un de plus ou moins costaud pour veiller sur moi jusqu’à ma mort, ils se sont dit c’est pas la peine qu’on s’y mette aussi. Après y a eu Debbie, Debbie on peut dire ce qu’on veut, elle m’a au moins offert l’illusion de quelque chose de très fort (l’amour), et puis des tout petits instants de beauté aussi, glissés discrètement ici ou là, dans son cou ou dans ses cheveux. Debbie a fait ce qu’elle a pu pour me porter dans ses bras, mais ils étaient juste pas assez fort pour mon cœur lourd comme une falaise. Et mes copains. Mes copains qui me préféraient quand j’étais avec elle, bah désolé les gars. Il me reste plus que Silas maintenant.
Ses histoires pour m’endormir.
Ses mots dans mon casier.
Ses baisers saveur éternité, saveur on-va-y-arriver.
Ses doigts magiques, rien que les voir ça va un peu mieux.
C’est facile, de tout cacher dans des sourires, quand il est là.
Et puis quand je pense à lui au moins j'ai l'impression d'exister. Parce que y a mon cœur qui bat (fort, comme une bagarre dans ma poitrine), parce que y a mon ventre qui se contracte de bonheur rien qu'à la pensée de sa voix, parce que y a mes bras qui se ramollissent, mes gestes qui s'agitent, mes poils qui frissonnent, mes jambes qui se cotonnent, ma respiration qui prend de la vitesse et mon corps qui tremble du début à la fin. Silas m'anime. Le reste du temps, je suis rien, je bois et je fume pour l'oublier, je me remplis en attendant que mon amoureux débarque avec ses sacs remplis d'étoiles pour m'en mettre plein les mirettes. Y a personne d'autre qui peut me faire vivre, rien et personne à part lui, mon miracle, mon tout, mon seul et mon unique.
Je relève la tête.
Je me prends la lumière du jour en plein dans les yeux.
Et la sienne aussi.
Nos yeux sont trempés et on ne dira pas si c’est la douche ou les larmes.
Je pose ma bouche tout doucement sur la sienne, beaucoup plus doucement que tout à l’heure sur le terrain, parce que là j’en ai pas vraiment besoin, c’est juste comme ça, c’est pas ma bouée de sauvetage, ce baiser, pas cette fois.
Quand tu m’embrasses tout s’efface. Tout le reste devient des fantômes. Y a plus que toi, et moi, et le vide sous nos pieds. Ça me fait comme de l’Alzheimer. Je me souviens de rien, tout ce qui me revient c’est toi, tes yeux qui me font partir en fumée comme si j’étais une météorite en plein crash, tes mains qui connaissent mon corps mieux que personne, tes mots qui pourraient m’emmener jusqu’au bout de la terre, si un jour tu t’en vas je leurs courrais après pour te retrouver.
T’es même pas ma comète ou mon système solaire.
T’es mon Cosmos.
(Qui enlace toutes les étoiles et tous les astéroïdes et tout)

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Mar 18 Nov - 17:55

Coma doit entendre mes pensées ou me connaître par cœur ou vouloir la même chose que moi parce que ses mains viennent faire tomber mon short et puis aussi mon caleçon. Mes paumes à moi (tremblantes) se débrouillent un peu moins bien mais heureusement qu’il est là pour m’aider (et pour m’aimer). Ça me fait tout drôle d’être entièrement nu face à lui. C’est que d’habitude j’ai un bout de lui ou une moitié de drap pour me masquer au monde. Là je me sens minuscule, ridicule, rien face à l’espèce de soleil que représente mon amoureux. Ses mains (encore elles) me poussent sous la douche et allument l’eau en même temps. Elles empoignent ensuite ma taille et je me sens encore plus petit.
Et puis son visage dans mon cou
son nez sur ma peau.
Mes bras à moi viennent se serrer dans son dos alors je me sens un peu plus grand, un peu plus fort, un peu plus beau, un peu plus Coma. Il a raison lorsqu’il dit qu’on est mieux tous les deux, loin des autres, loin des remarques qui blessent, qui égratignent. pour me consoler je me dis qu’ils sont jaloux car ils ne savent pas ce que c’est d’aimer aussi grand. Ils ne savent pas ce que c’est d’aimer avec autant d’étoiles sur la peau, autant de planètes dans les yeux et autant de soleils sur la langue. Ils savent pas ce que c’est d’avoir le cœur qui trébuchent tout le temps, l’estomac qui se retourne et le ventre qui se tord. Ils savent pas ce que c’est d’avoir tout le corps qui se tend et qui oublie souvent de se détendre. Je chasse aussi au maximum l’idée que l’on puisse les dégoûter parce que l’on est deux garçons qui s’aiment. Faudrait peut-être leur expliquer que deux garçons qui s’embrassent c’est pareil que deux filles qui s’embrassent et c’est encore la même chose qu’un garçon et une fille qui s’embrassent. C’est la même forme d’amour, bon sang.
Alors oui, peut-être bien qu’on fait mieux de nous aimer dans notre coin, loin des regards assassins, loin des iris qui jugent et qui piquent. Moi je préfère autant être caché dans mon lit et dans le sien à lui faire des bisous sous les couvertures, à compter les grains de beauté dans son dos et à nager dans les océans de ses yeux. Je préfère être loin du monde et pouvoir caresser tous les petits morceaux de sa peau. Je préfère être loin des autres et pouvoir me comporter un peu niaisement mais surtout comme un amoureux.
L’eau de la douche ruisselle sur nos deux corps endoloris.
Coma est vraiment très beau. Il y a des gouttes qui s’accrochent à sa peau comme si elles ne voulaient pas le quitter (un peu comme moi). J’en attrape quelques unes avec le bout de ma langue sur sa clavicule mais aussi dans son cou et sous son oreille. Je le regarde et je souris. Je souris encore parce que c’est ce que je fais de mieux quand je suis avec lui. L’embrasser aussi. Je souris car je me rappelle combien je l’aime et pour combien de temps encore. Je crois que c’est quelque chose comme plusieurs éternités.
Mes mains tombent un peu plus bas, elles glissent avec l’eau, sur ses reins, juste à la naissance de ses fesses. Ses lèvres viennent doucement se poser sur ma bouche. Je crois qu’on a un peu oublié le principe même de prendre une douche puisqu’on a complètement zappé l’étape savon et shampoing.
L’eau a arrêté de couler.
J’ai des gouttes qui s’accrochent à mes cils et je secoue la tête pour les chasser parce qu’on dirait des larmes alors que pas du tout. Je veux plus jamais avoir à pleurer devant Coma à moins que ce soit des larmes de joies de bonheur ou encore des larmes d’amour. Mais plus de triste ou de colère. À mort la tristesse !
J’ai le dos collé contre le carrelage du mur et je commence un peu à avoir froid. Mais je reste avec Coma à le tenir fort contre moi. Je sens tout le relief de son corps épouser le mien. Ses pectoraux, son ventre, son bassin, ce qu’il y a sous son ventre et puis aussi ses cuisses. Puis je le lâche finalement. Je sors des douches et je retourne vers le banc. Je me rhabille en vitesse. J’ai une espèce de peur scotchée au ventre. La peur que quelqu’un rentre et me voie comme ça. Je suis pas à l’aise quand j’ai rien sur le dos. Et puis c’est pire dans un endroit public où n’importe qui peut entrer et sortir.
J’enfile un tee-shirt et mon jean avec peine sur ma peau encore humide. J’attends que Coma termine de s’habiller et puis je me dirige vers la sortie du vestiaire.
- On va chez toi alors ?
J’ai le cœur qui bat un peu fort parce que je devine comment ça risque de finir. On va monter dans sa chambre et pris par des élans de fougue il va m’enlever mon tee-shirt et mon pantalon et je ferai pareil et on va s’embrasser s’enlacer se faire des caresses s’embrasser encore puis faire l’amour dans le repos de son lit. On va passer l’après-midi à s’aimer au lieu d’aller en anglais en littérature ou en maths. À l’école tout le monde va se demander pourquoi les pédés sont encore pas là. Ils diront qu’ils doivent être en train de baiser. Et ils auront raison. Même si nous on fait plutôt l’amour. Mais de toute façon moi non plus j’ai pas envie de retourner au lycée.
Je pose mes yeux sur Coma.
- Tu sais Coma on va pas pouvoir fuir le lycée tout le temps. Enfin c’est pas que j’ai pas envie d’être avec toi, c’est pas ça le problème. Mais c’est qu’il faudrait quand même faire acte de présence de temps en temps, même si on s’en fout pas mal de l’école et tout ça.
Je me racle un peu la gorge : j’ai enfoncé les poings dans les poches de mon manteau.
- C’est … c’est les autres qui te font peur ?
Parce que si c’est ça on peut aller leur casser la gueule, leur montrer que c’est nous les plus forts et qu’on a même pas peur d’eux. Et puis si ils ont un problème ou si ils ont quelque chose à nous dire qu’ils viennent nous parler en face. Nous on s’aime, on s’aime grand comme l’univers et c’est pas leurs météorites lancées depuis le lycée qui vont nous faire tomber.
Jamais.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Mer 19 Nov - 19:43

C’est spatial d’être dans ses bras, c’est tutoyer la voie lactée, c’est comme être dans une fusée et de sortir la tête par la fenêtre ouverte pour sentir le vent, c’est voir les étoiles de très très près et, peut-être, les toucher du bout des doigts. C’est comme écouter une chanson d’amour (the wild geese that fly through the thunder) installé dans le croissant de la lune, avec les jambes, qui pendent dans le vide. C’est comme regarder le soleil dans les yeux et devenir aveugle pour la bonne cause. C’est comme mettre le volume au maximum quand Silas se met à sourire parce que ça fait la plus belle musique du monde.
Il ne pleut plus.
Je le sers encore contre moi.
J’aimerais ne jamais jamais le lâcher et je suis sûr que j’en suis capable.
Je suis sûr que je pourrais vivre comme ça : lui dans mes bras et mes bras dans lui.
Away from the rain and,
the wind that blows us down.
Mais je sais pas ce qu’il a Silas, il décide que ça suffit et il quitte mes bras et il commence à se rhabiller et il me regarde même plus. Le seul moment où j’aime bien qu’il me regarde pas, c’est quand on s’embrasse (ou alors quand il dort), parce que là, là il a raison, même moi je ferme les yeux quand on s’embrasse. C’est mieux comme ça, sinon, ce serait trop pour mon cœur. (J’ai juste mis mon slip et je le regarde enfiler difficilement son jean et c’est, putain, c’est beau, rien que ça.)
Silas, on dirait un poème.
Ses joues et son cou, ça rime.
Ses reins et ses mains, ça rime.
Ça me rappelle la première fois que j’ai lu un poème. Que j’ai découvert que y a des gens qui sont capables de raconter les plus belles des histoires avec moins de mots que les gros livres, et avec des rimes pour donner comme une chanson. Que j’ai découvert que c’était comme ça qu’on disait les sentiments qu’on peut pas forcément montrer. J’avais genre neuf ans. Je me souviens que j’ai essayé d’en écrire un, moi aussi, pour dire comment j’aimais être sur mon skate et faire semblant d’être un oiseau et tout. Ça marchait pas. Paraît que le mot « skate », c’est un tue-poésie. Tant pis. Le poème, je l’ai recopié sur une feuille et le lendemain je l’ai donné à Silas. Je trouvais ça trop ouf comme procédé et puis je trouvais ça beau tout simplement, et comme lui, il était beau aussi, je me suis dit qu’ils devaient se retrouver. Je devais déjà être amoureux de lui.
(Oui, on va chez moi.)
- Tu sais Coma on va pas pouvoir fuir le lycée tout le temps. Enfin c’est pas que j’ai pas envie d’être avec toi, c’est pas ça le problème. Mais c’est qu’il faudrait quand même faire acte de présence de temps en temps, même si on s’en fout pas mal de l’école et tout ça. C’est … c’est les autres qui te font peur ?
Il a toussé en me parlant comme si
Comme s’il était gêné
Il m’a même pas regardé comme si
Comme si ça l’embêtait.
J’ai remis mon pull et une chemise en-dessous et mon pantalon et mes chaussures et ma veste pourtant j’ai un peu froid, encore plus froid que quand on était tous nus sous la douche et que y avait même plus l’eau chaude qui nous gouttait dessus, encore plus froid que quand on était dehors et qu’on était en t-shirt et short allongés dans l’herbe mouillée avec l’air de l’hiver par-dessus tout ça. Si ça continue je vais me mettre à grelotter.
- Pourquoi tu dis ça ?
Faut pas pleurer.
Tapette.
Faut même pas faire voir que t’en as envie.
J’efface les quelques kilomètres qu’il a décidé de mettre entre nous, entre lui minuscule dans son manteau et moi, larmoyant dans ma veste en jean. Je peux pas le supporter quand il y a une distance de sécurité comme ça entre nous, aussi grande, on dirait qu’il y a des crocodiles entre nous ou un grand trou dans lequel faut pas tomber, je le supporte pas, ça nous ressemble pas, et quand il a cette tête-là, c’est encore pire, je m’en fous moi des crocodiles, j’ai déjà les larmes. Je pose mes mains à plat sur ses joues pour pas qu’il m’échappe. (Sa peau est douce on dirait une fleur, mon amoureux il s’est fabriqué un visage avec des pétales de roses.)
Et d’une toute petite voix (poussière) :
- Eh, tu vas pas m’abandonner, hein ?
Parce que moi, j’ai tout laissé tomber pour toi.
Y a plus aucun bruit, là, plus que le bruit-tambour de nos cœurs. Y a plus aucun mouvement, plus que le sursaut de ma poitrine à chaque battement. Moi aussi, je recule, parce que je comprends pas quand il se met à parler comme ça. Moi aussi, t’as vu, je peux être comme l’hiver, moi aussi je peux glacer l’atmosphère et m’éloigner de toi, ranger mes mains dans mes poches comme si je voulais plus jamais que tu les prennes dans les tiennes ou même que tu les touches tout court. Moi aussi, je peux faire ça, et je le fais, je le ferai tant que je comprendrais pas.
- On s’en fout des autres, on s’en fout on s’en fout on s’en fout, merde, on a pas besoin d’eux, on a pas besoin d’aller à l’école, tu comprends ? Ils veulent pas de nous de toute façon, t’as vu comment ils nous regardent ? Alors si t’as envie d’y aller correctement tous les jours, vas-y, toi, mais ce sera sans moi.
(On dirait que je suis enrhumé)
- Toi et moi, on est tous seuls à deux, quand est-ce que tu vas comprendre ?
Et puis qu’est-ce que tu fabriques avec mon ciel, à la fin ? T’en as pas marre de tout le temps changer d’avis ? Il a du mal à te suivre, et moi aussi je crois. Parce que mon ciel, tu passes ton temps à le gaver de soleil(s) et à le harceler d’étoiles (des fois, y en a tellement qu’on voit même plus le bleu de la nuit, c’est la discothèque des astres chez les cieux) et à la décrocher tout de suite après, les décrocher pour les mettre à la poubelle. C’est ce que tu fais, là, et il reste plus que des nuages, t’as détruit toutes les constellations. Un jour, elles voudront plus revenir, elles attraperont marre. En attendant, moi je comprends plus grand-chose, et si t’écoutes bien, tu entendras la carapace de mon cœur qui commence à se fissurer.

Tombez, ô perles dénouées.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Jeu 20 Nov - 14:39

- Pourquoi tu dis ça ?
Je hausse les épaules.
C’est comme si j’avais plus trop le courage de parler. C’est qu’encore une fois j’ai l’impression de tout gâcher. On était pourtant très bien tous les deux sous la douche à se faire des câlins un peu célestes et à s’embrasser tendrement sous notre pluie chaude et artificielle. Et puis il suffit que Silas Pollock le pas doué débarque avec ses questions un peu nulles, ses questions qui font se mettre le cœur de Coma à dos. Je dois être énervant, comme petit copain. Je dois être un petit copain qui réfléchit trop, qui fatigue, qui se pose des questions qui n’ont rien à faire dans certaines situations. Ça me fout le rose aux joues parce que je me sens un tout petit peu coupable.
Coma s’approche en quelques pas. Je sens ses paumes venir saisir mes joues et j’ai envie de les enlever parce que je me sens emprisonné dans ses mains, incapable de fuir, incapable de regarder autre part que dans l’océan de ses yeux un peu trop tempétueux. Ils ont l’air triste, aussi, ses yeux. Un peu moins bleus, un peu plus gris, un peu plus agités, aussi. Pardon Coma, pardon pardon pardon. Il faudrait peut-être m’enlever le cerveau, le retirer et le jeter loin de moi pour que jamais je cherche à aller le récupérer. J’ai pas envie que Coma me perçoive comme un poids, comme un boulet accroché à sa cheville qui le rappelle sans cesse à la vie.
- Eh, tu vas pas m’abandonner, hein ?
Je secoue très vite la tête de gauche à droite pour dire non. Non, non, jamais. Je t’abandonne pas, Coma, jamais. Jamais de la vie je te laisse tout seul et je nous laisse tout seuls. J’ai trop besoin de toi de ta voix de tes bras de ta bouche de ta présence contre la mienne j’ai trop besoin de te sentir respirer de t’entendre parler même si tu râles même si tu rouspètes après moi.
Je ne sais pas pourquoi j’ai un nœud dans la gorge et une enclume dans l’estomac.
Coma me lâche et même quand ses mains sont parties je les sens toujours sur mes joues. Il recule. Il recule et je me rends compte que j’ai très froid, sans lui, que le jour semble s’éteindre un peu et qu’il y a des nuages plus foncés dans le ciel. J’aime pas quand c’est lui qui s’en va, j’aime pas quand c’est lui qui recule parce que ça laisse un grand vide, ça fait un courant d’air et j’ai froid.
Puis Coma il dit (avec une voix toute drôle) qu’on s’en fout des autres et qu’on a pas besoin d’eux et qu’on a pas besoin non plus d’aller à l’école. Et que je peux y aller mais que ce sera sans lui. Je hoche la tête bêtement parce que je me sens incapable de faire quoi que ce soit d’autre. Je me sens incapable de protester, de dire qu’il faut bien aller étudier, pour plus tard, pour trouver un métier, gagner de l’argent, s’acheter une maison pour nous deux et partir en voyage de temps en temps. Je veux pas lui dire. J’ai peur qu’il n’entende que les mauvaises parties et qu’il s’énerve.
- Toi et moi, on est tous seuls à deux, quand est-ce que tu vas comprendre ?
Je baisse les yeux.
J’ai plus envie d’affronter son visage.
Je me bouffe l’intérieur de la lèvre et je serre un peu les mâchoires aussi. Ça fait drôlement mal. Je sais pas si ça me plaît d’être tout seul même si c’est avec Coma. La vie c’est beau avec lui. C’est grand, c’est Immense, même. Le genre de trucs qui te retourne pour les siècles à ta venir et qui te propulse en plein sur une comète. Ça fait manège à sensation, ça donne le tournis, ça étourdit, ça réveille aussi, ça me fait me sentir vivant, beau et grand. C’est vrai. D’ailleurs je me suis jamais autant senti existé que depuis que Coma a accepté de tomber amoureux de moi et de m’aimer tout entier. Ça a changé ma vie, ça l’a rendue totalement différente parce que je lui ai trouvé un sens. Mais c’est pas toujours facile d’être amoureux de Coma. C’est pas toujours facile parce que parfois il est en colère, parfois il n’est pas d’accord avec moi et ses yeux me foudroient de temps en temps, ses poings se serrent et ses mots s’agacent.
Et puis on dirait que j’ai le droit de respirer
mais seulement avec lui.
- Je … t’énerve pas comme ça c’était juste pour savoir ...
Ça m’a un peu miné, cette histoire. Moi aussi je franchis la distance entre nous et ma main vient saisir la sienne. Je serre très fort mes doigts aux siens et je l’emmène avec moi dehors. Je crois que je suis un peu amer. Je sais pas pourquoi je réagis un peu fort, comme ça. Puis j’ai pas envie de lui faire des reproches, ou encore moins des remarques. On va terminer comme la dernière fois, à refuser de se regarder et à pleurer dans notre coin parce qu’on se sent seuls et tristes parce qu’on croit qu’on ne s’aime plus et qu’on n’a plus rien à se dire.
On monte dans le bus direction la maison de Coma.
Ça se passe dans un drôle de silence un peu bizarre. Ensemble on écoute des chansons pendant le trajet. On écoute wild geese d’abord, c’est notre préférée. C’est parce que les paroles c’est un peu nous. Moi elle me fait tressauter le cœur dans tous les sens (et je crois qu’à lui aussi ça fait ça).
Quand on entre dans sa maison j’attrape sa mâchoire dans ma main et je pose doucement mes lèvres sur sa bouche, les yeux fermés pour chasser le souvenir de lui dans le vestiaire.
- Je suis désolé. Je t’aime.
Je force presque mon sourire et je monte les escaliers qui mènent jusqu’à sa chambre. Je pose mon manteau sur la chaise de son bureau et mes chaussures au pied de son lit et je me laisse tomber à plat ventre sur ce dernier. La tête enfoncée dans son oreiller. J’inspire très fort et je me prends l’odeur de Coma de plein fouet. Je souris contre son oreiller.
Quand je ne suis pas dans ses bras, c’est son lit le meilleur endroit du monde. J’aime plus que tout son lit. J’aime son lit parce qu’il est assez grand pour nous deux. J’aime son lit quand il met des draps blancs et quand il met des draps soucoupes volantes. J’aime son lit parce que sa couette ressemble à un nuage immense. J’aime son lit parce que je sais que c’est là qu’il dort. J’aime son lit parce qu’il est imbibé de son odeur. J’aime son lit parce que j’aime dormir avec lui. J’aime son lit parce que c’est un endroit céleste.
J’aime son lit parce qu’on s’y embrasse
parce qu’on s’y caresse
parce que (…)

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Ven 21 Nov - 19:57

Ça pèse lourd dans ma gorge, comme si un oiseau avait atterri en plein milieu et qu’il était bien décidé à pas bouger, j’ai du mal à avaler, j’ai du mal à parler, pourquoi ça me fait, pourquoi tu me fais ça, d’habitude c’est toi qui convoque les feux d’artifices et qui me rappelle les étoiles, pourquoi même là ça suffit pas, à quoi tu joues, qu’est-ce que tu me racontes, qu’est-ce qu’il se passe, pourquoi tu prends ma main, on va où, pourquoi on irait chez moi, pour quoi faire, ah oui, c’est que sinon, je vais me mettre à mourir, c’est vrai, pardon, j’ai trop fumé hier, j’ai trop fumé demain, je comprends plus rien. Dans le bus je pose ma tête sur son épaule et on a gardé nos doigts enlacés mais qu’est-ce que ça veut dire alors qu’on se regarde même pas, que tout ce qui relie nos cerveaux, là, c’est un écouteur blanc qui nous raconte une chanson de solitude et d’amour. Les voyages solitaires en train et tout, ça. Je tiens quand même sa main parce que sinon, je vous l’ai dit, moi je tombe.
C’est le seul qui peut me rattraper.
C’est le seul qui est toujours là.
Les bras écartés comme pour dire :
si tu tombes, vise-moi.
Je te récupèrerais.
On rentre chez moi et je mets bien trente ans à ouvrir la porte à cause de mes doigts qui tremblent, et de, putain, les clés qui tombent, mon dos qui craque quand je me baisse pour les ramasser, et mes doigts qui se perdent encore dans le trousseau trop épais, y a des clés, je sais même pas ce qu’elles ouvrent. Il fait froid dans le salon (ou alors c’est moi), j’ai envie d’aller mettre le chauffage mais Silas prend mon visage entre sa main ferme les yeux et m’embrasse. Très gentiment, très poliment, pas vraiment avec la langue, juste histoire de le faire. Ça me remet presque d’aplomb, je me demande presque pourquoi je me sens aussi triste, je me dis presque mais putain qu’est-ce que tu fabriques, il est là, c’est Silas, il t’aime et tu ferais mieux de lui enlever son manteau. Je suis désolé, je t’aime. Je fais oui de la tête parce que je sais pas trop quoi dire d’autre. Il a toujours les paupières closes.
Quand il les rouvre
Je regarde ses yeux.
J’y vois toujours des comètes.
Docteur est-ce que ça se soigne ?
Non ?
Très bien.
C’est ma plus belle maladie.
C’est ma survie.
Même si là, là Silas, il ressemble au côté du ciel qui profite pas du coucher de soleil, qu’a pas le droit de faire teinter toutes ses couleurs, qu’est puni, la partie et le morceau qu’on regarde pas, qu’on regarde jamais, parce que ça vaut rien à côté du spectacle du soleil qui s’en va (et qui en fait vraiment des tonnes mais bon, tous les soirs il recommence et tous les soirs ça marcher, tous les soirs y en a au moins un qui ouvre grand les yeux en faisant « oh »), là, Silas, c’est le rejeté des cieux, c’est celui qu’a perdu toutes ses couleurs. Évidemment moi je le regarde quand même, maintenant ou tout le temps, mais c’est triste quand même. C’est triste comme le ciel qui a pas le droit de jouer à l’arc-en-ciel déchaîné.
C’est …
Putain c’est de ma faute.
Je savais que j’avais oublié un truc.
Je le fais tous les soirs d’habitude, pour être d’attaque le matin, et là je sais pas ce qui s’est passé, j’ai dû trop fumé, j’ai même trop fumé, c’est sûr, et puis je me suis couché sans y penser. J’ai oublié les étoiles. J’ai zappé la partie « fouiller le ciel » de ma soirée. Ce moment très très important qui consiste à choisir les plus belles des étoiles (y en a pleins) pour les ramener à Silas le lendemain, un cadeau quotidien, je les attache dans ses yeux (ça donne un ciel de nuit toute la journée, de quoi défier le soleil), je les colle sur ses lèvres, je les expose sur son nez et surtout, j’en colle plein ses joues parce que c’est là que je l’embrasse le moins, alors les étoiles, elles restent (autant dire que celles de sa bouche, elles tiennent même pas deux secondes). Je baisse les yeux je regarde mes mains.
Pourquoi elles sont plus dans les tiennes ?
J’ai fait quoi encore ?
Quand est-ce que t’en auras marre ?
T’es où ?
J’ai fermé les yeux et maintenant il est plus là, il est parti, non, il est en haut, j’ai peur de monter, j’ai peur de plus être capable que de me gaver « d’étoiles » et d’être énervé quand j’en ai plus vraiment dans les poumons, quand elles s’en vont. J’ai pas envie de devenir comme ça. Pourtant qu’est-ce que je fais moi, au lieu de l’écouter ouvrir la porte de ma chambre et de le rejoindre, je cherche partout le petit sachet céleste que j’ai acheté hier soir, il doit rester quelque chose là-dedans, je le sais, j’avais fait exprès, fallait que j’en garde un peu (fallait pas que je fume tout, surtout). Il est sur la table basse entre la télé et le canapé, posé sur le bois ciré bien en évidence, comme s’il s’en foutait que papa ou maman le trouvent là, comme si je m’en foutais, de toute façon ils s’en foutent eux aussi. Je roule bien soigneusement le joint et ma clope étoilée à la main, je monte les escaliers.
Mon cœur bat.
Je veux dire, vite.
Je l’entends et tout.
Silas est allongé dans mon lit, la tête dans mon oreiller, les bras le long du corps paume vers le plafond. Je suis à peu près sûr qu’il pense à rien du tout et qu’il est en train de respirer l’odeur de mon sommeil et aussi de mes rêves, qu’il la respire aussi fort que si c’était moi. Oh Silas Pollock. Quand je te vois j’ai envie de sourire et je sais même pas pourquoi. Quand je te vois mes mains se mettent à trembler parce qu’elles aimeraient tenir les tiennes. Quand je te vois en fait je comprends plus grand-chose, je comprends pas pourquoi je m’énerve souvent pourquoi je gueule beaucoup pourquoi je râle pas mal pourquoi je regarde pas toujours le ciel pourquoi. Quand je te vois ça va tout de suite mieux, tu comprends ? (Même si parfois même moi je m’en rends pas compte.) Et ça fait des années que ça dure, je pensais que t’étais entraîné à moi, maintenant, que tu savais.
Eh.
Allô Coma ici le ciel (=Silas).
Réveille-toi.
Je m’écrase sur le lit, sur mon ventre moi aussi, mon bras gauche passe par-dessus lui et l’enlace tout entier, jusqu’à l’autre bout des épaules, je l’entoure de mes bras qui sont pas aussi fantastiques que les siens mais bon c’est déjà ça. Je vous en ai déjà parlé de ses bras ? Pardon. C’est que, ses bras, c’est comme de la poésie. C’est beau déjà. Mais surtout on y comprend pas grand-chose, alors on en parle beaucoup pour essayer de tout démêler. On les aime tellement. J’embrasse sa joue du mieux que je peux, il fait tout noir contre mon oreiller et contre lui. (Pourtant, j’entrevois quelques étoiles, si si, au bout du tunnel là-bas.) Contre mon oreiller ça sent lui, parce que j’ai rêvé de lui hier soir.
Je rêve de lui la nuit parce qu’il faut bien que je l’invente quand il est pas là.
Je peux pas le laisser s’absenter comme ça.
Sinon, il me manque et ça fait très très mal.
- Eh …
Je caresse ses cheveux avec mon nez et je lui montre le joint roulé avec amour (des étoiles débordent quand même).
- Regarde.
Eh oui.
Je suis plus doué pour ça que pour les dessins dans ton cahier de maths ou les bagues de fiançailles.
(D’ailleurs je porte la mienne tous les jours.)
Vite, vite.
Que le vent dégage les nuages.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Ven 21 Nov - 21:04

Il traîne, Coma. On dirait qu’il met un quart de siècle à revenir, et je peux vous dire que c’est long de l’attendre. C’est toujours long les moments sans lui. C’est ce que je m’ennuie un peu. J’ai rien à regarder, rien à toucher sans cesse, sans me lasser. Il sauve un peu la vie, mon Coma. Il m’occupe les yeux, les mains, les bras, le cerveau. Sans lui je serai toujours à ruminer à réfléchir sur la tristesse du monde, sur ma tristesse à moi, sur sa tristesse à lui et ce serait invivable. Mais heureusement que j’ai son lit imbibé de son odeur pour pouvoir patienter. Ça me laisse l’imaginer. Je pense à lui quand il dort et aussi à lui quand il essaie de s’endormir. Faudrait que je lui demande s’il a un rituel avant de fermer ses paupières et indiquer à son corps que ça y est, c’est l’heure d’aller dans le sommeil. Moi pour bien m’endormir, je veux dire quand Coma est pas dans mon lit ou que je suis pas dans le sien, je trouve la position parfaite. Un peu roulé en boule, la tête bien calée dans mon oreiller. Je ferme les yeux et je pense à Coma. Je réfléchis Coma. Je me rappelle la sensation de sa bouche et de ses mains puis je termine par l’éclat de sa voix dans ses tympans. Et souvent quand je me mets à imaginer ses cheveux ou ses yeux c’est là que je m’endors.
Après je rêve de lui.
Coma s’écrase comme une météorite (mais une belle, cette fois, une qui fait pas de dégâts, une qui débarque avec sa traînée de poussières pleines d’étoiles alors moi je suis content) à côté de moi. Je sens son bras venir chercher mon épaule gauche et il me colle à lui. Si j’étais un chat je passerai mon temps à ronronner à ses côtés. Ça dirait : regarde comme je suis heureux quand tu es là regarde comme je t’aime regarde comme je te regarde continue de me faire des câlins et continue de me faire des bisous moi j’en redemande, j’en redemande toujours. Je ne suis jamais rassasié de lui. Et puis le jour où ça arrivera ça voudra dire que le soleil aura décidé qu’il en a marre de briller et que la Terre sera trop fatiguée de tourner. Et je crois qu’on en a pour quelques milliards d’années avant qu’une telle catastrophe ne se produise.
Ouf.
Sauvés.
Je sens son visage qui vient dans mes cheveux et son nez contre mon crâne. Je souris bêtement contre son oreiller. Il me dit de regarder et un joint apparaît devant mes yeux. Avec ma main de libre je cherche un briquet dans la poche arrière de mon pantalon. Je le retire et j’attrape le bâton magique que j’allume entre mes lèvres. Je tire une puis deux fois, je laisse la fumée reposer dans  ma gorge et descendre jusqu’aux poumons puis je recrache droit devant moi. Je tends le joint à Coma.
Je change de position. J’enlève gentiment son bras de moi. Je me redresse et puis je retire mon pull et puis, oh, mon pantalon, tant qu’à faire. Je roule tout ça en boule et je le jette à travers la chambre de Coma. J’allais lui demander si ça le dérangeait pas que je me déshabille et puis j’ai rien dit du tout parce qu’il allait se bidonner très fort. Évidemment que ça ne le dérange pas. C’est comme s’il me posait la question (d’ailleurs c’est moi qui lui enlèverai ses vêtements).
Je m’allonge sur le dos, les yeux tournés vers le plafond.
Je crois que cette nuit encore je ne rentrerai pas chez moi. Je dirai à mes parents que j’en avais assez de dormir tout seul et puis que ça faisait longtemps que j’avais pas vu Coma. Je leur ai pas dis clairement pour nous deux mais je crois qu’ils ont compris. C’est qu’à table j’en parle souvent, je dis oui aujourd’hui on a fait ci et ça et au fait demain on va au cinéma avec Coma d’ailleurs est-ce qu’il peut venir dormir à la maison ce week-end ça fait longtemps qu’il est pas venu dormir à la maison. Ils sont gentils, mes parents. Ils sourient et ils disent oui, bien sûr, il peut venir. Mais Debbie ça la fout mal à l’aise, quand je parle de lui. Je le sais parce que y’a ses joues qui deviennent toutes roses et puis même que ses yeux tombent dans son assiette comme si elle assumait plus rien du tout. Et les soirs où Coma est à la maison elle part dormir ailleurs ou elle sort jusque tard le soir et elle revient quand elle sait qu’on dort et qu’elle croisera pas Coma dans les couloirs de la maison. Je crois que j’ai un peu démoli la relation fragile qu’ils avaient, tous les deux. Je suis arrivé avec mes kilos d’amour, j’ai donné des coups de pieds aux fesses de Debbie et j’ai dis dégage, c’est mon tour ! Je crois qu’elle ne m’en veut pas tellement. Elle a fini par accepter l’évidence. Et puis je continue de passer du temps avec elle, même si on s’entend pas mieux qu’avant.
Avec Coma on s’échange le joint plusieurs fois.
Je roule sur le flanc pour pouvoir le regarder. Ses yeux sont un peu plus rouges.  Je pose ma tête sur son torse et je pense qu’il serait temps d’enlever ces couches de vêtements entre nous qui sont plutôt inutiles, à vrai dire. Avec ma main je commence doucement à défaire la boucle de sa ceinture.
- T’as raison, Coma
(j’arrête avec ma main)
- On va arrêter d’aller à l’école. On va arrêter toutes ces conneries-là. Pourquoi on irait pas se chercher un petit boulot, quelque chose comme ça ? On pourrait louer un appartement, avec notre argent. Et puis on vivrait ensemble. On aurait plus à aller chez l’un ou chez l’autre et on aura pas à faire attention à ce que les parents soient là ou pas. Hein, qu’est-ce que t’en penses, Coma ? Tu veux bien passer ta vie avec moi, sous le même toit ?
Parce que moi je signe tout de suite. Je signe tout de suite pour aller vivre avec lui. Je dormirai plus tout seul je mangerai plus tout seul j’irai plus au cinéma tout seul. Il y aura toujours quelqu’un pour m’attendre et pour penser à moi. Je sais que quand je rentrerai à la maison on pourra ouvrir une bière chacun, discuter de notre journée et regarder la télévision. Et quand le ciel sera dépourvu de nuage on ira sur le balcon pour regarder les étoiles. On continuera de fumer des joints mais sans l’inquiétude que les parents en sentent l’odeur. On pourra faire l’amour sans avoir peur de réveiller les gens de la maison. On pourra se tenir la main s’embrasser des milliards de fois sans qu’on nous regarde. On pourra même se promener tout nus si on le veut.
J’ai toujours ma tête sur son torse. Et ma main sous son pantalon.
J’ai un sourire qui trône sur ma bouche, aussi.
Un sourire amoureux euphorique content Coma céleste étoiles bonheur (…)

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Dim 23 Nov - 8:56

Je regarde Silas mettre le feu aux étoiles, déclencher un feu d’artifices, son visage disparaît sous la fumée et je le cherche, je le traque pour pas en perdre une miette, Silas est captivant, quand il me donne le joint j’arrive même pas à dire merci, je le regarde batailler avec son pull puis avec son t-shirt puis encore avec son pantalon, c’est incroyable, c’est des tours de magie qu’il fait et moi, je regarde ça encore plus attentivement que si c’était un film super intéressant (Fight Club). Silas Silas Silas. Quand est-ce que tu m’embrasses. C’est la question que je me pose en regardant son torse nu. Son torse, cette cartographie du ciel. Avec le soleil, la lune, les nuages, les oiseaux, les étoiles, les comètes, les astéroïdes, les météorites, les boules de feu, les trous noirs, les trous de ver, les trous blancs, les poussières étoilées, les planètes, les constellations, les galaxies, les voies lactées, les dimensions, les déchets, les cosmonautes, les satellites, les projections, les projectiles, les fusées.
Parfois, on parle d’astronomie en cours de physique.
Du ciel et des univers et tout ça.
Et moi, à chaque fois, je regarde Silas et je me dis :
j’y étais.
(Dans ses yeux c’était.)
Est-ce qu’on t’a déjà dit
Que t’étais même plus beau que le soleil ?
Est-ce que tu sais
Que quand tu ris tout se met à briller ?
C’est dingue, t’es dingue, apprends-moi que je puisse te garder toute ma vie. Je voudrais avoir tes mots (ceux qui font rougir) pour te dire bien et grand comment je t’aime, je voudrais avoir ton cœur parce qu’il est capable d’aimer le monde entier quand le mien se referme seulement sur toi, je voudrais avoir tes gestes qui ressemblent tout simplement à des poèmes, je te jure, de ceux que tout le monde serait content d’apprendre à l’école, je voudrais avoir tes mains pour te rattraper fermement à chaque fois que je commence à te faire tomber, je voudrais avoir ton corps du début à la fin (du front aux chevilles) pour mieux me débrouiller dans la vie, je voudrais avoir tes poignets tout simplement parce que ce sont les plus chouettes du monde (j’adore les tenir entre mes doigts).
Est-ce que je t’ai déjà dit
Que la vie tourne beaucoup mieux depuis qu’on est amoureux ?
Comme si j’étais sur un manège et qu’il s’arrêtait jamais jamais
de tourner.
Silas presque tout nu sourit, il a son air de « je vais t’embrasser de la tête aux pieds » quand il commence à déboucler ma ceinture. J’aime tes belles dents. Tes belles dents blanches on dirait du marbre ou un autre truc super cher. J’aime les coins de ta bouche, là où les sourires s’arrêtent pour aller voir plus loin (grimper dans tes yeux, parler à travers tes mains). Mais Silas presque tout nu s’arrête à mi-chemin, les doigts entre la toile de mon pantalon et le coton de mon caleçon, l’air soudain plein de voyages, Silas va trop vite pour moi, toujours, surtout quand j’ai des kilos et des kilos d’herbe dans les poumons (étoiles).
On fait plus l’amour ?
- T’as raison, Coma. On va arrêter d’aller à l’école. On va arrêter toutes ces conneries-là. Pourquoi on irait pas se chercher un petit boulot, quelque chose comme ça ? On pourrait louer un appartement, avec notre argent. Et puis on vivrait ensemble. On aurait plus à aller chez l’un ou chez l’autre et on aura pas à faire attention à ce que les parents soient là ou pas. Hein, qu’est-ce que t’en penses, Coma ? Tu veux bien passer ta vie avec moi, sous le même toit ?
Pchiiii.
Ça allume quatre mille lumières dans ma cage thoracique, derrière les barreaux, plein de petites ampoules qui avaient oublié qu’elles étaient là, et qui avaient oublié que leur boulot, c’était de briller, moi j’avais oublié que je devais les booster aussi, leur donner de quoi briller jusqu’à la fin de la nuit, bref, tout le monde les avait zappées, tout le monde s’en foutait, c’est Silas qu’elles attendaient, c’est Silas qu’il leur fallait, un coup de jus pour leur rappeler qu’elles ont le droit d’exister, le droit de faire de la lumière pour me permettre d’avancer encore un peu.
Ça veut dire qu’on pourra fumer toute la journée ?
Je rigole.
La dernière fois qu’on a fumé tous les deux, ça fait très longtemps, c’était y a cent sept ans, c’était chez lui et c’était pour faire semblant qu’on arrivait encore à être copains alors que je l’avais embrassé, plus qu’une fois, y avait des étoiles partout un peu beaucoup comme maintenant mais c’était pas pareil, j’étais triste j’étais triste j’étais triste, je voyais plus l’issue de secours, je voyais que des étoiles mais plus le ciel, Silas avait posé sa tête sur mon ventre et j’avais juste envie de l’embrasser. Maintenant je me pose plus la question, et y a toujours des étoiles même quand on fume pas (sauf quand y a les autres), mais avant, quand je l’embrassais, j’avais l’impression de me trahir, de me tourner le dos et de faire la plus grosse connerie du monde (mais une belle).
- Moi j’veux bien, d’accord, oui, on prend la fusée, et puis on s’en vaaaaa, on part, on revient pas, et tu sais quoi, on ira voir toutes les planètes avant d’en choisir une, planète par planète, je te ferai l’amour sur chacune d’entre elles et après on dira « celle-là c’était la meilleure » … Ouais … On partira plus tard hein ? Quand ma tête valsera moins … Demain.
(Encore un rire pété d’étoiles, en vadrouille dans le cosmos)
Ça veut dire que tu serais tout le temps là, aussi ?
Quand t’es pas là je pense à toi, je me demande ce que tu fais, je me demande si le ciel est de la même couleur pour toi que pour moi, je me demande si tes yeux sont comme quand je les regarde ou s’ils changent de tête quand je m’en vais, je me demande si tes cheveux sont en train de voler ou pas, je me demande si tu écoutes de la musique ou si tu parles avec tes parents, je me demande si tu as envie de m’envoyer un message mais tu attends que je le fasse en premier, je me demande comment tu es habillé, si tu t’es changé ou si tu as gardé le t-shirt que j’ai un peu relevé tout à l’heure à l’école, quand t’es pas là je suis un peu triste mais je me soigne en pensant à toi.
Ça veut dire qu’on va quitter les autres, aussi ?
Les autres, on leur manquera pas de toute façon, ils ont lâché l’affaire pour nous. Silas et Coma ? C’est rien. Rien que des déchets d’étoiles, des crachats du ciel, du vomi de comètes. C’est des étoiles impossibles. Des ratures à paillettes. Ça aurait pu marcher et réussir mais quelqu’un a gribouillé un rouage dans le processus et ça a foiré, tant pis pour les étoiles, y en a d’autres après tout. Je sais que c’est ce qu’ils pensent. Qu’ils peuvent rien faire pour nous. En plus, on est pédé. Je les emmerde, ils comprennent même pas pourquoi on s’aime autant.
Eh …
Depuis quand le bonheur porte ton nom ?
J’avais pas remarqué.
Mais je suis un petit peu con.
Ça doit faire des éternités.
Silas et bonheur, c’est la même chose, y a juste plus de lettres.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Dim 23 Nov - 12:59

J’attends sa réponse avec une impatience tranquille.
J’imagine bien notre appartement. Il y aurait des tableaux accrochés partout sur les murs. De grandes fenêtres, aussi. C’est pour laisser rentrer le soleil, le ciel, la lune, les étoiles, tout ça. Faut leur faire de la place pour qu’elles puissent rentrer chez nous. On pourrait aussi avoir un énorme canapé en vieux cuir. Très confortable. On s’enfoncerait dedans et on s’embrasserait devant la fenêtre ouverte, on se découvrirait encore, on ferait semblant de pas se connaître par cœur sous le tee-shirt et sous le pantalon. Je nous imagine encore nous chamaillant gentiment, faire des batailles d’oreiller et hurler comme si on avait cinq ans. Et de temps en temps, se poser. Arrêter de jouer, de compter les étoiles, de cramer des gâteaux dans le four, de jouer au monopoly toute une après-midi et puis parler sérieusement. Se tenir la main et se murmurer des jolies choses dans les tympans. Des mots qui font monter le roses aux joues et qui rameutent toutes les étoiles de toutes les galaxies dans les yeux de l’autre. J’imagine tellement notre vie ensemble. J’imagine ça tellement grand, tellement fort, tellement beau. Je le vois dans dix ans, quand il aura presque trente ans et que ses joues de petit garçon seront devenues joues de grand garçon. Quand il aura son visage mal rasé que j’embrasserai. J’imagine ses yeux encore mous de sommeil s’ouvrir dans la clarté du jour et moi à côté de lui qui dessine des ciels sur son torse dévoilé. Je nous imagine dans dix ans et je crois que ce serait comme maintenant mais nous plus vieux et la vie en mieux. Et quand j’y pense j’ai Moonchild de M83 coule dans ma tête.
Ça étire encore plus mon sourire.
J’adore penser au (à notre) futur.
Ça m’apporte des kilos de rêves dans ma tête et ça me rend dingue et encore plus fou d’amour pour Coma. Oui parce que j’ai envie de le prendre par la main et de le tirer vers moi et avec moi toute la vie. J’ai envie de lui dire viens, viens avec moi, regarde tout ce qui nous attend. Regarde tout ce que je veux faire avec toi. Puis on s’est pas encore assez embrassés. On s’est pas encore assez touchés. Viens, on plonge dans la vie sans masque et sans tuba. On va faire de l’apnée dans notre océan et on va avancer à l’aveugle jusqu’à retrouver la surface.
- Moi j’veux bien, d’accord, oui, on prend la fusée, et puis on s’en vaaaaa, on part, on revient pas, et tu sais quoi, on ira voir toutes les planètes avant d’en choisir une, planète par planète, je te ferai l’amour sur chacune d’entre elles et après on dira « celle-là c’était la meilleure » … Ouais … On partira plus tard hein ? Quand ma tête valsera moins … Demain.
C’est ce qu’il dit.
Je ris un peu. Il parle pas sérieusement mais c’est pas grave. Il a trop fumé pour être cohérent de toute façon. Je soupire tranquillement contre son ventre. Je trouve ça très bien de monter dans une fusée, d’aller voir les étoiles d’un peu plus près et s’arrêter sur Mars et Jupiter pour s’embrasser sur la bouche et aussi sur le ventre. Je lui en reparlerai quand on aura les poumons tout propres et les pieds bien sur terre et pas dans les nuages comme maintenant. Ça commence à me monter à la tête et je me sens bientôt oiseau mais sans les ailes, parce que maintenant ça va tout seul et ça a même plus besoin d’alllllllller.
Je me déplace un peu et je termine d’enlever son pantalon puisqu’il n’a pas l’air décidé à m’aider à le faire. Et puis je m’assieds sur lui, les genoux serrés autour de ses côtes. Je discerne moins bien son visage dans la fumée qui nous enveloppe tous les deux. Je tire sur le joint et je lui souffle tout doucement sur le visage. Et je me penche sur son visage que je prends entre mes mains. Je ferme tout doucement mes paupières en attendant la collision. Mini big-bang entre nos bouches. Je l’embrasse très fort, d’abord sur les lèvres puis je fais le tour de son visage comme on ferait le tour du monde. Je prends mon temps, je fais escale sur la plage de ses paupières, sur la montagne de son front, dans le gouffre de son cou, sur la chute de ses cernes. C’est un beau monde, son visage. C’est plein de vallées pâles et immense. Des étendues blanches où il faudrait faire fleurir des étoiles. Il y en a déjà un peu et moi je les déterre avec ma bouche sur sa peau. Je les détache du sol de son épiderme pour les garder à l’intérieur de moi et les redistribuer quand Coma en manquera.
Oh comme je l’aime.
Et oh comme il m’étourdit.
J’enlève son tee-shirt aussi. On se retrouve tous les deux pareils, avec seulement un caleçon pour lui et un slip pour moi entre nous. Même si dehors il fait froid moi je n’ai jamais froid quand je suis avec lui. Jamais jamais jamais. Je vis en plein dans l’éclairage de son soleil alors je passe même plus de temps à mourir de chaud et à m’évanouir sous son éclairage mystique.
C’est vraiment ce que je fais de mieux.
Le toucher, l’embrasser.
Je sais que comme ça je ne peux jamais le contrarier et encore moins le mettre en colère. Alors que quand je parle j’ai plus tendance à l’irriter et à le mettre en rogne. Je sais aussi que parfois je l’agace avec mes questions et mes mots qui réfléchissent trop. Je pense aussi qu’il aimerait que de temps en temps je me taise. Que je me contente de vivre avec lui dans le silence. Peut-être que je devrais seulement me contenter de l’embrasser et aussi lui écrire des poèmes où j’explique comment je l’aime et où je décris son corps de façon à ce qu’il devienne la huitième merveille du monde (mais pour moi c’est la première merveille de mon monde).
Je peux passer une vie à la regarder.
Une vie entière.
Mais je crois que c’est pareil pour tout le monde. On ne peut jamais fermer les yeux devant la personne que l’on aime et que l’on trouve très belle. Sauf pour dormir ou pour l’embrasser (mais là ça ne compte pas).
Finalement il n’y a pas que le joint qui m’étourdit. Le joint commence sérieusement à faire effet. Mes yeux sont comme ankylosés et j’ai un sourire très vague qui dort sur mon visage.
- Coma
Je dis (langue un peu pâteuse).
Je suis toujours assis sur lui avec mes doigts fermement agrippés à son torse. Ça me fout des frissons dans le ventre. C’est les contractures de l’amour.
- On pourra aussi faire l’amour dans la fusée, demain. Moi j’aimerais bien le faire dedans. T’imagines le truc divin un peu … Ce sera l’espace dans l’espace, un truc de dingue, hein …
Je m’entends rire un peu.
(ça me la fait un peu raidir cette histoire)
Je bouge un peu pour m’allonger complètement sur lui. Nos jambes s’emmêlent un peu en bas et je laisse tomber ma tête dans le creux qui sépare son épaule et son cou. J’inspire très fort, comme tout à l’heure, comme quand j’avais le visage enfoncé dans l’oreiller et que j’étais pas encore défoncé.
Faudrait que j’lui dise à quel point il me rend heureux. Et puis faudrait aussi que je lui dise qu’on a même pas besoin de monter dans une fusée pour aller dans l’espace. Il y arrive très bien sans. faudrait que j’lui dise. Faudrait que j’lui dise qu’il y a un truc magique à l’intérieur de lui. C’est un trampoline super-puissant qui m’élève dans le cosmos.
Pas besoin de fusée.
Avec un autre garçon j’aurai sûrement eu besoin d’un vaisseau spatial. Avec un autre garçon je me serai peut-être lassé. J’aurai peut-être abandonné la partie avant la fin. Mais là, même avec les mots-couteaux, les silences radio, les regards qui veulent pas se tomber dessus … Je peux pas. Je peux pas laisser tomber.
Je veux toujours nous surélever.
Peut-être qu’on arrêtera quand on en aura marre de voguer entre toutes les galaxies. Mais heureusement, il nous en reste un paquet à faire.
C’est infini l’univers.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Lun 24 Nov - 20:13

Ils comprennent pas pourquoi quand je regarde Silas je suis pas capable de regarder autre chose, vous pourriez faire brûler le lycée, vous pourriez me faire brûler, je m’en rendrais pas compte, ils comprennent pas ce que ça représente, Silas (un monde), ils savent pas pourquoi mes yeux se remplissent d’étoiles à rabord quand on se retrouve après l’anglais (on est pas dans la même classe d’anglais), ils comprennent pas pourquoi quand je l’embrasse, on dirait que c’est lui, qui a tout mon oxygène, et qu’il faut que j’aille le chercher entre ses lèvres et contre sa langue, ils comprennent pas pourquoi je le regarde comme ça même quand il parle pas, ils comprennent pas que je trouve Silas magnifique même quand il est en train de pisser. C’est parce qu’ils l’ont jamais regardé. Ils passent devant lui comme une publicité. J’étais comme ça avant et puis je me suis calmé. Il m’a aidé. En fait il m’a juste dit : regarde. Et j’ai regardé. Et depuis j’ai jamais arrêté.
Et quand je leur dirai :
« je vais vivre dans une fusée avec Silas »
ils comprendront pas non plus.
Ils comprendraient pourquoi avec lui, je crois, j’ai envie de faire tous les trucs que je fais normalement tout seul et que j’aurais fait tout seul dans ma vie de vieux con s’il était pas arrivé in extremis, chanter, aller à la mer, conduire au-dessous des limitations de vitesse pour aller au rythme de la chanson, tomber de skate, repeindre mon skate, racheter un skate, jouer au roi sur mon nouveau skate, faire mon lit, changer les draps, refaire le lit, glander, attendre demain parce que ce sera encore mieux qu’aujourd’hui, prendre le bus, rater le bus, se tromper de bus, descendre du bus, prendre un taxi. Marcher, courir, tomber, marcher en arrière, pas tomber, ramasser les feuilles d’automne, marcher dans les feuilles d’automne pour les faire crier, regarder le ciel et dire : c’est beau.
Bon …
Ça me monte à la tête moi tout ça …
Faut redescendre, là.
Range tes ailes.
Non, tout à l’heure.
Parce que là, Silas, là, c’est même plus magnifique, qu’il est, c’est un autre mot, un que je connais pas, lui, il doit le connaître, il doit même savoir l’écrire, savoir le caser dans des poèmes et tout ça mais pas moi. Faudrait que je lui demande mais ça aussi, tout à l’heure, parce que là il m’embrasse et ça c’est sacré. Là, je peux pas dire, attends, je cherche à expliquer comment t’es plus que magnifique, je trouve pas le mot. Là, je peux pas non plus ranger mes ailes, j’en ai besoin pour garder l’équilibre, pour pas tanguer, pour pas tomber, parce que c’est du grand spectacle qu’il m’offre, du grand Silas, le grand huit, non, le grand neuf, le grand tout, le grand n’importe quoi. Son baiser a le goût d’ailleurs, le goût de « on s’en va », le goût de demain dans la fusée. Je me laisse faire comme je me suis laissé faire quand il a enlevé mon pantalon et après mon t-shirt, comme je me suis laissé faire quand il s’est assis sur mon ventre, je me laisse toujours faire, il le sait qu’il peut, il le sait que mon corps passe ses journées à lui répéter fais ce que tu veux, déshabille-moi, avec toi il fait jamais froid, prends tout, mes forces, mes vitamines, mes étoiles, prends tout et garde-les pour toi, je m’en fous.
Il se redresse et il parle.
Je vois ses lèvres qui dansent.
Mais je comprends rien.
Pourtant j’adore l’écouter parler.
Parfois il pose sa tête sur mon ventre et il parle. J’ai même pas besoin de lui dire de continuer, ça dure des heures sans que je dise rien même si ça boue dans mon cœur, ça gueule et tout ça. C’est comme si t’appuyais sur le bouton « magie » de Silas et qu’il était en mode aléatoire pendant des minutes et des minutes. Il me parle des couchers de soleil, des levers du jour, des fleurs, des rues et des trottoirs qui vont avec (il dit que c’est des fils pour les funambules), des gens, il me parle des trous blancs, c’est l’inverse d’un trou noir et c’est très très beau, du ciel la nuit quand y a pas de nuage, pas de brouillard, et qu’on peut voir les étoiles même si y en a en fait c’est des avions, il me parle des salles de classe quand elles sont pleines et quand elles sont vides (il paraît que c’est pas pareil), il me dit que parfois il sort de la peinture juste pour en mettre sur le bout d’un pinceau et regarder les couleurs se diluer dans l’eau pour donner un arc-en-ciel boueux.
Moi parfois. Parfois j'ai peur parfois tu me fais peur, t'es trop immense, t'es une montagne et maintenant que je suis tout en haut j'ai peur de tomber. Y a du vent là-haut, y a des oiseaux qui passent et qui s’arrêtent même pas alors ça fait des putains de tempêtes, et puis c’est haut ici, quand je regarde en bas, je vois même pas la fin, quand je regarde en bas, je me dis où est-ce que ça commence, quand je regarde en bas je trouve ça loin et j’ai peur de tomber mais tu sais, de tomber et de jamais m’écraser, de jamais m’arrêter de tomber, comme m’élever (avec toi) mais à l’envers, dans l’autre sens, dans le sens chute-mort.
Putain.
T’as encore changé de sourire.
T’aurais pu me prévenir.
Parce que moi, à chaque fois, ça m’éblouit.
Moi, à chaque fois, je perds le fil.
Je dois avoir l’air débile.
Il s’allonge sur moi, en entier, complètement, je sens son entrejambe amoureuse contre la mienne, en baissant un peu les yeux j’arrive à voir ses joues coloriées roses. C’est moi, ça. Le rouge sur ses joues. Même si c’est pas vraiment moi qui tiens le crayon de couleur. Si j’étais pas là, Silas il serait transparent. Je le sais parce que c’est pareil pour moi. Si j’étais pas là, je sais pas si y aurait un autre garçon pour aimer Silas autant que moi je l’aime. Je sais pas si y aurait quelqu’un d’autre pour aussi bien raconter son corps. Son corps-chanson. C’est tantôt un slow, tantôt du tango et moi, à chaque fois, je connais les paroles par cœur, et je suis le seul qui danse dessus jusqu’à ce que la nuit tombe puis jusqu’à ce que le jour se lève. Son corps entier c’est une planète. Et c’est moi qui l’ai découverte.
Je le serre contre moi.
Mes bras écrasés sur ses omoplates.
Nos peaux collées à la glue-Coma.
- Tu t'en vas pas.
Je rigole, ça veut dire que je suis heureux, ça veut dire que quand tu me regardes ou quand tu me touches ou quand tu me racontes des trucs, c’est comme si tu m’offrais tout l’univers d’un cou, mais un univers sans rien qui cloche, pas d’astéroïdes et toutes ces merdes qui te bloquent le passage, ça veut dire que je suis heureux parce que quand je te dis que je t’aime j’ai la même voix que la première fois. Même si ça doit encore se voir, qu’hier soir j’ai été triste comme n’importe quoi, je suis triste quand il est pas là, je le cherche partout alors que je sais que je le trouverai pas et c’est encore pire.

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MessageSujet: Re: PETALS (SOULMATE)   Mer 26 Nov - 11:01


Voilà ici je suis bien. Ici c’est la paix totale. Que j’aie les yeux ouverts ou fermés, je me sens infiniment bien. Quand ils sont fermés je ne sens rien que Coma. Son odeur dans mon nez, sa peau sous la mienne, sa voix dans mon oreille. Et quand ils sont ouverts je ne vois que lui. Je ne vois qu’un morceau de lui mais qui occupe tout mon champ de vision. Coma en macrophotographie. Rien que lui dans tous mon regard. Sa peau, ses grains de beauté (ou plutôt ses étoiles, celles qui sont scotchées à lui jusqu’à la fin de sa vie). Sa nuque, la naissance de ses cheveux très blonds.
Et puis il y a aussi son torse qui se soulève et qui s’abaisse tout doucement avec sa respiration. Ici il ne fait jamais froid. Ici il n’y a jamais de vent. Il ne fait jamais trop noir. Ici il n’y a pas de place pour la colère, la tristesse et les larmes. On peut seulement ouvrir les bras pour accueillir la tendresse et l’amour. Y’a seulement assez de place pour ces deux là. Après c’est plein, faut même pas essayer de passer. Il fait même toujours un peu chaud. Mais chaud comme dans un bain, un bain qui ne refroidirait jamais.
Je sens ses bras au dessus de moi qui m’enferment contre lui. C’est la plus belle prison du monde. La plus douce, la moins violente. Celle où on est traité comme un roi. Parce qu’avec Coma c’est comme ça que je me sens. Ça me fait ça quand on se regarde dans les yeux. Y’a tellement de lumière dans son regard, y’a tellement de lumière qu’on dirait de la reconnaissance ou quelque chose d’un peu divin. Et moi ça me surélève, j’ai l’impression d’être plus grand, d’être meilleur, d’être plus fort. J’ai l’impression que même avec mon poids plume je pourrais être le bouclier de Coma. Je pourrais lui dire : reste derrière moi, n’aie pas peur, c’est moi qui y vais avant toi. Et c’est grisant, comme sensation. On dirait que j’ai mes pieds qui se décollent tout doucement du sol et que j’avance en lévitation. Mais je crois que ça fait ça de fréquenter une personne un peu trop céleste. Ça isole un peu et ça ouvre au monde. Ça étend plutôt au ciel. Des portes invisibles qui s’ouvrent sur l’univers. Voilà ce que c’est de s’intéresser aux yeux de Coma. Voilà ce que c’est de prendre le temps de se regarder et de se regarder comme il faut, longtemps. Pas seulement avec les yeux, non. Mais avec tout le corps, avec tout le corps qui se plie à l’autre.
- Tu t'en vas pas.
Il dit. Sa bouche laisse éclater un rire et je souris contre sa nuque. J’ai fermé les yeux parce que je crois que je vais m’endormir comme ça. Tout sur lui et dans ses bras. Moi et rien que moi dans ses grands bras.
- Jamais.
Je murmure. Mes mains à moi s’agrippent à son épaule et puis l’autre qui vient nager dans ses cheveux. Avec mes doigts je caresse tout doucement son crâne. J’y dessine des grands cercles et puis parfois je joue seulement avec les mèches les plus longues, là où il ne s’est pas rasé la tête.
Bien sûr que je m’en irai jamais. Et même si je sais qu’il parle de cet instant là, de moi dans ses bras, mon « jamais » il veut dire moi je reste pour toujours avec toi. Avec toi à côté de moi. Et on avance ensemble, on avance tous les deux. Peut-être qu’on va se tromper de chemin, peut-être qu’on va se perdre aussi mais si on est tous les deux c’est pas très grave. Parce quand je suis avec lui je me sens capable de tout. Je me sens capable d’aller vers l’avant, vers le haut. Demain on va la construire, notre fusée. On regardera une notice sur internet et puis on va la faire avec nos mains et on décollera direction le grand univers. Ils sont nombreux à nous attendre, là-haut. Les étoiles, les planètes, les comètes et autres astres. Je crois que notre place est là-bas, avec eux. Et puis on fera une grosse fête, on dansera tous ensemble. Et même si avec Coma on aura du mal à s’embrasser et à danser dans nos habits d’astronautes, on y arrivera quand même.
On est capables de tout.
Et surtout du plus beau.
Je rêve doucement de nous avec lui sous moi.
Et je crois que je m’endors.

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