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 M100 (SILAMOUR)

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Coma Nobody

PSEUDO/PRÉNOM : endort-fine (élodie)
CRÉDITS : marie pêche
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ÂGE : dix-sept regards
DATE D'INSCRIPTION : 12/08/2014
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MessageSujet: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptySam 4 Oct - 19:33



M100 c’est une galaxie
M100 c’est une galaxie
M100 c’est une galaxie
M100 c’est une galaxie
En tous cas c’est ce que mon cours de physique dit. Moi, ma galaxie, elle a des cheveux dans tous les sens, elle s’appelle Silas Pollock, comme le peintre, sauf que l’œuvre d’art, c’est lui. Galaxie et œuvre d’art.
Et mon cours de physique, j’en ai marre. Cours, cours, c’est dur à dire comme mot, ça ressemble trop à cœur et à corps, moi je m’y perds, et je me mets à penser à Silas. Je pense à Silas quand je suis en cours (à son cœur, à son corps), je pense à Silas quand je révise mes cours, je pense à Silas quand je vais en cours, tout le temps, y a que quand il est là que je pense pas à lui, là, je le touche. Ou au moins je le regarde. Ça dépend de l’environnement. Quand il y a les autres c’est difficile. De lui foutre des tapes dans le dos et tout ça. Avant je savais faire, maintenant je dois m’inspirer des autres. Mais avant, c’est pour l’amour, que je copiais et recopiais les gestes que je croisais dans la rue. Je préfère être doué avec ceux-là, les gestes amoureux, et je suis très doué maintenant, quand y a plus personne.
Ce soir c’est vendredi. La maison s’est vidée de mes parents et je l’ai remplie d’amour, à en étouffer, à en exploser. C’est pour Silas. Silas je dois dire et penser son prénom à peu près quatre mille fois par jour mais aujourd’hui, ce soir, c’est très spécial, très haut en couleurs, fête côté cœur. Hier j’ai mis un mot dans son casier (parmi d’autres) (j’en mets dix par jour pour lui rappeler que je l’aime et qu’on se voit après l’école) (je suis chiant comme amoureux) (pour effacer le souvenir d’un autre mot, celui qui était plein de coups de couteau). Quatre mots et un point d’interrogation plus tard (« tu fais quoi demain soir ? »), je suis en train de ranger ma chambre pour la 65465ème fois.
Un sourire est coincé sur ma bouche.
Je peux pas l’enlever.
Et puis ce serait un crime.
Parce que dans un quart d’heure Silas arrive chez moi et même s’il est déjà venu chez moi pleins de fois, là c’est pas pareil, c’est un rencard. Et même si on a déjà eu un rencard (+ un au conditionnel passé), celui-là, c’est le Définitif, celui qu’on a prévu, celui où il m’a dit « rien » par sms et je suis sûr qu’il savait déjà ce que j’allais demander mais qu’il avait peur que je recule encore - une - fois. C’est le Vrai De Vrai, c’est Celui Qui Va Se Passer Vraiment, c’est l’imminent, il est sur le point de frapper à la porte avec toujours et encore les cheveux pas coiffés.
Mais justement.
Justement.
Je suis assis sur le canapé et j’attends.
J’ai mis une chemise que je trouve jolie, une que j’ai jamais mis pour personne. Je me suis acheté un nouveau caleçon et puis j’ai oublié de couper l’étiquette alors ça me gratte … Ça me gratte … J’ai changé les draps de mon lit, une fois parce qu’ils étaient sales, deux fois parce qu’ils me plaisaient pas, finalement j’ai mis ceux de l’espace. Avec les planètes et les soucoupes volantes dessus. Une fois quand on était plus petits que ça Silas m’a dit « ouah elle est trop belle ta couette ». J’espère qu’il s’en souviendra sinon je vais avoir l’air con avec mes ovnis sur l’édredon.
Je sais pas ce qu’on va faire.
Mais après il doit rester dormir à la maison.
Mais euh …
Pas comme d’habitude.
C’est bien d’être amoureux quand on y pense. C’est comme naître une deuxième fois. Je me dis ça de temps en temps, quand j’appuie sur le bouton pause et que je regarde tout ce qui se passe autour. Je me dis mais putain mais c’était rien avant, c’était l’apéritif, c’était l’avant-goût, c’était le début, et même si  rien me préparait à ça, je suis content que ça me soit quand même tombé dessus. Amoureux. Amoureux. J’ai arrêté la liste de nos baisers parce qu’on s’embrasse tout le temps (mais pas partout), je l’ai gardée parce que je trouvais que dans le fond c’était une idée assez jolie. Et puis y a nos conversations. Je me souviens pas de toutes celles qu’on a eues et je pourrais pas les réciter par cœur mais globalement c’est quand même incroyable : tout ce qui sort de sa bouche c’est comme un miracle, c’est comme une parole divine, et tout ce qu’on dit entre nous, j’ai l’impression que toutes nos conversations sont fantastiques, voilà. Que tout ce qu’on dit est beau et neuf, que personne d’autre ne l’a dit ni pensé avant nous. Nos non-conversations, c’est bien aussi, mieux parfois. Le blanc entre nous qui est en fait rempli d’étoiles, le temps de rien entre mes questions et ses réponses, là où je me demande mais qu’est-ce qu’il va me sortir encore. et voir ses lèvres s’entrouvrir.
Oh …
il va parler, il va dire quelque chose et …
Ce sera beau.
Il est dix-neuf cinquante-huit, minutes moins deux. Je gigote sur moi-même, je tourne retourne et détourne, soudain j’ai l’impression que ma chemise est trop petite, ou alors c’est moi qui suis trop gros, Silas va me trouver moche, j’ai chaud, je ferai mieux d’aller me mettre en pyjama j’aurais plus fière allure, je dois être rouge pivoine et coquelicot, un vrai bouquet de fleurs.
Sms : « j’arrive ! » (avec des cœurs partout autour du mot et même entre les lettres)
Il va frapper à la porte dans
trois
deux
un

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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyDim 5 Oct - 11:55

Toc
toc
La dernière fois que je suis venu ici c’était pour jeter des cailloux à sa fenêtre et m’énerver contre lui et balancer mon poing dans son nez amocher son visage son si joli visage et finalement rentrer chez lui dire bonjour (bonsoir) aux parents Nobody et dormir contre lui dans son lit.
C’était pas si triste que ça, au final.
Enfin, on a quand même failli se quitter et se dire adieu pour toujours jusqu’à ce que je le supplie mentalement que je lui fasse comprendre que moi sans lui c’était comme une équation avec nombre infini d’inconnus à l’intérieur. Du genre qu’on peut pas résoudre et qu’on finira par abandonner quelque part dans son cahier de mathématiques. Moi je veux pas être un exercice qu’on abandonne dans un cahier de maths. Mais c’est bon, tout va bien. La preuve tous les jours il bombarde mon casier avec des millions de mots d’amour des tout petits bouts de papier avec des morceaux de ciel dessus ça dessine des étoiles
des lunes
des soleils
Je les récupère tous et chez moi j’ai comme un grand cahier et dedans je colle les papiers Coma, le soir c’est ce que je fais, avant de faire mes devoirs. Je prends mon tube de colle et je m’applique à bien remplir les pages. Et comme ça dans vingt ans je reviendrais vers lui avec mon cahier sous le bras et on le regardera ensemble et je dirai regarde, regarde c’était quand on avait dix-sept ans quand on était encore au lycée et qu’on devait s’envoyer des mots par le biais des casiers pour se souvenir qu’on s’aime. Et regarde-nous maintenant j’avais raison, vingt ans de plus mais on s’est jamais quittés, main dans la main, heureux presque tous les jours mais avec le poing qui vole parfois pour nous rappeler qu’on est quand même des garçons et que parfois la colère prend le dessus sur l’amour. Regarde-nous dans cet appartement un peu petit fenêtre sur rue porte sur poubelle mais c’est pas grave parce que nous, nous
on regarde vers le soleil
Ce soir c’est notre premier vrai rencard. Pas comme au cinéma où là c’était plutôt pour fuir l’école mais aussi se rendre compte qu’on était vraiment amoureux, que tout ça c’était pas de la rigolade mais que c’était concret, que c’était vrai. Alors j’ai fait l’effort, j’ai essayé de me saper encore mieux que pour le bal. J’ai mis une chemise blanche (et repassée) avec une veste bleue par-dessus. J’ai mis mon plus beau jean. Par contre j’ai pas réussi à trouver deux chaussettes de la même couleur alors j’en ai une rouge et une jaune mais c’est pas grave, ça se voit que quand je m’assieds. Et puis je pense pas que Coma va passer son temps à regarder mes pieds. J’ai même acheté des baskets neuves (mais je continuerai quand même à porter les autres).
J’ai essayé de me coiffer.
J’ai pris la brosse à cheveux de Debbie (elle était partie) et j’ai essayé de mettre mes cheveux d’un côté puis d’un autre puis en arrière et je me suis trouvé encore plus moche que d’habitude alors j’ai pousse un grand soupir et j’ai passé ma main dans mes tignasse et j’ai ébouriffé le tout. Pourtant j’ai demandé à maman d’appeler le coiffeur mais je crois qu’elle est trop occupée.
Elle est toujours trop occupée.
Je suis monté sur ma fière monture (mon vélo) direction chez Coma. J’avais le cœur qui battait comme un dingue à l’intérieur de ma poitrine, mon sac à dos semblait peser la Terre entière. Je crois que ça me rend bien nerveux cette histoire d’être amoureux et d’avoir un rencard. C’est encore tout nouveau. Mais ça fait du bien de se sentir exister à travers quelqu’un, je crois que c’est un beau sentiment, une belle sensation que d’avoir le cœur qui bat et qui flanche mais arrive à se redresser tout seul.
J’ose ouvrir la porte et je vois Coma dans une belle chemise. Coma beau tout court. Coma rayon de soleil et moi sourire jusqu’aux oreilles. Je laisse tomber mon sac à dos dans l’entrée et je m’approche de lui en étant très pressé et fébrile en même temps qu’on dirait que j’ai bu quand je vais à lui.
C’est l’ivresse.
(ça rend la vie poésie ces histoires-là)
Je passe ma main dans sa nuque et mes yeux tombent sur sa bouche et je l’embrasse avec la plus grande délicatesse du monde. Lèvres amoureuses doigts serrés parfum sourire paupières fermées. C’est comme ça que ça se passe et en même temps je pense très fort : j’aime beaucoup t’embrasser j’aime beaucoup la texture de ta bouche je pourrai passer ma vie à me déposer dessus.
Puis je me sépare et je me sens adulte.
Faudrait nous voir, tout beaux, tout bien habillés pour l’occasion. Des gouttes de parfum dans le cou, des chemises aux cols même pas froissés, des sourires à plus savoir qu’en faire qui disent, qui hurlent en silence, je t’aime très fort et tu es vraiment très beau on dirait une étoile.
- Je suis content d’être là
Je dis. Et puis
- Bonsoir
Je me retourne pour aller prendre mon sac à dos et je le ramène devant Coma. Je sors un carnet avec un ruban autour pour faire genre papier cadeau. Sur la première page j’ai écrit en majuscules :
tu es mon ciel
et mon système solaire
je t’aime
je te météorite
je t’astéroïde
je te comète
- C’est pour que tu mettes tes pensées dedans au lieu d’aller dans la grotte, moi ça me rassure. Je préfère que tu t’acharnes sur le papier que sur la roche…
J’espère que ça lui plaît. C’est pas un super cadeau
Plutôt une assurance vie…

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyDim 5 Oct - 15:49

Zéro.
Il frappe et il entre tout de suite après, d’abord il passe sa tête de petit prince qui demande la permission par la porte et puis il entre tout entier, moi je vois plus que lui. Ma galaxie. Va te faire foutre M100. Moi quand je m’y mets et que Silas m’en donne la force je peux être tout un système solaire à moi seul et la galaxie, elle s’appelle Silas, c’est moi qui te le dis. Il s’approche de moi et je fais le tour de son corps avec mes yeux, il est beau, il est beau, il est beau, il a mis une chemise, il est encore plus beau, il me fait décoller comme un avion mais moi j’ai même pas besoin d’essence ou même de moteur, enfin si, mais c’est lui, tout ça. Ma vitamine sous forme de garçon s’approche de moi, Silas m’embrasse, c’est bon, moi ce que j’aime surtout c’est quand nos corps entier sont un baiser. Je trouve ça magnifique et satisfaisant. Je le trouve magnifique tout simplement. Et je m’en remets pas. Je suis toujours à terre, cloué au sol, même si ça se voit pas trop.
Il dit je suis content d’être là et bonsoir. Il a pris le mauvais ordre mais je lui en veux pas, moi aussi j’ai du mal à penser dans le bon sens surtout quand il est aussi beau que ça. C’est ce que je lui dis. Tu es très beau ce soir. Peut-être deux fois. Peut-être mille fois. Pour qu’il s’en souvienne encore après tous les je t’aime que je vais lui jeter ce soir. Tu es très beau tous les jours. Je pense. Tu es beau quand tu trouves tous mes mots dans ton casier, tu es beau quand tu graves nos initiales dans tes tables de cours, tu es beau quand tu fais la tête, tu es beau quand tu fais tes lacets, tu es beau quand tu te concentres sur un calcul alors que tu sais très bien que tu pourras pas résoudre l’équation. De toute façon ça sert à rien, la seule équation importante c’est nous deux tu m’entends ?
Je me tais parce qu’il vient de me faire un cadeau.
Un carnet bleu ciel et sur la première page

TU ES MON CIEL
ET MON SYSTÈME SOLAIRE
JE T’AIME
JE TE MÉTÉORITE
JE T’ASTÉROÏDE
JE TE COMÈTE
C’est pour que tu mettes tes pensées dedans au lieu d’aller dans la grotte, moi ça me rassure. Je préfère que tu t’acharnes sur le papier que sur la roche. Oh. Mais. Quoi. Est-ce que je dois pleurer, m’envoler, l’embrasser, sourire, crier, répondre, le remercier, me taire, lui décrocher la lune + les étoiles + lesdites météorites + lesdits astéroïdes (et la comète, c’est moi) ? Je dois faire ça ? Mais je prends juste un crayon sur la table basse et j’écris neuf (huit) mots.
Coma était un garçon
Et il aimait beaucoup Silas
Et puis je viens l’embrasser sur le bord de sa mâchoire, là où commence  / termine son visage, tout dépend du point de vue. En même temps je passe mes doigts dans ses cheveux : c’est comme plonger sa main dans un champ d’étoiles, et quand je la ressors, on dirait qu’elle a été coloriée avec des paillettes. C’est ma façon de lui dire merci. Merci, je te comète moi aussi. Je l’aime et je le remercie tellement de fois pour tellement de choses que je vais commencer à manquer de moyens de le montrer et de le dire. Va sûrement falloir que j’aille puiser dans les ressources du ciel maintenant. Et revenir avec des étoiles pleins les bras.
- Je t’ai attendu pour faire à manger, viens.
Soudain j’ai peur de me lever, peur de voir ce que ça pourrait donner. Peur que mes bras aient l’air con et long. Peut-être que si je les coupais, ça irait mieux ?  Mais non, c’est ma bouche, elle est trop grosse, elle prend toute la place, et en plus elle bat plus fort que mon cœur, on dirait qu’il a migré. Pourtant il doit toujours être dans ma poitrine vu comme c’est lourd, lourd, et comme ça chante pour Silas là-dedans. Je me lève quand même et je le tire derrière moi, je tiens sa main dans les deux miennes pour pas le laisser partir, le laisser derrière. Comme d’habitude. comme (pour) toujours :
j’te laisse
pas
partir à la dérive.
Dans la cuisine ma mère m’a laissé des instructions pour la nouvelle gazinière. Un petit post-it en arc-en-ciel avec dessus son écriture de maman concernée. Hier matin je leur ai dit, à elle et papa, j’ai besoin de la maison demain soir, j’invite quelqu’un. Leurs yeux ont dit « Debbie ??? » mais leurs bouches sont restées silencieuses. Je suis pas encore prêt à leur dire que c’est l’autre Pollock maintenant, et qu’à partir d’aujourd’hui quand Silas viendra à la maison le soir faudra qu’on soit tous les deux, tout seuls. On va en avoir besoin de soirées comme ça, de rencards (peut-être pas toujours aussi bien habillés), de moments-nous, de moments où on a pas besoin de se cacher des autres pour se regarder comme on en a envie, de moments-excuses en ce qui me concerne, excuses pour nous empêcher de faire les amoureux même à l’école et en s’en foutant royalement. Des moments pour être ce qu’on est. Un couple.
Pour reprendre des forces.
(Et des fois quand je le regarde j’oublie de vivre et de parler.)
Euh …
- Tu veux qu’on fasse quoi ?
Je pourrais passer des années à attendre ses réponses sans jamais paumer mon sourire en chemin, jamais. Et puis je me sens bien quand je le regarde, entier, complet(é), enfin rapiécé, j’ai l’impression qu’il a attendu calmement que je sois prêt à être réparé, prêt à arrêter de me torturer, prêt à laisser tomber ce mal être qui me vient juste de l’ennui d’une vie simplifiée, qu’il a patienté jusqu’à se dire, bon, ça devrait aller là, il est temps de rallumer le soleil. Ça se voit d’ailleurs parce que quand je le regarde je sens bien que j’ai les yeux qui brillent et qui piquent, comme si je venais de boire un coca cul sec.
Qui brillent
Qui brillent
Qui brillent sans s’arrêter.
Ça doit être chiant d’être dans ma tête avec tous les morceaux de Silas qui se promènent PAR-TOUT et qui laissent pas trop de place au reste. Ça doit être chiant pour Debbie, les cours de physique, mes parents, les problèmes de deuxième plan de m’entendre parler toute la journée de Silas, de son bassin, de son nombril, de ses omoplates, de sa clavicule, de ses phalanges, de son menton. De son sourire-début-du-monde, de son rire big-bang et de ses caresses-badaboum.
Allez vous faire foutre.

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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyDim 5 Oct - 18:25

Je me demande si ça va durer toute la vie.
Si ça va durer toute la vie de s’aimer comme ça, de se regarder avec des yeux comme deux soucoupes volantes toutes pleines d’étoiles qui ont même pas envie de redescendre sur terre. Si ça va durer toute la vie d’avoir le cœur qui bat comme un dingue, les frissons par dizaine de milliards dans la poitrine et dans le ventre jusqu’aux orteils. Les jambes comme deux grandes tiges de coton, les bras qui veulent toujours enlacer, les lèvres qui veulent toujours embrasser, les doigts qui tremblent, les paupières qui se ferment, les mots comme un baume au cœur les mots comme une caresse sur les tympans les mots qui sauvent les mots qu’on prend et qu’on retient tout contre soi.
Moi j’espère que ça ne s’arrêtera jamais, toutes ces sensations qui font comme un tas de fusées qu’on lance en même temps. Voilà c’est ça, on vient d’une base spatiale et on nous a envoyé dans l’espace parce que la Terre était pas assez grande pour nous. Trop petite pour l’amour, trop petite pour notre amour, pour nos mains enlacées, pour nos yeux humides et brillants.
Depuis quelques temps je flotte dans l’espace. Et dans chaque étoile je vois le reflet de Coma. Je sais même pas ce qu’il est. Ce n’est plus un ami. On a franchi la limite et on est passé de l’autre côté. Il a mis un peu de temps à me rejoindre mais maintenant il est là. Mais est-ce que je peux me dire que c’est mon petit-copain, comme il disait de Debbie que c’était sa petite-amie ? Je crois pas. Moi ce que je pense c’est que c’est mon grand amoureux. C’est un univers entier, un grand cahier avec plein de choses à écrire à l’intérieur, un corps vivant que j’ai envie de serrer contre moi, contre qui j’ai envie de dormir, à qui j’ai envie de faire l’amour. C’est un bel esprit, un esprit brodé d’étoiles et de fleurs. C’est un visage qui sourit. Des mots maladroits, une écriture qui trébuche et qui se marche dessus. C’est Coma avec des larmes ou Coma heureux. C’est Coma brisé comme un verre cassé ou c’est Coma plein de fougue comme un animal sauvage.
Il prend un crayon et il écrit quelques mots sur son cahier. Ça dit Coma était un garçon/et il aimait beaucoup Silas. Avec le beaucoup barré. Sans le beaucoup ça fait vraiment amour. Avec le beaucoup pas barré ça fait amitié. Moi je lui souris et j’ai envie de lui caresser la joue et de lui enlever sa chemise aussi. Mais ça j’espère que ce sera pour plus tard.
Il prend ma main entre ses deux paumes et je me sens à l’abri, dans un refuge. Il me dit qu’il m’a attendu pour faire à manger. Je pense ouh là là c’est risqué avec moi, je veux pas mettre le feu à sa maison déjà que ça brûle très grand et très fort en dedans de moi.
Il me demande tu veux qu’on fasse quoi et je suis tenté de répondre je sais pas comme tu veux mais c’est pas une réponse et puis c’est nul comme réponse. Qu’est-ce qu’il entend par tu veux qu’on fasse quoi ? Tu veux qu’on fasse quoi à manger, tu veux qu’on fasse quoi ce soir, tu veux qu’on fasse quoi dans dix ans, tu veux qu’on fasse quoi qu’on se mette en couple pour de vrai qu’on s’aime pour la vie qu’on parte en voyage tu veux qu’on fasse quoi des spaghettis une pizza ou on s’achète quelque chose chez le traiteur chinois tu veux qu’on fasse quoi tu veux venir avec moi tu veux qu’on fasse quoi tu veux construire une cabane dans les arbres
tu veux qu’on fasse quoi - tout ce que tu veux si t’es là
- Je sais pas ce que tu veux.
Merde.
- Enfin comme tu veux on peut faire des pâtes tu sais je suis pas difficile moi du moment que j’aie le ventre plein…
Et encore j’ai même plus besoin de manger/de boire/de dormir. Pas quand il est là. Tout à côté de moi avec ses yeux posés sur moi comme une couverture dans laquelle on voudrait s’enrouler et rester toute la vie. Et puis on n’est même pas obligés de manger, on peut juste s’asseoir dans le canapé et regarder un film ou faire de la peinture ou s’allonger dans le jardin et regarder les étoiles jusqu’à attraper un rhume on peut aussi s’embrasser se prendre dans nos bras nous raconter des histoires parler de nos rêves raconter nos cauchemars pour ne plus jamais les refaire.
- Te casse pas la tête pour ça. Mais moi j’t’aide pas hein je veux pas cramer ta maison tu connais mes talents culinaires…
Je ris un peu, juste comme ça.
Pour détendre mes muscles parce que je me sens tout contracté de partout des cuisses du dos même des mains. C’est que j’arrive à me concentrer sur rien. Je suis complètement aveuglé. Faudrait vous voir, vous, avec un soleil dans votre champ de vision. On voit plus rien de ce qu’il se passe autour à part lui. C’est tellement blanc, tellement brillant, tellement chaud aussi, ça prend tout l’espace, ça habite toute une maison. Et faut tout faire pour le garder allumé, le soleil, faut pas le laisser s’échapper.
Pour ça faudrait le prendre dans nos bras, le soleil.
Mais si je me mets à faire un câlin à Coma comme ça sans raison je sais pas ce qu’il va penser et est-ce qu’il va croire que je suis triste ou qu’il y a un problème. Moi j’aimerais juste sentir la chaleur de sa peau traverser ses vêtements et émaner de tout lui pour m’en imprégner. Je traverse l’espace de rien du tout entre nous. Et je me décide à le serrer très fort contre moi. Faut que j’arrête d’être tout gêné comme ça. On est à l’abri ici. On risque rien. Même pas de se faire surprendre par Debbie. Tranquilles pour toute la nuit. Je plonge mon nez dans son cou et je le respire très fort avec mes doigts serrés contre ses omoplates. Je le tiens comme ça pendant un sacré bout de temps mais c’est trop bon de sentir ses bras autour de moi aussi. Puis je le lâche et je dis
- J’en avais besoin
Pour réussir à me lever demain matin et les matins suivants.

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyMar 7 Oct - 17:09

(Au fait je sais toujours pas pour les levers de soleil, je sais toujours pas.)

- Je sais pas ce que tu veux.
Mais moi mais je veux tout si on va dans ce sens-là. Je veux rire tellement à en avoir mal à la gorge. Je veux que tes vêtements disparaissent comme par magie. Je veux rester des heures et des années et des siècles à te regarder sourire, réfléchir, bouder, te poser des questions, comprendre, essayer, arrêter, péter un câble, pleurer, remonter la pente, être majestueux. Je veux t’embrasser tout le temps et ne jamais, jamais en avoir marre. Je veux que demain matin on se réveille et que les jours n’existent plus, qu’on ait un milliard d’années devant nous, toi et moi.
- Enfin comme tu veux on peut faire des pâtes tu sais je suis pas difficile moi du moment que j’aie le ventre plein…
Ah. C’est des pâtes qu’il veut.
- Te casse pas la tête pour ça. Mais moi j’t’aide pas hein je veux pas cramer ta maison tu connais mes talents culinaires…
Et en plus je suis la femme au foyer.
Moi je suis très bon pour me faire à manger et puis sans m’empoisonner, plutôt même en me mettant pleins de couleurs et plein de bonheur dans l’estomac. Parce que maman est jamais là. Parce que papa est jamais là. Parce que quand j’avais dix ans maman a dit que j’étais « grand » et ils ont commencé à rentrer plus tard, à pas rentrer, je sais pas où ils allaient, où ils restaient et s’ils étaient ensembles, mes parents c’est comme des fantômes si tu vas par là. Ils se sont mis à me laisser des mots, des listes de trucs que je pourrais manger ou des mini-recettes que Coma pourra faire sans exploser la maison. Quinze ans, ils ont arrêté et ça fait deux ans que je me démerde. Alors des pâtes, tu parles.
Mais Silas je sais pas soudain il est en train de me prendre dans ses bras.
J’étais à moitié en train de prendre une casserole, heureusement que je l’ai posée, elle aurait pas eu sa place dans un câlin comme ça.
D’abord je me dis pourquoi et puis comment ? Qu’est-ce que j’ai raté ? Mais bon c’est bien. Il a peut-être eu un flash-bonheur et puis c’est tout. Moi je suis bonheur comme ça. Colorié, même si y a quelques coups de crayon qui débordent (c’est normal, ça, c’est moi, je suis encore un peu brouillon, un peu moyen, ça arrive, ça vient). Je le tiens tout contre moi et même si c’est moins bien que quand on fait l’amour, c’est chouette aussi. De sentir son ventre qui respire contre le mien et l’inverse. à intervalles formidables, accordées comme des notes de musique qui se succèdent sagement.
- J’en avais besoin.
J’élève les épaules.
C’est pas pour dire je m’en fous, c’est pour dire d’accord, d’accord tu peux faire ça quand tu veux si tu veux (mais pas à l’école). J’aurais pu sourire au moins, pour dire aussi finalement j’en avais peut-être besoin moi, alors merci. Mais trop tard c’est fini et là je suis vraiment en train de prendre une casserole et de mettre un litre d’eau dedans. Il y a pas de musique et pas nos voix mais ça fait tellement de bruit, ce cœur qui bat (je crois que j’entends le sien aussi), et puis l’eau qui boue, que franchement ça suffit.
Je parle pas mais je souris beaucoup.
Je le regarde un peu et je rougis pas mal.
Je me dis que c’est sacrément chouette d’être le numéro un de quelqu’un. (De Silas) De savoir qu’il y a personne avant et devant moi. De savoir qu’il en faudrait pour qu’un autre me double. De savoir que quand il lui arrive quelque chose ou qu’il voit un truc de beau la première personne à qui il pense c’est moi. De savoir que quand il se réveille en pleine nuit d’un cauchemar il aimerait que ce soit moi qui vienne le réconforter. De savoir que quand il se lève le matin il regarde son téléphone pour voir si je suis pas passé par là. (…) Avant pour moi cette personne c’était Debbie, enfin c’était censé, mais comme c’était pour de faux, je l’ai pas vraiment senti, ça m’a rien fait du tout. C’était pas du Vrai.
Là, je sais que dans le ciel étoilé des relations de Silas, c’est vers moi que ça brille le plus.
Je parle pas donc, mais je fais pleins d’autres trucs, je sors des assiettes, des verres, un peu d’alcool, et puis les pâtes je finis par les égoutter et les sortir de leur casserole.
- Attends.
La chaleur des pâtes ça me fait tout chaud dans les yeux mais je suis habitué à la lumière étoilée de Silas Pollock alors je relativise. Je prends les coquillettes une par une, je les tire par la main et avec ma fourchette je les transforme en déclaration d’amour. Ça me prend du temps parce que je ralentis un peu dans les virages pour pas les rater et me projeter dans le décor. Mais finalement avec les pâtes j’ai réussi à dessiner un cœur à peu près convenable. Un peu de travers par endroits, un peu trop gros, un peu comme le mien quoi. Et quand je me tourne vers lui avec mon assiette d’amour dans les mains je me dis juste, merde. Je suis trop con. Je suis trop niais. Je suis trop nul. Il va me regarder avec mon cœur en coquillettes et il va me prendre pour une grosse merde. Il va se dire mais vraiment y a rien à en tirer de celui-là. Il va prendre l’assiette et il va la jeter par terre et peut-être s’en aller.
......
.....
....
Mais qu’est-ce que je raconte
...
Silas il ferait jamais ça. Je lui tends l’assiette et je suis quand même tout rouge. Un peu comme la première fois qu’on s’est embrassés. C’était la nuit au skate park, il y avait des angelots qui s’entrainaient à voler avec leur skate et je l’ai embrassé deux fois en gardant très fort les yeux fermés. Maintenant, j’aimerais presque mieux rester les yeux ouverts en grand sur lui, rien que pour voir le bonheur traverser son visage dans tous les sens. Maintenant, notre premier baiser, quand j’y repense, il me convient pas. Ce baiser je l’ai inventé pour lui, pas pour moi ou pour nous, pour lui parce que je voulais que son premier baiser soit de quelqu’un qui (qu’il) l’aime. D’ailleurs y a pas que ça qui me va pas.
Le rencard, cachés au cinéma.
Le premier baiser énervé dans les couloirs.
Il y a des choses je voudrais les prendre et les jeter par la fenêtre ou alors les froisser dans mon poing, et puis les recommencer, évidemment. Par exemple désapprendre Silas et le rencontrer en disant « salut, je m’appelle Coma », et puis faire les choses biens. Très bien. L’embrasser pour la première fois en ayant l’impression que la gravité a complètement changé, basculé dans le monde Amour. Et puis rentrer chez moi en disant « tu sais maman le garçon dont je t’ai parlé ben je l’ai embrassé, ça y est », plutôt que de rentrer tout colère et tout larmes du skatepark en disant j’ai pas envie d’parler. Mais je pense qu’on a déjà fait trop de kilomètres pour faire des choses comme ça. Qu’on est trop loin pour aller rectifier des trucs qui se sont passés y a très longtemps finalement.
Et qu’on est bien, là.

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Dernière édition par Coma Nobody le Ven 10 Oct - 18:24, édité 1 fois
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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyJeu 9 Oct - 15:54

Après la fin de l’étreinte, je pense.
Je pense au fait qu’il faudrait les prendre plus souvent dans nos bras, les gens qu’on aime. Et pas forcément les amoureux, mais aussi les amis. C’est que ça fait du bien, de sentir quelqu’un qui enroule ses bras autour de vous, et d’enrouler ses bras autour de quelqu’un. Ça fait du bien de serrer un corps très fort contre soi un peu comme on serrerait une peluche. Et puis les étreintes avec Coma, c’est un peu de la magie. C’est des gestes sans mot qu’on dirait des promesses qu’on se transmet en se touchant l’épiderme. Faudrait le prendre dans ses bras, Coma. Faudrait sentir ses bras comme une cage de chair, comme une protection face à tout, face aux dangers, face au monde, face à la vie. Et le serrer très fort en retour par pressions, des pressions qui disent je t’aime t’es beau comme le ciel et même que les étoiles elles sont jalouses de toi, faut l’entendre aussi son cœur qui bat et faut les voir ses paupières qui se ferment sur ses yeux comme deux tout petits océans.
Puis Coma commence à faire ses affaires, ou plutôt nos affaires. Moi je vais m’asseoir alors qu’il bouge dans tous les sens. Mettre de l’eau dans la casserole et en même temps mettre les assiettes les verres les couverts sur la table. Il fait ça bien, avec les sourcils un peu froncés, le visage qui se concentre, ses mains qui s’appliquent à bien respecter le temps de cuisson. Il me dit d’attendre et puis moi j’attends, assis sur ma chaise, à le regarder comme si j’étais un peu bête. C’est surtout que je suis un peu (beaucoup) amoureux et qu’il me fout des étoiles dans les yeux, ce garçon. Puis maintenant c’est moins pire parce que je commence à m’habituer à notre situation de personnes qui s’aiment comme des amoureux et plus comme des amis. Mais avant… Oh avant… Je vous raconte pas les décharges électriques dans le ventre, les frissons sur la peau, ceux qui font hérisser les poils, la sensation de grand vide et de grand-huit toujours dans le ventre. Il s’en passe des choses, là dedans. Sûrement que c’est parce que c’est là qu’on trouve les tripes. Et c’est l’une de mes façons d’aimer Coma : avec les tripes, avec le bide.
Je vois Coma de dos et ses mains qui s’agitent au dessus d’une assiette, je sais pas ce qu’il fait mais ça a l’air de lui prendre un peu de temps. C’est pas grave, on n’est pas pressés.
(il paraît même qu’on aurait toute la vie devant nous)
Il me tend l’assiette et avant même d’en regarder le contenu je vois ses joues quitter leur pâleur pour devenir roses puis rouges et j’aimerais effacer cette gêne qu’il n’a pas à avoir. Puis mes yeux se baissent sur l’assiette. Il a dessiné un cœur en pâtes, et je vous assure, je vous promets que c’est mieux qu’un collier de pâtes et tous ces cadeaux un peu nuls qu’on fait à nos parents quand on est des enfants. Coma c’est un peu un enfant aussi avec son assiette de pâtes en forme de cœur. Mais pour moi c’est différent. Déjà parce que je ne suis ni son père ni sa mère mais son amoureux et…
- Merci, c’est…
Je rougis aussi – oh là là, heureusement qu’il n’y a personne pour nous voir. Peut-être qu’on se moquerait de nous, qu’on dirait mes regarde-les ces deux benêts à manger des assiettes de pâtes en forme de cœur avec leurs joues toutes rouges qu’on dirait deux adolescentes à leur premier rencard. Mais c’est notre premier recard, bon il manque les bougies et l’encens peut-être mais quelle importance ça a ? On pourrait aussi considérer que toutes les fois avec Coma où on a pu se tenir la main et s’embrasse c’étaient aussi des rencards.
Là c’est quelque chose de plus officiel. On met les formes, on s’habille bien, on se parfume.
Comme les grands.
Je souris comme un idiot et je me décide enfin à prendre l’assiette et à la poser devant moi. J’attends que lui aussi soit servi et je commence à manger/détruire/attaquer son cœur (de pâtes). Ça fait vorace et monstrueux, présenté comme ça, mais on peut pas le dire comme ça.
- Désolé de le saccager
Je dis en parlant de son chef-d’œuvre, et je ris un peu. J’ai le ventre qui pense trop à Coma pour pouvoir avoir faim. Sur la table il y a une bouteille de bulles. Ça m’étonne un peu de nous, ça, qu’on ait même pas pensé à l’entamer. C’est qu’on est vraiment perturbés, nous, ce soir… Je la prends et je la débouche en essayant de pas faire sauter le bouchon trop fort. Tout en délicatesse. Je remplis chacun de nos verres et je lève le mien devant le nez de Coma.
- À nous.
Je dis, presque solennellement, mais toujours avec mon sourire indélébile sur ma bouche. Je pense à nous, à nos amours presque ratées, à notre première rencard, à la vie, à toi Coma, à tes beaux yeux, à tes mains comme deux pansements, à ta bouche merveilleuse, à tes bras forts, à ton corps tout entier, à tes mots soleil tes mots pansements tes mots maladroits mais tes mots quand même.
À tes jolies assiettes de pâtes, aussi.
Je le regarde droit dans les yeux comme jamais je n’ai le courage de faire. Et j’essaie de lui montrer à quel point ils brillent, mes yeux, et à quel point je l’aime et je l’aime et je l’aime et je l’aime et à quel point je lui dis merci d’être là et d’être tombé amoureux de moi d’avoir accepté de sauter dans le vide pour Silas Pollock.
De se jeter dans l’inconnu.
Faites que ça ne s’arrête jamais. Que ça ne faiblisse jamais non plus. Faites qu’on continue de se regarder comme ça et de rougir et de sourire comme des adolescentes. C’est pas grave si on ressemble pas à des grands garçons très forts et très sûrs d’eux.
Mais
laissez
nous
vivre.

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyVen 10 Oct - 18:59

we'll just wait here
for the first lights of morning


- Merci, c’est…
Lui il est rouge aussi, rouge comme le sang qui s’accélère vers mon cœur quand je le vois.
O u f.
Il se met à manger, il prend mon cœur et il le mange. Ça a l’air de le faire rire, il s’excuse, mais vas-y, fais ce que tu veux avec mon cœur (c’est même pas le vrai, que des coquillettes), fais ce que tu veux de moi, tu peux le casser, tu peux me casser, juste pour le plaisir de me faire réparer après, tu peux parler ou tu peux te taire tu seras quand même beau, et puis oui t’as raison, À NOUS, à toi qui a fabriqué nous, à toi qui es le premier à me dédier une bouteille de champagne.
Depuis le temps que je (t) l'attendais.
L’amour avec un grand A, un grand M (aime), un grand O (haut), un grand U (rempli de vide) et un grand R (de l’air). L’amour en majuscules. Depuis le temps que je l’attendais mon prétexte pour quitter Debbie. Je me disais mais qu’est-ce qu’il fout là, qu’est-ce qu’il attend, qu’est-ce qu’il veut de PLUS. Et voilà qu’il arrive, très très discrètement. Il me chuchote des trucs la nuit mais moi j’y comprends rien et je continue de le chercher partout, sans le trouver, je finis par me dire qu’il existe pas, que les autres aussi font semblant, rien que pour me faire chier. Et en attendant je continue de faire du skate avec Silas. Un jour il commence à se montrer. Des flashs, on dirait qu’ils sont pas vrais. Mais il se dessine un petit peu et je comprends pas pourquoi il a un torse plat, pourquoi il a un goût masculine, pourquoi il prend une forme de garçon.
Et puis pourquoi
il ressemble à Silas
C'est pas ça que je voulais moi non, pas Silas, d'abord je voulais une fille. C'est pas compliqué, elle était prête dans ma tête,  je l'avais dessinée de la tête aux pieds, et même inventé quelques idées. Aujourd'hui je l'ai un peu oubliée mais je sais que ses cheveux c'était comme du feu, qu'ils étaient roux fureur de vivre. Et fous. Fous de joie. Alors forcément quand mon cœur m'a dit « c'est Silas c'est comme ça et pas autrement » j'étais un peu déçu, je le voulais moi cet incendie de fille, je voulais qu'elle soit la personne que j'allais aimer pour la première pour de vrai de vrai. Je voulais avoir envie d'être tout le temps dans ses bras et d'en rêver quand ils seraient pas là, je voulais la fiesta dans l'estomac. Même jusque dans mes rêves je me suis menti. Et Silas était juste là, tout près, à côté, là. Je voulais pas, mais quand t’aimes mais y a pas moyen d’appuyer sur le bouton stop, et les freins, ils marchent jamais. Fallait me voir moi quand j’ai essayé de plus l’aimer, avec mon mot pourri et mon écriture de merde. Faut voir comment il m’a accueilli lui ; avec des cailloux et surtout plein plein d’optimisme, des barriques remplies d’élixir d’amour qu’il a eu l’intelligence de pas essayer de dégager.
Et puis l’amour de toute façon une fois que t’es dedans tu peux plus faire marche arrière, c’est un peu comme avec les mensonges.
(Debbie)
- J’ai eu un A en maths tu sais. Un espèce de miracle.
Et puis je continue, coquillette après coquillette, jusqu’à finir mon assiette
Solweig a un nouveau manteau, il est bleu comme le ciel
Faut que je te fasse écouter une chanson on dirait toi et moi
Je passe mon permis à la fin du mois
J’ai vu deux gosses tomber amoureux tout à l’heure
Enfin j’crois
J’ai collé des étoiles fluorescentes à mon plafond
Et puis je me tais.
Parce que je l’embrasse. Juste comme ça. Juste pour voir. Est-ce que ça a changé depuis la dernière fois (tout à l’heure) (Non.)
- T’as le goût des coquillettes en cœur.
Ça me fait marrer, c’est con.
Mais moi j’ai des kilos de joie à la place du corps.
Je crois que vous comprenez pas à quel point j'étais mal barré avant lui-amour c'est pour ça que je me répète tout le temps. Y avait des panneaux partout comme sur un périph et je savais pas quelles directions prendre, j'étais perdu, j'allais pas où il fallait, pourtant y avait bien cet espèce de truc dans ma tête, comme dans Mario Kart, une bestiole pour te dire de faire demi-tour, regarde ce que tu laisses derrière toi, c'est Silas. J’étais un peu en chute libre même s’il était déjà là lui, toujours, avec son étiquette A M I mais ça suffisait même plus, c’est juste que moi je le savais pas.
C
___o
_____m
_______a
Il m’a juste pris par la main
Viens, on a qu’à s’aimer
J’te jure que ça peut nous sauver
Silas c’est mon doliprane. J’en prends matin, midi et soir.
Et aussi un peu dans la matinée, et à l’heure du goûter, parce que je suis pas très fort pour respecter les posologies, moi, des médocs, j’en prends beaucoup trop et à chaque fois que y a personne dans les parages, c’est pour ça que je suis toujours un peu fatigué et très shooté.
- Au fait j’ai téléchargé des films pour qu’on puisse en regarder un après, mais si c’est pour qu’tu m’regardes tout le temps …
Je lui souris.
Mon petit prince.
Blonds jusqu’aux cils.
Quand est-ce que la vie nous retombe dessus ? Y a une date d’expiration ? Quand est-ce qu’on se la reprend dans la gueule ? Ça peut durer des années ? Ah bon vraiment ? C’est qu’elle a toujours été tellement garce avec nous, tellement toujours à foutre des cailloux dans les mécanismes de nos cœurps pour les faire dérailler que je m’en méfie. Je me doute bien qu’elle nous guette et qu’elle surveille le plus con (moi) pour le prendre un jour par la main en lui disant « et si on saccageait votre amour ».
Et moi, je piétinerai.
(En plus, le petit prince, à la fin de l’histoire, il disparaît.)

Silas c'est un effet spécial, comme dans Batman, comme quand y a Gotham qui explose de partout. Moi je suis Gotham. Mais à la place j'implose, et puis plutôt de joie.
Silas c'est comme une belle chanson sauf que lui ça s’arrête jamais
Jamais
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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptySam 11 Oct - 7:10

Et puis on commence à manger nos cœurs en pâtes tous les deux. Et on discute normalement, sans même trébucher sur les mots sans rougir, parce qu’on parle pas de nous. Coma m’annonce qu’il a eu un A en maths et je crois que ça mériterait bien qu’on porte encore une fois un verre à son nom. Et puis on parle un peu de Solweig et d’autres personnes du lycée, puis aussi de musique, de chansons qui font danser les étoiles et celles qui font se sentir comme un nuage. Moi je lui avoue que j’ai terriblement peur de l’orage. Et puis plein de jolies broutilles comme ça, des blagues entre deux mots qui nous font rire tous les deux, des mots murmurés à l’oreille, des histoires, des ragots.
Et puis Coma arrête la discussion parce qu’il se lève et vient se pencher pour m’embrasser.
Qui l’aurait cru, que ça deviendrait un geste banal, de se prendre par la main mais aussi par les lèvres. Moi j’y aurai jamais pensé. Pour moi au début il fallait tomber amoureux d’une fille et l’embrasser devant le lycée et aux arrêts de bus, montrer à tout le monde qu’on a une copine et dire aux autres regardez comme elle belle, ma copine, en plus elle moins maquillée que la tienne, elle est plus naturelle ma copine, elle a pas besoin de mettre des robes et des talons pour être belle, ma copine. Mais j’en ai jamais trouvé. Faut dire que des efforts, j’en ai pas fait beaucoup, moi. J’étais là à attendre que ça me tombe dessus alors qu’à côté de moi y avait Debbie et Coma qui faisaient semblant de s’aimer avec leurs caresses en publics et leurs mots doux hurlés un peu partout. Comme s’il y avait un panneau géant au dessus de leurs têtes qui disait : REGARDEZ-NOUS, NOUS AUSSI ON S’AIME. Puis moi j’ai été patient. Ça a duré quelques années, cette attente. Mais j’ai été sage. Et puis depuis quelques semaines ça me fait comme un cadeau de Noël ou alors une bombe. Ça m’explose à la figure à chaque fois, comme la première fois. Et j’ai bien fait d’être patient parce que je crois que Coma, c’est le bon. Je crois qu’on s’aime vraiment pour de vrai avec chaque cellule de notre corps. C’est vraiment une belle chose que de pouvoir s’aimer comme ça, c’est le genre de sensations qui te ferait écrire des millions de poèmes sur l’être aimé. Des contes, des histoires. Même faire un film sur nous.
Parce qu’on devient tellement égoïste.
Moi je deviens égoïste. Coma je le veux rien que pour moi. Je le veux loin de ses parents juste pour moi. Loin de Debbie juste pour moi. Loin des autres juste pour moi. Et si c’était possible je crois que je nous construirais une cabane entre une forêt et un lac et on vivrait là-dedans jusqu’à la fin de nos jours. On vivrait d’amour et d’eau fraiche comme on dit. Mais moi je peux tout simplement vivre de Coma, et même sans amour je peux vivre que de lui. L’important c’est de l’avoir le plus souvent possible à côté de moi, d’entendre sa voix, de le voir sourire. Je suis pas compliqué, comme garçon. J’ai juste besoin de lui.
Comme on a besoin de respirer.
Et je le ressens réellement comme ça. C’est vrai que si on devait arrêter de se voir pendant plusieurs jours, si les conditions faisaient comme si Coma disparaissait de la Terre, moi ça irait vraiment pas. Je passerai mon temps à regarder mon téléphone à essayer de l’appeler avec la voix qui tremble et qui dit où es-tu, j’écrirai des lettres et sur l’adresse postale j’écrirais l’espace ou là où se trouve Coma et je dirai des belles choses (tout ce que je n’aurai pas pu/réussi à lui dire avant).
Mais ça n’arrivera jamais. Je le suivrai partout où il ira.
Comme une ombre.
Pour m’assurer que pour lui ça va toujours, et tant pis pour moi.
Coma m’arrache à mes pensées semées de doutes lorsqu’il me dit que
- T’as le goût des coquillettes en cœur.
Et puis il rit et c’est beau un Coma qui rit, avec sa gorge qui se dévoile et ses dents aussi, ses lèvres qui s’étirent pour dessiner du bonheur. Je ris aussi.
Je me dis encore que j’ai bien fait d’attendre. Que j’ai bien fait d’avoir eu le cul posé sur ce banc avec tous ces faux-couples qui s’aimaient autour d’eux. La non-sincérité de leurs gestes, de leurs baisers, de leurs mains trop adroites pour s’aimer vraiment. J’en ai tiré des leçons et ça me disait de ne pas faire comme eux. D’éviter d’être superficiel. Je préfère mille fois plus qu’on soit beaux dans l’ombre, Coma et moi. Qu’on aie tous les deux l’impression de vivre dans un monde à part, un monde à nous. Avec des étoiles qui jonchent le sol et qui seraient tombées rien que pour nous. Pour qu’on puisse toujours s’en offrir et essayer de trouver celle qui brille le plus, la plus grande pour la donner à l’autre et lui dire : celle-là elle est pour toi.
Peut-être bien qu’un jour on aura des vraies étoiles au plafond.
Et pas les fluorescentes en plastique.
Mais des vraies, qui brillent même le jour.
Coma me dit qu’il a téléchargé des films mais bon si je le regarde tout le temps… Il sourit et moi je ris un peu, un peu trop fort peut-être. C’est l’alcool-Coma qui fait des tours dans mon sang puis dans mon cœur jusqu’au cerveau, c’est bientôt l’ivresse (le coma idyllique).
- Je pense pas que ce soit une bonne idée. Dans quelques années peut-être bien qu’on pourra regarder un film ensemble, mais là je suis pas encore trop prêt.
C’est que je préfère le regarder. C’est un film à lui tout seul. On a une foule d’émotions rien qu’en posant les yeux dessus.
Je me lève et je dis on débarrassera demain c’est pas grave. Et je lui prends la main pour qu’on aille s’asseoir tous les deux sur son canapé. Même une fois aussi je garde sa main dans la mienne et avec le pouce je caresse les veines du dos de sa main et mes yeux sont posés sur ses genoux. Avec mon autre main je me frotte l’œil puis je la laisse retomber sur ma cuisse. Et les yeux toujours posés sur ses genoux je dis
- Merci d’être tombé amoureux de moi.
Je serre ses doigts dans les miens.
Je souris un peu dans mon coin. Ça soulage le cœur de dire ça. Et je crois aussi qu’il faut parfois prendre le temps de dire les choses. De dire les grands mots, ceux qui annoncent des vérités. Ceux qui font du bien (et parfois un peu moins de bien). Mais c’est que je lui ai jamais dis merci pour ça, moi. Seulement avec les yeux, et parfois Coma il les regarde pas toujours, mes yeux.
Mais c’est pas grave.
Maintenant je le regarde avec un air de gratitude. Mes mains remontent jusqu’à ses épaules et je crois que c’est le moment où on a le droit aux grosses décharges électriques. Je crois que c’est le moment où le champagne commence à pétiller dans le sang et que ça dit allez-y.
Alors allons-y.
Je l’embrasse avec des kilos d’amour dans chaque chute de lèvres et mes mains (amoureuses elles aussi) se promènent dans le cou et dans les cheveux et aussi sous la chemise là où il fait plus chaud. J’ai les paupières fermées, mais fermées de bien-être. C’est comme découvrir Coma en étant aveugle. Juste avec les mains, les bras et la bouche. Sentir le relief de la mâchoire, la courbe du nez, les muscles des bras, le ventre un peu contracté.
D’ailleurs dans le mien c’est la folie
On dirait qu’il y a une fête immense à l’intérieur. Des explosions pyrotechniques, des décharges électriques, des lâchers de papillons. Des images de Coma placardées tout partout à l’intérieur de moi.

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptySam 11 Oct - 19:02

- Je pense pas que ce soit une bonne idée. Dans quelques années peut-être bien qu’on pourra regarder un film ensemble, mais là je suis pas encore trop prêt.
Dans quelques années
Dans quelques années
Dans quelques années
Dans quelques (........)
Alors on sera toujours là nous deux ?
Et puis encore main dans la main ?
Si Silas le dit c’est que c’est vrai, moi j’y avais pas pensé, même pas osé, je souris grand et haut comme une montagne alors. Parce que dans quelques années on sera encore ensembles, encore amoureux ensembles, et on regardera des films mais pas que, on s’embrassera dans la rue, on s’enlacera sur les trottoirs, on s’engueulera dans les magasins. On se réconciliera sur le seuil de notre maison et puis sur le canapé et puis dans les draps (...). Je rougis, aussi, je le sens bien que ça fait comme deux ronds rouges et opaques sur mes joues. Je rougis parce que c’est comme s’il venait de me dire « t’es beau » mais avec beaucoup plus de mots. Silas pour me dire des trucs jolis il prend jamais vraiment les raccourcis, il se sert pas des formules toutes prêtes (c’est pour ça qu’il y arrive pas en maths), il fait des tours et détours.
Je rougis et je souris en même temps.
Ça va bien ensemble.
- On débarrassera demain c’est pas grave.
Il vient prendre ma main, il me tire et je me lève de ma chaise. Je trouve ça beau mine de rien, ce geste, sa main dans la mienne qui fait que ... Enfin ça me pousse, enfin non, ça me lève, ça m’élève, c’est sa main dans la mienne qui me tire vers lui et qui m ... Non. Non rien. C’est pour ça que je m’en sers moi des formules toutes prêtes, en maths mais surtout en amour, parce qu’au moins « je t’aime » c’est préparé, y a l’ordre, un pronom et un verbe et y a plus qu’à répéter. Moi quand faut dire ce qui se passe vraiment dans mon ventre et ce que ça me fait et comment je l’aime au-delà même du verbe aimer et des « je t’aime » qu’on entend partout à la télé je sais pas, je deviens comme, con, un peu. J’y arrive pas. Je suis juste bon à dessiner des étoiles sur une feuille volante.
- Merci d’être tombé amoureux de moi.
On est assis dans le canapé. Et moi je me le répète Merci d’être tombé amoureux de moi / Merci d’être tombé amoureux de moi / Merci d’être tombé amoureux de moi / Merci d’être tombé amoureux de moi / Merci d’être tombé amoureux de moi / et cætera. Pourquoi il me dit ça ? Pourquoi il me regarde même pas ? Pourquoi il a ce sourire plus grand que le monde ? Qu’est-ce qu’il croit ? Que j’y serais arrivé tout seul ? Que ...
- Ben, c’est ... c’est grâce à toi ...
Je regarde mes genoux, mes deux rochers qui se sont tellement mais tellement de fois bouffés le bitume (et la main de Silas qui m’aidait à me relever). Rien que pour ça ils sont beaucoup moins stellaires que Silas mais je suis pas très doué pour ... Enfin ça me gêne quoi ... De ... Et je me sens bête, ça ... Putain, ça m’empêche même de penser en entier dans ma tête, y a toutes mes idées qui se terminent en point de suspension mentaux, ça me ... Eh merde.
- Tu m’as ... tu m’as aidé, quand même. Tu m’as même forcé ... Non, j’déconne, enfin j’veux dire ... J’aurais pas réussi, moi sans toi, j’y aurais même pas pensé en fait, enfin ça me tentait bien de tomber amoureux de quelqu’un, tu l’sais bien, même ça m’obsédait, mais bon, d’une fille quoi, enfin, j’pouvais pas me dire que ... Toi, quoi ... Si tu m’avais pas d’mandé c’que je pense des pédés je serais toujours un crétin moi ... Et puis je l’aurais été jusqu’à la fin de ma vie ...
Putain Coma lâche les points de suspension un peu.
- C’est toi qu’il faut remercier. Alors merci. Merci de la part de mon cœur et tout ça.
Je rougis quand même vachement sous mes mots un peu plus assurés, et puis je le regarde toujours pas, pourtant mes genoux je les trouve vraiment pas beaux (à part quand ils se cognent à ceux de Silas pendant l’Amour), mes cuisses c’est pareil, surtout vu de moi, et mon ventre, à cause des coquillettes, j’ai l’impression qu’il est énorme et qu’il déborde de moi et que Silas va trouver ça moche. Mais je sais pas. Ça me gêne de dire des choses qui sortent de la poitrine là où y a mon cœur qui bat pour lui et sa couverture dorée paillettes, ça me rougit, alors les dire en le regardant en plus. Je suis pas capable.
Mais je souris toujours encore.
Mon sourire d’ailleurs il est même trop petit pour ma joie, ou c’est ma bouche est pas assez grande pour un sourire pareil, en vrai mon sourire si je pouvais je le ferais dépasse de mon visage parce que c’est ça sa vraie taille. Et puis Silas il arrange rien aussi, il est tellement beau et tout ça, je suis sûr que c’est lui qui prend mon sourire de chaque côté et qui tire dessus à l’infini, je suis sûr que c’est lui qui fait ça dans mon dos. Il m’embrasse aussi. Alors là. Laisse tomber le sourire. Laisse-toi faire surtout.
Crise corpsdiaque.
Il m’embrasse et je tombe dans le vide, mais c’est lui qui fait ça, parce qu’en réalité je suis probablement toujours assis sur le canapé, c’est encore un effet spécial de l’amour. J’ai l’impression qu’il a dix doigts par main et que tous ces doigts-là, ils ont des étoiles à la place des phalanges. Ça fait des mains sacrément cosmiques. Ça fait des baisers carrément spatiaux. Ses mains elles sont partout elles sont à plein d’endroits à la fois, elles sont dans la cachette de mon cou, dans l’ordre de mes cheveux qu’elles désordrent, elles sont au plus près de mon cœur sur mon torse sous ma chemise.
Petit séisme.
Grande tornade.
Cyclone monumental.
J’ai posé une de mes mains dans son cou et avec l’autre j’ai rangé une mèche de cheveux qui me chatouillait la bouche. J’embrasse ses lèvres mais le plus calmement possible et en rouvrant les yeux à chaque fois que c’est possible, à chaque fois que nos bouches se quittent pour repartir pour un tour, juste pour le voir un petit peu et puis repartir dans les étoiles. Je l’embrasse au ralenti comme dans les films, en m’arrêtant sur chaque détail de sa langue avec la mienne en prenant tout mon temps pour faire glisser ma main de son front à son cou (en passant par la tempe, la joue). Je l’embrasse à la fin de son sourcil, goût étoilé.
- Je t’aime ici.
Sur le bord de la mâchoire.
- Je t’aime là.
Dans le cou.
- Je t’aime ici aussi.
Sur la clavicule.
Je l’aime partout.
Silas c’est ma planète terre.

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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptySam 18 Oct - 19:07

Coma il dit que tout ça c’est un peu grâce (à cause) de moi. C’est vrai que s’il n’y avait pas eu cette histoire de banc à côté du skatepark, on serait pas en train de se regarder avec toutes les galaxies du monde dans les yeux et avec les joues bouillantes de gêne amoureuse.
Quand il me dit merci j’ai le cœur qui bondit et rebondit encore et encore. Ça fait des tours et des tours et je pense très fort que je l’aime. Mais que c’est pas seulement de l’amour, vous savez. Ce serait trop ennuyeux, autrement, trop facile. C’est qu’on fait pas que s’aimer, Coma et moi. Il y a toute une histoire derrière.
L’histoire de deux garçons.
Pas très bien dans leurs baskets.
Pas trop à l’aise sur un skate.
Qu’aiment pas trop trop le lycée.
Et puis qui savent pas trop où aller et s’il faut y aller.

dans quelle direction
pourquoi
avec qui
Je ne me suis jamais autant senti exister depuis que Coma a commencé à m’aimer et à me le prouver. Faut le ressentir, ça. Le grand frisson. Un peu comme de la peur mais pas vraiment. C’est le genre de sentiment qui bouleverse et qui donne envie de pleurer, aussi. On pourrait se laisser tomber à genoux devant l’autre. Et puis on ne se lasse jamais de le regarder de le toucher de prendre sa main de l’écouter parler et de lui dire des mots. On ne peut pas. Inconsciemment, on place cette personne sur un piédestal. On l’élève dans le ciel (au dessus des étoiles) et il nous semble qu’il n’y a plus qu’elle. Que la seule chose qui importe c’est une présence, une voix, un visage. Comme une étoile, une lune, comme un ciel.
Repère céleste.
Tout devient plus beaux plus lumineux plus aérien. C’est quitter la Terre, tomber dans le vide, découvrir le territoire de l’autre.
Coma c’est tout ça.
C’est ce qu’il incarne (et bien plus encore).
Sa bouche sur la mienne sa langue sur la mienne sa peau sur la mienne. Il m’embrasse sur le visage et dit je t’aime ici je t’aime là et ici aussi. Nos baisers ont le parfum de plein de choses qui vont pas très bien ensemble : de ketchup, de sourires, d’étoiles, de vélos, de colère et de planche de skate cassée puis réparée. C’est un peu hétéroclite. C’est un peu bancal.
Un peu nous.
J’ai les paupières fermées comme deux volets. Je me concentre sur les sensations. Sur l’odeur de son parfum dans son cou (j’ai oublié le nom), sur les doigts insistants qui me poussent dans le vide, sur sa bouche parfaite que je continue d’embrasser. Et sa joue et son menton et sa clavicule aussi. Tous ces morceaux de peaux qui sont à lui mais aussi un peu à moi. Et mon souffle qui s’étrangle dans ma gorge. Mon cœur qui trébuche. Les poils de mes bras qui s’hérissent.
J’ai les mains qui tremblent un peu.
Je crois qu’elles sont émues de tenir un tel joyau contre elles.
Faut essayer, pour comprendre, faut le toucher Coma et puis faut le regarder, aussi. Oh quand je le regarde… Moi ça m’élève d’un coup, direction planète magique et incertaine bercée par sa voix et couvée par ses yeux.
Et plus je l’embrasse et plus je pense que je pourrais jamais faire ça avec un autre garçon. Je pourrais jamais toucher un autre comme ça, regarder un autre de cette manière, parler à un autre de cette manière. C’est qu’il est renversant, Coma. Il l’est vraiment. Dans n’importe quelle situation, à n’importe quel instant. Même quand il fait ses devoirs, même quand il mange, surtout quand il est sur une rue déserte, perché sur son skate, les yeux presque fermés.
C’est un prince.
Mes doigts viennent chercher les boutons de sa chemise que je défais un par un, lentement. C’est que ça me donne vraiment chaud ces histoires d’amour et de peau et de bouche. Et c’est aussi que Coma, j’aimerais bien pouvoir voir son ventre sans avoir à cacher mes mains sous sa chemise pour pouvoir le toucher. C’est un peu de la magie quand je défais le dernier bouton et que sa chemise s’ouvre sur la toile pâle de sa peau à la manière d’un grand volet. Je dois avoir les yeux en forme de cœur ou quelque chose comme ça. Ça doit envoyer des éclairs et de l’amour à en vomir.
Parfois je crois que je deviens un peu niais à l’aimer comme ça.
J’exagère rien du tout.
Coma c’est du tout en un. J’ai besoin de personne d’autre.
Je dépose mes lèvres sur son ventre, là où il y a quelques grains de beautés. Puis sur son nombril et sous son nombril. Je décide moi aussi de prendre mon temps. De faire ça avec la plus grande délicatesse du monde, comme si je devais le regarder avec ma bouche. Et je sens la chaleur de sa peau se diffuser sous moi, comme un radiateur vivant. Mais je sens aussi son ventre se contracter. Son corps se tendre comme un arc.
Je dois avoir les cheveux en bataille. Comme si un pétard avait explosé dedans.
Ou plutôt…
La météorite Coma qui s’est écrasée sur moi. Bim, ça a fait un vacarme dingue. Faut me voir maintenant, avec mes yeux fous, mes doigts qui tremblent, mon souffle saccadé et mes cheveux qui ont fait la guerre. On se remet pas d’un choc pareil, on peut jamais redescendre, on passe son temps à chercher de l’oxygène.
Mais c’est que j’ai toujours le souffle coupé.
Le voir comma ça, abandonné, ça me fout un coup de poing dans le bide. Mais un bon coup de poing. Une belle claque. Qui plie en deux, qui te fait oublier de respirer. Mais ça dit aussi : c’est Coma, et il t’aime, et il s’est dépassé pour pouvoir être là aujourd’hui. Qui l’aurait cru…
Coma Nobody et Silas Pollock.
Ça ferait rire certains, ça en choquerait d’autres.
Et puis il y a une pause entre nos baisers/caresses. Je suis tout contre lui.
- J’espère que tu regrettes rien. Moi je pense pas qu’on ait gâché ce qu’on était ou quoi que ce soit. Parce que tu sais, j’ai l’impression que ça va durer toute la vie, cette histoire. Et puis j’te jure que je te le laisserai jamais tomber, que je serai toujours là pour te tenir la main et te relever. J’veux jamais que tu m’quittes Coma, d’accord ?
Jamais.

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyDim 19 Oct - 8:24

Nos bras se croisent pour aller chercher les boutons de la chemise de l’autre. Ils abandonnent un à un sous la pression de nos doigts, et c’est magnifique cette synchronisation, on pourrait en faire un film, ou du moins un court-métrage, ou une scène de film. Bref, un gros plan sur nos phalanges qui poussent sur les boutons pour les faire dégager. Un truc comme ça. Moi ce film j’irai le voir trois fois au cinéma (au moins), et je sourirai à chaque fois mais je crois que ça me ferait pleurer aussi. Pleurer joie et puis émotion. De temps en temps mes doigts ratent les boutons parce que mes yeux regardent les siens, forcément, ça déconcentre. Ses yeux. Je sais plus quoi en penser de ses yeux. Océan. Galaxie. Ciel étoilé. Piscine privée. Ils sont multifonctions ses yeux. Ça me fout le tournis, lui tout entier me donne le vertige et en même temps quand il est pas là j’ai le mal de lui, comme le mal de mer mais avec Silas en guise d’océan.
Il embrasse mon nombril.
Il embrasse mon ventre.
(J’espère qu’il a pas l’air trop gros)
Il embrasse le coin de ma hanche et il embrasse mes côtes.
Quand je pense que je me suis dépêché de rentrer de l’école pour télécharger pleins de films, de tous les horizons, ça m’a pris trois heures, tout ça pour en finir torse-nu tremblant sous ses lèvres ... C’est pas grave, de toute façon ses bras, c’est la maison, c’est la solution, et c’est toujours là que je termine, que je le veuille ou non. C’est comme ça depuis le début et ça m’embête pas vraiment si ça continue. Les films, ce sera « dans quelques années ».
J’embrasse sa bouche rien qu’à moi pour une dernière fois (façon de parler).
Quand je l’embrasse j’aimerais que ça aille plus loin, qu’il y ait des baisers ++, c’est comme quand tu pleures et qu’on dirait que ça suffit pas, tu voudrais aller plus loin.
Il s’allonge contre moi, on forme un gros nœud sur le canapé avec nos torses nus appuyés l’un contre l’autre, nos cheveux qui se mélangent, nos jambes emmêlées comme des spaghetti. Il parle contre mon épiderme qui se réchauffe, qui brûle carrément sous son souffle. Regrettes. Toute la vie. Jamais tomber. Te relever. J’veux jamais que tu m’quittes. Je souris. C’est tellement beau quand il parle. C’est tellement beau quand il est contre moi comme ça. J’aimerais bien qu’il s’endorme, l’autre soir c’est ce qu’il a fait, il s’est endormi et y avait de quoi concurrencer la perfection. À moins qu’il se soit complètement emparé d’elle, ça m’étonnerait pas. Mais avant de me perdre dans ses rêves, faut répondre, Coma, il t’a posé une question.
- D’accord.
Et
- Tu me fais vivre.
Mais c’est tout.
C’est tout ce que je dis, ça fait un peu pauvre comparé à son paragraphe argumenté, mais j’y peux rien, lui c’est un poète qui est capable de dire joliment tout ce qui lui passe par la tête, et moi, ça sort pas, c’est impossible, ça bloque à la gorge.
La vérité pour moi c’est que :
C’est que grâce à lui je fais de beaux rêves la nuit (et un peu le jour aussi), c’est grâce à lui que je marche droit, c’est grâce à lui que je me sens beau, c’est grâce à lui que j’ai de moins en moins la flemme de me lever le matin, c’est grâce à lui que même quand il fait mauvais temps j’ai l’impression de voir du ciel bleu et du soleil partout, c’est grâce à lui que je peux me relever de mon skate, de mon lit, de Debbie, de la vie. Et ça fait des années que ça dure.
La vérité c’est que j’ai envie de sourire à chaque fois qu’il parle.
De mourir à chaque fois qu’il m’embrasse.
Et que je suis même pas capable de lui dire à haute voix.
Je suis pas mieux pour lui dire mes peurs non plus, en plus je sais qu’il a pas envie de les entendre même s’il faudrait les sortir à haute voix quand même. Même si tout rose derrière les arbres et chez moi, en vrai, nous deux, c’est noir de l’extérieur. C’est sûr que c’est mieux qu’avec Debbie (noir dedans/rose dehors) mais ça vaudrait la peine d’en parler. Pour se dire que même si on est plus dans la période journées-maelström (celles qui commencent bien et se terminent mal ou celles qui commencent mal et se terminent bien), il nous reste encore des kilomètres à faire, et il va certainement pleuvoir, tempêter et orager sur nous. Même si on se tiendra par la main (et encore, pas dans la rue), ce sera un parcours du combattant, j’en vois même pas le bout.
L’autre jour j’ai essayé de lui écrire un poème. Mais j’ai pas trouvé de mots qui rimaient à Silas, c’est pas facile aussi.
Ananas
Dégueulasse
Camion à glaces
C’est même pas des mots qui lui ressemblent, j’ai arrêté et j’ai juste écrit une lettre. Ça fait déjà une semaine, mais je l’ai cachée sous mon oreiller pour faire comme si elle existait pas, pour pas avoir à la lire devant lui comme c’était prévu dès le début. Je me lève du canapé en lui disant attends je reviens, j’ai toujours mon pantalon mais je trouve qu’il fait très froid sur le chemin de l’escalier, très froid sans mon chauffage-Silas. Je prends la lettre dans mon lit et je redescends dans le salon avec les jambes nuage : flottantes mais coton. Je m’assois sur le canapé à côté de lui avec le cœur soleil : brillant mais lourd.
- Cher Silas,
Je t’ai écrit une lettre parce que je savais pas comment faire autrement pour te dire certaines choses. Je me suis dit qu’au moins sur le papier je pourrais effacer les bégaiements, les hésitations, lever mon crayon de temps en temps pour réfléchir à la suite. Et puis te la lire en gardant les yeux bien vrillés dessus, de sorte à pas voir les tiens et être gêné comme un con.
Oui je suis vraiment con de ce côté-là.
Un espèce d’incapable des mots.
Excuse-moi, c’est pour ça que j’écris.
En fait je voulais juste te dire que je t’aime, c’est pas compliqué, ça je sais faire, mais avec plus de mots, pour expliquer pourquoi, comment, un peu comme une dissertation.
Voilà, quand je te vois il y a la terre qui s’arrête et mon cœur qui s’accélère. Et c’est comme ça à chaque fois. Même quand on va aux toilettes et que je t’attends dehors et que je te vois sortir, que je te redécouvre. Je pense que si les gens me regardaient un peu plus attentivement, j’aurais même pas besoin de leur annoncer que je suis homosexuel (avec toi), ils le verraient tout de suite et ça me faciliterait un peu la tâche. D’ailleurs je suis vraiment désolé qu’on soit obligés de se cacher, j’espère que c’est pas pour longtemps encore, que je vais bientôt être d’accord pour le dire et au moins le montrer, mais j’en sais rien.
Merde, je voulais pas parler de ça dans la lettre. Tant pis.
Je voulais que ce soit que de l’amour.
Je voulais te dire vraiment tout ce que tu me fais et à quel point je suis amoureux de toi. Je pense que tu le sais mais comme toi tu me dis souvent des belles choses, avec des longues phrases, je voulais faire pareil. Mais j’étais obligé de prendre une feuille sinon ça serait jamais sorti. Je suis vraiment très amoureux de toi. C’est la toute première fois alors je sais pas trop comment le dire, je me sens bête quand on sort des grands discours. T’es la personne que j’aime le plus dans le monde, il y a personne au-dessus de toi, même pas ma maman. Ça fait longtemps que c’est le cas mais avant je rêvais jamais de ton corps comme je le fais toutes les nuits et je regardais tes mains sans en penser grand-chose. Je te raconte même pas ce que ça peut me faire, de regarder tes mains en cours par exemple, tes mains qui écrivent, tes mains qui s’ennuient, tes mains qui s’angoissent, tes mains qui se grattent, et puis après tes mains qui allument des cigarettes, tes mains qui prennent les miennes. Tu me donnes mal au ventre Silas. Mais le bon mal de ventre. La bonne maladie. Les crampes de l’amour. Tu m’a sorti du coma, et je te jure que c’est pas une mauvaise blague. C’est pour de vrai. Comme mon amour pour toi.
Je t’aime pour longtemps.

Coma

Je regarde le plafond.

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyDim 19 Oct - 13:05

Il dit d’accord et puis surtout il dit tu me fais vivre. Et ça me fout encore un sourire immense, ça aussi. Ça me fait un peu rougir. Parce que c’est que quatre mots mais ce sont quatre grands mots. Des mots comme des promesses, des mots caresse, des mots qui disent regarde ce que tu me fais, regarde comment je me sens grâce à toi. Et je comprends tellement parce que lui aussi il me fait vivre. Faudrait que je lui dise que mon cœur qui bat c’est lui que mes yeux qui s’ouvrent c’est lui que mes jambes qui marchent c’est lui que moi tout court c’est beaucoup de lui. C’est vrai qu’on se force à mettre un pied devant l’autre pour la personne qu’on aime. On se force à se dire allez, marche. Foule le bitume, regarde ce qui t’attend à l’arrivée. Regarde ce qu’il y a au bout de chemin, regarde qui te tend la main. C’est Coma à l’arrivée. Coma comme un roi, avec ses cheveux, son aura solaire. Tout son être rayonnant.
Et puis sans prévenir il se lève et je regarde son corps se déplier. Ses omoplates qui roulent sous la peau de son dos. Et il disparaît. J’entends ses pas dans les escaliers d’abord ils montent et ça dure pas très longtemps. Il revient avec une feuille de papier dans les mains. Elles tremblent un peu, d’ailleurs. Il s’assied à côté de moi. Entretemps j’ai rassemblé mes jambes sous moi et je suis assis en tailleur. Je regarde ses paupières qui sont baissées pour lire ce qu’il y a d’écrit. Il a ses sourcils qui se rapprochent pour se toucher.
Et puis il commence à parler.
Et je l’écoute.
Ça commence par « Cher Silas » et je pressens le discours, quelque chose de grand et de beau. Sa voix se met à lire. Parfois elle trébuche sur quelques mots, parfois elle recommence une phrase depuis le début. Moi je me prends une grande claque. Ça me fait trembler, ça me fait hérisser les poils de mes bras et frissonner mon échine. Il me dit un tas de belles choses, c’est son cœur qui parle. Son cœur qui dit qu’il m’aime et qu’il rêve de moi et que même quand il regarde mes mains il ressent de l’amour même quand il m’attend aux toilettes il ressent de l’amour. Il me parle des crampes de l’amour, aussi. Je me demande combien de temps il a mis pour écrire tout ça. J’ai les yeux qui se remplissent de larmes parce que ça me bouleverse, ça me transcende. Ça m’explose encore plus et je renifle un peu.
Je sais pas expliquer ce que je ressens.
J’ai le cœur qui tremble, qui trébuche aussi, il bat très fort. Je crois qu’il voudrait s’échapper de moi pour aller enlacer celui de Coma. Se greffer à ses artères et s’endormir tout contre lui. Je pense que ce serait un beau tableau. Ils se suffiraient à eux-mêmes.
Je me ronge un peu les ongles et je ne sais même plus où regarder. C’est qu’il m’a fait des milliards de nœuds dans la gorge et dans l’estomac. J’ai la mâchoire qui se contracte et se décontracte sans cesse. Le seul mot auquel je pense c’est « merci » mais merci c’est pas suffisant. C’est pas suffisant pour dire ce que je pense de sa lettre. Ses mots et sa voix, ça ressemblait à une pluie d’étoile. Ça m’a élevé le cœur et l’esprit, je vous jure.
Et puis Coma fixe le plafond.
- Je sais pas quoi te dire… Je- enfin c’est…
Je me tais.
Je suis incapable de mettre des mots sur tout ce qu’il se passe. En plus j’ai la voix qui tremble et les yeux qui veulent pleurer d’amour et de joie et de tout. Il me remue tellement, ce garçon. Il m’achève à force de gestes, de mots. Et sa lettre comme un coup de grâce.
C’était une belle déclaration, là.
Il aurait fallu qu’on nous filme, qu’on capture l’instant.
- Je- j’pourrais garder la lettre, dis ?
Je l’imprimerais en milliard d’exemplaires. Pour toujours l’avoir sur moi, pour toujours pouvoir la relire et me souvenir. Me souvenir qu’ici, sur cette Terre il y a quelqu’un. Quelqu’un avec des cheveux blonds, des yeux qui ressemblent à deux orages, une peau toute blanche parsemée de petits grains de beauté, quelqu’un avec des sourires maladroits, des mots effet baume au cœur. Quelqu’un qui m’aime, qui m’aime tout entier.
Même si j’ai des baskets pourries.
Même si j’ai des cheveux jamais coiffés.
Même si je me débrouille pas très bien sur un skate.
Quelqu’un qui m’aime malgré moi.
Tomber amoureux, c’est une jolie chute. Une chute libre. Une dose d’adrénaline qui fait tenir toute une vie. Je suis sûr que c’est mieux que de se piquer, mieux que de prendre des cachets. C’est que j’ai rien connu d’aussi beau avant Coma, Coma et ses bras musclés, Coma et son torse plat. J’ai jamais connu les crampes amoureuses avant lui, les jambes coton, les joues rouges, le vide dans le ventre.
Je retombe sur ses lèvres parce qu’il n’y a plus rien à faire d’autre que de s’embrasser et de s’envoler ensemble. Il n’y a plus rien à dire, il y a juste à faire. Il n’y a plus qu’à faire glisser mes mains dans son dos, là, comme ça. Depuis les omoplates, le long de la colonne vertébrale, pour échouer dans la chute des reins (encore une chute).
Je le prends finalement par le poignet et je grimpe jusqu’à sa chambre avec lui au bout de mes doigts.
Et puis je défais tout le reste. Je me brûle contre le soleil Coma. Les yeux fermés, les yeux aveugles. Je sens ses cuisses sous mes mains, les os saillants de ses hanches. Ses genoux qui cognent contre moi. Ma bouche partout sur lui, qui épouse chaque centimètre de peau. C’est presque religieux. Nos corps amoureux s’emmêlent. Et l’orage de nos souffles saccadés.
Et nos cœurs qui ne sont pas encore fatigués.
Et nos yeux aveuglés.
Tout ce que je pense c’est
je t’aime
je t’aime
je t’aime
(…)
Je t’aime maintenant je t’aime demain je t’aime en colère je t’aime triste je t’aime les jours de pluie je t’aime avec des cailloux contre ta fenêtre je t’aime bourré je t’aime parfum cigarette je t’aime parfum coquillette je t’aime tout nu je t’aime habillé je t’aime en chemise col repassé je t’aime quand tu ressembles à un poème je t’aime aussi quand tu pleures quand tu souris je t’aime dans tes draps défaits comme maintenant je t’aime quand tu dors et quand tu manges
je t’aime tout le temps
(comme on aime le soleil)
Le soleil c’est toi :
un noyau immense et brûlant (ton cœur) lumineux (tes yeux) blond (tes cheveux) dans le ciel bleu (mes yeux)

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyDim 19 Oct - 19:26

Je m’en veux déjà d’avoir sorti cette lettre de dessous mon oreiller, il va me prendre pour un con, un pauvre naze, j’ai même pas été capable de me relire correctement (j’ai écrit la lettre en pleine nuit), c’est comme si j’avais prononcé tout haut les fautes d’orthographe que j’ai enchaîné sur le papier. C’était pire que mes exposés en cours d’anglais. Je m’en veux de devoir lire une lettre pour lui expliquer que je l’aime, et de même pas être foutu de le faire bien. Je me mâche le travail tout seul, et tout ça pour le foirer ensuite de moi-même. Et puis c’est nul ce que j’ai dit. Tu me donnes mal au ventre. C’est vrai mais c’est nul, Silas il faudrait qu’il m’apprenne la poésie, ça m’éviterait de le comparer à une gastro quand je veux juste lui dire
je
t’
aime
(Tu es mon ciel, etc)
J’espère qu’il a compris que je l’aimais, que je l’aime, et que je suis pas prêt de recommencer un truc pareil, pas avant dix ans, je veux bien avoir des gestes qui ressemblent à des déclarations d’amour, ça oui, pas de problème, tous les jours même, mais pas les mots, ça me coûte trop moi, là je vais me sentir con au moins jusqu’à demain d’avoir déballé mes histoires de cœur qui pourtant le concernent du début à la fin, d’avoir débité autant de mots teintés de rose.
- Je sais pas quoi te dire… Je- enfin c’est…
Je le regarde et il ne me regarde pas.
Il est rouge, rouge comme le soleil au tout début de la journée, quand il se lève, avant d’être orange.
- Je- j’pourrais garder la lettre, dis ?
Je le regarde encore et lui toujours pas, je vois qu’il y a des trucs qui brillent dans ses yeux, comme des étoiles, mais plutôt des larmes, je le regarde être ému parce que je viens de dire avec cinq cent mots que je suis amoureux de lui et c’est tout ce que je suis capable de faire, le regarder, même pas cueillir les petites perles salées. Je suis cloué sur mon canapé de voir que je viens de lui foutre les larmes aux yeux à l’aimer aussi fort, l’aimer comme un dingue et le dire n’importe comment, mais le dire quand même.
Quelle bande de bras et jambes et têtes cassés.
(Je suis quand même contente qu’il dise rien, rien d’autre, parce que j’ai pas de lettres supplémentaires en réserve pour répondre à une autre attaque amoureuse, je suis à sec là, à bout, par contre parler avec le corps, ça je veux bien.)
Et puis à part mes déclarations d’amour bancales, je trouve qu’on s’en sort plutôt bien pour des handicapés.
Vous avez vu un peu comme on s’embrasse ? Comme il m’embrasse, là ? Des vrais professionnels de l’amour, on devrait donner des cours. Pas des cours de baisers, mais des cours d’amour, vraiment. Comment aimer bien et correctement. Et comment l’injecter dans les baisers, dans les caresses, dans cette façon qu’il a de me tirer derrière lui du salon à ma chambre en passant par les escaliers, doucement, gentiment, en me disant mais sans le dire « je vais te faire l’amour d’une très belle façon parce que je te trouve très beau ». Dans cette façon qu’il a de m’enlever les derniers vêtements qu’il me reste. Et moi qui recopie ses gestes symétriquement. Je trouve ça très beau de déshabiller l’autre plutôt que se déshabiller chacun dans son coin (Debbie et moi).
Enlever les vêtements de l’autre c’est déjà faire l’amour.
C’est ça qu’on devrait surtout apprendre à nos élèves.
On tombe dans mon lit et je crois bien que c’est la première fois. Ça s’est toujours fait chez lui, alors que c’est dangereux avec Debbie qui rôde autour de la maison, mais bon. Moi je suis très heureux de l’inviter dans mes draps. Mais j’ai pas vraiment le temps de disserter sur la question, et même de faire un commentaire sur la couette-super-spatiale, parce qu’il m’embrasse ici et là et partout et j’en perds la tête, vraiment. Mes idées se cognent les unes aux autres pour devenir un grand festival du n’importe quoi, et là, faudrait pas me demander des déclarations d’amour. C’est Silas qui prend toute la place. Il danse à l’intérieur et contre moi. Il me donne mal au ventre, je peux pas le formuler autrement, et pour moi ça veut tout dire, même si c’est pas très beau.
...
...
...
...
Je respire plus fort que si je venais de courir mille kilomètres en pente, mais faut dire que l’amour, c’est pas non plus une promenade de santé.
Je souris.
Je souris dans ses cheveux que j’essaie de ranger un peu, d’arranger un peu, mais bon c’est pas facile d’essayer de vaincre une explosion d’étoiles.
Je caresse son torse tranquillement, j’embrasse ses joues chaudes comme un enfant. Je me souviens de la première fois que j’ai mis Debbie toute nue, je me suis « ah ça ressemble à ça alors », j’ai fait semblant de trouver ça beau, je me suis collé des étoiles dans les yeux. La première fois que j’ai mis Silas tout nu j’ai pas été surpris (j’avais déjà vu ça, sur son corps, sur le mien, je savais où était quoi, je savais le torse tout plat et les bras musclés puisque j’avais les mêmes), trois cent kilos d’étoiles se sont logés dans mon regard, j’ai cligné des yeux, ça piquait, ça faisait du bien. La deuxième fois que Debbie s’est mise toute nue devant moi j’ai même pas regardé, j’ai vite fermé les yeux et j’ai attendu que ça s’arrête. La deuxième fois que j’ai mis Silas tout nu ça m’a fait le même effet que la première mais avec quelques comètes en plus je crois. Et je voulais pas fermer les yeux. Pas rater le spectacle. Debbie, elle a arrêté de se mettre nue devant moi. Et Silas, c’est toujours mon feu d’artifices. Il me fait des couleurs partout.
Bleu comme un ciel heureux
Rouge comme un amoureux
Rose comme un amoureux aussi
Et jaune comme les étoiles ou le soleil
J’aimerais tellement pouvoir en écrire des poèmes sur lui, virer les ananas et trouver des métaphores, parce que y a bien que ça pour raconter les belles choses ; les poèmes.
- Raconte-moi quelque chose.
(J’ai la voix enrouée de dire autre chose que son prénom)
Parce que des fois je suis là et pas Silas, le soir par exemple, pas des soirs comme ce soir, mais tous les autres, ceux de la semaine, quand je rentre chez moi et que j’attends pas mes parents pour manger, quand il est chez lui aussi et qu’il y a ses parents, ou pas. Qu’est-ce qu’il fait ? Est-ce qu’il pense à moi ? Est-ce qu’il me retrouve dans tous ses cahiers quand il essaie de faire ses devoirs ? Combien de cigarettes il fume en pensant qu’il faudrait vraiment arrêter ? Est-ce qu’il discute avec Debbie des fois ? Est-ce qu’il se couche sans regarder les étoiles une dernière fois ?

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyLun 20 Oct - 8:36

On est là à regarder vers le plafond ou vers le mur ou vers nous. Les corps fatigués et encore tendus de s’être échauffés les uns contre les autres. Les doigts de Coma glissent sur mon torse et j’ai les paupières très très lourdes. C’est pas vraiment l’envie de dormir, c’est plutôt la décontraction totale, le bien-être. Et c’était beau, nous deux. Moi je l’ai ressenti comme ça. Ça m’a fait une vague immense dans le cœur, des milliards de sensations que je pourrai pas vraiment nommer ni vraiment décrire. Parce que c’est quelque chose entre Coma et moi, qui ne regarde que nous.
J’étire mon bras pour pouvoir passer ma main dans ses cheveux plus courts que les mien mais un peu en bataille eux aussi, pour une fois. Je pose mes yeux sur lui et ça les fait sourire. Je me lasse pas de le regarder de le regarder de le regarder de le regarder.
Il y a toujours quelque chose de nouveau à voir. Comme
la courbe imparfaite de son sourcil
la couleur plus foncée de ses cernes
une rougeur à côté de son nez

Avant ça me mettait un peu mal à l’aise, cette nudité, cette proximité avec Coma. Quand je pense avant, c’était avant que j’accepte le fait qu’on soit amoureux et c’était avant le skatepark. Le pire c’était après l’entraînement de foot, quand on rentrait dans les vestiaires et qu’il fallait prendre une douche. Les garçons de l’équipe, ça leur posait aucun problème. Ils avaient l’habitude. Moi aussi j’avais l’habitude, mais plus je grandissais et plus je devais m’efforcer de me concentrer sur mon corps pour pas regarder le leur. Je suis sûr que me changer avec des filles ça aurait été plus facile pour moi, j’aurai rien eu à regarder, pas de dos musclés, pas de longues jambes, pas de torses dépourvus de seins. Mais maintenant ça va mieux, c’est plus facile. Là je regarde le nombril de Coma et ce qu’il y a en dessous et je ne suis même plus mal à l’aise. Et lui non plus ça a pas l’air de le gêner.
C’est devenu moins compliqué qu’avant, cette histoire. Et on s’en sort plutôt bien, même s’il faut souvent se cacher derrière les gradins du terrain de foot ou même derrière les arbres. C’est le prix à payer pour des soirs comme ça, à le tenir contre moi et à m’enivrer de lui. Ce que je demande, c’est pas qu’on se montre dans la rue main dans la main, qu’on s’expose à la vue de tous. Non, ce que je veux, c’est pouvoir prendre la main de Coma quand j’en ai envie ou même passer ma main dans sa nuque dans la rue ou au lycée sans que Coma aie à se liquéfier de honte et m’envoie dans la foulée un mot pour dire qu’on ne peut plus s’aimer.
Ça finira bien par arriver.
Il faut juste du t e m p s.
Et moi j’ai tout mon temps à lui donner. Même si c’est dans dix ans, c’est pas grave. Je veux pas qu’il se sente oppressé, je veux pas qu’il prenne peur, encore. Il faut qu’il soit prêt. Et quand il sera prêt, j’attendrais encore un peu et peut-être qu’à cet instant je lui demanderai s’il voudrait bien se marier avec moi.
(je sais qu’il dira oui)
Je nous imagine déjà, grands, avec de la barbe sur les joues et sur le menton. Disparus, nos visages d’enfants. Les épaules encore plus carrées que maintenant, bien propres dans nos beaux costumes et nos belles chaussures. Peut-être que dans dix ans j’aurai pris la décision de me couper les cheveux beaucoup plus court, genre comme Coma, et peut-être que là ils seront bien coiffés pour l’occasion. Peut-être que j’aurai arrêté de porter des pulls trop grands pour moi et des jeans déchirés.
Peut-être que mes baskets ne seront plus trouées.
Peut-être que
- Raconte moi quelque chose.
Oh.
- Je pensais à notre futur mariage.
Je dis. Et je m’entends rire et pouffer en même temps. Je me sens très con de lui sortir ça comme ça, parce que c’est le meilleur moyen pour le voir s’enfuir et retourner dans son endroit sordide jonché de cadavres de bouteille ou il y a écrit Y A PAS QUELQU’UN QUI VEUT TOMBER AMOUREUX DE MOI (mais ça c’est du passé, maintenant je suis là, avec mon cœur assez grand pour nous accueillir nous deux et mes bras assez grands pour lui et ma bouche assez grande pour lui et mes yeux assez grands pour le regarder et moi tout court pour lui).
- Et puis je pensais à nous dans dix ans. Enfin, à moi et à nous. Et tu sais je me demandais s’il fallait que je garde mes cheveux longs ou peut-être que ce serait mieux que je les coupe un peu. Un peu comme les tiens, quelques centimètres en moins. Enfin, c’est pas très important, c’est qu’une histoire de cheveux. Mais tu sais pour cette histoire de mariage, je rigole pas vraiment. T’imagines ou pas le jour où on ira faire nos courses tous les deux et qu’on s’engueulera parce que tu voudras acheter des coquillettes et moi des spaghettis…
Je m’entends rire, encore.
Et puis je sais qu’au final on finira par acheter des coquillettes même si à la base je voulais des spaghettis bolognaise. Alors on mangera des coquillettes bolognaise. Parce que je ferai rien pour le contrarier, je ferai rien pour le mettre en colère. Il a déjà assez ramassé comme ça pour moi et à cause de moi.
Je dois avoir l’air niais.
Et trop amoureux.

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyLun 20 Oct - 12:56

- Je pensais à notre futur mariage.

À quoi ?

Notre quoi ?

Mariage ?

Ça s’écrit comment ?

Y a combien de ère ?

Ça s’écrit avec pleins de cœurs qui se tiennent la main, Coma, fais pas ton abruti.
- Et puis je pensais à nous dans dix ans. Enfin, à moi et à nous. Et tu sais je me demandais s’il fallait que je garde mes cheveux longs ou peut-être que ce serait mieux que je les coupe un peu. Un peu comme les tiens, quelques centimètres en moins. Enfin, c’est pas très important, c’est qu’une histoire de cheveux. Mais tu sais pour cette histoire de mariage, je rigole pas vraiment. T’imagines ou pas le jour où on ira faire nos courses tous les deux et qu’on s’engueulera parce que tu voudras acheter des coquillettes et moi des spaghettis…
Je regarde encore un plafond, celui de ma chambre maintenant, dis donc c’est fascinant.
Y a des étoiles aussi.
Mariage, mariage, mariage (…). Quand je pense à mariage d’abord je pense à mes parents qui se sont mariés, ont acheté une grosse maison, fait un enfant (mais juste un seul pour qu’il soit bien triste) et puis l’ont laissé tomber. Quand je pense à mariage après je pense à Comavant, celui qui voulait se marier avec une fille comme Debbie mais une qu’il aime (quand même), celui qui voulait une vie lambda, une vie toutlemonde, une vie mariage-enfants-enterrement. Mais j’étais persuadé que ce serait joli. Quand je pense à mariage je pense pas à Silas. Ça rime pas, ça va pas ensembles.
J’ai honte.
J’ai colère de moi-même.
De penser ça, de penser le contraire de lui, de pas être capable d’assimiler que dans dix ans il voudra toujours être avec moi, être amoureux de moi, de pas pouvoir me dire que oui dans dix ans on fera les courses ensembles et même qu’on se tiendra la main au-dessus du chariot, de même pas y penser ou oser y rêver. De penser qu’on durera pas toute la vie. Parce que je peux pas croire qu’un jour je serai capable de dire à mes parents j’aime Silas, à mes grands-parents j’aime Silas, à mes amis j’aime Silas, à mes collègues ou camarades j’aime Silas. C’est pas de lui que j’ai honte, c’est de moi avec lui. Des regards que j’ai (véritables voyages spatiaux), des gestes que je fais (tout le temps des caresses).
Je suis con.
Encore des marche-arrière.
Je me tais et j’essaie de rire avec lui mais c’est pas facile d’essayer de cacher à la personne que t’aimes le plus d’amour et d’amitié et de corps que t’es pas vraiment capable de l’emmener quelque part, le guider pour qu’il y aille, oui, mais l’accompagner, ça va être difficile. De pas dire que quand tu penses à vous tu penses à demain, peut-être après-demain, et encore, quand t’es de bonne humeur et que t’as le sang boosté à l’adrénaline. De continuer de lui faire croire que vous ferez des grandes choses comme vous marier et des moins grandes choses comme se battre pour des formes de pâtes.
Je caresse ses cheveux dans les sens de leurs étoiles.
Ça me fait sourire, ça me rappelle qu’il m’a pas demandé qu’on se marie demain. Ça me rappelle que là tout de suite on s’aime et que c’est pas grave selon moi si c’est plus le cas dans dix ans. Ça me rappelle toutes les fois où j’ai passé ma main dedans (les fois amoureuses et aussi les fois pas amoureuses, quand je me doutais même pas qu’un jour je serais fou de lui et de ses cheveux) et que c’est à chaque fois comme un voyage dans le ciel.
- J’ai pas envie que tu coupes tes cheveux.
Je regarde ma table de nuit.
Il est 22h38.
C’est pas l’heure de se marier.
- Tu viens regarder les étoiles ?
Je sors du lit (il caille), je mets mon caleçon, lui aussi, je tire la couette toute entière vers moi et je traîne mes soucoupes derrière moi, avec Silas aussi. Je le laisse s’asseoir sur le bord de la fenêtre ouverte avec rien en dessous et les étoiles comme couverture, moi je prends mon iPod et un paquet de clope. Couette à étoiles, cigarettes, iPod et Silas, c’est mon nécessaire à survie, je pourrais aller jusqu’au bout du monde comme ça, et sans jamais me plaindre. Je glisse une cigarette entre les lèvres de Silas, c’est à peu près comme si je l’embrassais mais avec du poison. Je l’allume, ça brille au bout, étoile contre étoile, ça devrait faire des étincelles mais non. J’en prends une et j’oublie de l’allumer, je la garde juste comme ça sur ma bouche, ça me réconforte un peu.
Une fois j’ai failli tomber de là de la fenêtre.
Mais vraiment sans faire exprès. J’ai vu une étoile filante et j’ai voulu la suivre jusqu’au bout de sa mort, mais ça se passait derrière ma maison, j’ai quand même tourné un peu la tête et le corps pour essayer. Je me suis tout juste rattrapé au bord du volet. C’est ce jour-là que j’ai compris que je voulais pas mourir. Pas vraiment.
Enfin juste pour rire quoi.
J’allume mon iPod et il me fait mal aux yeux avec toute sa lumière en pleine nuit comme ça. Je passe devant pleins de chansons, pleins d’heures de travail, pleins de larmes et de sourires et je trouve Nara, Nara ça fait une semaine que j’attends de trouver le bon moment pour la faire écouter à Silas. Je crois que c’est le bon moment là. J’ai pas très envie de parler. Juste de regarder les étoiles. Je glisse l’écouteur dans son oreille, mes jambes battent dans le vide et j’ai posé la grosse couette par-dessus nous.
Hallelujah.
Je prends sa main, c’est pas que je t’aime pas Silas, mais
Non, je dis rien, on est bien comme ça, merde
On a pas besoin de se marier en plus.
Un « je t’aime » me démange les lèvres, j’ai envie de le déposer contre ses tympans, là, parce que c’est vrai, et aussi pour m’excuser de pas avoir quelque chose de plus Grand à lui offrir. Que des « je t’aime » pré-écrits qui n’engagent à rien. J’ai envie de lui dire pour qu’il m’en veuille pas de trouver notre futur mariage un peu trop anticipé.
- J’suis désolé, j’arrive pas à … Nous projeter, tu vois. À nous imaginer mariés et faisant les courses. Déjà que j’ai pas ta poésie, mais j’ai pas non plus tes rêves, pour moi, les rêves, c’est que des trucs qui arriveront jamais, je … J’suis désolé.
Silas attendait d’être ma récompense.
Un jour il voudra forcément la sienne.

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyLun 20 Oct - 16:25

Et puis pendant quelques secondes ses doigts s’amusent à caresser et à démêler mes cheveux. Il me dit aussi qu’il n’a pas envie que je les coupe. Mon menton fait oui, d’accord, je ne couperai pas mes cheveux. Et puis c’est vrai que Silas Pollock sans ses cheveux longs un peu en bazar, c’est plus vraiment Silas Pollock. Et même si maman les trouve trop longs et même si Debbie trouve ça moche : tant pis.
- Tu viens regarder les étoiles ?
Il se lève et je le regarde avec les yeux en forme de deux gros cœurs (faudrait le voir tout nu et de dos, c’est un vrai tableau, Coma, il est magnifique). On remet nos caleçons et on se dirige vers la fenêtre de sa chambre. Il me donne une cigarette qu’il allume. Je dis merci avec les yeux et je fais un sourire en plus. Quand je suis avec Coma j’oublie parfois de fumer, c’est comme si j’en avais plus besoin. Parce que de l’anxiété et de la colère, il n’y en a pas. Ça n’existe plus du tout. Mes jambes sont ramassées tout dessous moi. Coma a posé sa couette sur nos genoux et je la tire au plus haut pour ne pas avoir froid. Il met aussi un écouteur dans mon oreille et
c’est
beau.
J’ai ma main dans la sienne et je serre fort ses doigts.
J’ai aussi ma tête posée sur son épaule.
Je pourrai rester là des siècles, à regarder le ciel tout nu, qui dévoile ses étoiles, avec la tête posée sur mon oreiller-Coma et sentir la chaleur de son corps contre ma joue et mon oreille. Je pourrais rester là des siècles, avec ma cigarette qui se consume au ralenti, la chanson qui tourne en boucle dans nos tympans. C’est beau de se dire que là, on vit exactement la même chose. Qu’on ressent tout pareil. Parce qu’on a fait les mêmes actions plus tôt et qu’on continue à s’imiter. Alors je me demande si lui aussi a un peu froid au nez, et si lui aussi il se sent infiniment bien. Je me demande si lui aussi à les paupières lourdes lourdes lourdes. Et puis je me demande si il se sent amoureux, amoureux jusqu’à en avoir mal au cœur.
- J’suis désolé, j’arrive pas à … Nous projeter, tu vois. À nous imaginer mariés et faisant les courses. Déjà que j’ai pas ta poésie, mais j’ai pas non plus tes rêves, pour moi, les rêves, c’est que des trucs qui arriveront jamais, je … J’suis désolé.
Je suis en train de me bouffer l’intérieur de la joue.
Et je tire sur ma cigarette.
J’arrive pas à nous projeter. C’est ce qu’il a dit.
Je ne sais pas si je dois me mettre à rire amer ou à pleurer. Si je dois être déçu de lui, si je dois le comprendre et encore lui dire c’est pas grave tout ira bien. Parce qu’avec Silas Pollock tout va toujours bien. Avec Silas Pollock il n’y a que des solutions, pas de problème. Avec Silas Pollock, pourquoi s’inquiéter ? Ça roule. Tout roule, comme le skate de Coma, comme Coma sur son skate. Sauf que parfois, il dévie de sa trajectoire, il vient frôler la ligne blanche de la route avec sa roue. Et c’est justement ce qu’il se passe, là, tout de suite. On frôle la ligne blanche. On n’arrive jamais à être bien au milieu de la route, il faut toujours qu’on s’approche du précipice. À croire qu’on aime bien le danger, à croire qu’on aime trop les sensations fortes, quitte à en perdre un sur le chemin.
- Tu veux pas y croire un peu, Coma ? Tu veux pas nous imaginer, tu veux pas essayer de penser à plus tard que maintenant ? J’peux t’apprendre à rêver, si tu veux, j’peux t’apprendre. Ça me dérange pas, j’ai tout mon temps pour te montrer comment faire.
Je donne une pression dans sa main.
Je sais pas si je suis triste.
Ni heureux.
Je suis un peu les deux mélangés. C’est que je suis triste parce qu’il est en train de me dire qu’il est incapable de m’imaginer avec lui dans dix ans et qu’il est incapable de rêver. Et je trouve ça triste, les non-rêveurs. Ceux qui ne passent pas du temps à penser et à imaginer du beau, du doux, du rose, du coton. C’est peut-être l’aspect trop aérien de moi qui ressort trop en ce moment, mais ça c’est grâce à Coma. Il m’élève tout le temps. Et je suis rendu à un point tellement haut qu’il me semble impossible de pouvoir toucher le sol sauf pour pouvoir rebondir encore plus haut. Mais je suis heureux, je suis heureux parce que Coma est toujours là, il n’a pas pris la fuite. Il me prend par la main, et on fume ensemble, un peu comme avant (avec la main en plus et nos vêtements en moins, la couverture sur nous comme rempart fragile et bancal).
- Mais c’est pas grave
Je dis.
- On prendra le temps qu’il faudra. Je suis patient, tu sais, je peux attendre. Je peux t’attendre.
Si ça se trouve même quand j’aurai soixante balais je retournerai sur ce banc au skatepark et je penserai à mes dix-sept ans, mes dix-sept ans et mon premier baiser à l’abri des regards derrière l’énorme chêne.
Je souris sur son épaule et puis j’en embrasse la pointe de l’os, un peu saillante sous sa peau.
Je peux pas lui en vouloir.
Je peux rien lui reprocher.
Parce que
tout
ira
bien.

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyLun 20 Oct - 19:24

Et puis il est complètement bidon mon rendez-vous romantique, il est nul. Tout ce qu’on a fait c’est manger des coquillettes et se foutre à poil, j’avais même pas mis de bougies dans ma chambre ou de pétales de roses par terre. Voilà à quoi je suis bon en amour. Faire cuire des pâtes et changer les draps dans lesquels j’avais un peu trop chaudement rêvé de Silas. Moi, y a pas à dire, sur la pyramide du romantique, je suis tout, tout en bas. C’est que le premier. C’est que le premier mais c’est en foirant le premier qu’on en a pas d’autres. J’aurais dû le laisser faire. Lui il aurait transformé sa chambre en planète amour, il aurait mis des vraies étoiles qui brillent (je sais pas comment il aurait fait mais il l’aurait fait), il aurait fabriqué une lune pour nous rassurer la nuit et l’espace-univers, c’aurait été lui tout seul avec ses yeux comme des trous noirs, non, bleus bonheur océan, et ses joues qui brillent comme la croûte du ciel avec ses étoiles. C’aurait été lui, c’est mieux qu’une couette. Mais voilà moi j’avais des trucs à prouver.
Des bêtises à enterrer.
De l’amour à montrer.
Et au final je suis
Nobody
Nobody
Nobody
Et je suis capable de
Nothing
Nothing
Nothing.
- Tu veux pas y croire un peu, Coma ? Tu veux pas nous imaginer, tu veux pas essayer de penser à plus tard que maintenant ? J’peux t’apprendre à rêver, si tu veux, j’peux t’apprendre. Ça me dérange pas, j’ai tout mon temps pour te montrer comment faire.
Mes doigts pressés contre les siens.
Mais si je veux.
Putain bien sûr que je veux. Je veux t’écrire encore des milliards de lettre d’amour parce que j’en ai des stocks, de trucs chouettes à te dire que je garde en attente, t’en écrire six cent billions jusqu’à plus en avoir besoin pour te dire mon amour de A à Z. Je veux que tout le monde sache que je t’aime, toi rien que toi toujours toi pour toujours toi, et que toi, tu m’aimes, vous avez vu un peu, j’en ai de la chance moi, mon amoureux c’est le plus beau de la Terre, de la Galaxie, de l’Univers, et en plus, il sent les étoiles. Je veux, mais je peux pas.
C’est encore des problèmes de conjugaison.
Et un jour il va me quitter parce que je suis pas foutu de conjuguer mes verbes correctement, et là c’est sûr que je saurais même plus quoi dire.
Mais il embrasse mon épaule et il dit c’est pas grave, il dit « temps », il dit « attendre », il dit « patient ». On a le temps, parce qu’il est patient et qu’il est capable de m’attendre le temps que je remette les idées en place et que je l’aime correctement tous les jours sans exception. Il embrasse mon épaule et tout va presque bien, même si mes mains tremblent quand j’éteins mon iPod et qu’elles grelottent encore plus quand j’allume enfin ma cigarette. Faudrait que j’arrête de me maltraiter tout le temps comme ça, de m’ankyloser d’angoisse alors que Silas a rien demandé, et rien vraiment dit, à part le mot « mariage ». Je m’en rends même pas compte, c’est en me décontractant sous son baiser que j’ai réalisé que j’étais en train de massacrer les muscles de mes cuisses.
Respire.
Putain respire.
Et le petit bout rouge au bout de ma cigarette, on dirait plutôt le précipice d’un volcan.
Je suis pas capable de faire des étoiles, moi.
Juste d’embrasser celles qui sont dans les yeux de mon amoureux.
Moi j’aimerais bien, tellement passer ma vie avec lui, qu’il soit le premier rayon de soleil que je vois le matin et ne jamais, jamais en avoir marre, comme par miracle (c’est lui, le miracle). Mais je suis pas capable de ça, c’est ce que je crois. Je me fais surtout pas assez confiance pour me jeter dans quelque chose de si beau, pas sans avoir la certitude que je casserai pas tout en deux en trois en quatre. Je suis très très doué pour l’autodestruction. C’est comme si j’aimais ça. Et après je me déteste.
Ce que je sais, c’est que même si tous les jours et à chaque fois qu’on se touche on a l’impression que c’est l’Apogée de notre Amour (ça fait titre de livre), c’est pas vrai, il nous reste encore du temps pour la tenir, notre apogée, pour le trouver, notre clou du spectacle, et puis pour retomber tranquillement sur nos pieds. C’est à peu près la seule chose que je sais.
Il nous reste des surprises.
Par millions, emballées dans du papier cadeau brillant.
- Attends.
Je lui laisse la couette et je fais tomber la cigarette. Il fait chaud dans ma chambre même avec la fenêtre ouverte, il fait chaud nous. Malgré tout ça me fait bêtement sourire de repenser à nos espèces de corps comme des valseurs sous la couette à étoiles + extraterrestres. Je suis très fier, très amoureux, très content de nous deux. Bon, putain, je dois bien avoir ça quelque part. Un ruban ou un lacet ou un fil de scoubidou ou même une attache de paquet de chips. Juste un truc pour entourer son doigt. De l’amour autour de son annulaire.
Je trouve un lacet sur une de mes Adidas.
Un ruban sur un paquet de chocolats.
Je reviens essoufflé sur le bord de la fenêtre, essoufflé d’avoir fait trois fois le tour de ma chambre en me prenant les pieds dans tout ce que j’étais en train de déranger, essoufflé de me rendre compte de ce que j’étais en train de faire. Une preuve d’amour. Encore une sans les mots. Encore une qui veut dire désolé et « ça veut pas dire que je t’aime pas », aussi. C’est important, ça. C’est pas parce que je peux pas me (pro)jeter dans dix ans ou même le mois prochain que je l’aime pas. Non mais vous m’avez bien regardé ? Vous avez bien lu entre mes lignes ?
Évidemment que je l’aime.
Même si je voulais je pourrais pas faire autrement.
Autre chose que l’aimer.
Alors je suis là sur mon bord de ciel avec un ruban et un lacet de chaussure que j’ai emmêlés, à deux centimètres de la main de Silas.
- Est-ce que tu veux bien te marier avec moi même si c’est un peu pour de faux ? Veux-tu bien ?


Ça va aller, ça va très bien aller, ça va même alllller, avec pleins d’ailes pour voler très haut.

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MessageSujet: Re: M100 (SILAMOUR)   M100 (SILAMOUR) EmptyMar 21 Oct - 17:14

Coma dit
- Attends.
Il quitte notre cabane improvisée. Je remonte encore plus la couette et je m’enroule un peu de temps. Je ne regarde pas ce qu’il fait. J’entends juste ses pas marteler le parquet de sa chambre. Moi je regarde les étoiles. Ça me rend triste parce que je pense que la plupart (si ce n’est toutes) d’entre elles sont mortes. Mais est-ce qu’elles montent au ciel, elles aussi ? Est-ce qu’elles ont un autre ciel ? Ça doit être beau et tragique à la fois, un cimetière d’étoiles. Est-ce qu’elles brillent encore
Est-ce qu’elles deviennent de la poussière
Mais c’est quoi une étoile au juste ?
C’est sûrement quelque chose Coma.
De brillant de beau d’immense de maladroit de
Et puis il revient tout en bazar, comme s’il avait couru des kilomètres et des kilomètres. Son souffle s’échoue sur mon visage (comme les vagues sur la plage).
- Est-ce que tu veux bien te marier avec moi même si c’est un peu pour de faux ? Veux-tu bien ?
Je le regarde avec des yeux immenses.
C’est quoi une étoile au juste ? C’est ce qui brille, là, dans mes yeux. Comme des larmes gazeuses. J’ai un sourire d’abord tout timide puis qui s’étire, s’étire, s’étire jusqu’à venir me manger tout le visage. Ça dévoiles mes dents, même mon regard sourit. J’ai un peu le bout des doigts qui tremble, j’ai aussi le cœur qui bat plus vite tout en étant très soulagé.
Mon menton fait plusieurs fois et très vite le même geste : il s’incline vers le bas. D’abord j’ai du mal à trouver le bon mot, j’ai du mal à savoir que lui dire et puis
- Oui.
Silence.
- Oui je veux, même si c’est un peu pour de faux ça reste quand même très vrai. On attendra quelques années avant la grande cérémonie avec les fleurs les amis et la famille.
Je m’entends rire. Rire timide. Comme à chaque première fois. Mais là c’est une grande première. Du genre qui bouleverse, qui renverse, qui transcende. Et puis je baisse les yeux et dans ses mains il y a un ruban (un peu satiné, un peu brillant) et le lacet de sa chaussure. Je le reconnais, parce que j’ai vu ses mains le nouer tant de fois. Mon cœur fond d’amour, il se disloque devant lui.
Je prends le ruban et je l’enroule autour de l’annulaire de Coma. Je serre suffisamment pour pas que ça s’en aille mais pas trop pour pas qu’il étouffe non plus. Et je prends tout mon temps. Je me rends pas vraiment compte mais je crois que Coma est en train de me donner une preuve d’amour immense. Comme s’il me donnait son cœur sur un plateau. Pour la première fois, je crois. Quoique non, il l’a fait aussi avec la lettre, tout à l’heure. D’ailleurs je crois qu’on l’a oubliée sur le canapé, celle-là. Faudra pas que je l’oublie en partant et faut pas non plus que j’oublie d’en faire des photocopies.
Le nœud est fait.
Ceux dans ma gorge et dans mon ventre se sont envolés, eux.
Je me sens léger, très nuageux.
Je m’approche de Coma et je l’embrasse. Avec toute la tendresse du monde sur les lèvres. Je m’applique, je prends mon temps. Je pense « il n’y a rien qui presse » parce qu’on a toute la vie devant nous. Et dire qu’on a failli se perdre, et dire qu’il a failli ne plus m’aimer parce qu’il avait peur d’aimer quelqu’un qui était pareil de lui avec le corps. Je tiens l’os de sa mâchoire contre ma paume et mon pouce caresse sa joue, là où sa barbe est naissante par endroit.
J’ai les paupières fermées (comme quand je dors).
On s’embrasse comme les vrais mariés dans les églises et à la mairie.
Mais sans le prêtre ni le maire ni les amis ni la famille.
Nous on a des étoiles au dessus et dans nos cheveux des rubans et des lacets sur nos doigts comme la promesse puérile qui dit :
pour toujours.

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