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 rue delavérité (bass)

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MessageSujet: rue delavérité (bass)   Dim 14 Sep - 19:42

Ce soir, il est 21h moins quart. Il est un peu tard.
Ce soir il fait froid, je sens le vent contre ma peau et j'ai froid, je crois. J'ai ma veste sur le dos et j'ai mal aux pieds, parce que j'ai un peu trop marché depuis quelques heures.
J'ai le ventre qui gronde, je crois. On dirait que y'a un monstre à l'intérieur et qu'il pleurniche comme un enfant parce que j'ai oublié de manger.
Je suis pas rentré à la maison depuis la fin des cours, en fait. J'ai été à la bibliothèque, et puis au parc, et puis sur le terrain de soccer, et dans les rues.
Dans les rues, surtout celle-là, où je suis arrêté au coin depuis environ vingt minutes maintenant.
J'observe la rue et la pancarte qui indique son nom comme si c'était un truc vraiment, mais vraiment important. J'ai les sourcils froncés et j'ai un peu mal au front, en plus d'avoir terriblement froid - et faim - .
La rue, elle porte un nom étrange. C'est pas le nom d'un personnage historique, ou alors d'une personne, ou qu'importe. C'est le genre de nom qu'on fait qu'observer et qu'on a pas trop envie de lire, en fait. On parvient à le reconnaître en le voyant, mais pas une fois on a pris la peine de la lire à voix haute.
J'me demande si Bass, il le prononce à voix-haute, parfois.
Peut-être que je lui demanderais de le lire pour moi.
Si j'arrive à traverser cette rue, ouais. Parce que ça doit faire environ trente minutes que j'suis là.
Putain Miles, tu fais un peu pitié, mon gars. C'est qu'une rue, quoi.
Une rue où t'es incapable de mettre les pieds depuis quoi, 10 ans ?
J'trouve des sourcils et j'secoue la tête, enfouis mes mains dans mes poches, et puis avancer.
J'ai les jambes tellement tendues que, j'ai l'impression qu'elles sont toutes fixes, sans genoux. J'avance trop rapidement, on pourrait dire que j'cours, et je prends pas la peine de respirer, je crois.
Quand j'arrive devant chez Bass, j'ai le souffle un peu court et surtout, les joues bien rouges. Mes doigts tremblent tellement que, contre la sonnette, ça fait plein de ding dong.
J'écris une chanson à la sonnette, plein d'originalité.
Et puis j'attends. Encore rouge, encore le souffle coupé.
J'attends, là, sur la rue delavérité.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Mar 16 Sep - 19:16

Ce soir, Maman est pas là.
Elle est à l'hôpital pour des conneries.
Des trucs psycholomachins que disent les docteurs. Y a pleins de termes différents et moi j'en comprends jamais le sens.
C'est pour ça que je serais jamais docteur : je me souviens à peine du prénom du voisin.
Alors, des prénoms de maladie, c'est même pas la peine.
A la base, c'est pas vraiment une bonne nouvelle pourtant, avec Bouboule, ça doit faire une heure qu'on danse sur des clips.
J'ai qu'un slip superman et un t shirt éléphant sur le dos mais je m'en fiche. Je saute de fauteuil en fauteuil, de chaise en chaise, de petite table en tabouret.
Parce que le sol, c'est pas du carrelage mais de la lave. Et Bouboule, ce gros, il me regarde avec un air étrange. Il joue pas le jeu et fait des câlins au tapis.
Donc, pour ce soir, Bouboule c'est pas un chat. Non, c'est un dragon. Un peu comme dans le film (en plus, lui aussi il est noir).
Et dans notre petit monde imaginaire, la sonnerie vient tout casser. Au début je me dis que c'est pas grave, que les gens repasseront, qu'ils comprendront que maman va mal.
Maman elle passe les trois quart du temps à l'hôpital alors, c'est pas une petite semaine de plus qui va nous faire quelque chose. Sauf que, ça s'arrête pas et là, je me dis que ça doit vraiment être grave.
Peut-être que c'est l'hôpital, ou la voisine.
Ou je sais pas. Mais je me dis encore que ça doit être vraiment très très grave et pour le coup, je m'en fiche que la lave me brûle les chaussettes et les orteils.
Je m'en fous de devoir passer le reste de ma vie dans un fauteuil roulant.
(puis si ça se trouve, papa est de retour).
J'ouvre la porte, un peu comme si ma vie se trouvait là derrière et mon coeur rate un battement. J'hésite à la fermer, un instant mais je suis déjà en train de faire un pas en sa direction.
Miles, tout petit, tout gelé, dans la nuit.
Je l'ai pas revu depuis sa dernière crise et le voir là me tord le ventre.
Peut-être que s'il rentre dans la maison, son coeur va lâcher.
Ma voix tremble mais je me décale quand même un peu sur le côté. Cheveux décoiffés, musique trop forte et Bouboule les quatre pattes en l'air : c'est comme ça que je l'accueille.
Hey ... rentre, t'as l'air tout froid. Rentre, j'ai du chocolat chaud et des couvertures. (et mon coeur contre le tien, aussi).
Et pendant que je lui dis ça, mon amour déborde de partout.
De mes lèvres.
De mes yeux.
De mes mains.
Et même .... même de mes chaussettes.

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J’avais quelque chose de cassé à l’intérieur, je sentais ça dans mon ventre et je savais pas quoi faire. Alors je m’ai couché par terre. J’ai tendu le doigt avec lequel faut pas montrer et je l’ai appuyé contre ma tête. Et puis j’ai fait poum avec mon pouce et je m’ai tué.
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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Mar 16 Sep - 21:40

Je crois que j'ai vraiment, mais vraiment mal au ventre. Peut-être que j'ai mangé quelque chose qu'il fallait pas, ce midi. Ou alors, c'est la faim.
Ou alors, un peu des deux, peut-être, à la fois.
J'ai un vide et un trop plein en même temps, en moins. Quelque chose qui fait pas forcément plaisir mais qui met des papillons aussi.
Peut-être que je suis plein de papillons et que ce sont leur cocon qui sont vides en fait, en dedans de moi.
C'est possible.
Je sais aussi que j'ai froid. Mais vraiment très froid, et faim aussi.
Bon sang, qu'est-ce que je fous là ? Maman doit s’inquiéter, en plus. Elle doit pleurer dans son lit, être en boule et me demander, en disant Miles, Miles, Miles. Parce que c'est moi qui fais le repas, le soir.
J'entends sa voix d'ici, en dessous de la sonnette. J'entends sa voix et je me trouve un peu bête, vraiment méchant en fait, de lui faire ça.
Surtout que, moi, je devrais pas être ici. J'veux dire, j'ai fait une crise y'a même pas quelques jours, au point d'aller à l’hôpital, et maintenant j'suis là, devant le monstre de mes douleurs, devant les souvenirs qui sont pas là, dans ma tête.
Je suis là, devant la maison des horreurs, et j'ai le coeur qui joue au tremplin, dans ma poitrine.
Et puis, j'crois que je tremble pas à cause du froid, mais de la peur.
C'est con mais j'ai peur.
D'une maison. D'un salon. D'un souvenir.
D'un garçon.
Et mes lèvres se pincent, alors que j'observe Bass qui ouvre la porte. J'ai envie de dire désolé et de partir en courant.
De fuir hier, aujourd'hui et puis demain. De fuir très loin.
Je bouge pas, pourtant. Je bouge pas et je pince mes lèvres, et je l'observe. J'ai le coeur qui vomit partout dans mon corps, dans mes veines surtout, et c'est comme ça que je fonctionne. « Hey ... rentre, t'as l'air tout froid. Rentre, j'ai du chocolat chaud et des couvertures. » Je sais pas pourquoi mais ses mots, ils me font du bien, ils me font sourire même, un peu. Alors que j'aime même pas le chocolat chaud.
Mais je souris et puis j'avance, dans la maison. J'ai envie d'observer partout mais j'ai peur, j'ai peur, alors je garde mes yeux contre Bass et je le quitte pas du regard.
C'est étrange de savoir que mes crises, elles viennent de lui et pourtant ici, c'est mon point de repère.
Bass, c'est mon point de repère. C'est bizarre à dire mais j'crois que ça a toujours été le cas, mais si j'ai du mal avec lui, parfois.
C'est mon point de repère.
Ça l'a toujours été et c'est peut-être pour ça, certainement pour ça, que malgré les jours passés, les révélations, j'suis incapable de le détester.
J'ai essayé pourtant, fort.
Mais je peux pas.
Mes yeux sont encore là, au fond des siens, alors que je passe ma langue contre mes lèvres. J'ai encore le corps qui tremble mais il fait pas froid. J'ai le coeur à grand galop et pourtant, c'est qu'une maison. C'est ce que je répète, en tous cas. C'est qu'une maison, Miles.
Je fronce un peu des sourcils pour avoir moins peur alors que j'observe Bass. J'ai envie de lui dire plein de choses mais je sais pas quoi dire, en fait. « J'aime pas le chocolat chaud. » Je baisse un peu les yeux comme si c'était un truc affreux. Mes mains jouent l'une contre l'autre et j'ai l'impression que je vais m'arracher les ongles.
J'fais con, et pas qu'un peu. Mes sourcils se froncent un peu plus. « Mais j'aime bien les couvertures. 'fin, ouais, j'aime bien. Et toi aussi » Les derniers mots sont tous bas et je lève les yeux vers lui. En même temps, je vois le salon qui le fixe et qui ricane, je vois un peu d'images dans ma tête et j'ai les yeux qui se remplissent d'eau.
Et j'ai les yeux qui s'accrochent à ceux de Bass, pour garder un point de repère, ici, en enfer.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Jeu 18 Sep - 15:26

Je m'attendais pas à le voir débarquer ici.
En fait, en dehors de Maman et moi, plus personne ne vient jamais ici. Les autres, ils disent, comme ça, qu'ils ont pas besoin d'entendre parler une folle à longueur de temps. Que leurs soucis, c'est déjà beaucoup à supporter.
Alors, nous, on dit rien. On laisse les gens nous mettre de côté et se moquer des deux idiots du village.
J'aimerais leur dire que c'est à cause d'eux si Maman va si mal mais ils me croiraient pas. Je préfère me taire à entendre leurs paroles de grandes personnes. Après, j'ai toujours l'impression d'être complètement débile.
Mon regard se pose sur Miles alors que, dans mon dos, je croise mes doigts. Je prie pour que Dieu l'empêche de s'en aller. Et même Bouboule se ramène pour l'événement. Même lui, il en croit pas ses yeux.
Tu m'étonnes.
Je me recule d'un pas et lui souris.
« J'aime pas le chocolat chaud. »
Ma gorge se noue et j'hésite pas à lui dire, d'une voix complètement paniquée et hors de contrôle.
« Mais c'est pas grave, j'ai du thé, ou même du café ! puis s'il le faut, on fera chauffer du coca-cola. » Mais là, je commence à lui dire n'importe quoi alors je préfère me taire et baisser un peu la tête.
Je vais le faire fuir, voilà tout ce que je vais gagner.
Bravo Bass, bravo.
« Mais j'aime bien les couvertures. 'fin, ouais, j'aime bien. Et toi aussi »
Sa voix porte une sorte de tristesse qui vient me toucher au plus profond du coeur. Je sais pourquoi elle est là. Je sais tout. Parce que moi aussi, quand je regarde un peu trop ma maison, je vois les images de Papa et de Miles.
Je me remémore ma jalousie enfantine et mon amour perdu.
Ses yeux sont noyés par les larmes mais moi, j'ai rien pour le sortir de là. J'ai pas de bouée de sauvetage spéciale âme-brisée. Faudrait que des médecins ou des génies pensent à en inventer. Ca aiderait beaucoup de monde. Moi, le premier.
Et puis ma Maman.
Et surtout Miles.
Tout le monde en aurait besoin, au moins une fois dans sa vie.
Je ferme la porte derrière nous et la chanson Lili d'Aaron résonne dans le salon.
Mon souffle se coupe alors que j'attrape la main de Miles pour l'emmener avec moi sur le canapé.
J'hésite pas à le pousser légèrement pour l'obliger à s'asseoir et le couvrir de mes couvertures.
« ça va mieux comme ça, non ? » Je lui souris, idiot, comme si sa dernière crise n'avait jamais eu lieu. « Tu ressembles à Bouboule quand il était petit. »
J'hésite une seconde avant de m'asseoir à côté de lui. Ma main cherche à nouveau la sienne, un peu comme par réflexe.
Et comme dirait Aaron, moi aussi je serais ton guide, Miles. Même si ma boussole est un peu conne et mal orientée.
Je suis sûr qu'on arrivera bien quelque part à tous les deux.
Enfin, j'espère.
Parce que je crois que ça me détruirait.

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J’avais quelque chose de cassé à l’intérieur, je sentais ça dans mon ventre et je savais pas quoi faire. Alors je m’ai couché par terre. J’ai tendu le doigt avec lequel faut pas montrer et je l’ai appuyé contre ma tête. Et puis j’ai fait poum avec mon pouce et je m’ai tué.
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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Jeu 18 Sep - 21:39

Y'a comme une tâche au lieu du salon.
Une tâche ou alors, une fausse note.
Et elle s'appelle Miles.
J'ai l'air un peu con, là. Avec mes yeux plein d'eau et mes souvenirs qui sont flous, du coup. J'ai mal à ma peau et j'ai le coeur qui se presse si fort qu'il va disparaître.
Un peu comme les poissons qui vivent profond, bien profond dans l'eau et, quand on les sort, ils implosent.
Pouf. Plus rien.
J'aimerais bien que les souvenirs ils implosent aussi comme ça, comme ma peine, comme mes peurs, et puis les crises d'angoisse aussi, pourquoi pas.
J'aimerais avoir beaucoup de choses mais j'ai pas de génie et de toute manière, même si j'en avais un, je crois que je le supporterais pas. J'ai toujours détesté celui dans aladdin.
Et de toute manière, j'ai Bass. C'est mieux qu'un génie, à mes yeux.
C'est Bass, même si y'a des trucs pas bien qui se collent à lui.
Des mauvais souvenirs souvenir qui commencent à apparaître et qui me font peur.
Je détourne pas les yeux de lui. Je dois avoir l'air bien stupide à le fixer comme ça, noyer dans mes propres yeux, avec mes sourcils froncés et mes doigts serrés les uns contre les autres. J'dois avoir l'air de faire une prière dans le vide mais je suis même pas catholique et de toute manière, les prières en enfer, je crois pas que ça fonctionne.
J'ose pas détourner les yeux ; j'ai peur que le démon il se fasse voir.
Mon souffle, il se calme un peu quand Bass il prend mes doigts. J'ai beau tenir mes doigts fort fort, très fort même, les uns contre les autres, que je le laisse faire et que je le suis, sans un mot. Le coeur se calme un peu même s'il bat vraiment très fort, comme un tambour, mais ça va, ça fait pas si mal, ça. On pourrait presque dire que c'est apaisant.
Je dois avoir l'air un peu bête, surtout pas là, parce que je me laisse faire sagement alors qu'il me met sur le canapé et qu'ils me couvrent.
J'en viens à réaliser qu'ils sentent comme lui et je sais pas si c'est étrange ou non. Parce que Bass, j'ai jamais cru savoir comment il pouvait sentir, en fait. Et pourtant là, je sais qu'il sent comme ça.
Bass, il sent comme ses couvertures et mon coeur se calme un peu, mais il bat quand même fort, juste pour se faire voir.
Mon coeur, il a envie que Bass le voit. « ça va mieux comme ça, non ? » J'ai les sourcils froncés et j'hoche de la tête, sagement. Mes yeux le quittent toujours pas. Le monstre il est partout sauf dans les yeux de Bass. « Tu ressembles à Bouboule quand il était petit. » Mes sourcils se froncent un peu plus et je fixe le chat.
Mon coeur s'affole un instant mais Bass, il prend de nouveau mes doigts et moi, j'me dis que bah, le chat il est bien, aussi. Le monstre il est partout sauf dans les yeux de Bass et ceux de son chat.
Je soupire un peu pour vider le trop plein de nerf. Mon corps, il s'affaisse un peu contre celui de Bass, même.
Ça fait
Épaule contre épaule
Côtes contre côtes
Doigts contre doigts.
On va finir siamois.
Mes yeux se posent contre nos doigts et j'souris un peu, parce que mine de rien, j'ai mal au coeur, je crois que j'ai un noeud immense à la gorge, que j'ai vraiment faim et froid aussi, mais surtout que je suis bien. J'avale un peu lentement et je lève les yeux vers Bass.
Il est beau. ( et surtout, en caleçon ) J'ose pas réellement regarder en bas donc je me contente de son nombril qui sourit.
C'est con mais il me rassure, son nombril. « Raconte-moi. » Je pince mes lèvres et lève les yeux vers lui. L'eau est parti un peu, je crois. J'ai la gorge serrée. Je serre un peu ses doigts. « J'crois que j'ai besoin de savoir, Bass. » Parce que ça va un peu mieux, pas bien, mais mieux, depuis que j'sais que y'a eu un truc. Alors si je sais, si je me souviens de tout, peut-être que je pourrais totalement guérir et toucher Bass.
Parce que, Bass, il est aussi innocent que moi, non ? Bass, c'est une victime aussi, je crois.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Mar 23 Sep - 17:42

Je sais qu'il est pas là pour moi ce soir, Miles.
Non, il est là pour mon papa et le passé commun qu'il nous a offert.
Ca l'a complètement brisé et moi, je sais pas comment réagir face à cette histoire. J'en ai jamais parlé à personne, même pas à Maman. Parce que je sais que si je lui avais dit, elle aurait piqué une crise et aurait blessé Papa.
Mais Papa, je l'aime encore, parfois, même s'il m'a abandonné et que j'ai plus trop le coeur à ça.
J'ai l'impression de me noyer dans mes propres pensées tellement qu'elles s'entrechoquent dans ma tête. Ca fait des vagues, ça part dans tous les sens, c'est désordonné, un peu comme mes classeurs.
« Raconte-moi. »
Je baisse les yeux parce que je sais pas par où commencer et que j'ai honte.
On aurait du faire ça plus tôt. Fallait pas que je joue au plus con et que j'éclipse son mal être. Maintenant, on est comme deux idiots à la recherche d'une paix qui n'arrivera jamais.
C'est trop tard.
Ça relève même plus de l'aide entre copains. Je crois qu'il nous faudrait une vraie thérapie, avec des docteurs et même quelques policiers. J'ai lu sur internet que ça relevait de la justice mais je serais pas capable de laisser mon père en prison.
On peut pas le punir parce qu'il m'aimait.
C'est trop cruel.
J'étais son ange, il me le disait toujours quand j'étais petit, certainement parce que j'étais blond et pâle comme la lune. C'est pour ça que je me décolore les cheveux maintenant ; j'attends désespérément qu'il revienne pour me dire qu'il aime. Mais au fond de moi, je sais que ça arrivera pas.
J'ai l'impression que tous mes rêves sont avortés et ça me rend malade.
« J'crois que j'ai besoin de savoir, Bass. »
Il a besoin de savoir. Moi, jusqu'ici, je gardais mes souvenirs secrets par pure jalousie mais je crois qu'à l'heure actuelle, c'est devenu vital.
Ma gorge me fait mal, j'ai le trac. Et puis mes mains moites font n'importent quoi. Elles remuent et tremblent comme des feuilles mortes.
« comme je te l'ai dit la dernière fois, t'aimais bien venir jouer chez moi. On s'entendait bien et moi aussi, j'aimais te voir dans ma maison. T'étais un peu comme un frère. » On tombe pas amoureux de son frère, Bass, tu t'enfonces. « Barnabas était avec ta maman, en premier. Ensuite, il est venu chez moi et il a plus voulu en partir. Pourtant, c'était pas de ma mère qu'il était amoureux. C'était de moi. J'avais sept ans et demi et j'étais son amant. » Je baisse les yeux parce que j'ai honte. Honte d'avoir trompé ma mère. « Au début, on était que tous les deux puis j'sais pas ... il en a eu marre. Il voulait d'autres garçons. Alors, comme toi tu venais souvent, on t'a pris par facilité. Il a commencé à te regarder dans le salon. Puis, il a attrapé nos mains et on est allé dans ma chambre. Je t'y conduis pas parce que c'est pas très bien rangé mais ... » Plus je parle et plus mon coeur se serre, non pas pour Miles mais pour Barnabas. Le manque qu'il a pu laisser est si atroce que j'ai du mal à le combler. « Il nous a allongé dans mon lit puis tu sais ... tu sais la suite, non ? » Ou alors, j'ai peut-être pas envie d'en parler, par pure jalousie. Pourtant, je continue. « Il a commencé par me toucher pour pas t'effrayer puis il a continué avec toi. Je savais qu'il s'arrêterait pas là lorsqu'il s'est déshabillé à son tour. Tu ... mince. On lui a taillé une pipe et à un moment, il s'est moqué de toi parce que t'avais du mal à lui en faire une. La suite est pire, Miles. Je sais pas si je vais avoir le courage de te la dire. Parce que depuis ce jour, si toi tu fais des crises de panique, moi je parviens plus à faire un seul mouvement sans penser à tout ça. Tu comprends ? Il me hante. Et puis toi aussi tu me hantes. Je suis plus rien depuis qu'il est plus là. J'aimerais ne pas m'en souvenir moi aussi, parfois. Je te jure.»
C'est un peu comme si les mots étaient en train de m'aspirer dans une autre dimension et que Barnabas était juste là, en face de nous.
Que tout allait recommencer, pour la seconde fois.
C'est terrifiant.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Mer 24 Sep - 14:28

Ça fait Baam.
Baam. Boom.
Mais surtout BOOM.
C'est comme se recevoir une droite à la fronche mais avoir le col du t-shirt entre les doigts du mec ; t'as beau être fini, K.O. t'es incapable de le dire. Tu te prends les coups suivants, c'est tout.
J'crois que j'suis pas bien.
Putain Miles, t'es con.
Évidemment que j'suis pas bien. Mes doigts tremblent comme si c'était la fin du monde à l'intérieur de moi et mon coeur dégueule tellement rapidement des flux de sang que les globules vont rater un tournant et fracasser mes veines, ma peau, mon corps, pour s'enfuir loin, très loin.
J'ai fait un mauvais choix. J'ai la gorge serrée comme une merde et un océan de folie à l'intérieur de moi. C'est comme l'amour qui danse avec la mort qui danse avec la colère et la peur, et les nerfs, et la folie, et tout. TOUT. TOUT.
J'suis perdu au fond de mes sentiments et là, tout c'que j'ai pour garder les pieds sur terre, c'est Bass. J'serre ses doigts un peu forts peut-être et j'le fixe sans réellement le voir.
J'entends ses mots sans réellement les entendre, ils claquent contre mes oreilles et y entrent avec des machettes. Ils massacrent tout, ses mots, et essaient même de construire des images dans ma tête. Ils démolissent une porte qui est là depuis des années et ils essaient de sortir des souvenirs de force.
Et les souvenirs, ils disent "non, non, pitié." Mais les paroles elles rient et elles secouent leur tête, elles rient encore plus fort et elles les balancent là, au milieu de ma tête.
J'ferme les yeux brusquement parce que j'ai pas envie de les voir, j'ai pas envie de les entendre, de sentir, de me souvenir.
Il avait un souffle à la menthe et il détestait la fraise. Il détestait le gâteau à la fraise de maman. (Je déteste la menthe, j'adore la fraise )
Je dois serrer les doigts de Bass aussi fort que je ferme les yeux. Parce que, quand on serre fort, bien fort, même les images dans la tête elles disparaissent.
Mais là, elles sont encore là.
Et les toucher contre ma peau aussi, évidemment.
J'ai pas besoin de la suite des mots pour savoir.
Barnabas, il a fait l'amour. Il nous a fait l'amour. Il m'a fait l'amour.
J'entends sa voix à mon oreille qui le murmure et je sens le fantôme de la douleur, contre ma peau.
Il m'a fait l'amour qu'il disait mais moi, je me dis qu'il m'a fait la mort.
Il m'a fait la mort.
J'me souviens de ses traits à la perfection et ça, même les yeux fermés comme ça. Alors j'me lève brusquement. J'me lève brusquement et je lâche les doigts de Bass, je lâche mon point de repère, ma boussole, tout.
J'ai les jambes tellement raides que j'échoue un peu contre la table basse et je m'y cogne les genoux, mes mains s'accrochant à ce qu'elles peuvent. J'ai mal contre les paumes quand elles prennent appui et écrasent quelques trucs là, contre la table. « Merde. » J'ris mais je ris pas, je me lève mais j'y parviens pas. Alors je reste là, un peu lamentable, appuyé contre la table.
Ma tête se balance par dessus mon épaule et je fixe Bass mais je le vois pas. Y'a comme des larmes dans mes yeux mais c'est pas de la colère, pas de la tristesse. J'crois que c'est juste des vieilles larmes qui essaient de sortir après tout ce temps. Elles viennent de trouver la sortie. « tu l'aimes ? » J'ai le coeur qui lève juste à y penser et je tourne mon visage vers la table. Mes jambes tremblent trop alors mes genoux se posent contre le sol, le tapi, et le reste de mon corps suit.
J'ai le souffle coupé et pourtant, j'parviens à hurler. « tu l'aimes ?! » Ma voix claque tellement fort que j'entends bouboule qui fuit, parce qu'il est lourd et qu'il a une petit cloche, là, autour du cou. J'ris encore et j'pose ma tête contre la table de basse. J'ai les jambes étendues sur le côté et si peu d'espace pour me poser que ça fait mais
mais
pas autant qu'en dedans.
Les mots ils ont tout massacrés, tout cassés, et même la lumière elle fonctionne plus dans ma tête, j'ai plus les idées claires. Sauf une.
Sauf celle-là. « Il nous a fait... il a fait ÇA et toi tu l'AIMES ? » Ma voix finit dans les aigus et j'ai si mal que je sais pas. Comment Bass il peut aimer quelqu'un qui nous a fait ça ? Comment Bass il peut aimer quelqu'un qui m'a fait ça ?
Comment il peut
m'aimer
après ça
?

Les larmes coulent encore et moi je suis là, je suis brisé, trop cassé et trop de choses à la fois. J'ai envie de courir mais mon corps, il m'obéira pas. Je suis plus rien. Qu'un tas de rien parce qu'il y a quelque année un homme a essayé de me faire l'amour mais pour moi c'était la mort.
Et dans ma tête, j'en viens à penser que si Bass il m'aime, c'est juste parce que j'étais là.
C'est juste parce que j'étais là quand il a fait ça.
Qu'il a fait ça et que Bass quand il m'observe, ça lui fait penser à ça mais surtout à LUI.
Et donc que Miles pour Bass, ça veut dire Barnabas.
Mon cauchemar c'est son rêve et dans mes yeux apeurés il doit l'homme qu'il aime, mes pires rêves sont les meilleurs des siens.
Et moi je suis là. Je suis là contre le sol, un peu comme un pantin cassé.
Je suis là cassé et brusquement, brusquement, j'ai besoin d'évacuer.
Alors l'estomac, même vide, il se retrouve tout là contre le sol.
Mais c'est de la bile, de la bile et rien d'autre, même pas d'images, même pas de souvenirs.
Parce que le pire, il reste là, en dedans.
Et moi j'suis qu'un con qui pleure un amour qui est peut-être même pas vrai.
Bass il m'observe moi mais il le voit lui.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Ven 26 Sep - 9:43

Je le regarde et je m'en rends compte que j'ai rien fait comme il fallait.
Si je me suis attaché à lui, c'est certainement à cause de Barnabas. J'ai vu en lui le reflet d'une chose que j'ai aimé du plus profond de mon être. C'était rassurant et presque joli.
Mais là, ça n'a plus rien de joli ni même de rassurant parce que l'absence de Papa est plus forte et profonde que jamais. Jusqu'ici, j'avais encore l'impression d'avoir son âme contre la mienne. Une sorte de possession de l'amour, un truc que je pensais normal. Mais là, c'est terminé, y a plus rien. C'est mort, c'est laid, c'est vague et trop léger. Le corps de Miles s'éloigne et je sais qu'on est en train de courir à la catastrophe. J'avale difficilement ma salive alors que je le vois s'échouer comme un avion.
Ca fait du bruit et ses organes doivent remuer dans tous les sens, là-dedans. Je peux presque entendre son coeur me hurler des choses horribles du genre :
ASSASSIN,
TARÉ,
PSYCHOPATHE,
CRÈVE.
Pourtant, j'ai pas les larmes aux yeux, je joue au mec fort parce que je sais que plus rien est à changer ou à refaire. On est marqué à vie. On a cette putain de cicatrice commune qui nous suivra jusqu'à la fin de nos jours.
« tu l'aimes ? »
Je réponds pas, fautif. Mes mots se font la malle et Bouboule quitte le salon. Tous les objets semblent nous regarder et c'est étrange. Si je bouge un peu trop j'suis certain qu'ils me sauteront dessus.
« tu l'aimes ?! »
J'sursaute à sa question hurlée et relie mes mains entre mes jambes. J'emmêle tellement mes doigts que je me fais mal tout seul, comme un grand garçon que j'ai jamais voulu être. Là, je me prends dix ans en quelques minutes seulement.
« Il nous a fait... il a fait ÇA et toi tu l'AIMES ? »
Les reproches de Miles, je les déteste. Lui, je l'aime vraiment, jusqu'à la fin de ma vie mais ses reproches, je n'en ai rien à faire. Il ne sait pas la douleur que j'ai et avec quelle intensité, ça me fout à l'envers. J'ai l'impression de ressentir les mauvais sentiments au mauvais moment. Je devrais avoir de la compassion et de la tristesse mais c'est la colère qui se pointe, accompagnée d'une rage intarissable.
Tu peux pas me reprocher ça, voilà ce qu'elle hurle. TU PEUX PAS.
Je me redresse mais moi aussi je manque de me casser la figure. J'ai envie de faire comme lui mais ça reviendrait à dire que j'accepte mon sort et pour une fois, c'est pas le cas. J'en ai marre qu'on me marche sur les pieds et qu'on me dise quoi faire. Je suis pas un pantin. J'en ai marre qu'on m'aime parce que je fais jamais de la peine à personne. Que je me saigne pour faire plaisir à ceux que j'aime. L'amour, ça va pas que dans un sens. Et je parle pas que pour Miles. Ma mère, elle est pas mieux, en dix ans elle a jamais essayé de capter ce qu'il avait pu se passer avec Barnabas. Trop occupé à convoiter son malheur, elle en a oublié son fils. Aujourd'hui encore il m'arrive de pisser au lit. PUTAIN ON PISSE PAS AU LIT A DIX-HUIT ANS.
Petit je baignais dans mes draps dégueulasses parce qu'il lui fallait toujours une semaine pour se décider à les changer.
S'il lui fallait une semaine pour laver des draps, imaginez un peu le temps qu'il lui faudra pour commencer à s'occuper de moi.
C'est ridicule. Et je regarde Miles avec un air étrange. Un air que j'ai jamais eu les couilles de lui offrir jusqu'ici.
« Tu me parles pas comme ça. » Je suis pas ton chien, mais ça je me retiens de lui dire.
« Arrête parce que tu sais pas ce que c'est. C'est le seul sur cette foutue planète, non qu'est-ce que je dis : DANS CE FOUTU UNIVERS. C'est le seul qui a jamais eu honte de me dire qu'il m'aimait et que j'étais formidable. C'est le seul qui se souciait de moi quand j'étais malade. Il pouvait passer ses journées à me tenir la main en me racontant des histoires bidons. C'est peut-être pas grand chose pour toi mais depuis qu'il est plus là, plus personne est là pour savoir si je vais bien ou mal. Tout le monde s'en fout. J'aurais pu sauter au fond du lac que personne s'en serait rendu compte. »
Je marque une pause parce que c'est la première fois de ma vie que je parle autant, que je déballe autant ce que j'ai sur le coeur. J'ai des années de maux qui nagent dans mon bide.
« Tout le monde pense que je suis un débile profond mais c'est la seule chose que j'ai trouvé pour avoir un tout petit l'attention des autres. Sans ça, je suis transparent, je suis rien, je vaux rien. Je suis du vent. Et encore, le vent, on se rend compte qu'il est là quand il emmêle nos cheveux. »
Je reste planté devant Miles, les bras bien droit et crispés le long de mon corps. Au bout de ça, y a mes petits poings serrés dans le vide et mon slip tout mouillé.
Un liquide jaune qui coule entre mes jambes. C'est pas joli mais c'est ça, la triste réalité.
C'est ça ...

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J’avais quelque chose de cassé à l’intérieur, je sentais ça dans mon ventre et je savais pas quoi faire. Alors je m’ai couché par terre. J’ai tendu le doigt avec lequel faut pas montrer et je l’ai appuyé contre ma tête. Et puis j’ai fait poum avec mon pouce et je m’ai tué.
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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Ven 26 Sep - 14:55

J'ai jamais connu ça, je crois.
J'ai jamais connu ça.
C'est pas une crise de panique, encore moins une crise d'angoisse. J'ai beau pleurer, je sais que c'est pas à cause de la douleur, en tous cas pas cette douleur là. J'ai mal en dedans mais
mais ça vient pas de là, non.
J'ai mal en dedans et j'ai le coeur qui craque, un peu trop lentement. On dirait qu'il déchire plus qu'autre chose et que mon être tout entier se déchire tout en deux.
C'est pas agréable et mes jambes tremblent, mon coeur cogne et mes pensées hurlent.
J'ai envie d'hurler encore, d'hurler des heures mais là, ça m'a rien apporté.
J'suis juste un pauvre type là contre le sol qui a un peu le coeur briser sans savoir c'était quoi aimer et qui chiale comme un pauvre môme.
Et j'fais plus que pathétique.
Mes yeux s'tournent vers Bass et ça me donne envie de vomir. Il m'observe comme si je venais de détruire son monde.
Il comprend pas ? Il comprend pas. J'ai besoin de lui.
J'ai toujours eu besoin de lui. C'est juste que je peux pas, que le corps veut pas, même si je veux, fort.
Et surtout, je sais pas comment faire.
Je suis pas stupide, tout le monde sait que Bass, il fait des trucs avec les hommes plus vieux. Je l'ai même vu parfois avec le professeur de mathématique et j'ai fermé les yeux bien forts pour essayer d'oublier comment il lui touchait le bras.
J'ai quitté le couloir en courant pour aller dans les toilettes et faire ma crise, seul, comme un grand.
Parce que si je suis incapable de toucher les gens, Bass, lui, il en a de besoin.
On a réagi à l'opposé, j'ai même pas besoin d'y penser pour le comprendre, ça.
Je dois être le seul type de mon âge qui a jamais regardé de porno et qui sait même pas faire des bébés.
J'fixe Bass et je vois un truc que j'aime pas, ça me perce de bord en bord et j'entends mon coeur qui saigne, qui dégoute une larme à la fois, contre le sol. Ou alors, c'est moi qui chiale comme une merde, à l'observer. « Tu me parles pas comme ça. »
J'détourne les yeux aussitôt et j'serre mes doigts contre le tapis, au sol.
J'pourrais regarder son nombril qu'il serait pas en train de me sourire, non, il me ferait la grimace. Ça serait la première fois. « Arrête parce que tu sais pas ce que c'est. C'est le seul sur cette foutue planète, non qu'est-ce que je dis : DANS CE FOUTU UNIVERS. C'est le seul qui a jamais eu honte de me dire qu'il m'aimait et que j'étais formidable. C'est le seul qui se souciait de moi quand j'étais malade. Il pouvait passer ses journées à me tenir la main en me racontant des histoires bidons. C'est peut-être pas grand chose pour toi mais depuis qu'il est plus là, plus personne est là pour savoir si je vais bien ou mal. Tout le monde s'en fout. J'aurais pu sauter au fond du lac que personne s'en serait rendu compte. » Mes yeux restent contre le sol et mes doigts hurlent la douleur de mon coeur. Je crois que si je serre plus fort, je vais pêter un câble et surtout, mes jointures.
Ses mots, ils font mal.
Parce que Bass, il les pense vraiment.
Parce que nulle part, je suis là dans l'addition. Miles est pas là.
Dans ma condition, j'ai jamais été capable d'être là.
Pourtant,... pourtant, j'ai fait mon possible. J'croyais être là.
Bass, t'as jamais vu mes yeux posés sur toi ? T'as jamais entendu mes cris quand les gens, ils se moquaient de toi ? « Tout le monde pense que je suis un débile profond mais c'est la seule chose que j'ai trouvé pour avoir un tout petit l'attention des autres. Sans ça, je suis transparent, je suis rien, je vaux rien. Je suis du vent. Et encore, le vent, on se rend compte qu'il est là quand il emmêle nos cheveux. »  Il se passe quelque seconde avant que j'trouve la force de l'observer. Ça fait mal l'entendre dire ça.
Parce que Bass, il est pas rien.
Bass, c'est un peu mon tout. Mon phare. Mon point de repère.
Sans lui, je serais encore au moins de départ. Perdu dans le noir.
L'observer m'arrache un sanglot parce que Bass, j'ai l'impression de le voir tout petit, face à moi.
Il a mouillé son slip et son nombril il sourit plus du tout, et ça me brise le coeur. J'pince mes lèvres à me les faire saigner, avant de cligner des yeux et de les détourner. « Bass... » Ma gorge est serrée par les pleures mais j'ai pas envie de pleurer.
J'crois que Bass, il a besoin que je sois là, que je parle pour une fois.
Même si je suis pas doué avec les mots, même si je suis pire que lamentable. J'ai beau lui avoir déjà dit je t'aime qu'il doit pas réellement y croire. Il doit penser que c'était une plaisanterie ou je sais pas.
Alors, je dois lui dire. Je dois lui dire.
Mes doigts lâchent un peu le tapis et mes sourcils froncés se tournent vers lui. « Tu vaux pas rien. T'es pas du vent. » J'essaie de bouger un peu mais mes jambes tremblent et mon coeur se crispe et mon souffle se coupe. Je fais quand même la guerre à mon coeur, à mon corps. De toute manière c'est ce que je fais depuis que les crises sont là. Je me fais la guerre pour rester en compagnie de Bass, même si c'est pas bon pour moi. J'accepte pas un non, pour ça. J'ai besoin d'être à ses côtés. Même si ça me brise. Alors, je parviens à me redresser. « T'  -  t'es mon soleil, merde. T'es mon putain d'univers. » Je m'approche d'un pas plus tombant que marchant et j'pose mes mains contre ses épaules. J'ai les épaules voûtées et les pas loin des siens, mais je le tiens fort, je l'observe dans les yeux. « Bass, je t'aime. Tu crois quoi, Bass ? Que je dis de la merde ? Que je t'ai gardé près de moi juste pour t'observer et m'amuser ? Bass, j'aime même pas rire. Alors pourquoi j'aimerais rire de toi ? Bass, mon coeur il a fait la guerre, mon corps aussi. Et pourtant j'suis là. Je suis là, Bass. » Mes doigts se serrent, contre sa peau. « Je sais pas toucher, Bass. » Je grimace, mes yeux se lèvent au ciel, à cause de la colère. « Je sais pas toucher. J'aime pas toucher. J'arrive même pas à me toucher. À cause de lui, à cause de ça. J'aime pas te voir, c'est dans ma tête. Mais je t'aime toi. Je t'aime toi, tu comprends ? J'en ai rien à faire, de ça. J'en ai rien à faire, des chocs. Tu l'as pas compris, après tout ce temps ? T'as pas vu que j'étais encore là, après tout ce temps ? Malgré les crises. T'imagines le nombre que j'ai fait, à cause de toi ? Y'a mon corps qui hurle non et ma tête qui fait mal et mon coeur qui hurle oui. T'as pas compris que je t'aime fort au point d'essayer d'me reconstruire et d'me guérir pour être avec toi ? » Mes lèvres se pincent et je me lâche des doigts, lentement. J'ai pas envie de lui faire mal. « Ma maladie c'est pas toi, c'est lui. Toi, t'es - t'es mon remède, Bass. » Je l'avais jamais vu comme ça mais c'est clair, maintenant.
Bass, il me sauve la vie.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Dim 5 Oct - 17:18

Comment je vais faire s'il se fâche et qu'il revient pas ?
Comment je vais faire si une fois le blocage passé, il partira découvrir d'autres garçons ?
Y a tout un tas de questions qui m'assomme et j'ai l'impression d'avoir bu tout le début de la soirée pourtant, moi, j'ai jamais vraiment vu. J'ai du le faire une fois mais c'était à un repas de famille, un fond de blanquette. Ca compte même pas.
Mon regard tombe par terre, sur cette auréole qui naît sous mes pieds et remonte le long de mes jambes. Maman risque de péter une case mais c'est sans importance parce que depuis que j'ai parlé à Miles, j'ai l'impression de ressentir une nouvelle douleur.
Moins forte qu'avant mais plus difficile à supporter. Mes mains se détendent et se posent sur mon ventre qui gronde. Il est si douloureux que c'est comme avoir de l'acide fermenté dans le bide. Je ne tremble même plus parce que je n'ai plus rien pour me faire vibrer.
Je lui ai tout dit, tout déballé.
Maintenant, je me sens comme une coquille vide à qui on a enlevé tous les sentiments. Je ne peux plus que ressentir de la souffrance.
« T'  -  t'es mon soleil, merde. T'es mon putain d'univers. »
Je le regarde pas, même s'il s'approche et que je le sens sincère. J'ai pas envie de me couvrir encore plus de ridicule. En plus, je sens toutes les toxines de mon corps remonter à la surface, elles se coincent dans ma gorge et demandent qu'à sortir au fond des toilettes. Ca empêche pas Miles de continuer son discours mais à un moment, je décroche. Mes yeux restent posés sur la table basse où il s'est cogné un peu plus tôt. Je dois avoir l'air d'un pantin, là, comme ça, à peine capable de respirer. Je bas des cils mais ça veut rien dire, c'est qu'un automatisme dont on a pas encore trouvé le bouton arrêt.
« Ma maladie c'est pas toi, c'est lui. Toi, t'es - t'es mon remède, Bass. »
J'ai envie de rire mais tout reste coincé au fond de mon âme. Y a rien qui se passe, en extérieur, aucun son, aucun mouvement. Que dalle.
La preuve, je trouve même pas le courage de le regarder dans les yeux. J'ai envie de lui poser quelques questions mais si je continue comme ça, on risque pas d'aller bien loin, tous les deux.
Mais moi,
je suis certain d'une chose.
Je peux pas être son remède.
Moi-même je suis en train de me tuer, de m'exterminer, de me foutre en cendres pour que plus personne n'entende parler de Bass.
T'imagines un peu ce qu'il se passe tout au fond de moi ?
T'IMAGINES ?
Non, parce que moi aussi, j'imagine pas. J'imagine pas qu'on puisse vouloir se flinguer quand on a Miles amoureux à deux doigts de vous décrocher la lune.
Et puis je pue l'urine et ça représente plutôt bien toutes les crasses qui peuvent me tomber sur la tête à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. C'est surréaliste. Une mauvaise caméra cachée, je sais pas. Si Bouboule est pas dans les parages c'est que les choses doivent être sérieuses. Il aime pas quand les choses tournent mal, ça lui rappelle notre rencontre foireuse.
Ses doigts contre mes épaules m'obligent à me ressaisir, à pas en fait qu'à ma tête même si ça me démange.
« j'en ai marre d'entendre de belles paroles Miles. On m'en dégueule depuis que je suis apte à comprendre les autres. C'est pas tout de me dire que je compte que je suis formidable parce que j'arrive pas à y croire. J'ai atteint un niveau de haine contre moi-même trop élevé pour avoir besoin qu'on me dise de belles paroles. J'ai juste besoin que tu sois là pour moi, tu comprends ? Je veux pas que tu recommences tes conneries de te barrer après une crise d'angoisse. »
Cette fois, je relève bien les yeux vers lui pour poser mon index contre son torse et le pousser brusquement.
Je me reconnais pas.
On dirait qu'un monstre qui dormait jusque là est en train de se réveiller pour prouver qu'il existe et qu'il crèvera pas sous une tonne d'illusions.
« Si c'est pour recommencer dans deux jours, tu peux partir Miles. J'ai eu tord la dernière fois : je suis pas capable de tout par amour. Certainement pas de me faire marcher dessus par toi. Je veux que tu sois mon amoureux, Miles, pas mon assassin. »
C'est simple, au fond.
Pas besoin d'avoir bac +5 pour comprendre cette vérité.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Mar 7 Oct - 21:29

Bass il a ses yeux au fond des miens et moi, j'ai le souffle loin, loin, perdu quelque part où je sais pas, mais quelque part où je peux pas mettre les doigts, les bras, le corps.
Je l'observe dans les yeux et j'bouge plus, j'le touche plus. J'reste juste là sans mouvement, la vérité trop grande contre ma gueule et une envie de vomir un peu, au bord des lèvres.
J'me sens un peu comme les poissons qui vivent en bas, tout au fond de l'eau, et qui peuvent pas réellement respirer, en dehors. Moi j'suis juste un pauvre con qui a du mal à vivre dans l'eau et en dehors, qui sait pas quoi faire, comment faire.
La vie est tellement pleine de questions que j'ai envie de tourner les talons et d'aller m'enfermer dans mon salon, d'regarder des documentaires à la con et de plus bouger.
C'est une bonne idée, ça, non ?
Mieux que le regard de Bass qui me fixe comme ça et qui me fait sentir petit, mais pire que petit, en fait. J'ai l'impression d'être abominable comme toujours, de jamais faire le bon truc.
Sauf que faire le bon truc, on m'a jamais appris, ça.
J'peine déjà à respirer, alors vivre et bien faire, faut pas trop me demander, quoi.
Y'a mes pas qui veulent aller ailleurs et mon coeur qui a un peu le mal de coeur. J'suis perdu au milieu d'un lieu qui pue le cauchemar et devant moi, y'a Bass et ses yeux noirs.
J'ai envie d'hurler et de l'accuser, de lui en vouloir pour ce qui est arrivé mais moi, j'suis là et j'suis simplement capable de l'aimer.
Le problème c'est que, aimer, on m'a jamais vraiment expliqué comment c'était fait pour fonctionner. T'es amoureux Miles, à toi de te débrouiller, maintenant.
Je fais quoi, alors ? Je dis je t'aime et la vie est belle, maintenant ? Non, c'est pas ça. La vie, elle est pas pas faite comme ça.
J'ai encore les cauchemars qui viendront et les peurs dans le ventre. J'ai encore les doigts qui tremblent et le coeur qui bat un peu trop fort, à en faire mal, proche de Bass.
Je t'aime, ça répare rien, dans la vie. Ça soulage même pas, en fait. Ça me rend encore plus nerveux.
Bass est pas bête, pas aveugle, et il le sait.
« j'en ai marre d'entendre de belles paroles Miles. On m'en dégueule depuis que je suis apte à comprendre les autres. C'est pas tout de me dire que je compte que je suis formidable parce que j'arrive pas à y croire. J'ai atteint un niveau de haine contre moi-même trop élevé pour avoir besoin qu'on me dise de belles paroles. J'ai juste besoin que tu sois là pour moi, tu comprends ? Je veux pas que tu recommences tes conneries de te barrer après une crise d'angoisse. » Ça fait un peu bizarre de voir Bass, comme ça.
J'pourrais dire que les mots font mal mais c'pas vrai, en fait. L'index si, mais pas les mots.
Parce que Bass, il a raison. Et ça me fait froncer des sourcils. Ça me donne envie de vomir, aussi. « Si c'est pour recommencer dans deux jours, tu peux partir Miles. J'ai eu tord la dernière fois : je suis pas capable de tout par amour. Certainement pas de me faire marcher dessus par toi. Je veux que tu sois mon amoureux, Miles, pas mon assassin. » Ma machoire se serre et j'ai mal, au fond de moi.
Bass, il croit vraiment que j'suis un connard et que j'fais ça intentionnellement ? Il croit vraiment ça ?
J'ai mal aux dents mais qu'importe ; je fais un pas, et puis un autre. Je recule et mes yeux se posent contre le pipi, au sol. Ça commence à puer un peu mais sérieusement, j'en ai un peu rien à foutre.
Mes yeux se lèvent et j'observe autour, avant de soupirer et de passer mes doigts dans mes cheveux. « Ouais, okay. » Mes lèvres s'pincent et je tourne mes yeux vers Bass. J'aimerais lui sourire mais j'suis pas capable. J'aimerais pleurer comme une sale pédale mais j'suis pas capable, les larmes restent là, dans mes yeux. « J'veux être avec toi aussi, Bass. Mais je peux rien promettre, tu comprends ? » Un pas, deux pas, trois pas.
Ça fait floc floc à cause de la pisse, sous mes chassures.
Je prends son visage entre mes doigts tremblant et je l'observe de mes yeux larmoyants. « Je veux pas promettre et te décevoir. Je veux pas te décevoir, Bass. » Mes dents se serrent et je ferme les yeux, un instant. Je penche un peu la tête, soupire le poids que j'ai là, au coeur, avant de grimacer un peu. « J'peux te dire que j'vais faire mon possible pour toi comme j'ai toujours fait, et mieux encore parce qu'avant, j'savais pas tout ça. J'peux te dire que j'pourrais pas être le meilleur amoureux parce que j'connais rien à ça mais j'peux être le meilleur amoureux que Miles, il peut être. » Mes doigts quittent son visage et je reste là.
J'ai envie de l'embrasser. C'est con, ça fout la merde dans mon estomac et même, ça me donne le vertige, mais j'ai envie de l'embrasser.
Fort, jusqu'à ce qu'il étouffe de moi. « J'veux faire mon possible pour toi. Si c'pas assez, alors ouais, j'vais partir. »
Silence.
Je recule un peu et le coeur me fait mal. J'ai l'impression que si je passe cette porte, j'vais faire une crise d'angoisse, une vraie. « J'sais pas trop c'quoi le putain de bonheur, okay. J'sais même pas ça veut dire quoi, être amoureux. Mais j'sais qu'avec toi, c'est ça. Avec toi, y'a ces conneries là, au fond de moi. Et ça m'fout à l'envers. » Sourire en coin. J'baisse la tête et je lance un regard à la chambre, au fond.
Noeud, dans mes tripes.
Je fais un pas vers la porte et j'ai l'esprit qui déraille.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Dim 19 Oct - 13:41

J'aime pas la façon dont il me regarde.
On dirait que je viens de tout perdre en cinq minutes top chrono. Fin non, je sais même pas à quel moment de la journée ou de la soirée ça a commencé à réellement se casser la gueule.
Si ça se trouve, ça fait déjà des années que j'en sais rien. Je suis juste resté comme ça, comme un triste légume en manque d'eau, en train de sécher sous un soleil de plomb.
Et puis la métaphore est même pas jolie mais qu'est-ce que j'en ai à faire à l'heure actuelle.
Je baigne dans ma pisse et mon désespoir. Je sais pas lequel des deux est le plus humiliant. Je vais plus pouvoir me regarder dans le miroir pendant des jours. Avant je mettais même une serviette devant, pour être sûr, pour surtout pas lui jeter un regard accidentellement. Admirer un Bass c'est comme admirer un gros tas de selles, ça se fait pas. C'est dégueulasse. Même mes cheveux, je les coiffe à l'aveugle, je suis même devenu un expert à ça.
Souvent, j'ai l'impression d'être qu'un fantôme, de voir les autres mais pas le contraire. Ils passent leurs mains à travers moi et se disent 'il est où Bass ?' 'Bass ?'
Et ça me fait sourire, même là, à y penser.
Mais ce soir c'est différent parce que Miles me regarde et me touche. Je sens ses doigts gelés contre mes joues rouges et brûlantes. Moi aussi je le regarde d'ailleurs mais pas de la même façon : on dirait que je viens de baisser les bras.
Tant pis s'il m'aime pas ... je suis bien tout seul.
Tu parles.
J'ai déjà envie de me tailler le coeur et le jeter aux chiottes.
Il parle et moi je fais rien de plus que le regarder, la bouche entre ouverte et la respiration coupée. J'ai envie de l'embrasser pour respirer à même ses lèvres mais c'est pas possible. Ca se fait pas. On vole pas l'oxygène de son amoureux, on le laisse vivre.
Alors,
oui,
je le laisse.
Même si ça me brise le coeur.
« J'veux faire mon possible pour toi. Si c'pas assez, alors ouais, j'vais partir. »
Je réfléchis pas correctement, je le fais à moitié ou pas du tout. J'ai l'impression que mes pensées jouent à cache-cache et se rient de moi. Parce que si j'étais dans mon état normal, je serais déjà couché à ses pieds pour le supplier de rester avec moi et de m'aimer. De partir en Inde comme je l'ai toujours voulu et de danser au milieu des couleurs et de l'encens.
C'est tellement pathétique comme rêve que j'ai jamais su le dire à personne. Même Bouboule il en sait rien.
« J'sais pas trop c'quoi le putain de bonheur, okay. J'sais même pas ça veut dire quoi, être amoureux. Mais j'sais qu'avec toi, c'est ça. Avec toi, y'a ces conneries là, au fond de moi. Et ça m'fout à l'envers. »
J'parviens pas à lui répondre parce que mon esprit se concentre sur l'odeur de l'urine. Alors, j'hausse des épaules et baisse la tête.
Je le laisse partir, lui, Miles. Qui l'aurait cru ?
Mais je peux pas rester deux minutes de plus dans cet état, juste devant lui.
Au revoir, Miles.
C'était quand même sympa de te voir, ce soir. Je savais que ça se terminerait comme ça un jour ou l'autre mais ça fait quand même un peu mal. Je peux pas le nier. Je peux pas me dire 'non non je sens rien' alors que c'est pas le cas. Je tourne les talons et me dirige vers le grand couloir, celui qui mène à ma chambre où nous sommes morts tous les deux, une fois.
Je prends quelques affaires, je regarde même pas lesquelles et me dirige vers la salle de bain. Je la ferme pas, je m'en fiche. Je vais peut-être rester toute la nuit dans le bain et la voisine me retrouvera au petit matin en hypothermie.
Qu'est-ce que ça peut bien vouloir faire ?
L'eau coule et mon slip humide tombe par terre.
On dirait pas une baignoire que j'ai devant moi mais tout un lac.
Celui où j'ai voulu sauter il y a quelques années de ça.
On peut se noyer dans un verre d'eau, non ?

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J’avais quelque chose de cassé à l’intérieur, je sentais ça dans mon ventre et je savais pas quoi faire. Alors je m’ai couché par terre. J’ai tendu le doigt avec lequel faut pas montrer et je l’ai appuyé contre ma tête. Et puis j’ai fait poum avec mon pouce et je m’ai tué.
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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Dim 19 Oct - 14:43

J'ai les doigts qui tremblent et le coeur qui explose, la tête dans un volcan et les tripes qui font des noeuds coulants. J'me suis toujours dit que les crises d'angoisse c'était la pire connerie qui pouvait exister sur terre mais j'me sens compte, petit à petit, que non.
Ça, c'est pire.
Ça, c'est pire que terrible, en fait. Je sais même pas comment qualifier ça, en plus.
L'attente ? Le putain de rejet ? Un coeur brisé ? Être abandonné ? Échoué ?
J'observe Bass comme le pire des pieds avec mes deux pas en arrière que j'ai envie de faire en avant, maintenant. J'ai envie de me mettre à genoux devant lui, de les poser dans sa pisse et d'lui hurler de me regarder, de m'embrasser, de me dire que la merde que j'lui propopse ça suffit, parce qu'il voit bien que venant de moi, c'est une foutue montagne. J'peux pas lui promettre plus qu'un truc que je peux porter dans mes bras. J'ai envie de l'aimer et d'apprendre à l'faire mais pas d'me casser en bout de chemin, parce que j'veux le faire le plus longtemps possible.
Vu tous les efforts qu'on doit déployer, autant que ça dure l'éternité.
Y'a la pisse qui appelle mes genoux pour que j'fasse le geste quand Bass baisse les yeux. J'ai envie d'hurler et j'me contente de serrer les poings, tremblants, la machoire serrée à en avoir mal. J'tremble et j'ai mal à être tendu comme ça, j'ai les cris qui claquent à l'intérieur de moi et le silence pourtant, sans voix.
J'observe Bass qui j'ai le coeur qui fait des conneries encore plus douloureuses que les battements dits amoureux. Il a pas le droit de me faire ça.
De me hurler aime moi et de détourner les yeux comme ça, lorsque je le fais. Il a pas le droit. « Au revoir, Miles. » Et il s'éloigne.
Il s'éloigne, Bass, va vers notre mort et me laisse là.
Y'a trois pas entre moi et la porte et environ une dizaine, entre Bass et moi. Une dizaine et une pluie de mots qui faudra dire surement, et une crise d'angoisse dans les deux cas.
J'reste là sans mouvement parce que c'est la meilleure solution présentement. Et puis j'fais un petit pas, quand j'le vois aller dans une autre pièce. C'est pas la chambre et j'sais pas c'est quoi, jusqu'à temps que j'entends le bruit de l'eau.
Je fais un autre pas et en dessous, ça fait un bruit d'absortion.
Mes yeux s'baissent.
Le pipi.
L'odeur me frappe un peu mais j'fronce un peu moins des sourcils. J'ai la tête qui fait la course folle et les idées qui sont là, dans ma tête.
Un jour on était à la cafétériat et Bass s'est posé à côté de moi. Il a voulu prendre un peu de jus mais je l'avais entre les mains et il a touché mes doigts. J'ai fait une crise d'angoisse, le ventre bien plein, et j'ai tout vomi sur le plateau et sur moi, aussi. Bass s'est excusé milles fois et il a essayé d'essuyer, avec ses doigts. Et puis il a attendu une éternité avec moi à l'infirmerie, même si je l'ai poussé et hurlé pour qu'il dégage.
J'observe mon pied dans le pipi et j'avance encore d'un autre pas. Ma basket est toute collante et elle fait le bruit à chaque pas, je marche vite, vite vite vite, en passant à côté de la chambre, et puis j'entre dans la salle de bain.
Mon coeur rate un battement et je serre les paupières fort. « Désolé. » Je comptais pas voir ses fesses.
Ses fesses toutes blanches.
Je comptais pas -
Si. Non. Qu'importe.
Je reste comme ça quelques secondes, met une main devant mes yeux et les ouvre. Entre mes doigts ( tricheur ) je vois encore les fesses de Bass mais sa tête tournée vers moi, aussi. Je sais pas quoi dire alors je sors n'importe quoi; « J'ai oublié de me laver après sport. » Ça explique pas pourquoi je suis encore là, aussi. J'ai un bain aussi, chez moi. « Et mes clés. Mes clés sont à l'école. » Faux, mensonge. Un pas et on entend le bruit, dans mes poches. mais chuut. chuut.
Je retire lentement mes doigts tremblants et l'observe, la prunelle un peu grande et surtout très curieuse. Je prends toujours les douches seul. Sauf moi, j'ai jamais vu quelqu'un nu. Enfin, dans mes souvenirs. Bass, je l'ai déjà vu mais je me souviens plus. Et puis, il devait pas être comme ça. Mes lèvres se pincent et je dois faire un peu bêbête, tout habillé alors qu'il est tout nu, à le fixer comme ça, comme si j'étais face à un miracle ou alors, une merveille, les yeux bien grands et le souffle un peu coupé.
Et encore, toujours, les doigts tremblants.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Mer 22 Oct - 9:56

J'ai hâte que la baignoire soit pleine pour plonger dedans.
Au moins, je pourrais pleurer que ça se verra même pas. Un peu plus ou un peu moins d'eau, qu'est-ce que ça peut bien changer. Se laver dans un bain de larmes, c'est une habitude chez moi. Je le fais dés que quelque chose me contrarie ou que maman s'en va à l'hôpital. Ca me permet de décompresser et d'oublier toutes ces choses que je me remémore chaque matin, au réveil. Et chaque soir, en m'endormant.
Je sais comment la soirée va se terminer : dans mon lit, Bouboule installé sur mon jambe et des étoiles brillantes au plafond. C'est pas bien difficile à deviner parce que ça se passe toujours de cette façon. J'ai pas de boule de cristal ou de dons.
On finit par prendre l'habitude à ce genre de choses, c'est tout.
J'ai même pas envie de me perdre dans les bras d'un homme trop vieux pour moi, ce soir parce que ça suffirait pas à masquer ce qu'il vient de se passer avec Miles.
Et la rupture qu'on vient de se prendre en pleine tête alors qu'on était même pas ensemble. Fin si, mais pas de la même façon que les autres. J'veux dire, Miles, c'est un peu comme un arbre qu'on croise tous les jours. Celui a qui on parle quand nos amis nous laissent tomber. Celui dans lequel on grave des mots d'amour pour s'en souvenir dans dix ans. Mais là, j'ai l'impression que quelqu'un est venu le couper pour en faire des feuilles de papiers mais des feuilles de papier, c'est trop éphémères pour être lui.
Alors,
je me retrouve seul face à ma baignoire.
C'est triste.
« Désolé. »
Mon coeur sursaute et je me retourne brusquement. C'est Miles et mes gravures invisibles un peu partout.
Je t'aime.
1 bizou ici.
Ne me lèsse pas.
Des tas des conneries comme ça pour l'empêcher de me laisser tomber pour un oui et pour un non, comme les font les autres. Mais Miles, il est pas comme les autres parce que je l'aime et que je suis incapable de le rabaisser au niveau de simple copain.
« J'ai oublié de me laver après sport. Et mes clés. Mes clés sont à l'école. »
On fait quoi dans ces cas là au juste ? Je veux dire : quand un garçon veut venir se laver avec toi ?
Je sais pas, j'ai jamais fait ce genre de choses, j'y connais rien. C'est la première fois que ça m'arrive réellement et je sais même pas comment réagir.
Je plonge un pied dans l'eau chaude et le regarde toujours. Les sourcils un peu froncés à cause de sa main devant ses yeux. J'ai pas de soucis avec mon corps alors je comprends pas trop ce qu'il se passe.
Je vais me laver, tu pourras prendre un bain ensuite, d'accord ?
Je lui souris et plonge dans l'eau qui prend une mauvaise couleur à cause de l'urine à moitié sèches sur mes jambes.
Je vais pas l'inviter dans un bain eau-pipi, ça se fait pas.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Mer 22 Oct - 15:59

Bass tourne ses yeux vers moi et moi, j'tourne mes yeux vers le sol. Je fais un peu con mais c'est pas grave, ça dure juste une seconde. À peine une seconde, oui. Le temps de penser à toute une vie, de penser surtout à lui, d'avoir le coeur qui luit et un peu beaucoup d'envie.
Je lève de nouveau les yeux, encore cacher derrière mes doigts, et je les retire, lentement.
Bass il est tout blanc de la tête aux pieds et ça donne envie d'aller chercher des crayons couleurs pour écrire et dessiner partout contre sa peau. Sauf que moi, j'sais pas réellement écrire et j'suis un peu bête, beaucoup bête en fait, quand j'essaie de dessiner quelque chose.
Mes moutons ressemblent à des nuages et mes nuages à des moutons.
Et mes chapeaux, on dirait un éléphant qui a été mangé par un serpent.
C'est bien joli dans une histoire pour enfant mais on est grand non, maintenant ?
On est grand donc on est bête, c'est tout.
Mes doigts sont encore devant mes yeux mais je le vois un peu quand même, assez pour voir les dessins pas beaux que je suis capable de faire, dans ma tête. Bass il est plus beau sans. Bass, il est beau juste à être Bass, c'est simple comme ça.
C'est comme le soleil.
Ou une étoile.
Ou un ruisseau.
C'est beau tout nu, comme ça.
« Je vais me laver, tu pourras prendre un bain ensuite, d'accord ? » Je cligne un peu des yeux mais surtout, je fronce des sourcils. Mes doigts quittent mes yeux pour de bon et je l'observe un peu nerveux. Bass a disparu dans l'eau mais je le vois encore et un peu plus.
J'fixe une partie de lui que j'observe à peine sur moi-même et ça me fait rougir, je crois, parce que j'ai réellement envie de regarder là. C'est normal ?
J'ai envie de lui poser la question mais j'ai peur d'avoir l'air idiot, aussi. Alors, je me contente de froncer un peu plus des sourcils et de pincer mes lèvres, et, doigts tremblants, de retirer lentement mon t-shirt. Je galère un peu, surtout à le passer par dessus ma tête sans faire trop bête mais au final, je finis par le balancer au sol. En fait non, il tombe comme une feuille tombe d'un arbre, à l'automne.
Mes lèvres se pincent un peu plus et je fixe Bass dans l'eau, l'eau autour de Bass, et son nombril qui recommence à sourire de nouveau, et puis cette partie de lui à laquelle j'ai jamais pensé mais qui veut plus quitter ma tête, maintenant.
Je sais que parfois, je parviens à bien me toucher là et ça me fait du bien. J'me demande si Bass le fait, aussi. Certainement, vu qu'il couche avec des gens. Coucher, ça doit inclure cette partie là.
Je dois être le pire des idiots à rien savoir à ce sujet là. Je me suis arrêté à l'histoire du petit train et du tunnel. J'ai échoué les cours d'éducation sexuelle et les cours de biologie, parce que je parvenais pas à rester en classe sans faire une crise de panique.
Et maintenant j'suis là, la tête pleine de questions et les yeux fixés sur lui, et j'me dis juste que, même si l'envie est là, je suis supposé faire quoi ?
Retirer mon pantalon, peut-être. Mes doigts doivent se battre avec la braguette depuis une bonne minute quand je parviens enfin à l'ouvrir. J'ose pas lever les yeux vers Bass parce que c'est un peu humiliant d'être lent comme ça, et d'avoir les doigts tremblants aussi.
Mon pantalon glisse le long de mes cuisses sans quitter mes pieds et je lève mes yeux vers Bass. Je me rends compte que je lui ai toujours pas répondu.
Mais que je suis là, un peu bête et tremblant, le pantalon encore aux pieds et surtout, un slip batman qui cache pas grand chose. J'ai envie de mettre mes mains devant mais j'observe Bass depuis toute à l'heure alors il peut faire pareil.
J'crois que je serais même content, s'il faisait pareil. « En - ensuite, pas maintenant ? » Je le dévisage un peu les sourcils froncés comme d'habitude mais je dois avoir les joues vraiment rouges, je le sens.
Je commence un peu à avoir froid et j'suis certain que l'eau est chaude.
Un peu gauche, je lève les yeux comme un canard pour les sortir des pattes du pantalon. Ça doit presque être marrant.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Ven 24 Oct - 16:02

Il est en train de se déshabiller et moi je suis su le point de rougir.
D'habitude, les corps que je vois sont recouverts de poils et de marques. Là, c'est différent, sa peau a l'air toute douce, toute lisse, parfaitement parfaite.
Comme lui.
Et pourtant, j'arrive pas à le regarder correctement, comme si je le méritais pas ou quelque chose qui y ressemble. Décidément, je sais vraiment pas ce que je veux. Alors, je me concentre sur son visage parce que je le connais par cœur.
La courbe de ses lèvres, l'éclat de ses yeux, ses joues rosées, son menton qui me fait penser à un cœur, son font qui se plisse à force de froncer les sourcils.
Tout, tout, tout, dans dix ans, je pourrais encore le redessiner. Sans m'en lasser. Sans avoir peur de pas m'en souvenir. Les yeux fermés, bah oui, c'est avec les sentiments que je vois quand je parle de Miles.
J'ai la tête qui fonctionne plus du tout.
Pourtant, j'ai mes deux yeux bleus-gris qui veulent descendre plus bas. Ils s'disent que c'est pas possible, que c'est trop beau pour rater ça.
Mais je lutte quand même pour le mettre à l'aise et qu'ils partent pas en courant comme il sait si bien le faire. Dans une autre vie, ça devait être un athlète mon Miles.
« En - ensuite, pas maintenant ? »
J'ouvre grand les yeux comme si je venais de voir un fantôme.
L'eau bouge un peu tout atour de moi et ça s'écrase par terre.
Euh, j'sais pas. Y a assez de place ?
Bien sûr que oui, Miles est tout petit. Il doit prendre la place d'une peluche dans un lit.
Je me redresse un peu et tends la main pour attraper celle de mon amoureux. Ms doigts effleurent à peine les siens mais je lui prouve que j'ai envie de le voir venir.
Si tu pars, Miles, je vais être triste toute la nuit. Je vais tellement pleurer que je vais revenir à l'école blanc comme un linge. Tu te rends compte, un peu ?
Viens, l'eau est bonne. J'ai même un petit canard si tu veux, regarde.
Je le fais couiner entre mes doigts, au cas où ça lui donnerait encore plus envie de me rejoindre.
Je caresse encore sa main, rien que sa main.
Je me dis que je devrais pas faire ça mais j'ai l'impression d'être vide sans lui.
On pourra mettre de la mousse si t'as pas envie de me voir comme ça ...
comme ça, tout nu quoi.
Je sais qu'il aime pas mon corps et qu'il pourrait se mettre dans des états pas possible à cause de lui.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Ven 24 Oct - 17:08

Bass il ouvre les yeux grands, grand comme un géant et on dirait qu'il a vu un fantôme. Je pince mes lèvres fort fort pour les faire disparaître un peu et je baisse les yeux. Je fais juste espérer que le fantôme, c'est pas Barnabas, parce que j'ai pas envie de le partager avec qui que ce soit, en fait.
J'dois avoir l'air un peu bête, là, en fait. Si ça se trouve, Bass il me trouve plus beau, maintenant que j'ai retiré un peu de mes vêtements. Ça serait pas surprenant. Bass il a la peau blanche mais moi à côté, je fais presque translucide. Je suis pas capable de retirer mon t-shirt à la plage et du coup, je vais presque jamais dans l'eau. De toute manière, c'est pas comme si on y allait souvent, aussi.
Y'a de l'eau qui quitte le bain, il est un peu trop plein. Un peu trop plein, oui, comme moi. Je déborde par tous les côtés, c'est fou. Mais ça, c'est parce que y'a Bass trop grand dans mon coeur qui fait sortir tout le reste pour prendre toute la place. Ça me donne un peu le mal de coeur mais c'est un bon mal de coeur. « Euh, j'sais pas. Y a assez de place ? » Je fronce un peu des sourcils parce que je comprends pas trop le sens de ses mots. Il veut ou pas, alors ?
J'ai le coeur trop nerveux et le corps qui tremble et une tempête et un ouragan et un tsunami et tous les choses que l'on peut voir dans les films catastrophe en dedans de moi mais je souris un peu quand Bass, il se redresse et prend un peu de mes doigts.
J'lui donne la main entière avec le coeur à l'intérieur mais je sais pas s'il doit le voir, ça. « Viens, l'eau est bonne. J'ai même un petit canard si tu veux, regarde. » J'ai encore les sourcils froncés parce que c'est moi et j'aime pas avoir les traits doux, on dit que je ressemble à un enfant, ensuite. J'garde les sourcils froncés et j'hoche de la tête, un petit sourire sur les lèvres à observer le canard. Il est beau. Pas comme Bass, certes, mais il est beau quand même. « On pourra mettre de la mousse si t'as pas envie de me voir comme ça ... » Là, les sourcils se froncent un peu plus et mes yeux, ils quittent les siens pour se poser contre son corps.
Son corps non. « Pourquoi tu dis ça ? » Ma voix elle est pleine de colère et je sais même pas pourquoi. Je grimace aussitôt et je secoue la tête, avant de ramener mes yeux dans les siens. « T'es beau comme ça, tais toi. » Je marmonne tout bas et je quitte ses doigts, un peu brusquement.
Parce que je tremble plus fort et que je veux pas qu'il le voit. J'ai même le souffle un peu beaucoup cassé et la poitrine qui se soulève un peu plus fort mais je sais pas c'est quoi. Avant j'aurais dit l'angoisse mais j'crois que j'ai vraiment confondu longtemps. J'ai pas envie de pleurer, j'ai pas le souffle qui manque. Juste un noeud dans le ventre et puis les doigts qui tremblent.
J'inspire un peu et je retire mon slip rapidement, trop rapidement peut-être, avant de faire un grand pas et puis de venir dans l'eau, comme ça. Je fais une vague comme Bass et l'eau quitte un peu, encore.
Mes yeux se posent sur Bass et le rouge se pose sur mes joues. Je le fixe un peu bête, assis face à lui, dans le bain.
J'suis tout nu avec Bass. J'ai jamais été nu avec quelqu'un, je crois. Même les douches à l'école, je veux pas.
Et là, je suis nu avec Bass.
J'baisse les yeux parce que j'suis un peu embarrassé et surtout, parce que je sais pas où fixer. Mais ils se posent contre son lui intime et je rougis encore plus et je détourne les yeux, alors. J'crois que Bass, il est plus grand que moi. Je pensais que c'était toujours pareil, tout en bas. Un peu comme les oreilles, quoi. Et puis je veux ses doigts.
Alors je plonge les miens dans l'eau pour trouver sa main mais je touche un peu sa cuisse et puis un peu quelque chose d'autre et je croise son regard et je dois avoir l'air bête, comme ça, les sourcils froncés, la bouche un peu entrouverte et puis le rouge aux joues. Ma main quitte l'eau et revient vers moi. « Donne moi ta main, Bass. Je veux te toucher. » Je te veux toi tout entier mais je sais pas si je vais être capable de supporter. Ça donnerait un truc qu'on appelle la petite mort, je crois.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Mer 5 Nov - 13:35

J'en reviens pas.
Miles est avec moi, dans la baignoire. Il est là, son corps sans couche de vêtements. J'ai l'impression qu'il s'ouvre réellement à moi depuis que je le connais et je sais pas comment réagir. Je sens qu'il est pas spécialement avec tout ça et j'ai peur qu'il s'oblige à faire des choses qu'il veut pas alors que moi, je lui ai rien demandé. S'il est là, je peux attendre.
Je vais pas non plus l'obliger à s'approcher de moi sous prétexte que mon corps peut pas se passer du sien. (fin ça, j'en sais rien, je fais que le deviner)
mais je me dis que si on venait à se toucher et s'embrasser comme tous les autres couples ce serait le plus grand des artifices. Et puis j'en deviendrais assurément accro. C'est comme la drogue, à ce qu'il paraît. Je peux pas en témoigner parce que les hommes plus vieux que moi aiment pas trop les caresses mais j'ai entendu ça dans un film.
Je sais plus lequel.
Twilight, peut-être.
Personne aime ce film mais moi, je pourrais le regarder mille fois sans m'en lasser. Je suis jaloux de l'amour d'Edward et de Bella.
Je suis jaloux  parce qu'à la fin, ils peuvent s'aimer comme ils veulent.
Pis si ça se trouve, avec Miles, ça se terminera comme ça aussi ....
Allez quoi, ça serait vraiment trop bien.
J'ai envie de lui dire 'je t'aime comme Edward et Bella' mais je suis sûr qu'il se moquerait de moi alors je me tais et je le regarde. Je bouge pas, je reste tout tendu et perdu dans ma grand baignoire.
Miles m'a dit de me taire alors je le fais.
Je me tais (à tout jamais pourvu qu'on s'aime).
Sa main se perd sous l'eau et je la sens contre mes cuisses. Je sursaute et quelques gouttes d'eau s'écrasent par terre.
« Donne moi ta main, Bass. Je veux te toucher. »
me toucher ?!
J'essaie de parler mais je bégaie plus qu'autre chose ça donne genre :
b-b-beh, o-o-o-o-ui.
Ahahah.
J'essaie pas d'en dire plus et je tends la main pour caresser la sienne. Mes doigts sont plus gros que les siens, j'ai l'impression d'être plus homme que lui, c'est étrange. Parce que de nous deux, c'est toujours moi qui pleure comme un crocodile.
De mon autre main j'attrape ma grosse éponge encore imbibé de mon savon à l'amande douce. Je me redresse et hésite un peu avant de la poser contre le torse pour le nettoyer un petit peu.
C'est une vraie éponge, on l'a ramassé au fond de la mer. Tu t'imagines ? Je me lave avec un cadavre .... quand ma mère m'a dit ça, j'ai eu envie d'aller lui faire une tombe mais elle m'a engueulé.
Et depuis ? bah c'est comme avec Miles qui veut pas me toucher, je m'y suis fait.
ça sent l'amande douce, t'aimes ?
J'en pose de ces questions débiles, moi.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Ven 7 Nov - 6:29

Mon coeur se transforme en comète et il essaie de traverser le ciel. J'devrais poser mes doigts contre lui pour le retenir entre mes côtes mais je bouge pas tellement, parce que mes doigts sont tendus vers Bass et j'attends, avec cette tempête là trop folle dans mes organes et j'me perds et je m'égare et mes yeux, ils crient aide moi, tiens moi, attrape moi.
J'ai des béquilles à la place des pieds et je tangue un peu dans la vie, on m'a pas appris à vivre, à peine à marcher et à respirer, et le reste, j'sais pas trop comment l'exécuter. Les amoureux ça se tient les doigts et ça fait surement d'autres choses que j'connais pas, certainement, mais les doigts c'est mieux, pour le moment.
J'agite les miens alors, on peut con, pour qu'il les voit et les prenne. Peut-être que ça veut dire j'prends ton amour ou quelque chose comme ça et c'pour ça que j'ai un noeud énorme dans le coeur et qu'il bat comme un fou. Il a envie de se transformer en gâteau ou alors en tarte et de s'écraser contre le visage de Bass pour le barbouiller partout, simplement. Pour le barbouiller de la tête aux pieds comme s'il était tout peinturer de moi.
J'sais pas, j'sais pas.
J'ai juste les doigts tendus vers lui et un noeud dans les tripes et son nombril qui sourit de nouveau, maintenant. Dans la pièce y'a une petite odeur de pipi mais ça, on s'en fiche. Mondieu que j'm'en fiche. « b-b-beh, o-o-o-o-ui. » Chaque bout de mot ça fait un battement de plus dans mon coeur et ça en fait beaucoup, des battements. Surement trop parce que mon coeur s'étouffe, il a pas trop de souffle, il dit pitié attends un peu mais moi je m'en fous.
Je veux tenir les doigts de Bass.
Et même mettre mon doigt dans son nombril, pourquoi pas.
Et le toucher en bas, un jour, juste comme ça, parce que c'est amoureux, non ?
C'est amoureux, ouais.
J'serre ses doigts comme un égaré les premières secondes mais j'souffle un peu, pas du tout discret, pour détendre un peu mon touché et j'lève les yeux vers lui. J'ai encore les sourcils froncés comme un enfant trop con mais je souris et ça doit être joli, j'imagine. Dans tous les cas, faut juste pas que Bass il croit que j'suis en colère.
J'aime ses doigts. Suffit de les voir pour savoir qu'ils sont à Bass.
J'ai les yeux grands mais les sourcils encore froncés quand il sort une espèce d'éponge, qu'il bouge et la pose contre mon torse. Le coeur il se transforme en tambour et je fais un mouvement de recul, parce que mon corps il m'obéit pas toujours mais je serre ses doigts et je me ramène contre lui. Non, j'pars pas. J'pars plus. Même si je tremble un peu. J'dois être figé comme un idiot mais ça, on s'en fout. J'fuis pas, plus jamais. « C'est une vraie éponge, on l'a ramassé au fond de la mer. Tu t'imagines ? Je me lave avec un cadavre .... quand ma mère m'a dit ça, j'ai eu envie d'aller lui faire une tombe mais elle m'a engueulé. » L'histoire de Bass, elle dessine un sourire au bord d'mes lèvres et j'penche un peu la tête. Bass, il a toujours des histoires un peu bêtes et un peu enfantines mais elles font du bien. J'ai beau rien dire, ça m'fait toujours du bien d'savoir que j'suis pas le seul sur terre à faire des trucs encore trop enfantins. Y'a certains jours où j'me dis que j'suis pas normal et d'autres que j'me dis que Bass aussi mais j'l'aime comme ça, alors c'bien.
C'bien, être pas normal. Ça fait tomber les gens a-mou-reux. « ça sent l'amande douce, t'aimes ? » J'cligne un peu des yeux avant d'froncer des sourires et d'le dévisager un peu. Ça m'prend quelques secondes pour sentir l'odeur mais j'finis par prendre sa seconde main et l'éponge et la ramèner contre mon nez.  L'odeur j'la prends de plein fouet, un peu comme de la mousse contre mes traits.
Ça m'fait éternuer une fois, deux fois, trois fois. C'pas bien avoir ça, dans l'nez. « ça sent toi, ouais. » J'souris un peu et j'essaie de défroncer mes sourcils mais c'est un peu compliqué, ils sont trop habitués. Pourtant j'voudrais que Bass, il voit que j'suis bien avec lui dans le bain même si j'tremble un peu.
J'lâche sa main mais j'garde l'éponge. C'est ma prisonnière. J'la serre un peu fort dans mes doigts et la mousse, elle coule de partout avant de bouger un peu brusquement, ça fait une vague énorme et l'eau sort du bain, et mon pied glisse un peu. J'm'accroche à ses doigts et j'lève les yeux vers lui. On dirait que j'pars en mission, j'ai le regard d'un conquérant tremblant. « j'peux aussi ? » J'pose la question rapidement et j'attends pas sa réponse, pour pas me dégonfler comme un ballon. Ça fait toujours pleurer les enfants et Bass, comme il est encore un enfant dans son coeur, j'ai pas envie qu'il pleure. Alors j'pose l'éponge contre son épaule, je fais des petits ronds et puis je descends lentement. J'le lave comme j'me nettoie. Sauf que à un moment, j'arrive au nombril et puis quand il est propre, lui, bah y'a ...
Y'a
autre chose, en bas.
Mes yeux s'ouvrent un peu grand et ma main est proche, du coup mes yeux tombent et j'observe, au moins quelques bonnes secondes. J'crois qu'il est vraiment plus grand que moi mais ça, ça doit être comme ses doigts. Ou je sais pas.
je sais pas.
J'avale juste de travers et je bouge pas, le regard fixé là. Et j'sors un truc un peu bête. « t'es beau. » C'est tellement con que j'fronce des sourcils et que j'rougis et que j'lève les yeux un peu surpris vers lui.
mais
je
bouge
pas.

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MessageSujet: Re: rue delavérité (bass)   Sam 15 Nov - 10:17

Maintenant qu'il m'a demandé ma main, il peut toujours rêver pour que je la lâche. Je serre tellement fort ses doigts entre les miens que je vais finir par lui faire mal mais c'est pas grave parce que ça sera une blessure d'amoureux.
Je fais que le regarder avec les yeux encore plus brillant qu'une guirlande de noël.
J'ai le coeur qui bat dans tous les sens et ça se voit à cause que ma cage thoracique est pas du tout régulière. Je prends même une longue inspiration à un moment parce que j'ai trop peur de suffoquer quand Miles s'approche avec l'éponge de ma peau. Je sais bien que ça sera pas sa main contre mon corps directement mais j'ai quand même du mal à me calmer correctement.
Maman me dirait que je fais le bébé et je lui dirais en échange qu'elle s'y connaît rien à l'amour et elle partirait dans sa chambre.
Je me pince tellement fort la lèvre que je manque de me faire saigner, un vrai dingue. Pendant un instant, je détourne les yeux pour regarder vers la porte, y a Bouboule qui passe et qui s'arrête quelques secondes. Il me regarde comme ça, comme s'il s'assurait que tout allait bien par ici. Alors je lui lance un regard pour lui répondre 'oui'.
« t'es beau. »
Je sursaute un peu parce que je m'attendais pas à l'entendre parler si tôt. Je souris en voyant où Miles regarde mais je fais mine de rien, comme si j'avais pas vu.
c'est pasque que je t'aime.
Tu m'illumines Miles, j'ai l'impression d'avoir une couronne de princesse sur la tête. Un diadaime ? Je sais plus le nom exact et ma tête arrive pas à l'écrire mentalement sur une feuille blanche. Tant pis, une couronne de princesse.
Maintenant, je lui laisse pas le choix, j'ouvre grand mes bras et me penche vers l'avant pour le serrer contre mon petit torse fou. On a la même odeur maintenant alors j'ai du mal à récupérer la sienne mais heureusement, il y a ses cheveux qui portent encore un peu l'odeur de chewing gum et de cigarettes.
tourne-toi, je vais te laver les cheveux. que je lui dis, le sourire aux lèvres.
Mes mains se posent sur ses épaules pour l'accompagner dans son geste. Je sais comment il faut faire parce que maman me les lave souvent. Elle dit que je me rince mal le shampoing mais c'est une menteuse, elle aime juste caresser mes cheveux.
D'abord, j'attrape l'éponge pour bien l'imbiber d'eau et mouiller ses cheveux. Je le fais plusieurs fois pour bien faire pénétrer le shampou'. J'ai une main posée sur son front pour empêcher l'eau de rentrer dans ses yeux et lui faire du mal.
J'attrape le premier pot qui vient et fait mousser sa chevelure. J'y vais avec mes dix doigts et tout mon cœur.
on va passer au rinçage monsieur hédér. (je sais pas dire son nom de famille, en vrai)
mais je lui mens parce que je me penche encore un peu pour déposer des bisous sur son épaule mais j'ai peur que l'autre soit jalouse alors j'embrasse la droite.
on est bien, rien que tous les deux.
et je sais que pour lui, je serais capable de laisser tomber tous mes amis et ma famille rien que pour m'enfermer avec lui.
Heureusement que j'ai pas d'amis ni même de famille sinon tout le monde m'en voudrait.
C'est l'avantage d'être un garçon comme moi : on est tout le temps tout seul.
Du matin au soir.
(sauf ce soir)
(et c'est tant mieux, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime)

_________________
J’avais quelque chose de cassé à l’intérieur, je sentais ça dans mon ventre et je savais pas quoi faire. Alors je m’ai couché par terre. J’ai tendu le doigt avec lequel faut pas montrer et je l’ai appuyé contre ma tête. Et puis j’ai fait poum avec mon pouce et je m’ai tué.
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rue delavérité (bass)

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