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 c'est un joli soir pour mourir. (rozen)

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PSEUDO/PRÉNOM : PROUT.
CRÉDITS : ALIEN.
AVATAR : MAX R.
ÂGE : QUINZE ANS.
DATE D'INSCRIPTION : 09/10/2014
MESSAGES : 127

MessageSujet: c'est un joli soir pour mourir. (rozen)   Ven 17 Oct - 11:12

Je lui ai envoyé des messages toute la journée.
J'ai pas arrêté une seconde.
Rozen, ça va ?
Je t'aime.
J'ai vu un chien de ta race préférée, t'aurais aimé le voir courir dans l'herbe.
Le match va bientôt commencer.
Tu me réponds quand ?
T'es où ???
Rozen, tu fous quoi ?
Rozen, je t'aime.
10 appels, messagerie, messagerie, messagerie, messagerie.
Putain réponds-moi, tu m'énerves.
Et tout un tas d'insultes.
Les unes plus atroces que les autres et pourtant baignées par l'amour. Rozen, j'ai jamais su l'aimer correctement. Certainement à cause de ses cicatrices qui me regardent sans cesse et me narguent. Tu la sauveras pas. Tu la sauveras jamais. T'as perdu, Rudy.
Mais moi, j'ai envie d'y croire. Et même là, en courant jusqu'à la maison, les genoux sales de terre et d'herbes, j'ose espérer qu'elle a passé son dimanche après-midi couché sur le canapé à regarder des disney. Mon coeur joue aux montagnes russes lorsque mon sac à dos tombe à l'entrée et que je ne la vois pas confortablement installé dans le salon.
ROZEN !
Ma voix est brisée parce que je commence à accepter la triste vérité. Mes pas sont lourds contre les escaliers, on entend qu'eux et ça me donne l'impression d'être vivant pour deux. Les larmes coulent déjà sur mes joues, pleines de rages et de désespoir.
Tu pourras pas la sauver.
La porte de la salle de bain est ouverte, Rozen veut que je la trouve. Ca prouve qu'elle a peut-être pas envie de mourir aujourd'hui, juste de se blesser.
Et son sang me saute au visage. Il y en a dans le lavabo mais aussi dans la baignoire où elle est installée. Rozen, elle ressemble à un corps dans son cercueil, elle est presque sereine. Mais je peux pas accepter ça de sa part.
Je peux pas.
Elle peut pas être mieux ailleurs que dans mes bras, c'est pas possible. Je l'aime et ça saute aux yeux. On voit que ça quand on s'attarde sur les traits de son visage.
Rudy aime Rozen.
merde, merde, merde, Rozen.
Je sais que ses plaies ne sont pas assez profondes pour la tuer mais ça me fout quand même des états pas possible. C'est comme un coup de pied dans les côtes, ça me brise, ça me tue.
Je me penche et attrape du bout des doigts son pauvre bras lacéré.
Pourquoi t'as fait ça putain, j't'avais dit que je rentrerais tôt. T'es un monstre, Rozen.
Un monstre de me faire souffrir comme ça, de pas me laisser une seconde répit et d'amour. Regarde, même là, je prépare les pansements pour te soigner. Ça te fait rien, on dirait que tu t'en fous.
C'est si horrible de m'aimer que tu préfères t'barrer, c'est ça ?
Je la regarde parce que moi, c'est comme ça que je vois les choses.

Rozen, elle se fait pas seulement mal à elle-même.
Non, elle est en train de me détruire avec elle et plus le temps passe et moins je sais comment recoller les morceaux. Y a pas de notice contre l'autodestruction.

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Il y peindra son corps avec toute sa douleur, il y peindra sa respiration, son geste et son combat.
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PSEUDO/PRÉNOM : nana(beat)
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MessageSujet: Re: c'est un joli soir pour mourir. (rozen)   Mer 29 Oct - 16:18

« J'aimerai passer mes lèvres sur tes blessures. Faire courir mes rêves sur tes fêlures. »

Un message.
Comme une plaie dans son cœur.
Un autre.
Comme une lame qui brise tout.
Et encore.
Comme si ça n’allait jamais s’arrêter.
Rien ne sauve l'enfant sauvage. Rien ne sauve les ravages. Je vais briser Rudy. Je vais briser le monde entier en m'éteignant un jour.
Pas aujourd'hui, la porte est ouverte, il viendra me sauver. Rudy, Rudy, comme un cri du coeur. Sauve-moi encore. Toi qui ne sait plus faire que ça et te battre contre le monde.
Toi et moi contre le monde. Un jour, toujours, encore. A jamais. Et si on finissait par se briser tout les deux ? Je tenais. Encore un peu, pour lui. Mais cela faisait longtemps que ce n'était plus suffisant et que je n'avais plus vraiment de raison de m'en sortir. Ou du moins, d'en avoir un petit peu envie.
Ses messages firent au début passer l'ombre d'un sourire sur ma bouche. Puis des insultes, en pagaille. Soufflé à mi-mot, hurlé à plein poumons. Tu le sais que je vais te faire du mal. Rudy s'accroche, Rudy se bat comme un lion. Ne comprendra-t-il donc jamais que ma mort est inévitable ? Que je suis prête, que j'accepte que la mort m'enveloppe avec amour, comme une mère ? Protectrice et douce. Pas violente et sanglante. Juste avec douceur, amoureusement presque, comme il le fait le soir dans le noir. Quand tristement ses doigts recouvrent et caressent mes entailles. Quand mes yeux se remplissent de larme de lui faire tant de mal alors que je l'aime si fort.
La porte claque. Ses pas sont lourd dans l'escalier. J'ai encore tout brisé. Le peu de confiance. J'ai abusé de lui. Encore. Toujours. Comme le refrain d'une chanson qui finit toujours par revenir. J'ai tout brisé et pour quoi ? Simplement pour prouver à tous que je bien au dessous de ça. Que je ne mérite pas ma place sur terre et que ma mort, inévitable, est en fait la meilleure chose qui puisse arriver.
Rudy ne comprend pas qu'il serait enfin libre des chaines dont je l'entoure, avec lesquelles je l'étouffe comme un oisillon. Rudy ne mourrait pas de ma mort. Il se rendrait enfin compte qu'il n'a pas besoin de moi et qu'au contraire je ne fais que le tirer vers le bas.
Le mot monstre brise mon petit cœur déjà si fragile. Je lui fait si mal que je me sens perdue. Il me fait si mal que ça me fait du bien. Je devrais pas aimer ça. Je devrais pas me sentir soulager de sa haine envers moi. Je devrais détester qu'il me déteste et pourtant un instant, une seconde, ça me remplit de bien-être. S'il me déteste, je partirais mieux. S'il me déteste il me laissera mourir sans regrets.
Je laisse ses doigts soigner mes plaies avant de répondre. Les compresses se tâchent trop vite de sang sans pouvoir l'arrêter, sans qu'il puisse coaguler. Tout coule. Surtout moi. Je coule, je fond, me morfond, suis happée par mon abîme tristesse et de malheur habituel. Mon refuge. Mon garde-fou. Mon art. Je suis ma toile.
Oui, c'est ça.
Je préfère que tu me détestes. J'préfère que tu lèves la main sur moi. Mes bras trouvent son cou et je m'y accroche, roulant en boule mon corps pâle, mince et à moitié nu contre son torse. Son cou est plein de mon sang, encore. Je suis un puzzle dont les pièces se perdent au fil du temps. Des pièces importantes qu'on égare au détour d'une coupure, au détour d'une blessure. Des pièces qu'on oubli de ranger. Je suis poussiéreuse et briser.
Tu devrais pas m'aimer.
A quoi bon lui répéter. Il sait que je vais crever. Il arrive juste pas à s'habituer à l'idée.

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⊹ ce dont on ne peut parler, il faut le taire. - BANGERZ