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 tu cherchais à revendre ton âme au diable (archi)

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MessageSujet: tu cherchais à revendre ton âme au diable (archi)   Lun 15 Sep - 21:44




tu cherchais à revendre ton âme
au Diable
pour qu'il te rende
moins laid, plus fort, aimable et stable.
musique ☾
Mes tympans bourdonnent. Ma tête me lâche, lentement. Mon corps aussi. Il mouve, comme tout le reste. Ça oscille, ça saute, ça bouge. Des néons fatigués me chopent dans la boîte d'ennui, tout brille. C'est beau. C'est con. Ça vit. Et ça pue, ça pue la décadence, ça pue Dior, Amor amor, Gucci. Ils parfument leur laideur.
Moi, j'en ris. Toute seule derrière ce masque. J'en ris à en pleurer, sous ce visage de poupée. La peau en porcelaine, si fragile. Si douce, si gentille. Si belle. Mes cinq couches de mascaras m'interdisent de fermer les paupières, par peur de ne jamais savoir les rouvrir. J'en aurais pas la force. Alors je reste comme ça, les yeux grands ouverts. Pupilles dilatées, cachant presque toute la couleur de ces deux fenêtres sur un ciel de nuit de fin d'été, pleins d'étoiles. Mon rouge à lèvres, couleur sanguine, est parti. Bouffé par un garçon. Mes talons me scient les pieds. Mes bas glissent, j'ai beau les remonter, ils ne veulent pas. Ils s'énervent contre moi. Se flèchent. Ma robe me sert trop fort. Taille de guêpe voulue. Je me sens étouffer.
J'ai besoin de prendre l'air.
Je veux partir d'ici. Sinon, je vais exploser.
Les gens se bousculent, LAISSEZ MOI PASSER! ils se marchent sur les pieds, s'entassent encore. J'en peux plus. J'ai besoin de m'évader. Partir, au plus vite. Quitter cette endroit ou tout me ramène désespérément à... Ça.
Le déclin des hommes, de leurs filles, de leurs alcools. De leurs jeux.

Les gens disparaissent petit à petit. Ils se bousculent toujours dans ma tête quand j'atteins la porte, et sors.
Oxy-gène.
Bouffée d'air. Froid qui me glace les joues. Rose qui me monte à la tête.
Il est tard. La nuit a allumé la ville. La nuit a éveillé mon esprit.
J'ai besoin de marcher. Tout tourne trop la dedans.
Ça se cogne, ça cogite. Ça s'entre-choque, ça fait mal. Et ça s'écrase. Mes pensées s'écrasent contre mon crâne, chevelure orangée qui s'échappe entre mes doigts. Elle glisse, s'étire. Je tire sur ces satanées mèches qui n'en font qu'à leur tête, je voudrais les arracher.
Tout comme ma tête.

Pourquoi. Pourquoi pourquoi pourquoi.
Pourquoi tu t'fais ça!
J'me déteste. J'le déteste. J'les déteste tous. Pourquoi pourquoi pourquoi. Pourquoi ma tête me fait ça. Pourquoi j'peux jamais dire non. Pourquoi j'ressens ça.
MERDE, j'veux pas moi! Ça fait mal ce truc. Ça défonce le cœur. Ça fait qu'j'me défonce le corps.
Non. Stop. Marche, vas-y. Tourne en rond. Encore.

Et je cherche dans la nuit. Mes talons claquent contre le bitume pourri. Ma veste vole par dessus ces petits bouts de chair, pâles, arrondis, épaules.
Il fait noir. À cette heure, tout ce que vous connaissez n'est pas. Pas encore, ou pas 'plus'. Les cafés sont déserts. Les vitrines sont fermées. Les rues sont tristes.
Palo Alto.
Palo Alto c'est affreusement beau, la nuit. C'est beau à vous en arracher le cœur. C'est beau même quand ça dort. Quand ça crie. Quand ça pleure.
Quand vous entendez des coups de poings plus loin. Quand vous cherchez à lutter, contre autrui ou surtout, contre soi. Palo Alto, il est trop tard. On ne voit rien.
Des ombres cachées. Tout est trop flou. Ça geint, ça fait mal. Ça attire.
Ça donne envie de savoir. Et ça fait claquer les talons plus vite et plus fort, et ça se rapproche. Ça gronde encore, ça s'énerve, ça se brise. Contre les murs. Contre Ses mains.
Tu t'fais mal, tellement qu'tu veux qu'ça soit bien.



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MessageSujet: Re: tu cherchais à revendre ton âme au diable (archi)   Dim 21 Sep - 11:47



Archi, il est au bout du rouleau. Il ne sait plus où il en est. Il voudrait que tout cesse, que tout explose, que tout soit détruit. Que tous ces petits cons crèvent la gueule ouverte, piétinés par la vie trop froide. Archi, il ne veut pas être le seul à souffrir, plutôt mourir. Même si au fond, c’est de sa faute au gosse. Parce qu’il est tout aussi con qu’eux. Ses parents l’énervent, sa sœur est trop présente, elle est partie. Ou plutôt, il est parti. Loin, sans se retourner. Au revoir l’envie, le désir, la vie.

Il a oublié l’heure Archi. Il marche, il fonce, il fume. Le joint au bout de ses doigts dégringole sur le bitume, flanche dans une fumée nocive. Il aime ça Archi. Sentir l’odeur lui monter dans les narines, le goût envahir sa gorge et planer devant ses yeux. Le monde est moins froid, moins noir. Plus féroce, plus dangereux. Mais Archi, il en a rien à foutre. Parce qu’ici, à Palo Alto, il se sait invincible. Il se persuade que de toute façon, rien ne pourrait jamais lui arriver. Ses poings sont ses meilleurs amis, sa défense la plus alerte. Archi, il se sait craint. Et bordel, il aime ça le tatoué.

Au fond, il a tout pour lui. L’argent, une famille, une vie. Mais ce n’est pas assez. Ce n’est jamais assez. Il n’aime pas son nom. Ce qu’il lui apporte. Archi, il vit en pleine contradiction. Il est contradiction. Il survit pendant que d’autres vivent. Il ne sait pas ce qu’il veut. Sauf peut-être elle. Mais renoncerait-il à elles ? Voilà des jours que cette question le taraude. Ses derniers mots. Et Archi, il se doute qu’au final, elle a sans doute raison la petite. Archi, il est nocif. Il se tue à petit feu, entrainant les autres avec lui. Parce que c’est mieux, parce que ça fait du bien, parce que putain, c’est dérisoire.
Il fait nuit noire. Il ne sait pas trop où il se trouve. Au loin, une silhouette. Un homme. Un garçon. Il s’en fout, il s’approche. Il sent le regard de l’inconnu s’accrocher à son visage. Il ne le connaît pas. Lui non plus. Ou il serait déjà parti, traçant son chemin loin du jeune homme tatoué qui ne lâche pas son bâtonnet de drogue. Il n’a aucune raison de faire ça Archi, pourtant il le veut. C’est devenu une vitalité, une évidence. Se défaire d’une haine profonde ? D’une rancœur encrée ? Il cogne. Sur tout ce qui bouge. Il cogne. Et cette nuit ne fera pas exception.

Il se réveille en transe, la main autour du col d’un homme d’une vingtaine d’année, le poing fermé percutant la mâchoire de celui qui n’a jamais rien demandé. Et ça lui fait du bien. Il n’attend qu’une chose, qu’un jour quelqu’un réplique, qu’il se prenne une bonne grosse claque. Archi, il joue avec la mort. Et putain, qu’il aime ça. Il fonce tête baissée. Et il frappe. Encore et encore. Ça lui fait un pied fou. Il hurle. De rage, de haine, d’amour propre détruit. Incompréhensible. Au loin, il entend des talons claqués, une ville qui continue de vivre. Et lui, il frappe. Mais déjà il sent son poing s’engourdir. Dans un dernier élan, il lâche sa victime. Du haut, on pourrait croire qu’Archi, c’est rien d’autre qu’une ordure, qu’un putain de fils de merde, d’un drogué prêt à tout pour voler. Mais il ne fait que taper. Et l’inconnu s’en va.

Il sait bien qu’un jour, il se fera coffrer. Peut-être que ce jour là, elle viendra. Frottant sa main rouge de sang, Archi se retourne. Pour tomber nez à nez sur une jeune fille. Ses cheveux bruns lui tombent dessus, ses longues jambes perchées. Il la dévisage. Témoin d’une scène étrange, d’un mec violent. Il grince des dents. Il se dit qu’elle doit être un peu conne d’être ici. Près de lui. Sans un autre regard, il se remet à marcher, jetant son mégot à ses pieds.
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MessageSujet: Re: tu cherchais à revendre ton âme au diable (archi)   Jeu 25 Sep - 22:00

tu ne me fais pas peur
même si tu as une drôle d'odeur

ne t'approche pas de ces violences
je n'éprouve pas de sentiments
J'suis fatiguée.
Fatiguée de courir après tout ça, ces belles pensées. Fatiguée de courir après mes rêves. Courir après un garçon différent. Mes espoirs. Courir après Léo, l'fréro. Papa. Maman. Tout part en couille, ici.
Et puis, ça me fait penser à cette phrase que j'ai lu quelque part: « elle avait l'âge des amours non-partagés en guise de raison de vivre. Un oncle ou un voisin en qui elle avait confiance l'avait violée quand elle avait sept ans. Elle était adorable mais complètement déglinguée. Et elle était enceinte. »
C'était dans un bouquin, je sais plus. Mais je l'aime bien. Elle me colle assez, je trouve. Pourtant, j'ai jamais vécu de truc moche! Tu vois... C'est compliqué. J'me suis jamais faite violée. Ni tuée. (même si ça ça aurait été compliqué d'en reparler...) J'me drogue pas, ou juste un peu mais pas assez. Pas assez pour pas m'poser ce genre de question.
J'en sais rien. Je sais rien.
Alors je cours. J'vois qu'ça.
Courir.
Je fais que ça. Ça m'fatigue. Mais je peux pas m'arrêter. J'ai besoin de tracer. Tracer ma vie, croire qu'elle ne sera jamais finie.

Stop.
C'est en voyant ce con que j'me dis qu'elle devra bien s'arrêter (ma vie), un jour. Ou ma course.
Pardon, pas " ce con ". Ce pauvre gars, plutôt, excuse-moi. C'est vrai. Faut pas le traiter de con. C'est pas beau, ça plairait pas à maman. Et puis, c'est pas d'sa faute. Faudrait le prendre en pitié avec sa gueule de défoncé… Le visage écrabouillés, les yeux rentrés, le sang pour colorer.
Même que si on regarde bien… C'est joli. C'est très joli, en fait. C'est comme un tableau. C'est d'l'art.
Moi j'aime bien.
Y'a ce mélange de couleur, les teintes froides de la rue, de la nuit. Et les chaudes des réverbères qui reflètent sur les murs, de son hémoglobine, qui coule aussi. Tout se mélange. Je ne fais plus de distinctions entre ces poings qui cognent et ceux qui se débattent. Ils reviennent au même. Ça a créé plus qu'une seule et unique ombre.
Une ombre énorme, comme un monstre. Un truc bien gros qui pourrait m'bouffer. Et qui va certainement finir par m'bouffer. Ça devrait m'faire peur… moi, la femme-enfant. Effrayée de tout. Delle-même, et de la vie, surtout. Mais j'sais pas. Je reste là.
Je peux plus bouger, j'reste fixée. Y'a pas moyen que j'm'arrache.

Puis l'ombre se décroche de ma cornée, elle se casse en deux. Y'a un morceau qui tombe, et l'autre qui s'approche. Je sais plus quoi penser. Mes pupilles restent accrochés à cette ombre, qui fait qu'avancer.
Elle va me manger je suis sure.
IL. Il va me manger. Le monstre. Avec ses grands creux à la place des yeux, vidés par les excès. Et les miens fluorescents, qui l'éclairent. Il pourrait faire peur.
"tu m'fais pas peur", crie cette petite voix dans ma tête. Pour le faire fuir, me donner du courage, je crois.
Tu ne me fais pas peur. Vas-y, barre toi!
Mais les mots s'écorchent sur ma langue. Ils veulent pas. Comme toujours. Ils y restent. Il refusent. Ils refusent encore de sortir.
Pt'être parce que ce qu'ils voudraient vraiment dire, c'est...
Écorche moi.
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