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 JE SUIS UN PEU TRISTE

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Coma Nobody

PSEUDO/PRÉNOM : endort-fine (élodie)
CRÉDITS : marie pêche
AVATAR : antoine-o
ÂGE : dix-sept regards
DATE D'INSCRIPTION : 12/08/2014
MESSAGES : 385

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MessageSujet: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyMar 9 Sep - 19:16



« Eh mec il s’est passé quoi hier soir ? »
« J’me souviens de rien »
« J’suis complètement KO c’matin »

Une flopée de sms laissés sans réponse

Coma ment.
Parce que Coma va devoir mentir toute la journée à partir de bientôt, alors autant commencer tout de suite. Parce que Coma va retrouver sa petite amie dans pas longtemps et qu’il reste encore sur ses lèvres un peu de Silas. Ou alors c’est qu’il fait vraiment une fixette, que le souvenir est trop vif, que ça lui manque déjà et que c’est pas prêt de s’arrêter. Dommage qu’il ait le droit d’embrasser que Debbie. Il a un peu peur qu’elle remarque le goût de son frère sur la bouche de son amoureux. Merde. Non mais quelle tapette ce mec.

f ' (x) = ax+b ou quelque chose comme ça, ce matin j’ai maths, ça tombe bien parce que c’est le seul cours que j’ai pas en commun avec Silas. Il a dû arrêté l’année dernière ou quelque chose comme ça. À vrai dire aujourd’hui je suis incapable de te dire quoi que ce soit, j’ai trop la tête en vrac et le cœur à l’envers pour me souvenir, pour réciter ma leçon, le seul truc qui me reste en tête c’est que je sais très bien ce qu’il s’est passé hier soir. Dimanche, j’étais chez Silas, je buvais trop pour oublier qu’on s’était embrassés y a quelques jours, et puis qu’est-ce qu’on a fait, on s’est embrassés, encore, parce que c’était la première fois que quelqu’un me disait : je t’aime. Je suis amoureux de toi. Il avait l’air de le penser jusqu’au bout du monde. Il avait l’air de quelqu’un capable de continuer à le penser de toutes ses forces même si j’essayais de tout faire pour qu’il arrête. Arrête de m’aimer. Et c’est un peu ce que j’ai fait.
Et à un moment je suis parti.
Puis revenu.
Puis reparti.
Sans revenir.
Et d’autres choses aussi, mais fallait être là. D’autres choses que j’aurais préféré oublier en plus. Les souvenirs ça donne mal à la tête (encore plus que les restes d’alcool) et ça me brûle la bouche, et aussi partout là où Silas a fait opérer la magie de son toucher. Son toucher, comme des petits volcans sur tout mon corps. Son … putain. Y faut que je me retienne de sourire comme ça sinon les autres ils vont me demander à qui je pense pour que ça ait l’air de me rendre aussi heureux, et je serai pas capable de dire « Debbie ».
Heureux
Heureux
Silas, il me rend heureux, mais pas comme d’habitude.
Ça m’emmerde.
Debbie, j’ai fait exprès de l’oublier ce matin. Elle a dû y croire jusqu’au bout, et elle va arriver en retard, c’est dommage. Mais je pouvais pas. Je pouvais juste pas aller la récupérer sur le pas de sa porte comme je l’ai fait toute la semaine dernière et tous les jours depuis qu’on sort ensembles. J’aurais pas pu parce que cette porte j’ai failli m’y fracasser le crâne, tout ça parce que je suis amoureux de son frère et que j’aurais préféré l’aimer elle. J’aurais pas pu, parce que j’aurais été obligé de me souvenir de Silas sur le canapé, juste derrière cette porte, et … Elle m’a laissé deux messages. Le premier demande t’es où (dans le cœur de ton frère … Haha … Tu t’y attendais pas à celle-là …) et le deuxième est vocal, il date de cinq minutes, il doit m’engueuler, j’ai pas envie de l’écouter.
J’ai envie d’embrasser Silas.
Et de lui casser la gueule.
En mille morceaux, comme ça y aura plus rien ni personne à aimer.
Je m’installe au fond de ma classe avec un air qui veut pas travailler, avec mon sac fermé sur la chaise d’à côté et mon portable sur le coin de la table. Au cas où Silas se réveillerait et répondrait enfin à mes messages, « t’avais juste trop bu t’inquiète, j’ai même dû te ramener chez toi … » et un smiley pour montrer que tout va bien même si Silas, il aime pas les smileys. Mais l’écran de mon téléphone, il s’illumine pas pour Silas, ça veut vraiment dire que tout va mal. En même temps en l’embrassant comme un fou et puis en me barrant trois secondes plus tard je sais pas à quoi je m’attendais. Ça vaut même pas un smiley en colère, ce que j’ai fait.
- Nobody, dehors.
Tiens, celle-là elle devait arriver.
J’aurais fait pareil, je me serais même pas laissé entrer.
Je sors de la classe avec le cœur qui traîne par terre et qui se prend les pattes dans les tables des autres. Je me retrouve dans le couloir avec rien à faire jusqu’à l’heure de littérature qui est dans deux heures. C’est dommage, au début de l’année j’avais dit voilà maintenant va falloir travailler. Faire ses devoirs et moins boire. Mais ça c’était avant que je tombe amoureux. Amoureux, tu sais. Le truc avec Silas, là … Le truc. Qui me coupe la respiration. Les profs de toute façon je sais pas ce qu’ils ont mais ils arrivent jamais à m’intéresser. Y a juste eu une fois, mais seulement une fois, cette prof, elle aurait pu me parler d’artichauts et de succession de biens que je l’aurais suivie jusqu’au bout de la galaxie.
Un peu comme Silas.
On devrait s’exiler tous les deux, comme ça, personne nous ferait chier. Même pas moi.
Donc voilà, j’en suis là. Lundi matin, viré de cours de maths par un prof qui n’y croit plus, alors comment y croire moi-même, gueule de bois (du cœur), les lèvres obsédées par les dernières qui sont passées par là (Silas). Silas que je me suis pris en pleine bouche au moment où je m’y attendais le moins et où j’en avait le plus envie, Silas qui me fonce dedans, là, tout de suite, exactement douze heures après notre dernier baiser (l’avorté), moi je l’avais vu qu’est-ce que tu crois, je l’avais vu en train de marcher tête baissée, je l’avais vu de loin quand j’étais de parler de galaxie et tout ça mais j’ai fait comme si c’était pas vrai, pas lui, peut-être que lui aussi et voilà, je vais encore avoir des bleus à cause de lui.
Mais bon …
Je les chéris …
Je le ramasse comme il a fait avec moi hier soir, sauf que je peux pas l’emmener sur mon canapé et que je sais pas quoi lui dire. Ou plutôt si, mais je sais pas comment le dire sans avoir à l’embrasser.
- Bah t’étais où ? T’as pas reçu mes messages ? J’ai mal au crâââââne …
Ah, oui, mentir, voilà.

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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyJeu 11 Sep - 16:10

Ça fait pas longtemps que je suis réveillé. Là, étendu dans mon lit, j’ai entendu mon téléphone vibrer. Trois messages qui ont fait chavirer mon cœur et qui ont fait fermer mes yeux très très fort. J’avais vraiment envie de m’endormir pour toujours et plus jamais me réveiller. Il s’est passé quoi hier je me souviens de rien. C’est ce qu’il m’a écrit. C’est vraiment ce qu’il a écrit, vous avez qu’à regarder mes messages… J’ai eu envie de le balancer à travers ma chambre, mon téléphone et j’ai eu envie de hurler très fort, aussi.
Pour devenir muet.
Et jamais avoir à redire à Coma que je l’aime.
Il mérite pas que je lui dise des choses comme ça. J’ai l’impression qu’après je me prends des parpaings d’indifférence et d’oubli dans la gueule dès qu’on se touche de trop. Alors je suis pas allé au lycée, ce matin. J’ai prétexté un mal de crâne (c’est vrai) et que j’irai seulement cet après-midi.
Encore une fois c’est la contradiction des sentiments. J’ai le cœur partagé (comme hier). Je suis en colère et amer et frustré et plein de choses négatives mais quand je pense à Coma… Quand je pense à sa bouche qui me demande s’il peut m’embrasser et qu’après je pense à ses mains à sa peau à son visage à son parfum à Coma tout entier, Coma d’amour et Coma toujours, je deviens coton.
Coton dans les mollets, coton dans le cerveau. Coton dans le cœur.
Coton partout.
J’arrive au lycée et je suis soulagé lorsque je sais que je ne le croiserai sûrement pas parce qu’il sera en cours de maths. Mais j’ai le cœur qui tressaille un peu parce que je vais passer devant sa salle de classe et que par la fenêtre je verrais sa tête blonde appuyée sur le mur de derrière. Ou alors il sera en train de basculer sur sa chaise. Peut-être qu’il parlera avec sa voisine de classe ou peut-être qu’il fera semblant d’écouter le prof et de travailler. Peut-être qu’il se souvient de rien, après tout. Peut-être qu’il est honnête.
Peut-être qu’hier j’ai rêvé.
Je sais plus.
La réalité perd tout son sens quand on est amoureux.
Je marche dans le couloir pour rejoindre ma salle, les yeux rivés sur le sol et sur mes chaussures trouées. Il faut que je pense à me racheter une paire, ce serait plutôt une bonne chose (mais je ne sais pas si j’arriverai à faire le deuil de celles-ci). Il faudra qu’on organise une cérémonie quasi-religieuse, avec Coma. En mémoire de ces chaussures qui ont tant de fois foulé le bitume de Palo Alto. Qui ont essayé de faire du skate (en vain) et qui ont pédalé tant de fois. Ces baskets maltraitées, balancées de main en main ou tombées à la mer. Elles ont vécu un tas de choses, mes chaussures. Comme le coup du bisou derrière l’arbre, c’était un grand moment, ça aussi. Peut-être qu’elles ont pleuré un peu, peut-être qu’elles se sont dit « wah, Silas a réussi, il a embrassé quelqu’un pour la première fois, et un garçon en plus (mais pas n’importe lequel non plus) ».
Et là
Bim
Boum
Aïe
(et plein d’autres onomatopées comme dans les bandes-dessinées)
Ma tête qui cogne une autre tête. Je me retrouve les fesses par terre, un peu étourdit. On me soulève et je me retrouve de nouveau les pieds sur le sol. Je lève les yeux vers mon sauveur… vers Coma… Oh là là j’ai de nouveau les jambes coton et je me liquéfie à la vue de son visage. Mes jambes tremblent sous mon jean et j’ai très envie de faire demi-tour et de rentrer chez moi en courant.
Et me cacher sous la couverture.
Il me demande où j’étais et si j’ai reçu ses messages et il dit aussi qu’il a mal au crâne. Vite. Il faut réfléchir vite. J’étais au lit… (sans toi), je dis, en passant une main dans mes cheveux. Euh et euh oui j’ai reçu tes messages… Je baisse les yeux et je traîne ma carcasse fatiguée sur un banc où je pose mes fesses et mon sac. Par réflexe, j’aurai dû sortir une cigarette mais mon paquet est presque vide et puis dans l’établissement on n’a pas le droit de faire ces choses-là.
Dommage.
Je me racle la gorge. T’es sûr que tu te souviens pas d’hier soir ? Je lui demande, en le regardant droit dans les yeux. Parce qu’on voit tout, dans les yeux. Et je saurai si Coma me ment. Même si au fond j’ai pas tellement envie de connaître la vérité. Je la devine déjà.
Pourquoi est-ce qu’il fait ça ? Pour se donner bonne conscience ? Il peut pas il… Il a juste pas le droit de se comporter comme s’il n’y avait rien, rien du tout. Il peut pas marcher la tête haute, le sourire fier, dire qu’il a mal au crâne et qu’il se souvient de que dalle. Parce que moi j’étais aussi bourré que lui et aussi enfumé que lui.
Et en colère.
Et amoureux.
Et je me souviens de tout. Je me souviens des mots qui tuent, des gestes qui font pleurer. Je me souviens de l’avoir ramassé en morceaux sur le perron alors qu’il se pétait le cerveau sur la porte d’entrée. Je me souviens de l’avoir jeté dans le canapé comme un doudou qu’on décide d’abandonner et qu’on récupère presque aussitôt. Et puis je me souviens des sensations. De mon tee-shirt qu’il a commencé à enlever
et puis
« j’dois y aller désolé »
Quoi ? Pardon ? Est-ce que j’ai bien entendu, là ? Est-ce qu’on a le droit de faire ça ? Est-ce qu’il a le droit de commencer à enlever mes fringues pour se barrer direct en bredouillant des excuses ?
Putain non il a pas le droit !
Mais il le fait. Et ça l’atteint pas. Moi je peux lui raviver les souvenirs, si il veut. Parce que je suis tellement bête, tellement amoureux que moi je pourrais recommencer…
Je pourrais recommencer sans souci et me laisser tomber dans ses bras…

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Coma Nobody

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyVen 12 Sep - 12:47

J’ai l’impression d’être un gros mensonge qui se promène avec un sac trop lourd et des chaussures trop chères, c’est encore pire que d’habitude, encore pire que de me traîner avec la main de Debbie dans la mienne alors que tout le monde sait très bien qu’on s’aime pas. C’est encore pire parce que c’est à Silas, à mon meilleur ami que je mens. J’ai jamais menti à Silas dans ma vie. Sauf pour lui faire croire que j’aimais Debbie mais ça a pas marché deux secondes.
Il devait savoir que je l’aimais.
Il a dû le savoir avant moi.
Il aurait pu me prévenir.
Bon, je l’aurais pas cru. Je l’aurais jamais cru. Que moi, Coma Nobody, qui voulait tellement aimer Debbie, qui voulait tellement que les autres l’aiment, ferait en sorte que personne l’aime, en sorte d’aimer « l’autre Pollock ». Je lui aurais dit t’es con, et j’aurais rigolé en le frappant dans l’épaule, mais pas trop fort, pour pas le casser, juste pour voir ses joues se creuser en sourire. Maintenant, je fais tout pour qu’il sourisse pas. S’il sourit, c’est mort, c’est mort pour mes résolutions de silence. S’il sourit, je vais être obligé de nous trouver un arbre ou une salle vide.
Oh misère.
- J’étais au lit… Euh et euh oui j’ai reçu tes messages…
J’ai honte, j’ai honte, jaihontejaihontejaihonte, tellement honte et lui il est tellement gentil, tellement prévenant, je mériterais comme hier soir, des coups dans le torse et des mots en colère, je mériterais qu’il me cogne dessus jusqu’à ce que je ressemble plus à rien, qu’il m’insulte et qu’il veuille plus me parler et même pas me voir, qu’on soit plus amis ni rien du tout d’autre, peu importe comment ça s’appelle, comment on s’appelle. Qu’il me prenne de haut, comme la pauvre merde que je suis. C’est ça qu’il devrait faire, je vais lui donner des cours.
- T’es sûr que tu te souviens pas d’hier soir ?
Et on se regarde comme deux mecs qui se souviennent très bien d’hier soir, comme deux mecs qui savent très bien que Coma se souvient d’hier soir (Coma allongé sur Silas avec un t-shirt, puis sur Silas sur t-shirt, Silas puceau mais plus pour longtemps encore et … si, pour longtemps, encore, parce que Coma s’en va). Comme un ange (lui) et un con (moi) qui s’aiment mais c’est compliqué à cause du démon qui cherche à leur mettre des bâtons dans les roues (encore moi).
Je me souviens. Putain je me souviens.
Des étoiles.
Et moi, malgré tout :
- Nan, j’suis mort j’te dis …
Mais je le dis pas comme il faut, avec tout l’étonnement du monde dans la voix et dans les yeux, et la gestuelle qui va avec, mains levées vers le ciel genre mais vraiment j’y comprends rien quoi je me suis couché sans me déshabiller et quand je me suis réveillé j’avais juste goût de toi. Je le dis avec le ton de la honte, toujours cette histoire de double conversation, comme si nos mots disaient un truc et nos voix un autre, la vérité.
T’es sûr que tu te souviens pas d’hier soir ?
Je me le répète, exprès, maso.
On dirait une prière.
Dis-moi que tu te souviens, que c’est ton sms qui ment, que c’est tes mots qui te font faux bond, que la négation t’as échappé, que tu voulais dire oui au lieu de non, dis-moi que tu te souviens quand t’as dit « c’est moi ? » et que t’avais l’air ému contre ton gré mais ému quand même, que tu te souviens quand je t’ai embrassé au lieu de dire, oui, c’est toi, toi que j’aime, toi qui remplis mes rêves et parfois chasse mes cauchemars, toi le garçon qui prend toute la place.
Oui je me souviens, sois pas con, évidemment que je me souviens, parce que c’était encore plus fort que l’alcool. Plus fort que la vie. Plus fort que Debbie. Les plus magistrales montagnes russes de ma vie. Une injection de vitamines. Le vrai désir, le vrai amour. Je me souviens quand j’ai compris que tu m’aimais parce que tes yeux le criaient, c’était comme si tu venais de sauter dans le vide et de t’envoler, les deux en même temps.
Rien.
Je dis ça : rien.
Je réfléchis juste à 130 à l'heure.
Eh mec il s’est passé quoi hier soir ?
Mensonge numéro un.
Fausse question.
Il s’est passé que deux corps sont tombés amoureux, je sais bien que Silas l’était déjà, n’empêche qu’hier soir on l’a fait à deux, tomber amoureux, c’est tellement mieux. On l’a fait en harmonie et synchro, et même si y a eu quelques cafouillages, des broutilles au démarrage (ses poings, la bouteille cassée), au final, je pense que c’était pas si mal que ça. Même très beau. Un peu brouillon parce qu’il avait jamais fait ça avec quelqu’un, aimer comme ça, et moi parce que je suis trop habitué à la courbe des seins de Debbie, mes bras qui font deux fois le tour de sa taille.
J’me souviens de rien.
J’me souviens de tout.
Mensonge numéro deux.
Je me souviens tellement de tout que j’ai l’impression d’avoir pris du LSD et de me bouffer les effets secondaires en pleine gueule. Avec des flashbacks qui me bouchent la vue. La vie. Ça m’est revenu en tête toute la nuit, dans mes pseudo-rêves pendant que je pseudo-dormais avec un œil ouvert et le cœur qui guette, comme s’il attendait quelqu’un. Et ce matin ça continue, ça m’empêche de vivre et ça replonge dans hier soir. C’est pas juste lui, son visage son nez ses joues, c’est lui contre moi, je le sens, dans mes bras.
J’suis complètement KO c’matin.
Mensonge numéro trois. La vérité c’est que j’ai jamais été aussi haut dans les nuages, parce que je suis enfin amoureux, enfin amoureux, j’aimerais en faire des poèmes et des chansons, mais alors tout le monde le saurait et ça c’est pas possible, même lui, il doit pas le savoir. Non, je suis pas KO, je suis boostée aux vitamines-étoilées-Silas, je pourrais fracasser une fusée ou réussir un contrôle de maths, tout, sauf lui dire, je t’aime, déjà que je peux le dire à moi-même, faut pas trop en demander.
Enfin quand même.
L’amour, ça fatigue.
Et moi, je sais plus qui je suis.
Je me sens passé (dépassé), comme si j’étais plus d’actualité, allez, on passe à autre chose. Next.
- Et toi, tu … tu te souviens ?
Mon ventre gargouille quand je dis ça, j’ai faim, j’ai mangé qu’une pomme ce matin. Ça me saoule de manger des pommes en plus, tu passes plus de temps à l’éplucher et tout qu’autre chose. Et puis j’arrivais pas à vraiment voir la pomme, toujours le LSD (je me suis même arraché un bout de peau au pouce), tout ce que je voyais, c’était Silas, ses yeux dans les pépins, son visage dans les arrondis du fruit. Putain … Putain de maladie …
Je regarde autour de moi, le couloir est vide.
Allez, Coma, un baiser-vent !
Non, même pas ?

Non.

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Silas Pollock

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyVen 12 Sep - 13:54

Il me dit qu’il est mort. J’ai envie de rire très fort, comme à une blague pas drôle. Le plus mort d’entre nous deux, c’est moi, je crois bien. Il m’achève, avec ses faux baisers et ses je t’aime qu’on sait même pas si on doit y croire ou pas. Je sais plus comment faire, ni comment réagir. Est-ce qu’il veut que je lui fasse un dessin ? Peut-être qu’il voudrait un échange de pensées, et je lui dirai tiens, regarde et rappelle-toi. Souviens-toi de nous, de notre arôme d’amoureux enlacés (((hihi))).
Est-ce que tu veux qu’on recommence de zéro, Coma ?
On oublie tout, et on fait comme si on se rencontrait pour la première fois. Salut, salut. Silas. Coma. Et puis on commencerait à discuter et à faire des trucs ensemble. Tu viens au ciné avec moi ? Tu veux sortir ? Et moi je dirai oui, je dirai oui à tout, je dirai oui à lui. Même s’il me demandait des trucs quasi-impossibles je le ferai. Et même si on recommençait tout de zéro je retomberais amoureux de lui sans problème…
Même si c’est un con et qu’il a peur.
Je signe tout de suite pour un autre tour, moi. Je lui donne mon cœur et mon âme une deuxième fois. Mais j’aimerais aussi qu’il donne un peu de son cœur et un peu de son âme aussi… Rien qu’un tout petit peu, histoire de me faire comprendre « je t’aime aussi ».
Je peux essayer d’imaginer sa peur, sa réticence. Avec les sorcières Debbie et Sol à ses basques, aussi… Mais on dirait que le mauvais sort est redirigé sur moi. Que je me prends tout dans le visage, dans le cœur et dans les tripes. Au bout d’un moment ça fait beaucoup de sang perdu, je trouve…
Il me demande si moi je m’en souviens.
Je laisse échapper un soupir qui pue la déception et le triste. Mais ça veut dire évidemment que je m’en souviens, est-ce que j’ai l’air de pas m’en souvenir, est-ce que j’ai l’air d’avoir eu un black-out… Je regarde mes pieds et constate que mes orteils tentent encore de s’échapper.
Je vais vous dire très honnêtement que c’est pas très drôle d’être amoureux de quelqu’un qui vous aime (pas vraiment) n’importe comment. Ça fout des enclumes au bide, ça fait des nœuds dans la gorge. Et pourtant on est là, à attendre de recevoir des miettes d’amour. Des miettes de quelque chose. Un regard de la part de l’autre qui fait comprendre que « tu existes, que je te vois et que je t’aime ». Une main discrète dans la sienne, un geste. Des peaux qui s’effleurent.
N’importe quoi.
Mais quelque chose…
Un signe.
Alors moi j’attends avec toute la patience du monde. Avec les yeux qui pétillent toujours (un peu moins certains jours et presque éteints aujourd’hui). Et je me dis qu’ils finiront bien par arriver, les signaux. Au bout d’un moment on peut se contenter de s’embrasser derrière les arbres ou enfermés à double-tour. Et jouer la comédie, tout le temps, tous les jours… Ça use. Ça creuse des tranchées bleues et violettes sous les yeux.
Ça blesse, aussi.
Mais moi j’arrive pas à jouer la comédie à avec Coma. Je sais pas comment faire pour lui mentir. Je sais pas lui dire le contraire de ce que je pense. J’ai besoin de lui balancer tout ce que j’ai dans la tête et dans les tripes. Je pourrais jamais lui dire je t’aime pas avec toute l’honnêteté du monde dans la voix ou lui dire que je suis amoureux de quelqu’un d’autre ou dire que je me souviens pas d’hier soir non plus…
(je prends une inspiration)
(avec la voix qui tremble) : Bien sûr que je me souviens d’hier… Je veux dire, on peut pas ne pas s’en souvenir. Et moi aussi j’ai mal à la tête et au ventre et moi aussi je suis fatigué. Et pourtant je me souviens, je me souviens de tout, d’absolument tout que si je savais dessiner je ferai une bande dessinée d’hier soir…
Je me tourne bien vers lui.
Silence.
J’ai les sourcils un peu froncés, j’ai les yeux qui se fixent seulement sur certaines partie de son visage, mais jamais ses yeux. Je pose mon index sur sa pommette. Je peux même te dire qu’il y avait des larmes ici… Puis ma main sur le sommet de son crâne. La porte juste là… Puis mes doigts tremblants viennent se poser entre sa lèvre inférieure et son menton et y restent un peu plus longtemps, appuient un tout petit peu plus fort. Et ma bouche juste ici… (là je regarde son ventre)
Et ma main retombe dans le vide.
Je me sens très triste. Pour un tas de raisons, toutes liées à Coma. Coma c’est le genre de soleil qui arrête pas de te brûler un peu malgré lui. Et moi j’ai jamais eu besoin de crème solaire, j’ai jamais eu besoin qu’on me protège. Coma au départ c’était mon soleil, ma lumière, mon bouclier. Mais maintenant j’ai tous les effets secondaires.
Personne aurait pu me prévenir que c’était douloureux à ce point ?
Et sinon j’ai résisté très fort à l’idée de l’embrasser alors que j’étais en train de palper sa tête de partout. Il faut pas qu’on s’embrasse au lycée, il faut pas il faut pas. Imaginez si Debbie nous voit, ou si n’importe qui passe par là… Je serai pas très fier non plus. Tout mal à l’aise et tout maladroit.
Un peu comme hier, et les jours d’avant aussi.
Quand je pense qu’on a failli… enfin… qu’on était à deux doigts de s’aimer comme les gens font… Je veux dire, avec le corps plus qu’avec le cœur. Je crois que ça m’aurait tué. Je suis peut-être trop fragile pour pouvoir supporter des doses aussi fortes de passion. Ou alors j’aurai pris feu. Peut-être aussi que je serai devenu un presque adulte, pas un gamin-adolescent qui sait pas trop comment ça marche ces choses-là.
Mais bon.
Coma est parti alors…
Tu te souviens, maintenant ? J’ai toujours les yeux rivés sur son ventre parce que si je le regarde je vais fondre, fondre comme un Silas au soleil…

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Coma Nobody

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyVen 12 Sep - 19:48

Il fait tout pour pas me regarder, j’en profite pour faire le tour de lui. Il porte un pull qui est trop grand pour lui et qui me donne envie de lui envoyer mon cœur dans une lettre d’amour (comme ça on verra pas que c’est moi). Ses cheveux sont trop longs, non mais quand est-ce qu’il va les couper, et puis il y a une cigarette au bout de ses doigts mais il a oublié de l’allumer, ça doit être de ma faute.
C’est toujours ma faute.
- Bien sûr que je me souviens d’hier… Je veux dire, on peut pas ne pas s’en souvenir. Et moi aussi j’ai mal à la tête et au ventre et moi aussi je suis fatigué. Et pourtant je me souviens, je me souviens de tout, d’absolument tout que si je savais dessiner je ferai une bande dessinée d’hier soir…
On dirait qu’il a toute la peine du monde qui fait pression sur lui.
Encore ma faute.
Il s’approche de moi, avec ses doigts en forme de caresse et je sais pas ce qu’il va faire mais … Il pose son index sur ma joue et il redessine le chemin de mes larmes d’hier soir, ou alors c’est moi qui invente. Il dit un truc. Il effleure mon crâne mais il évite les bosses, il évite la douleur, ou alors je deviens fou. Il dit un autre truc. Et puis ses doigts me rappellent qu’il m’a embrassé, là, sur la bouche, mais c’est pas sur la bouche qu’ils sont, il doit pas oser, ou alors je dis n’importe quoi. Il dit un dernier truc. Je comprends toujours pas. Rien. Je dois avoir l’air malin et hypnotisé.
Amoureux.
(Aïe … Ça me … Coupe la gorge.)
- Tu te souviens, maintenant ?
Du coton dans sa voix.
J’ai envie de fracasser sa politesse, de la cogner contre le mur, de la défoncer une bonne fois pour toute. Allez quoi Silas, fais quelque chose ! Tu sais bien qu’à chaque fois que je fais un truc, moi, je le défais tout de suite après. Je casse et gribouille tout en croyant que comme ça on pourra faire comme si ça avait jamais existé. Comme si ça s’était jamais passé que j’ai eu l’air de t’aimer plus que personne.
Et puis je me souvenais déjà, qu’est-ce que tu crois.
Là je me souviens juste un petit peu plus.
(Merci)
En parler plutôt que recommencer, c’était bien je trouve.
- Oui.
J’ai envie de lui dire plus, autre chose, par exemple, demi-miracle : ce matin, j’ai croisé ma mère. Elle m’a caressé la joue, mais sans me regarder, faut pas exagérer, dit « mon beau et grand garçon », et puis s’en va. Ma mère elle me donne à peu près aussi froid que Debbie, elles ont dû se donner la recette, d’ailleurs elles s’entendent super bien. Et puis non maman, je suis pas un grand garçon, si tu me voyais en ce moment, j’ai tout le temps envie de pleurer parce que je me tiens au sommet d’une super haute montagne, celle des amoureux tout neufs, et que j’ai peur de me casser la gueule, si c’est pas déjà fait, et aussi que pendant que je tapais ma tête contre sa porte d’entrée justement, j’ai résolu la première équation mathématique de ma vie, avec l’équilibre et tout : S. x C. = cœur, cœur, cœur.
Surprise.
Je ferme ma gueule.
Et je me bloque tout seul. C’est moi qui me construis des barrières, des barrages, je me suis fabriqué une clôture comme si j’étais une maison, j’ai même mis une haie par-dessus, et pour couronner le tout y a un portail fermé à double tour. Tu risques pas d’entrer à moins d’avoir la clé ou le code. Tu restes dehors sur le trottoir, mais Silas, j’ai pas envie qu’il reste sur le dehors, si ? C’est qu’à force de vouloir être comme les autres je finis par être un moins qu’humain, sans rien ni personne.
Et puis quand je le vois je pense à des poèmes.
Je n’ai jamais tenu sa tête dans mes mains.
C’est vrai ça, et putain quand j’y pense ça me bouleverse jusque dans le fond de l’âme, j’imagine la scène et mes mains en coupe autour de son visage, ce serait horriblement émouvant.
Coma putain pour une fois que tu peux aimer …
Pour la première fois …
Saisis-la, ta chance …
Et j’y pense, j’y pense à ses mots, ceux d’hier soir parmi d’autres, ceux que j’ai rejetés, encore, t’es pas mon amant j’ai dit, mais j’étais con hier, j’étais saoul hier, et aujourd’hui juste devant lui avec mon corps qui réclame chaque centimètre du sien, qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Sans le montrer aux autres mais le garder pour nous ? C’est une habitude, ma seconde carapace. Mentir. Qu’est-ce que ça peut faire de continuer, pour la bonne cause cette fois ? Ce serait comme si je m’offrais un cadeau. Allez pour une fois. Et puis les autres, ils verront rien de rien. Quand j’embrasserai Debbie, c’est tout mon corps qui pensera à Silas et alors j’aurai l’air encore plus amoureux. Du côté-Silas de mon cerveau, je réfléchis déjà à nos futures cachettes, sa chambre, la mienne, les buissons, la forêt, les ascenseurs, les salles de cinéma, les toilettes (avec Debbie, le problème c’est toujours de décider entre les toilettes des filles et ceux des garçons, là au moins, c’est réglé).
Ça a l’air simple dans ta tête Nobody.
T’es un peu trop con.
Avant-Silas-amour, j’avais pas de conscience, ou alors, elle avait encore assez de respect pour moi pour la fermer toute la journée. C’est ça, et la nuit, elle se déchaînait dans mes cauchemars. Mais depuis la première collision (moi / Silas / bouches / etc), elle est là, à toutes les secondes de ma vie, à me dicter ma vie et me rappeler mes mochetés, elle me fait chier, elle me donne envie de pleurer, j’ai l’impression d’être un espèce de gros bon à rien, de point d’interrogation qui sait pas où il va (ni avec qui) (ni pourquoi avec cette personne en particulier) et qui se cogne sur tout ce qui vient sur son passage.
Je vais lui faire boucler son clapet, tu vas voir.
Je le regarde, avec mes yeux pas encore sûrs, mes certitudes flinguées par dame Conscience, et je le trouve loin, enfin près, mais loin, comme s’il s’en allait, petit à petit, c’est normal en même temps, c’est pas parce qu’il m’aime que tout est permis. Je le vois bien qu’il s’en va, que si je le prenais pas le bras ça suffirait à peine. Peut-être qu’il faut autre chose pour le ramener, le garder, non, il faut quelque chose pour le ramener à la maison (moi). Je viens faire buter, balbutier, mes lèvres contre les siennes, un peu trop fort, pas assez doucement, sans les mains et sans les bras, juste comme ça, et puis pour pas que ça dure trop longtemps aussi, ça fait dix minutes que je guette les alentours mais un baiser dans le cou et tout pourrait s’envoler. On pourrait se faire dégommer.
Je suis en colère, heureux, ronchon, ému.
Mais cette fois je vais pas pleurer, m’en aller, pas me détourner.
Je le regarde en plein dans les yeux, je me noie, je le défie.

Alors, on le fait, oui ou non ?

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyVen 12 Sep - 20:40

Il dit oui.
Je ne peux pas m’empêcher de sourire un peu, ça étire mes lèvres joyeusement. Ça me fout le cœur en fête, aussi. J’ai envie de hurler hourra. Il se souvient, lui aussi. Il se souvient de la chaleur qui voulait pas s’atténuer entre nous. Il se souvient de mes doigts sur lui, de ma bouche sur lui, de nous ensemble, nous liés, par le corps et par le cœur. Je crois qu’hier soir c’était une grande soirée. Avec un parfum salé/sucré qui donne le vertige et envie de vomir.
Ça fait le même effet que courir pendant très longtemps et très vite qu’on dirait qu’on se désintègre et qu’on devient plus que des tripes.
Allez, je crois qu’on est peu à peu en train de sortir la tête de l’eau et qu’on va bientôt retrouver l’oxygène la surface le soleil. La vie.
Et puis sans prévenir.
Boum.
Il m’embrasse. Moi j’ai pas le temps de réagir que j’ai les yeux grands ouverts d’étonnement. Je vois ses yeux fermés très fort et son visage qui a l’air de subir son geste et peut-être qu’il se dit merde de merde pourquoi je fais ça je suis complètement débile ou quoi. Allez, je le lui rends, son baiser furtif.
On dirait des enfants.
Je le regarde, avec les joues qui flambent et j’ai très très chaud. J’ai une multitude de pensées qui se bousculent dans ma tête. Ouh là là, si je commence la journée comme ça je vais finir à l’infirmerie sous doliprane. C’est la fièvre amoureuse, ça… la fièvre amoureuse.
Tu te rends compte de ce que tu viens de faire ? Je m’entends dire. En plus on se regarde droit dans les yeux on dirait qu’on a sorti le grand jeu, qu’on vient de s’avouer des choses inavouables. Mais c’est immense, son geste. C’est immense pour lui, pour moi. Peut-être que c’est sa façon de s’excuser, ou de confirmer qu’il se souvient d’hier soir, peut-être aussi que ça veut dire qu’il m’aime malgré tout. Malgré lui, malgré moi, malgré Debbie. Malgré le monde entier.
Il m’a embrassé.
Dans un couloir du lycée. À deux pas et demi d’une salle de cours pleine de filles et de garçons qui nous connaissent un peu et qui savent qu’on est les meilleurs amis de l’univers. Wow… Faudrait presque sortir la bouteille de champagne et porter un toast en l’honneur de Coma. Moi ça me retourne le cœur cette histoire d’amour. Et puis le cerveau aussi. Mon estomac s’entortille avec le reste de mes organes et ça ressemble plus trop à rien à l’intérieur de moi. Comme si on m’avait secoué et balancé de tous les côtés.
Ça remue…
J’ai envie de plein de choses.
De le prendre dans mes bras, de serrer sa main dans la mienne, de l’embrasser encore, de m’enfuir avec lui sur mon vélo et vagabonder dans Palo Alto jusqu’à demain matin. Qu’on aille s’allonger dans le jardin de quelqu’un et qu’on se mette à deviner le nombre d’étoiles cachées derrière les nuages. Et puis on se chuchoterait des trucs pour pas qu’on réveille les habitants de la maison en pouffant comme des gamines. Ça ressemblerait un peu à du rêve, je crois.
Dis, Coma… J’ai les sourcils qui se froncent. Pourquoi tu t’es barré, hier soir ? Je lui demande (bah oui, il se souvient de tout, il va pouvoir me répondre…) J’attrape sa main et j’entrelace vite fait mes doigts aux siens. Pour pas qu’il s’échappe. Et puis s’il s’en va il m’entraînera avec lui de toute façon. Moi j’le lâche pas, jamais.
Hier soir je me suis senti comme le plus grand des cons. Le tee-shirt sur le parquet, le ventre à l’air, les cheveux en pagaille, les joues rouges et tout étourdit et enivré d’amour et de désir. Et puis la porte qui claque. Et moi tout seul dans le canapé à regarder la télé et à finir le café de Coma. Pour retrouver un peu de lui sur le bord de la tasse. J’étais trop bête, trop hébété pour pouvoir pleurer. Je me souviens avoir ramassé mon tee-shirt, éteint la télé, pris une douche puis être allé dans mon lit.
Et j’ai rêvé de lui.
Oh c’était pas un rêve très sage, vous savez… Du genre qui vous fait un peu bander et tout… Mais c’est normal, il m’a un peu coupé dans mon élan. Alors tout ce que je peux faire, c’est y penser. L’imaginer, le rêver. Essayer de deviner ce que ça fait, comment c’est, si on a chaud ou froid ou les deux en même temps, jusqu’où on ressent les frissons, etc…
T’as eu peur ? Puis là je me tais.
C’est délicat de parler de ces choses-là. Surtout avec Coma. C’est le meilleur moyen de le voir s’enfuir, prendre ses jambes à son cou et se terrer quelque part jusqu’à ce que les choses se tassent. Moi je le vois avec les yeux de l’amour, Coma c’est un soleil, c’est mon héros. Mais c’est pas un grand courageux. Il marche à reculons mais c’est pas grave.
Je suis là, moi.
Et je le pousse. Vers l’avant, vers le haut. Vers le ciel. Là où toutes les choses sont plus belles et plus brillantes. Je le regarde et j’espère que ses yeux vont tomber dans les miens. Et par le regard je lui dis des choses que jamais je ne lui ai dites en face. Et ça dit : t’es pas rien, t’es pas nul, t’es pas de la merde. Regarde-toi, regarde où tu vas, ce que tu fais. T’es beau, Coma. Et je t’aime, je t’aime tout entier. Je t’aime avec chaque millimètre de moi. Je t’aime pour toujours. Je t’aime avec ta peur au bide et tes baises-pansements, avec tes mots rasoirs et des mains caresses.
Je t’aime
Je t’(…)

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptySam 13 Sep - 19:36

Je me sens malaise, comme un gosse amoureux pour la première fois, parce que je suis ça, un gosse amoureux pour la première fois. Je sais pas quoi lui dire après ça, je sais pas quoi faire de mes bras. Ils pendent des deux côtés de moi comme des cons. Finalement, le gamin de l’autre jour au skate park, il était plus doué que moi, je ferais mieux d’aller lui demander des conseils. Moi, je sais faire semblant, mais quand faut aimer Silas pour de vrai, y a plus personne. C’est que … C’est comme … Mon copain, maintenant. Mon petit ami (mon deuxième, mais sans les « e » qui disent les filles). Et puis je peux pas m’empêcher de regarder partout autour de nous, comme si on était des agents secrets de l’amour en pleine mission. Si on nous chope, on touchera pas le pactole et y aura pas de jolie fille à l’arrivée.
Mais moi je l’ai déjà ma jolie fille.
Il est très beau.
- Tu te rends compte de ce que tu viens de faire ?
Oui / une bêtise.
Mais une jolie hein …
Dis-moi qu’elle est belle ma bêtise …
Il prend mes doigts dans les siens et je me retiens très fort de lui dire « arrête on pourrait nous voir », c’est assez facile parce que mon cœur marche par-dessus ma connerie, il est plus fort et il est doué pour calmer les ardeurs de tout le monde, les pulsions colériques de mon cerveau, il se trimballe assez d’amour (en tous cas pour Silas) pour relever la tête, pour avoir du poids contre ma connerie et ma peur. Il est même capable de me rendre content.
Ça se voit pas mais j'ai le cœur en avion aussi.
Il fait quinze tonnes et il va super vite.
- Dis, Coma … Pourquoi tu t’es barré, hier soir ?
Je ferme les yeux.
- T’as eu peur ?
Je ferme les mots.
Je m’assois par terre contre le mur et parce que j’ai pas voulu lâché sa main (j’ai pas fermé mon amour, non plus) et qu’il a pas voulu non plus, il s’assoit contre moi, on pourrait avoir l’air de deux meilleurs amis qui sèchent les cours, si ce n’est que y a nos deux mains, nos dix doigts bien accrochés, que j’ai cachés entre nos cuisses.
- Tu m’as ramené mon iPod ?
Putain je suis vraiment trop bête. Mais moi j’ai du mal à parler de mes sentiments, j’ai du mal tout court avec mes sentiments, on s’entend pas très bien et on va jamais dans le sens de l’autre. Quand j’essaie de les montrer ça donne des trucs comme hier soir : l’embrasser, pleurer, fracasser la bouteille, l’embrasser, pleurer, l’embrasser, le déshabiller, partir. Alors imagine parler. Tu vois, vaut mieux que je me taise, quand je parle ça fait des bêtises dans la situation. On est assez bancals comme ça.
J'ai le cœur qui bat à fond les ballons, même plus vite que les ballons, on dirait pas comme ça avec ma respiration lente mais à l’intérieur c’est un bordel sans nom, enfin si, ça s’appelle Coma tout simplement.
Personne.
Et puis j’aurais jamais dû partir, il le sait, ça sert à rien d’en reparler, si ? J’ai quitté ses bras et j’ai su que je venais faire une bêtise, une encore plus grosse que l’AIMER, mais le problème avec les bêtises c’est qu’une fois que tu les entames, pour faire demi-tour, c’est impossible, il doit pas y avoir assez de place ou quelque chose comme ça, en tous cas, c’est compliqué de revenir d’une bêtise. (C’est faux … Je suis juste le pire des lâches, vous voudriez pas me rencontrer, vraiment.) J’ai fait un pas et j’ai eu l’impression d’étouffer, je suis sorti de la pièce et c’est comme si je venais de le tuer, je suis rentré chez moi et j’ai cru mourir. Dans mon lit il me manquait, je me suis serré dans mes bras pour faire comme si t’étais là et puis j’avais froid, j’avais froid ma chambre était comme un hiver, j’y comprenais rien parce que dans la tienne, c’était la canicule. Comme quoi l’amour dérègle même les saisons.
Je peux le dire maintenant, ça fait quelques jours que je murmure son prénom dans mes rêves.
Donc cette nuit, pas d’exception.
Et puis quand je pense que cette nuit, j’aurais pu la passer avec lui.
Ça me fait des guilis dans le bas du ventre.
Serre les jambes Coma.
Quand je pense qu’on était dans le niveau caché de Mario Bros, celui qu’on découvre avec des étoiles à la place des yeux. Quand je pense que pendant que je l’embrassais comme un dingue je pensais à un jeu vidéo et que je disais faut aller jusqu’au bout de ce niveau et sauver Peach, sinon, c’est nul, quand je pense à ça et quand je pense que je suis parti. Putain. En même temps, on en aurait fait quoi, de la princesse, nous ? C’est qu’on est plutôt princes et épées.
Plutôt pédés.
Pédés. Pédés ensembles. Autant dire amoureux. Silas j’ai eu peur hier soir si tu veux tout savoir, et j’ai encore peur ce matin. J’ai l’impression que je viens de lancer quelque chose de trop grand et trop beau pour moi (l’amour), d’embarquer dans une fusée direction surprise. Mais y a Silas justement, non ? Y avait, y a, y aura Silas. C’est un point de gagné. Pardon, mille. Avec Silas on se lâche pas, on l’a jamais fait. On s’est pas lâchés quand j’ai commencé à faire semblant d’aimer sa sœur, on s’est pas lâchés quand on s’est embrassés, on peut continuer comme ça. C’est surtout moi qui l’ai lâché. Au skate park. Hier soir. Et quand ils s’y sont mis à dix connards pour écrire PÉDÉ au crayon indélébile sur son casier et que moi, j’ai rien fait. Eh, les gars, y a un autre casier à taguer par ici, un deuxième pédé. Vous inquiétez pas, c’est pas contagieux …
J’ai honte.
Je devrais pas.
J’ai honte de ma honte.
Je te regarde, je t’aime.
Silas a une bouche qui clignote fluorescente et me crie : embrasse-moi, embrasse-moi. Je suis sûr qu’il le fait exprès. Qu’il se regarde le matin dans la glace pour mettre sa machine de guerre au point et qu’il se marre déjà en imaginant combien ça va me rendre dingue. Si j'avais su hein. Mais j'aurais pas pu. Déjà la première fois que je l'ai vu je me suis dit d'où il sort celui-là. Il était comme les autres garçon, enfin il avait l'air, il faisait du vélo, il jouait au foot et tout, mais parfois il ratait un but et ça se voyait qu'il était plutôt en train de rêver. Si ça se trouve je l'ai aimé tout de suite ... Je savais juste pas ce que c'était ...
- Chuipartiparcequejepensaispasqu’onpouvaitautantaimerquelqu’unetçam’aterrorisé.
Je regarde tout sauf lui.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyDim 14 Sep - 12:23

Au début il ne répond pas. Il ignore ma (mes) question(s). J’essaie de ne pas lui en vouloir, de me dire que c’est pas grave. Parce qu’il faut que je m’habitue à ça, de toute façon. À ses façons d’esquiver les questions qui dérangent, qui font plisser les yeux, serrer la mâchoire, trembler.
Il me demande si je lui ai ramené son iPod.
Je m’attendais pas à ce qu’il me parle de ça, là, tout de suite alors j’ouvre un peu grand les yeux l’air de dire « c’est une blague ? ». Non, j’y ai pas vraiment pensé. Faudra que tu repasses chez moi venir le chercher ou alors je te le déposerai dans ta boîte aux lettres enfin comme tu veux…, je réponds. Il est toujours le bienvenu à la maison malgré… malgré tout ce qu’il s’est passé et ce qu’il se passe en ce moment.
Je me demande si un jour on arrivera chez moi main dans la main (peut-être dans un ou deux ans) et qu’on s’embrassera devant les parents et devant Debbie. Et ce serait le quotidien, ce serait NORMAL. Je pense que le jour où ça arrivera, je serai heureux. Je veux dire, vraiment. J’aurai ma famille qui accepterait le faut que leur fils soit h o m o s e x u e l, Debbie qui m’en voudrait pas de lui avoir piqué son (mon) petit ami et Coma à mon bras. Ce serait la belle vie, hein… Coma n’aurait plus jamais à s’inquiéter de savoir si on nous observe, si les gens risquent d’être au courant… Parce que les gens seront au courant. Mais ce sera pas aussi important, pas aussi grave que maintenant. Ils seront habitués à voir deux meilleurs amis se tenir par la main et se dire je t’aime en toute sobriété et avec les yeux de l’amour. Peut-être qu’il faut attendre un peu, juste histoire de quitter le lycée, et de grandir un peu (mais moi en attendant je l’aimerai toujours Coma, et pour un bout de temps). Faudrait qu’on revive tout ce qu’on a vécu comme des amoureux et plus comme des amis.
Je suis son mouvement lorsqu’on se retrouve tous les deux par terre, les mains jointes cachées entre nos jambes. J’ai l’impression d’être enfermé dans une bulle, une bulle où il n’y aurait que Coma et moi. Et je peux vous dire qu’elle est magnifique, cette bulle. Elle lui ressemble et puis elle sent bon. Elle sent le savon, elle sent Coma les fins de soirées ou Coma lorsqu’il sort de la douche, les cheveux encore humides et la serviette autour de la taille. Et puis elle a un peu le parfum de moi, aussi. Et puis c’est confortable, à l’intérieur. Ça fait comme dans mon lit, ou comme dans un gros et vieux fauteuil en cuir dans lequel on pourrait s’endormir.
On pourrait y vivre pour toujours, dans cette bulle.
Avec nos doigts entrelacés et très serrés pour jamais se lâcher jamais se perdre jamais s’oublier. J’ai mes yeux sur lui et les siens papillonnent partout. Ça fait moi le sol son pantalon moi le sol ses pieds et puis il ne me regarde plus du tout. Et puis il dit « Chuipartiparcequejepensaispasqu’onpouvaitautantaimerquelqu’unetçam’aterrorisé ». J’ai réussi à presque tout comprendre. Mes oreilles ont retenu autant aimer quelqu’un et terrorisé.
Oh.
Je crois que c’est sa façon ratée et maladroite de me dire je t’aime. Moi je peux pas m’empêcher de sourire (très grand jusqu’aux oreilles), un peu bêtement, mais ça fait ça d’être amoureux. Ça fait sourire pour des petits signes, des petits mots, des choses que le cerveau interprète à sa façon. Ma main se serre un peu plus contre la sienne, comme pour dire « d’accord, je comprends, c’est pas grave ». Je penche ma tête vers lui et je dépose un baiser sur son épaule (je sais qu’il n’y a personne).
Mais euh... faut pas avoir peur, tu sais, y a rien à craindre, je te promets. J’appuie ma tête contre le mur derrière moi. Alors c’est donc ça. Ce qui lui fait le plus peur, c’est d’aimer, c’est pas vraiment les pédés (ouf). Ça me rassure un peu. Et en même temps ça me rend un peu triste pour lui qu’il aie peur de tout ça. D’avoir le vide dans le ventre, la tête dans les nuages, les doigts qui tremblent, les mains qui savent plus que toucher, les lèvres qui se lassent jamais d’embrasser…
Puis tu vois, de nous deux, ça a toujours été moi le plus trouillard. Et regarde-moi, Coma, est-ce que j’ai peur, est-ce que j’ai peur ? Je chuchote très fort, et puis je secoue la tête comme pour dire « non j’ai pas peur ». J’ai pas peur de t’embrasser, Coma. J’ai pas peur de t’aimer ni de te tenir la main. J’ai même pas peur de sauter dans le vide avec toi, de rouler à contresens sur l’autoroute avec toi, de me faire attraper par les flics pour te protéger, de faire l’amour avec toi…
je
n’ai
pas
peur
Je le regarde et mes yeux expriment des milliards de choses. Je sais plus mettre les mots dessus à la fin. Tout ce dont je suis certain là tout de suite c’est qu’en plus d’avoir peur de rien, j’ai aussi envie de l’embrasser. De couvrir son visage avec ma bouche en supposant qu’un baiser = une preuve d’amour.
Je veux lui donner un nombre infini de preuves.
Je me relève et le relève avec moi. Viens on s’en va, on va où tu veux, mais on reste pas ici, j’te suis. Où tu veux, je dis. Et puis tant pis pour l’école. C’est pas parce qu’on rate une journée qu’on ratera notre vie. Peut-être qu’aujourd’hui est un jour tout aussi important pour notre avenir. Peut-être qu’il faut pas la rater en écoutant des profs parler de la guerre dans le monde et de la différence entre une comparaison et une métaphore.
Allez Coma,
allons vivre un peu.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyDim 14 Sep - 19:12

Je suis parti parce que je pensais pas qu'on pouvait aimer autant et ça m'a terrorisé.
Voilà, c’est mieux comme ça.
Si un orthophoniste me voyait il s’arracherait les cheveux et moi je dirais pardon monsieur/madame, mais c’est l’amour, c’est l’amour vous comprenez, j’en perds mon anglais et ma notion de l’articulation, je sais c’est ridicule mais c’est bien pour se cacher derrière, comme ça Silas pourra dire non mais j’ai rien pigé, et moi je dirai pas grave, pas grave, laisse, c’était juste une déclaration d’amour un peu casse-gueule, complètement ratée. C’est l’amour, c’est l’amour, et c’est dur, l’amour, d’abord les températures, ensuite les mots et puis les sentiments, les perceptions, tout se dérègle, tout déconne, tout se reconfigure. (« Si un orthophoniste me voyait » Non mais vraiment …)
Il embrasse mon épaule.
Je fonds, je cuis.
- Mais euh... faut pas avoir peur, tu sais, y a rien à craindre, je te promets.
Je soupire.
C’est pas de la blague ces affaires moi j'ai plongé dans ses yeux et j'y ai vu tout l'univers, forcément ça m'a effrayé, je l'ai embrassé et il avait le goût du soleil, je me suis dit putain comment je peux faire moi pour être digne de tout ça et pas l'abîmer. Je pourrais pas. Je peux pas. Douze heures plus tard je sais que j’aurais pas dû partir comme ça, j’aurais dû désolidariser nos lèvres pour à peine quelques secondes, le temps pour moi de dire « j’ai peur », et pour lui de chuchoter très vite « faut pas avoir peur », de quoi me ramener contre lui pour y rester toute la vie. Je sais. Je sais. Je sais.
Je sais, ça va.
- Puis tu vois, de nous deux, ça a toujours été moi le plus trouillard. Et regarde-moi, Coma, est-ce que j’ai peur, est-ce que j’ai peur ?
Je soupire encore.
À force je vais perdre l’air de tout mon corps.
Je dis rien et Silas il lâche mes doigts pour se lever, on part en voyage ?
- Viens on s’en va, on va où tu veux, mais on reste pas ici, j’te suis. Où tu veux.
Il les récupère tout de suite après pour m’aider à me remettre debout moi aussi, toujours ces trois centimètres qui me font plus grand que lui. J’aime bien le contact qu’on a eu, je suis sûr que ça avait l’air très innocent mais comme ça on peut se toucher. Je ferai une liste ce soir, une liste des gestes doux qu’on peut avoir pour l’autre sans avoir l’air amoureux. Même si c’est ce qu’on est. Amoureux.
Oula.
Je suis plus sûr de mon estomac, tout à coup.
Il se looping tout seul comme un fou.
On fait un pas, trois pas, mais nos pas, ils vont nulle part. On s’en va, où tu veux. Je pourrais juste l’emmener dans un endroit où on pourrait s’embrasser sans que je sois obligé de garder les yeux ouverts pour guetter tout autour. Et puis j'aimerais mieux l'emmener sur la lune mais puisque ma fusée est chez le garagiste ... Euh ... Qu'elle existe pas, quoi, ça risque d'être compliqué. On s’en va. Où tu veux. Ça (me) fait peur comme il dit ça, c'est chargé d’espoirs avec un s et puis c'est comme si y avait un sens caché. Où tu veux, j'te suis, même jusqu'au bout du monde. Je commence à trembler, moi, et mes jambes, elles sont déjà parties en courant. Non, allez, cœur, ramène-moi à la raison. Tout va très bien et il veut juste s'en aller du lycée. Aller quelque part. Avec moi. Comme on fait tous les jours mais cette fois avec l'amour qui nous pèse au-dessus.
Qui nous pèse ...
Qui nous allège, plutôt ...
Alors je le prends mentalement par la main et on s’en va, où je veux.
On marche en silence mais dans ma tête à moi ça discute beaucoup et ça part dans tous les sens parce qu’il m’a demandé de l’emmener dans un endroit chouette et que … Quand même, c’est notre première sortie en amoureux et je suis chargé de la destination, faut pas que je me plante. Ma main mentale dans la sienne est toute moite d’inquiétude.
Il est onze heures et quelque chose.
On pourrait aller au cinéma.
Le cinéma dans ma tête c’est le truc ultime des débuts amoureux, parce qu’on peut s’assoir à côté de celui ou celle qui nous remue fortement les entrailles sans qu’on puisse y faire quelque chose, parce qu’on peut s’assoir à côté de cette personne pendant deux heures sans avoir à batailler avec une conversation, et en lui touchant les doigts, quelques fois. Avec Debbie, bizarrement, on a jamais été au cinéma. Debbie, elle aime pas le cinéma. Debbie, elle m’aime pas. Debbie, elle aime rien …
Silas, je suis sûr qu’il sera content.
Mais je lui dis rien, c’est une surprise.
Je le regarde, juste, comme ça, du coin des yeux.
Je sais qu'il rêve que je lui prenne la main pour marcher.
Tu crois que j’ai pas envie de la prendre ta main, peut-être ? Putain mais j’aimerais même prendre tout ton corps contre moi, marcher en câlin, on a vu ça dans un film rappelle-toi, tu te cachais peut-être les yeux, c’était peut-être déjà trop pour toi. Moi, je suis très capable de recopier le geste tellement je l’ai observé, c’était beau. Tu vois, pour te dire. Mais c’est pas possible parce que là-bas y a un junior qu’arrive en courant parce qu’il a raté le car ce matin, un prof qui sèche son propre cours, une fille qui promène son petit ami, alors, je peux pas. C’est déjà assez compliqué pour moi de me dire que je t’aime, toi Silas Pollock, mon meilleur ami et mon beau-frère alors on va se contenter de se regarder, d’accord ? Tu pourras le voir, là, tout mon amour. Et encore … C’est que ça devient compliqué de te regarder, depuis ce matin, depuis hier soir, je peux pas m’empêcher de revoir l’expression sur ton visage quand t’as compris qu’on allait …
Eh non raté.
Je sais même pas pourquoi je m'énerve, il m'a pas demandé de la tenir, sa main. Mélange de gueule de bois et d'amour.
Mais tout ça pour voir que je suis pas fort moi, tellement pas fort que je suis obligé de sortir avec une fille que j'aime pas pour pas avoir l'air trop fragile. Lui, il est fort, je sais bien qu'il est fort, et d'ailleurs il va falloir qu'il le soit encore longtemps avec moi et toutes mes marches arrières, mes « désolé j'dois y aller ». Ma connerie.
Désolé j’dois y aller.
Et ce regard. Ce regard qui était encore bloqué dans l’instant d’avant, moi sur lui qui se débat avec son t-shirt pour l’envoyer au loin, voir si j’y suis. Le regard qu'il a eu. Un regard à mettre sur pause pour l’admirer sous toutes les coutures, s’en souvenir toute sa vie. Un regard comme ça je pourrais en faire des poèmes et des dissertations. Si les équations de maths avaient ce regard-là, je me ferais un plaisir de les résoudre trente ou mille fois même, pour avoir une bonne note.
On marche.
Lui mon prince. Et moi sobre et amoureux, nerveux et amoureux, la bouche sèche, les mains moites, l'estomac complètement en vadrouille. J'aimerais être léger comme lui dans mes bras hier soir mais je peux pas m'empêcher d'être lourd comme le monde. Pourtant je marche à côté d’un garçon qui est très beau et très amoureux de moi et on arrive au vieux cinéma où on va pouvoir regarder un film en se collant l’un contre l’autre, dans le noir.
- Deux places pour Fight Club.
- Le film est déjà commencé.
- Tant pis.
Dix dollars pour passer cent trente-neuf moins quinze minutes avec Silas, sans avoir peur.
J’achète.
Dans la salle, il y a une personne, au premier rang, nous, on va derrière.
- Désolé. Un jour on aura un vrai rendez-vous amoureux
je chuchote.
Je préfère lui parler au futur, je trouve ça bien, loin, avec le futur tout a l'air possible, même Silas et moi. Mais pas demain. Mais pas après-demain. Non pas ça. Ce futur-là est trop près de moi pour que je trouve une solution. Je pose ma main sur sa cuisse, je crois que c'est comme ça qu'il faut faire, avec Debbie c'est souvent la main dans le dos mais pour Silas je veux tout réinventer, et pas recycler les gestes attribués à Debbie, ceux que j'ai déjà usés jusqu'à la corde, et sans y croire en plus.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyLun 15 Sep - 16:28

On avance. Pas main dans la main, malheureusement, mais on s’en va. On marche avec derrière nous le lycée, les mauvaises langues, les filles pas jolies et les garçons très très cons et les profs pas toujours gentils et les salles de classe un peu pourries.
On marche avec nos mains qui se balancent en même temps que nos pas et nos doigts s’entrechoquent de temps en temps, ça fait boum boum boum (comme un cœur qui bat). J’aimerais bien les attraper, ses doigts, les emprisonner avec les miens et les garder pour toujours. Mais je n’en fais rien de ces choses-là, je me contente de marcher avec lui et je me dis que c’était déjà ça de gagné.
Qu’on a encore réussi à être rien que tous les deux et qu’on va se couper du monde pour quelques instants. Moi ça me met du baume au cœur, j’ai un tout petit feu d’artifice au creux du ventre et les yeux qui brillent un peu plus fort. J’ai peut-être le sang un peu plus chaud, aussi. Et le cœur qui tremble.
On arrive au cinéma.
Je pense « oh ». Est-ce que ça veut dire que c’est notre premier rencard ? Est-ce que ça veut dire qu’il y en aura d’autres, des jours comme ça, où on sera rien que tout les deux avec les yeux qui s’envoient des « je t’aime » muets et les mains qui s’enlacent discrètement et les gestes discrets qui veulent dire un tas de choses belles et pétillantes ? Je crois bien qu’il y en aura d’autre. Des beaux jours comme ça qui ont un goût de bonbon qui pique.
Coma commande deux places pour Fight Club et c’est même lui qui paie. Le monsieur qu guichet ne nous regarde pas bizarrement, il se contente juste de nous donner nos deux places. Le film est déjà commencé mais je crois qu’on s’en fiche un peu de ça. Il fait déjà nuit dans la petite salle de cinéma et Coma s’excuse et me chuchote qu’un jour on aura un vrai rendez-vous amoureux. Moi je lui dis que c’est pas grave.
On s’assied tout au fond de la salle (il y a quelqu’un au premier rang, dommage).
Et puis
Sa main se pose sur ma cuisse. J’ose un sourire – sourire discret. Ce sont mes yeux qui se posent sur lui, discrètement aussi. Il a les yeux rivés sur l’écran. Je sais pas comment il fait. Moi j’ai trop l’estomac remué et des nœuds de joie partout à l’intérieur de moi que je suis incapable de me concentrer sur les acteurs. Je le dévisage comme si c’était la première fois que je le regardais. Les cernes foncés sous ses yeux, ses yeux comme deux grands océans plein de sirènes et de baleines, ses cheveux, sa peau allumée de toutes les couleurs de l’écran du cinéma, son cou qui disparait sous le col de sa chemise.
Je pense à tout ça, je pense à lui. Et je crois que je suis certainement très heureux à cet instant précis, dans cette salle de ce vieux cinéma, à presque midi, à faire semblant de regarder un film alors que mon écran de cinéma à moi, c’est Coma. Coma et les traits tout relâchés de son visage, Coma qui doit sûrement penser à autre chose qu’être au cinéma avec un garçon, qui je l’espère n’est pas en train de se triturer les méninges et à faire remuer son cerveau dans tous les sens.
Moi je pense très fort et je pense que je suis amoureux. De lui.
Je pense aussi à sa main tendre sur ma cuisse, posée innocemment, comme elle aurait pu être posée sur l’accoudoir ou sur sa cuisse à lui. Mais non, elle trône sur moi et c’est comme si ça voulait dire, je suis au cinéma avec lui, et c’est notre premier rencard, et (je crois) on s’aime. Ma main vient recouvrir la sienne et avec l’index je trace le parcours des os de ses doigts, ceux qui vont jusqu’au poignet. Puis aussi le chemin de ses veines toutes gonflées. Parfois j’appuie un peu dessus.
Je joue avec son bras en le caressant.
Et puis j’ose faire des choses que j’oserai pas faire en pleine lumière, dans ma chambre ou dans la sienne, par exemple. Je me penche sur l’accoudoir (bon, je regarde vraiment rien du film pour l’instant mais au pire on le téléchargera et on le regardera une nouvelle fois ensemble et cette fois-ci je serais concentré). Ma main vient chercher son visage, et avec le dos je glisse sur sa joue (je sens les poils de sa barbe mal rasée sur ma peau), puis je la laisse reposer.
Allez, ça suffit. Faudrait pas l’énerver.
Je regarde le film, tout sage tout heureux tout amoureux. Parfois, furtivement, je regarde Coma pour m’assurer qu’il est toujours là et que c’est pas du rêve, qu’il est bien là. De toute façon je sens la chaleur de sa main à travers mon jean et je me dis, ouf.
Il est là.
Pas envolé, pas disparu.
Mais bien assis à côté de moi.
C’est l’heure du générique. Les noms des acteurs et tous les crédits défilent. La musique aussi. La personne du premier rang est partie. Une fois qu’elle a quitté la salle, je me lève et je me penche sur Coma, et je l’embrasse avec énormément d’amour sur les lèvres et les yeux qui se ferment. Un mini baiser de cinéma façon Comète/Silas. Et je peux vous assurer qu’à côté de nous les acteurs sont très mauvais à ça.
On se lève aussi et on sort de la salle. Merci, je dis. Pour le cinéma et tout… (sourire). Je ne fais pas de commentaire sur le film parce qu’il doit bien savoir que je l’ai pas vraiment regardé. Que j’avais trop la tête dans les étoiles pour ça. Que j’étais trop sur la planète Coma avec des rêves qui m’embrumaient le cerveau et le ventre.
On sort et je me dis que c’est vraiment pas l’heure de se tenir par la main. C’est le retour des voitures qui hurlent sur le bitume, le retour des gens qui marchent dans la rue, pressés, pour aller travailler, retourner en cours. Nous on passe au dessus de ça. On marche à notre rythme (lent) et on a pas besoin d’aller s’asseoir à un pupitre ou aller travailler pour gagner de l’argent. On fera ça plus tard,
quand on sera grands.
On erre dans la rue, sans but aucun. Je sais pas où on va mais on y va. Dis Coma, tu voudrais bien revenir à la maison ? Histoire qu’on passe une vraie bonne soirée ? Je veux dire, qu’on boive un peu moins et qu’on se crie pas dessus. Avec une meilleure ambiance et tout… Mais sans les parents et sans Debbie, hein… Faudrait pas qu’ils viennent nous déranger ceux-là.
Comme ça j’essaierai de faire à manger. Ou plutôt on fera une pizza à deux et peut-être qu’on la ratera. Mais on rigolera bien. Et ça ressemblera à avant…
… en mieux.
Il y a un mini parc désert là-bas avec un banc. Je vais m’y asseoir et je sors deux cigarette, je les allume, une pour moi, une pour Coma. Tiens, je dis. Je laisse tomber mon sac à dos à mes pieds. Et un soupir qui va avec. On fera ça plus souvent, hein. Te faire virer du cours de maths puis sécher les cours…
Mes mains veulent le toucher et je veux l’embrasser et mon cœur chante un hymne à l’amour. Mais je calme les passions de mon corps affolé. Il faut essayer de se comporter normalement.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyMar 16 Sep - 17:01

Ma main j’en fais rien, j’ai juste l’intention de la laisser là pendant deux heures et demi, en train de faire son petit effet. Ça me plaît d'avoir la main à cet endroit-là de lui, main chaude. Moi ça me fait rien (enfin, si, ça me fait bouilloire dans le ventre) mais de savoir que lui il doit la sentir plus forte que tout, cette main, que ça doit faire un poids chaud sur sa cuisse, je trouve ça bien. De lui faire une belle chose.
Le film passe et il passe plus vite que dans mon souvenir, pourtant deux heures et demi c’est pas rien, mais deux heures et demi avec Silas, faut croire que c’est étoile filante fusée. Surtout depuis que je suis amoureux. Tyler et le narrateur se cassent la gueule à l’arrière d’un bar, la première règle du Fight Clubest qu’on ne parle pas du Fight Club, le personnage principal s’acide la main et on ne parle pas, jamais, pas un mot, évidemment il y a nos cœurs qui baragouinent en langage amour mais c’est tout. Pourtant moi j’ai mille choses à lui dire, tout plein de trucs qui se trébuchent sur ma langue mais …
Non.
Ça s’appelle pro-fi-ter.
Et puis j’ai le cœur qui bat tellement fort là, Silas et moi dans le noir, que si j’essayais de faire une phrase, sûrement que je pourrais même pas m’entendre parler. Moi je suis concentré pour de faux sans rien comprendre, les images se succèdent mais tout ce que je vois c'est Silas dans le coin de mon œil droit. Lui il est en mode avalanche de caresses, il est en train de rater tout le film mais la vérité c’est que si en sortant il me demandait « raconte-moi » je serais incapable de dire un mot sur l’histoire. Je le sais à l’avance. Ma langue n’est prête qu’à dire son prénom, c’est pour ça que je la tiens, la honte quoi.
(Et puis pour l’embêter aussi.)
Donc Silas ne regarde que moi et moi je ne regarde que lui mais comment dire ... Par intermittences quoi ... Par petits morceaux de seconde, poussières d'éternité, je sais bien que notre camarade de film est tout entier perdu dans les yeux de Brad Pitt mais j'ai peur des caméras de surveillance, des sièges, du pop-corn étalé par terre, d'Edward Norton dans l’écran. Je suis triste de devoir payer pour me retrouver dans un endroit tellement obscur que j'aurai pas peur de l'embrasser. Mais c'est pas le moment de penser tristesse.
C'est le moment de prendre la vie à pleines mains.
D’arrêter d'être poli.
(Générique de fin.)
Je sais pas si c’est moi qui ai fait une ellipse sans faire exprès ou le film qui s’est accéléré tout seul mais en tous cas la personne du premier rang quitte la salle et j’ai jamais été aussi content de voir quelqu’un se tirer avant que les lumières se rallument. Parce que je sais … Je le sais qu’il va m’embrasser, qu’il attendait que ça, qu’il s’est retenu pendant tout le film parce qu’il avait peur que notre tendresse fasse trop de bruit.
Et moi aussi.
Nos yeux sont fermés contre le visage de l’autre et on s’embrasse par-dessus notre sourire. Je sens son bonheur qui tire grand ses lèvres et moi je les embrasse partout, sur toute la longueur, pas de jaloux, sans me poser la question, et ma m…
Quoi, c’est déjà fini ?
Je suis largué de la vie.
Il dit merci.
Je dis y a pas de quoi.
Dehors on marche encore et ça me fait du bien de dégourdir mon désir, de marcher avec lui tout simple. C'est la première fois qu'on marche ensembles comme ça. Nos mains qui cherchent à s'attraper, combattantes contre ma peur. Et puis en couple. Nos mains en couple, nos regards en couple, nos mèches de cheveux en couple, nos avant-bras en couple, nous en couple. C'est peut-être pas écrit sur facebook, sur notre front ou inscrit dans nos geste mais c'est là, c'est chanté par les étoiles.
- Dis Coma, tu voudrais bien revenir à la maison ? Histoire qu’on passe une vraie bonne soirée ? Je veux dire, qu’on boive un peu moins et qu’on se crie pas dessus. Avec une meilleure ambiance et tout… Mais sans les parents et sans Debbie, hein…
Ma tête de haut en bas dit oui.
Et puis tu crois quoi, que pendant le film j’ai suivi le film ? Pendant le film quand je te regardais pas je pensais à toi et je pensais à notre prochain rencard, le vrai, le beau, nous deux dans le coin le plus parfait de la Terre (= avec personne autour, pas de vautours) et puis des baisers en ribambelle. Un truc assez beau pour toi. Parce que tu fais pousser des fleurs sur mon cœur, là-bas c'est comme un champ de coquelicots maintenant (rouge, amour, suivez un peu), c'est bête hein, c'est beau hein.
Cigarette.
Il nous a trouvés un banc (dans un petit parc) et deux clopes (dans son sac).
- On fera ça plus souvent, hein. Te faire virer du cours de maths puis sécher les cours…
(Tout ce que tu veux.)
- J'veux pas faire échouer ta scolarité non plus …
Coma putain ...
On parle amour, là ...
C'est comme ça que ça marche, même pour les amoureux en secret, et on s’en fout du livret scolaire.
Pour me faire pardonner, après avoir vérifié dix fois qu’il n’y avait rien autour de nous, pas un oiseau, pas un flic, pas une fille, pas un skate abandonné, pas une mémé-à-chien, pas une étoile égarée, je me penche contre lui et avec plus de douceur que tout à l’heure, je l’embrasse. Trois secondes, mais ça suffit, et dans mon ventre ça fait comme une bombe nucléaire qui avait envie d’exploser depuis la première fois que j’ai posé les yeux sur Silas (dix ans). Boum.
Il est presque deux heures.
- J'ai faim.
Je mords dans son épaule en riant léger, c'est comme l'embrasser mais avec les dents, et puis l'embrasser, je peux pas, mais ça, on dirait un geste de rien, c’est bien.
(À ajouter sur la liste)
Ce soir je devais voir Debbie mais je vais devoir annuler, prolonger ma gueule de bois, je voudrais prendre ce moment avec Silas entre mes mains et tirer dessus, l'étirer afin qu'il dure pour toujours et qu'il s'arrête un jour dans genre mille ans. Maintenant que j'y pense ça doit être tellement plus facile de faire l'amour avec Silas qu'avec elle, elle et ses jambes toute douces, ses bras-baguettes. Je lui envoie un sms entre deux sourires cons (amoureux).
Je peux pas venir ce soir.
Encore des mensonges.
Debbie elle est habituée.
Dans mon sac il y a mon sandwich pour y a deux heures, il a dû réchauffer, un peu comme nous, enfin surtout moi, c’est comme si on m’avait passé au micro-ondes, comme si Silas m’avait mis dans un micro-ondes. Je le découpe en deux parts égales, une pour lui, une pour moi. Dans l’égalité je me suis un peu planté, je lui donne le plus grand bout. Ok j’ai faim mais en vérité je me nourris de lui et du grand bleu de ses yeux. Silas.
C'est comme être assis à côté d'une étoile putain
Il brille et il brille
Silas tu le mets dans la rue la nuit et il est capable de réveiller tout le monde avec sa lumière au travers des volets, d'allumer tous les lampadaires.
- Depuis quand t'es ...
Amoureux.
- De moi
Presque aussi dur à dire que « je t'aime ». D’ailleurs, je l'ai pas dit, comme ça c’est réglé.
« Je t’aime » c’est comme le rencard, c’est pour plus tard, quand je serai aussi grand que lui et que j’aurai plus peur des monstres sous mon lit, du monstre-moi aussi. Quand l'aimer sera aussi inné que respirer. Déjà que j’ai plus besoin de balancer des mensonges pour avancer, que j’ai arrêté de marché un pied derrière l’autre.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyMar 16 Sep - 18:41

Coma me dit qu’il veut pas me faire échouer ma scolarité et je ris tout doux, je ris coton, avec la langue encore pâteuse d’hier soir. Je fais un geste très vague de la main qui veut dire, laisse tomber, c’est pas grave, on s’en fiche un peu de ma scolarité, c’est le cadet de nos soucis. Moi ce à quoi je suis en train de penser c’est à la prochaine fois où Coma viendra à la maison. Et tout ce dont à quoi je pense est : est-ce qu’on passera au niveau supérieur ? Est-ce que j’aurai le temps de lui retirer son tee-shirt et peut-être même aussi son pantalon ?
Une bouffée de cigarette plus tard,
Coma interrompt mes pensées avec sa bouche amoureuse contre la mienne. Mes doigts ont à peine le temps de se poser sur sa joue que c’est déjà terminé. Petite déception de la part de mon corps qui est toujours là à hurler plus, à demander plus. Si je le laissais commander… Je passerai mon temps à le toucher, à le frôler, à m’assurer qu’il est bien réel, que tout ça c’est du vrai. Que c’est pas un fantôme sur son skateboard ou une étoile déjà morte ou pire encore
un rêve.
Ce serait terrible si Coma était seulement du rêve. Quelque chose d’éphémère qui dure que quatre minutes et cinquante-six secondes pendant la nuit. Et on s’en souvient même pas le matin quand on ouvre les yeux. Moi ce que je veux c’est ouvrir les yeux et tomber sur son visage et toujours me trouver surpris et me dire « wow ». Ce que je veux aussi c’est un jour le tenir dans mes bras pendant plus de quatre minutes et cinquante-six secondes, le serrer très fort. Et m’endormir avec lui, avec les jambes emmêlées et les bras aussi. Méli-mélo d’étoiles enlacées.
Mais vu comment c’est parti,
ça finira bien par arriver.
(laissez moi rêver)
Il dit j’ai faim et ses dents croquent mon épaule. Et je l’entends rire. Ça me fait tout drôle, parce que ces derniers temps, j’avais perdu l’habitude. J’avais un peu oublié à quoi il ressemblait, son rire. Parce que ces derniers temps, je crois qu’il a un peu oublié comment on faisait. C’est depuis que je lui ai dis que j’étais pédé. Il souriait beaucoup moins, il avait les coins de la bouche tournés vers le bas et les yeux plus foncés que d’habitude. Et ça me semble si lointain la dernière fois où je l’ai entendu rire, même tout doucement.
Je crois que je suis un peu arrivé comme un accident, un traumatisme.
Quelque chose dont on ne veut pas au départ mais on finit par l’accepter. Par vivre avec, souffler un grand coup, et se dire, bon, puisque c’est comme ça on va faire un bout de chemin ensemble. Il a dû prendre un sacré coup de marteau sur le crâne aussi quand je suis arrivé avec mes baskets trouées, mon jean surporté et que je lui ai un peu annoncé que j’aimais les garçons.
Si j’avais été lui, peut-être que moi aussi j’aurai eu peur. J’aurai pas su comment gérer.
Mais lui je crois qu’il s’en sort plutôt bien, même si c’est pas facile tous les jours.
De son sac il sort un sandwich qui a l’air d’avoir un peu ramolli et il m’en donne un bout. Je dis merci avec un sourire en plus. Je regarde les parts qui sont pas du tout équitables. Moi la sensation de faim je l’ai un peu oubliée depuis que je suis avec Coma. Je veux dire, ça me passe un peu au dessus de la tête, les besoins primaires. J’ai tendance à les oublier. C’est que mon esprit est tout le temps tourné vers mon soleil et c’est que quand celui-ci s’éteint que je me rappelle que j’ai un corps, un corps qui demande de boire, de manger.
C’est vrai que je pense un peu trop à mon cœur.
On grignote. Et il me demande depuis quand je suis de lui. Je baisse les yeux, avec les sourcils qui veulent un peu se toucher. C’est difficile comme question, parce que je sais plus vraiment quand ça a commencé. Ça a dû commencer quand je suis devenu un adolescent. Un adolescent qui s’est rendu compte que les culottes des filles et leurs seins le rendaient totalement indifférent. Un garçon un peu normal qui regardait son meilleur ami pas vraiment comme il faut. Avec des yeux comme deux grosses étoiles et des pensées un peu farouches.
Oups.
J’ai- j’ai pas de date précise. Je crois que ça fait un petit bout de temps quand même. Mais je peux pas dire ça fait cinq cent soixante deux jours que je suis amoureux. C’est un peu impossible, tu vois. Parce que ça fait peut-être plus, peut-être moins. J’en sais rien. Au début c’était comme un doute, une mini-angoisse, un pincement dans le bide. Et après ça monte comme un ascenseur dans un gratte-ciel et je suis pas encore arrivé tout en haut mais j’ai déjà fait la moitié, ça j’en suis sûr, je dis d’une traite. Wow, ça en fait des informations. Mon cœur bat très vite parce que j’ai l’impression de lui avouer plein de choses importantes.
Je me demande comment ce sera quand je serai arrivé au dernier étage du gratte-ciel.
Est-ce que ça fera peur ?
Peut-être que j’irai jusqu’au toit, même, et que je sauterai. Et si je m’envole ça voudra dire que Comète et Silas c’est pour la vie, jusqu’à ce qu’on monte au ciel, tous les deux. Même si Dieu en veut pas des pédés. On ira quand même. Défier tous les anges sur leurs petits nuages. Nous aussi on l’aura, notre nuage. Un paradis après le paradis.
Et si je m’envole pas…
Je préfère pas y penser.
Et toi ? je demande.
Et lui quoi ? Depuis quand… depuis quand tu ressens des trucs, à l’intérieur de ton ventre ? Et ton cerveau, depuis quand il pense à quinze milliards de choses en même temps ? Le mien c’est une vraie foire aux questions avec des « et si… » écrits partout au plafond.
Je termine ma cigarette que je jette au sol. J’ouvre le sac de Coma et je prends son cahier de mathématiques. Je l’ouvre en plein milieu, là où l’espace est plus grand, là où on voit bien toutes les agrafes. Je dessine
des étoiles
des lunes
des soleils
ça fait des dizaines de ciels sur une double page à petits carreaux.
J’ai écrit je t’aime en langage céleste, je murmure, concentré sur mon œuvre. Et puis, en bas, à droite, d’une écriture maladroite :
s i l a s

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyMer 17 Sep - 13:27

Ma question je commence à la regretter quand il se met à dire de si jolies choses que j’ai envie de boucher mes oreilles et l’embrasser plus fort que le reste du monde. J’ai pas de date. Je l’imagine tomber amoureux de moi petit à petit, détail par détail, c’est plus vraiment tomber alors, l’expression est pas belle parce que tomber, c’est d’un coup, comme ça. Il dit « amoureux » et je sais qu’il parle de moi et oh … Je vous raconte pas comment ça met mon ventre en arc-en-ciel. Je suis en train de faire tellement de choses en même temps que je sais plus trop comment gérer l’arrivée (sourire, rougir, me cacher). Lui il parle de gratte-ciel pour parler de moi et c’est encore mieux que toute une traînée de « je t’aime ».
Les je t’aime, Debbie, tu les as gâchés.
Et moi avec elle.
- Et toi ?
Moi, je suis tombé amoureux, pour le coup, vraiment. Plus tombé que amoureux, au début. Plutôt badaboum que gratte-ciel, je savais pas ce qui m’arrivait et j’avais mal partout. C’était à peu près y a un mois. Depuis ce matin j’ai l’impression que les courbatures et les mal de têtes se calment. Depuis deux secondes j’ai tout le temps envie de le voir (même quand il est là), pas forcément pour lui dire des choses, juste pour être là, savoir que si je tends la main je peux le toucher. Et puis j’ai du mal à trouver le bouton off de mon sourire. Voilà.
Je dis pas ça, parce que même si dans ma tête ça sonne bien, dans ma bouche ça deviendrait forcément une catastrophe.
- Je sais pas.
Putain.
Je serai même pas capable de lui dire que s’il m’avait pas secoué à coup de baisers maladroits et mouillés, j’aurai aimé une Debbie bêtement et pendant toute ma vie. Même pas capable de ces trois mots avec une apostrophe : tu - m’as - sauvé. Mais j’aimerais lui poser d’autres questions, pourquoi tu m’aimes par exemple, moi avec mes allures d’étoile en carton, moi, sauf qu’il va encore dire de trop jolies choses et je pourrai seulement répondre « je sais pas ».
Mon cahier de maths fait diversion.
Silas le prend dans mon sac et il se met à se dessiner, pleins de petites étoiles lunes astéroïdes paillettes comètes soleil qui se volent autour et se contournent, tout un univers, Lui. Il manque plus que la planète Coma pour foutre un peu le bordel (mais c’est joli, aussi, sans Coma.) Il me dit « j’ai écrit je t’aime en langage céleste ». Là je suis perdu, comme si son je t’aime était entouré de flèches fluorescentes et que ça faisait GLING GLING autour, façon j’ai gagné au loto. Façon Silas m’a dit je t’aime parmi d’autres mots. Et moi
Je t’aime aussi
Je t’aime aussi
Je t’aime aussi
Allez c’est pas compliqué, c’est juste répéter.
Je te lune et je t’étoile alors.
Non même pas ?
Dans ma poche mon téléphone tremble, il me dit que Debbie me dit « pourquoi ? t’es où là ? » (Avec ton frère et on s’aime.) Et aussi « il paraît que t’as été viré du cours de maths » Même quand elle est pas là elle arrive à me pourrir mon sourire, je soupire, j’ai besoin de me ré-étoiler les idées moi, et puisque je suis pas capable d’aligner trois mots d’amour, je vais faire des dessins moi aussi. J’arrache une page de mon cahier de maths, loin de ses gribouillages à lui pour rien abîmer et je m’y mets. Je dois être beaucoup moins joli à regarder quand j’écris (que lui), parce que je penche la tête de travers, je courbe le poignet de façon incompréhensible et mon écriture, c’est les montagnes russes du carnage.
Mais je souris.
Impossible de dire stop à mon sourire, je crois que même si je le prenais par les coins et que je tirais dans le sens inversement du bonheur, ça suffirait même pas pour qu’il fasse demi-tour. Tant pis hein … Ce serait cruel de l’arrêter alors que ça fait longtemps qu’il s’est pas éclaté comme ça. Dans mon ventre et dans ma cage thoracique c’est comme si y avait un avion impatient. Ça fait peut-être longtemps qu’il est là, je sais pas moi, il doit y avoir un rapport avec Silas et la question qu’il m’a posé tout à l’heure. En tous cas il est là maintenant et il a qu’une seule envie c’est décoller, décoller, s’en aller, je l’entends qui démarre son moteur, il fait un bruit pas possible, il va attirer l’attention sur lui si ça continue.
Je sais pas ce que je raconte.
C’est même pas un avion.
C’est tout un aéroport.
Silas, il me fait la même chose au cœur que quand j’écoute une chanson Belle pour la première fois, effet liberté, effet je suis capable de tout faire, effet j’ai envie de pleurer-joie.
Silas tu te dis qu’il est beau et qu’il va bien s’arrêter un jour, non ?
Bah non.
Toujours des avions.
Entre les avions, j’écris, donc, enfin j’hésite, et puis
Je vais mettre des étoiles et des lunes fluorescentes à mon plafond comme ça je pourrai penser à toi toute la nuit.
Je sais pas pourquoi j’ai écrit ça mais je l’ai fait avec tout mon cœur.
Silas c’est les étoiles et la lune, et il brille, voilà.
Je trouve ça facile d’assembler des mots sur mon cahier, aussi facile que l’embrasser quand je suis plus capable de dire désolé. Alors je continue d’écrire. Pas toujours très bien. Une chose. Deux choses. Pleins de choses.
T’es beau
The Knife / Colouring on Pigeons
(Écoute-la fort)
Vendredi tu veux sortir avec moi ?
Je ♡ toi
Je te prêterai le DVD de Fight Club.
Tu sens le bonheur.
Tu me fais tourner le cœur.
☆☆☆
(Le bruit que ça fait quand tu m’embrasses)
J’ai envie de Toi.
J’avais pas oublié
J’ai des bleus sur le front
Et des courbatures à la bouche.
Il y a des trucs que je gribouille mais on peut toujours lire derrière les coups de crayon. Regarde.
Je signe pas. Il sait que c’est moi.

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Dernière édition par Coma Nobody le Mer 17 Sep - 15:27, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyMer 17 Sep - 15:15

Il dit je sais pas.
Le problème avec Coma c’est qu’il sait pas grand-chose, qu’il arrive pas à mettre les mots sur son cœur, sur les sentiments, sur les transports dans son cerveau et dans son corps. Mais je lui en veux pas. C’est vrai que c’est pas facile d’exprimer, de s’exprimer (et c’est encore pire quand il faut en parler à voix haute). Le genre de truc qui te sectionne les cordes vocales en deux et qu’après t’es incapable de dire quoi que ce soit.
Donc il dit je sais pas.
(même si je suis sûr qu’il sait un tas de choses)
Après tous mes petits dessins en cascade sur son cahier de maths, Coma ne dit rien. Tout ce que je vois c’est un sourire qui fend son visage en deux. Ça le rend encore plus soleil, plus brillant. Et c’est beau de le voir sourire. Ça fait bonheur spontané, mais bonheur sincère. Bonheur qui crée des fossettes sur ses joues, bonheur qui étire la commissure de ses lèvres à presque l’infini. Il est pas obligé de parler, de toute façon.
Le voir comme ça, ça me suffit largement.
Ça me fait sourire aussi, ça me rend coton-content.
À un moment il sort son téléphone de sa poche et je crois lire « DEBBIE » sur l’écran. Sa mine devient grisaille quelques secondes, je crois qu’elle l’énerve. J’aimerais bien la pousser au fond d’un puits, celle-ci. Elle arrive à troubler notre premier rencard, la peste… Quand je pense à Debbie je me dis que tout aurait été tellement plus simple, sans elle. On se poserait un tas de fois moins de questions, déjà.
Il récupère son cahier de maths, en arrache une page et se met lui aussi à dessiner/écrire/faire des choses sur le papier. Il est tout courbé sur sa feuille volante. Et il sourit, il sourit encore (faudrait voir ça, faudrait voir à quel point c’est beau, Coma qui sourit). Il dessine des avions qui volent très haut sur la page et un peu moins haut. Et au milieu des oiseaux mécaniques il écrit avec encore plus de maladresse que moi : Je vais mettre des étoiles et des lunes fluorescentes à mon plafond comme ça je pourrai penser à toi toute la nuit.
Oh.
Mon sourire aussi à moi s’élargit (et pour une fois on voit même mes dents…). Et je me sens très niais, très petite fille
mais très heureux aussi.
Et puis il continue d’écrire et même qu’il fait une liste : ça dit t’es beau (en parlant de moi) et puis une chanson de The Knife et est-ce que vendredi je veux sortir avec lui et il m’aime et il me prêtera le DVD de Fight Club et je sens le bonheur et je lui fais tourner le cœur. Oh là là. Bon, je crois que je suis en train de tomber une deuxième fois amoureux, là. Moi aussi j’ai le cœur qui tourne comme une horloge cassée, les aiguilles s’agitent dans tous les sens et je crois que je vais décéder.
Je suis en train de me liquéfier sur mon banc… Je respire très fort et très tremblant à la fois.
À sa façon, en même pas deux secondes, je jette un coup d’œil à la ronde. C’est désert. On dirait que tout le monde s’est barré de la ville, de nos vies, pour nous foutre la paix aujourd’hui et dire : bon, on va les laisser vivre. C’est que bon, c’est notre premier rencard, et j’aimerais bien qu’on le respecte.
Je me rapproche de lui sur le banc, je supprime l’espace entre nous. Et puis je passe une main derrière sa nuque pour amener sa tête jusque la mienne. Et puis je l’embrasse. Je l’embrasse façon très mouillée et très amoureuse aussi. Avec la bouche qui se colle un peu longtemps, et la langue qui glisse aussi sur la sienne. Maintenant je suis un peu devenu un pro pour l’embrasser, c’est qu’on s’est pas mal entraînés ces derniers temps. Moi ça me fait frissonner le bide cette étreinte des visages.
Allez, j’ai même réussi à faire tout ça avec un goût de sourire.
J’ai la tête dans les nuages. Sérieusement. Laissez-moi sur la planète Coma et surtout revenez jamais me chercher.
Oui on sortira vendredi, et puis merci pour le DVD…, je parle pour m’assurer que je suis encore en vie. Je récupère le cahier et j’écris des mots, c’est un poème que j’ai trouvé un jour gravé sur un banc ou écrit sur un mur, je sais plus. Mais ça nous représente bien, alors… Je prends le crayon et je m’applique à bien former les lettres pour qu’il puisse l’accrocher dans le mur de sa chambre un jour et au pire prétendre que c’est Debbie si jamais on lui pose des questions. Bon, le poème dit :
tu es mon ciel
et mon système solaire
je t’aime
je te météorite
je t’astéroïde
je te comète

Et c’est exactement ça. On se tourne autour comme deux astres trop immenses pour l’autre. Et ça fait des mini-explosions de partout. Des coups d’astéroïdes et de météorites pour nous éclater le cœur tendrement. C’est le big-bang des sentiments. Tu trouves pas que ça ressemble à ça ? je demande. Y’en a qui on vraiment tout compris… je dis, en parlant du ou de la poète qui a réussi à écrire ça.
Je ferme son cahier et je le lui rends. Tu veux rentrer à la maison où on reste un peu vagabonder en ville ? Je lui demande. Moi je suis pas prêt à ce que notre rencard se termine maintenant, ça non. Faudrait que ça dure quelque chose comme toute la vie, et même un peu plus…

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyMer 17 Sep - 18:55

Je lui tends le papier parce que c’est pour lui que j’ai sorti toutes ces choses de ma tête, s’il existait pas, Silas, j’aurais jamais écrit ça pour quelqu’un d’autre. Ou en tous cas j’ai du mal à l’imaginer. Du mal à imaginer qu’un autre garçon ou même une autre fille soit mon amoureux-se. Du mal à me dire que quelqu’un d’autre aurait été capable de me faire aimer autant. J’espère qu’il va le garder, le trimballer dans ses poches toute la journée, le sortir, le déplier, l’aimer, le replier, le ranger, le montrer, l’abîmer, et me le ressortir dans quelques années en disant : tiens, regarde … Moi, c’est fini, mon cahier de maths est classé objet historique de l’amour, plus jamais j’irai écrire des formules barbares trop pleines de chiffres.
Ou peut-être S + C
Mais rien d’autre
Il s’approche de moi et il m’embrasse plus vite que la lumière, il a dû anticiper mon « nan mais imagine y a quelqu’un » et puis, bon, je me débats pas trop. Mes mains se posent dans son cou et elles sont bien là, je pourrais l’étrangler mais on dirait plutôt qu’elles sont amoureuses. Et je pense. T’es beau comme Colouring on Pigeons. On sort ensembles vendredi. Je ♡ toi. Je te prêterai le DVD de Fight Club. Tu sens le bonheur. Tu me fais tourner le cœur. ☆☆☆ (Le bruit de maintenant) J’ai envie de Toi. J’avais pas oublié. J’ai des bleus sur le front. Et des courbatures à la bouche. pour longtemps encore si on continue comme ça.
Silas il embrasse comme un ange.
Et de mieux en mieux.
Au début, il m’envoyait dans les nuages et je retombais sur terre en me faisant un peu mal.
Maintenant, il me propulse dans les étoiles et quand je reviens, j’ai tout pleins de paillettes sur les doigts et les lèvres.
- Oui on sortira vendredi, et puis merci pour le DVD…
Hein
Moi je pense encore à nous.
La plus belle galoche de tout l’univers …
Pardon, baiser …
Il se penche encore sur mon cahier et il écrit un poème que je connais déjà par cœur : tu es mon ciel / et mon système solaire / je t’aime / je te météorite / je t’astéroïde / je te comète. Eh mais … C’est nous, ça … Les météorites et les astéroïdes et tous ces trucs qui se tapent dedans ou dessus mais qui coexistent de la plus belle manière du monde. C’est nous ça. Lui le ciel et moi la comète. Je prends le papier entre mes doigts, doucement, j’ai peur de lui faire du mal. Je le mettrai sous mon oreiller. Ça me fera rêver de lui.
- Tu veux rentrer à la maison où on reste un peu vagabonder en ville ?
Je bute sur « à la maison ».
Laquelle ?
La sienne ? La mienne ?
La nôtre ?
Peut-être que c’est un aperçu du futur, qu’à force d’y penser Silas a tout mélangé. Peut-être qu’un jour on dira ça, à la maison, pour parler de l’endroit où on vivra ensembles. Avec nos noms pour le prouver sur la boîte aux lettres. Nos deux noms accrochés l’un à l’autre. Silas et Coma.
- Je sais p …
Oh, putain, Coma !
- Je sais. Viens.
Pour un peu je tendrai la main mais non. Plus tard. Quand y aura la maison.  
Je vois le parc en flou.
Je vois flou quand c’est plus Silas que je regarde.
Alors mon marche. Encore et toujours pas en se tenant par la main mais je suis content quand même. On a réussi à aller au cinéma, s’embrasser trois fois alors qu’hier j’ai bien essayé de tout casser. On marche sans parler et moi j’ai vraiment un sourire à la place des gestes, des yeux, des mots, je bouge sourire, je vois sourire, je parle sourire (ça donne à ma voix un timbre tout nouveau, tout beau), on peut plus l’arrêter mon sourire, comme une voiture qui a perdu ses freins ou mon skate lâché en pleine descente avec dessus, moi. Va falloir que ça s’arrête un jour parce que les autres vont me demander ce qui m’arrive et comment leur expliquer que c’est Silas. Et puis on peut pas toujours sourire, même si c’est bien faut dé-sourire à un moment, faut pas attendre que le sourire prenne place dans les traits parce qu’après c’est plus jamais possible de faire la gueule. Et moi j’aime bien ça faire la gueule quand ça me prend.
Dire « je t’aime pas Silas, dégage. »
Et dire je t’aime tout de suite après.
(Sur un cahier de maths)
Dans ma poche l’abeille électronique vient encore sortir ma tête de mes rêves. Debbie. « Mais t’es où à la fin ???? » Je suis au paradis et tu me fais chier, là. Je suis bien moi avec Silas à portée de baisers, alors arrête de venir me rappeler que les cours et toi vous continuez d’exister, laisse-moi tranquille deux secondes avec ces conneries, j’essaie de vivre, là. Et je trébuche mais Silas il me rattrape. Je serre mon cahier contre moi, avec le Grand monde dedans, celui que Silas a dessiné. Si seulement on pouvait sauter dedans et aller y vivre. Y aurait personne pour nous emmerder. Enfin y aurait moi mais là-bas, je pourrais me calmer et l’embrasser à tous les coins de rue étoilés et même en plein soleil. Mon Silas.
Silas.
Quand je pense son nom j’entends je t’aime.
Je lui ai pas dit où on allait. Avec lui je pourrais trainer autour des poubelles que ce serait le plus bel instant du monde. Tant qu’il y a pas trop de monde autour si jamais on a envie de s’embrasser. Ha, ha … Non mais y a pas un moment où j’ai pas envie de l’embrasser, de le serrer tellement fort contre moi qu’il exploserait et moi avec, on deviendrait des étoiles. Putain j’ai le cœur qui va exploser à force d’accumuler autant de trucs, tout ce que je voudrais lui dire à lui, et dire de lui à quelqu’un. Parce que oui je me vois pas de lui dire j’ai tout le temps envie de t’embrasser et je te trouve très beau dans ce pull même si t’es mieux quand t’en as pas.
Ça existe les Amoureux Anonymes ?
En pleine rue, poussée d’adrénaline ou poussée d’amour, je sais pas, je m’arrête, je l’arrête, je plonge dans son cou, tout près de son oreille et je dépose quelques mots contre sa peau
- Je t’astéroïde.
Et puis je m’écarte de lui avec encore le goût de sa nuque sur ma bouche, je fais ça comme si je venais de lui proposer qu’on se partage un mars, c’est malheureux mais bon … Les arbres pourraient nous entendre et aller cafter au lycée …
Un jour je lui dirai que je l’aime.
En attendant je me sers de mes yeux, de mes baisers, de mes mains et des choses célestes.
En attendant, on est à la grotte, ma grotte, elle est décorée de cadavres de bières et de cigarettes oubliées mais elle est surtout à moi parce que j’y viens à chaque fois que je suis triste, au moins une fois tous les deux jours, sans le dire à personne, sans le dire à Silas. Elle est surtout à moi parce qu’un jour j’y ai écrit quelque chose, dans cette grotte. Un jour j’ai bu mais moins qu’hier soir, désolé, j’étais triste. J’étais tout seul. Chez moi et dans mon cœur. Je suis sorti avec tout mon bordel et c’est ici que je suis tombé. Peut-être tombé pour de vrai. J’ai trouvé un caillou et j’ai demandé quelque chose à la grotte, avec ma craie improvisée, j’y ai gribouillé mon désespoir.
Y a pas quelqu’un qui veut tomber amoureux de moi ????
(Je m’en souviens des points d’interrogation. Comme j’ai eu du mal à les faire correctement avec ma vue brouillée d’alcool, comme j’y ai mis toute ma détresse aussi.)
- Regarde. Faudrait l’effacer.
Mon cœur bat très fort, ça s’entend dans ma voix. J’espère qu’il a compris, reconnu mon écriture et tout ça, si je devais lui expliquer toute la symbolique s’envolerait.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyJeu 18 Sep - 18:03

Coma s’apprête à dire je sais pas et mon visage, lui, s’apprête à se fermer à double-tour. Et puis après c’est son visage à lui qui s’illumine d’un coup et qui dit je sais viens. Je me lève d’un coup, en même temps que lui. On part un peu précipitamment si bien qu’on oublie notre sandwich coupé en deux parts pas égales du tout derrière nous. Je me demande où on va, est-ce que c’est loin, est-ce que c’est chez lui, pendant combien de temps est-ce qu’on va marcher, est-ce que c’est beau, est-ce que c’est grand…
Il tient fermement son cahier de mathématiques contre sa poitrine comme si c’était le Saint Graal ou quelque objet un peu saint. Moi c’est la page à petits carreaux que je tiens fermement, plié pas très soigneusement, et surtout chiffonné à l’intérieur de mon poing déterminé.
On marche vite et je me sens aérien. Je ne sens plus la faim ni la soif ni les jambes qui tirent parce qu’elles en ont marre d’avancer j’ai même plus envie de pisser. C’est quand même un sacré truc, de s’aimer. Je veux dire, c’est plutôt immense, cette sensation, ça renverse des montagnes et même des planètes.
Puis même qu’à un moment Coma m’arrête en plein milieu de la rue.
Il se penche sur mon cou et j’espère un tout petit peu que ça va se transformer en baiser. Mais il me dit juste « je t’astéroïde » et ça suffit pour faire mourir tous les papillons dans mon ventre d’un coup d’un seul et de les ramener à la vie presque immédiatement. Je lui souris – sourire immense – parce que je sais que c’est comme s’il me disait
je t’aime
Mais à sa façon. Avec un parfum céleste et plus poétique.
Et puis on arrive dans une grotte. Après avoir traversé une partie de la ville à deux mille à l’heure. C’est pas très beau, on dirait un refuge pour les esprits tristes et fatigués. Y a des cadavres de bouteilles partout, des bouts de verre explosés, de quoi se foutre des cicatrices roses sur les poignets et les bras quand on se noie pour avoir l’impression de remonter à la surface. Et puis aussi des cigarettes même pas fumée en entier, des cendres collées au sol et d’autres soulevées par le vent.
C’est triste, comme environnement.
Et le pire, le pire c’est pas ça.
C’est ce qu’il y a d’écrit sur le mur, blanc sur gris, blanc sur sale. Ça dit « y a pas quelqu’un qui veut tomber amoureux de moi ???? ». Déjà que c’est triste, là ça me fend le cœur en deux. Il pleure un peu, je crois. Parce que c’est l’écriture de Coma. Je la reconnaitrais entre mille. Parce que bon, je l’ai lue plein de fois. Sur les avions de papier, sur les mots balancés à travers la salle de classe, sur les lettres qu’on s’amusait à s’envoyer, sur les cartes postales de pendant les vacances d’été.
Sauf que là, c’est encore plus maladroit. Les lettres sont moches, elles trébuchent.
Et elles puent la solitude/alcool/tristesse.
Coma dit regarde, faudrait l’effacer. Et j’entends sa voix qui tremble un peu beaucoup. Je pose mes yeux sur Coma, sourcils un peu froncés. Je veux même pas imaginer son état le jour où il a écrit ça. Le pauvre, il savait même pas que j’étais amoureux de lui, à ce moment-là.
Et puis ça veut dire qu’il sait. Qu’il sait que Debbie l’aime pas avec le cœur et encore moins avec les tripes.
Bon, je me penche et je ramasse moi aussi un caillou par terre. Puis je m’applique à rayer chacun des mots que Coma a écrit le soir de sa colère/tristesse/désespoir. J’ai les yeux plissés de concentration, les phalanges blanchies sous les coups de caillou. Je m’abîme un peu la peau en frottant contre la paroi rocheuse mais c’est pas grave. Ça vaut le coup.
Et après avoir réussi (presque) à rayer les mots vilains et tristes, j’écris (avec beaucoup de peine) : MOI JE T’AIME. En majuscules, avec les lettres qui essaient de ressembler à des lettres qui n’y arrivent pas, qui sont toutes bancales, un peu comme nous.
Je me retourne vers lui.
Faut que tu m’promettes de plus être triste comme ça. Plus jamais, d’accord ? Et je suis très sérieux. Une grande distance (environ soixante dix centimètres) nous sépare l’un de l’autre. Pour une fois, on ne se touche pas. Rien pour nous troubler, à part nos yeux/visages/corps tout entiers.
Et je l’imagine.
Tremblant, tout brouillé, tout brouillon. Au fond du monde, au bout de sa vie. À écrire sur des murs sa peine, son cœur qui saigne, son cœur qui s’en veut. Et lui probablement assis au milieu de tout ça et complètement assommé à se demander pourquoi il existe. Ces soirs-là je pourrais le perdre pour toujours. Le retrouver avec une case en moins ou ne plus jamais le retrouver…
Parce que même s’il se cognait la tête si fort à en devenir handicapé, débile profond ou n’importe quoi. Je crois que je l’aimerais toujours mais peut-être moins bien. Parce que ce serait fatiguant. J’aurai toujours peur pour lui, peur de le perdre, peur qu’on l’oublie, peur qu’il s’oublie, peur qu’il m’oublie…
Tu viens souvent ici ? Je demande.
Et j’espère que non, qu’il y va le moins possible. Qu’en cas d’extrême urgence.
Un puis deux pas. Je casse la distance entre nous pour le prendre dans mes bras et le serrer très fort. Une étreinte qui veut dire ne pleure plus jamais, faut pas être triste, je serai toujours là j’te jure et puis aussi (surtout) je t’aime.
Ça va aller.
Je suis un peu ému.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyVen 19 Sep - 12:51

Eh oh !
Y a pas quelqu’un qui veut tomber amoureux de moi ?
Et Silas, évidemment, m’as entendu.
Il a écarté le brouhaha avec ses minuscules bras (mais magiques) et il a capté mon appel à la détresse, mon SOS. Il s’est arrêté deux secondes. Ah, c’est le petit Coma qui cherche quelqu’un pour être amoureux de lui. Personne pour se dévouer ? Non, pas toi Debbie, et puis y a écrit amoureux au cas où t’aurais pas remarqué. Personne vraiment ? Bon je me dévoue alors, si les candidats sont pas plus brillants que ça. Ch’uis serviable, moi …
Encore ma faute.
N’empêche, je suis en train de passer un très bon lundi, c’est pas tous les lundis que ça m’arrive.
Je regarde Silas et je vois son visage qui commence à comprendre, ouf. Pas besoin de passer par le chemin embarrassant des explications. Alors voilà c’était un soir comme nous deux hier mais sauf qu’à ta place c’était Debbie, même cheveux en plus longs, même visage en moins beau, mêmes baisers en moins mieux, même canapé tout court. Et moi, avec les mêmes mots « j’dois y aller, désolé ». Pardon, mais je dois aller boire un petit coup pour me rappeler qui je suis et pour oublier que tu m’aimes pas, pas vraiment, pas comme ça. Et sur le chemin de la grotte y avait qu’une pensée que j’arrivais vraiment à comprendre : y a pas quelqu’un qui veut tomber amoureux de moi ? Y a pas quelqu’un qui veut tomber amoureux de moi ? Alors je l’ai écrite sur le mur de la grotte au cas où ça dirait à quelqu’un de m’aimer. Et voilà Silas.
Non.
Même pas besoin.
Et Silas comme un grand garçon avec une pierre blanche il efface les mots un par un, pour en rajouter trois et demi. MOI JE T’AIME. Là c’est tout mon moi qui est upside down. Bon sens du terme. Genre amour.
- Tu viens souvent ici ?
Je hausse les épaules, c’est plus facile que dire, oui, tout le temps.
Ses yeux disent oh merde Coma et ses bras disent viens là. Je viens là et je pose mes yeux mon nez et ma bouche dans son cou, c’est pas le genre de câlin qu’on a l’habitude de se donner mais c’est aussi tout nouveau, de se faire la bise sur la bouche et avec la langue, alors pourquoi pas. Et même mille fois oui. Mais ses bras sont tellement tristes autour de moi, je crois qu’il est pas content d’être venu là.
- Désolé, j’voulais pas te rendre triste.
Pour donner plus de poids à mes mots (faites-moi penser à nous inventer un alphabet, un truc rien qu’à nous, transcendant) je prends sa main droite dans la mienne, comme une étreinte de doigts, et je sens la peau fraîchement malmenée. Mes sourcils se plient au-dessus de mes yeux. C’est quoi ça, c’est « moi aussi je t’aime » ? C’est d’avoir effacé ? C’est ma faute, quoi. J’amène le côté râpé de sa main jusqu’à la douceur (j’espère) de ma bouche et je pose un bisou dessus comme, ça, comme, un papillon, et puis qui s’en va. Le problème avec ma bouche et Silas, le problème avec les baisers et Silas, c’est que quand ça commence, c’est dur de s’arrêter. Je veux dire, le chemin de sa paume à ses lèvres est pas si long que ça. Et on est dans une grotte. Et si y a que ça, ben …
Je me rends.
Je l’embrasse presque sans avoir peur parce qu’on est dans une grotte, un lundi après-midi. Je l’embrasse avec les mains. Je l’embrasse avec le ventre. Je l’embrasse avec toute la douceur et la lenteur du monde parce que je veux qu’il comprenne ce qu’il me fait. Effet sédatif. Bon y a eu un passage de turbulences mais là après le poème et les faux je t’aime je sens l’accalmie. Je l’embrasse comme j’ai toujours rêvé qu’on m’embrasse, bien, et en pensant à lui, pas comme Debbie et sa façon totalement absente de passer ses lèvres sur les miennes. Je l’embrasse parce que j’ai envie de l’embrasser et qu’il fait tellement sombre ici que j’arrive même pas à m’en vouloir.
Je te météorite.
TU me météorites.
Je t’aime.
Mais aussi je l’embrasse avec le feu parce que c’est ça aussi qu’il m’a appris. Le désir. Ne pas avoir à penser à des filles plus jolies que Debbie pour réussir à faire l’amour avec elle malgré tout. Ne plus avoir besoin de survoler seulement survoler son corps pour oublier qu’il me repousse, avec toutes ses formes. Celui de Silas, j’y pense la nuit, même si j’ai encore mes petits dysfonctionnements à moi. Ce corps qu’il dissimule. Son pull est large, trop large, ça le cache, j’ai envie de toucher pour voir où ça commence.
Je me demande à quoi je ressemble quand je te regarde.
Je me demande à quoi je ressemble quand je t’aime.
En arrêtant de l’embrasser je trouve que je suis plus trop moi, le mec qui s’enterre dans une grotte les soirs trop alcoolisés, pour écrire des prières amoureuses sur de la pierre.
Et je suis plus sûr que c’est bien lui, mon meilleur ami, le garçon au vélo-aventure, toujours au fond de la classe Silas, jamais embrassé quelqu’un.
Je nous aime bien comme ça.
Neufs et bien cirés.
Si ça se trouve les autres vont pas nous reconnaître demain et on pourra s’embrasser où on voudra, les gens diront juste « ah y a un nouveau couple de pédés à l’école, viens on leur parle pas ».
Silas c’est son frère, mais Silas c’est vraiment l’anti-Debbie.
C’est l’antiphrase. Avec Debbie les baisers sont toujours devant les autres (et encore parfois entre nous, pour se montrer qu’on en est capable) pour prouver qu’on s’aime, regardez bien nos langues comme elles s’adorent, ou plutôt comme elles se bagarrent … Avec Silas, je suis sûr que y a même pas besoin de s’embrasser pour voir que qmskdjmqsdfghdfgh♡ (d’ailleurs ça va poser un problème demain matin).
Et puis putain Debbie à force d’être avec toi je savais même plus comment écrire « amour ».
Maintenant je me souviens.
Ça s’écrit avec les yeux de ton frère.
Je vous défie de trouver dans le monde des yeux comme ceux de Silas, et puis tout simplement un garçon comme Silas. Vous en trouverez des beaux, évidemment, des gentils, des doux, des polis, mais pas tout en un. Et puis y a pas que ça. C’est une question de luminosité, aussi. Et d’autres choses sur lesquelles je pourrais même pas mettre de mots. Je veux dire, ce garçon, il déménage …
Silas à chaque fois que je le regarde ça me fait le même effet que quand j’écoute Spanish Sahara.
Ça s’use pas.
Vous allez me dire non mais regardez-le celui-là ça fait un jour qu’il est amoureux de son pote et il en parle comme si ça faisait mille ans.
Bande de cons, va, si ça se trouve, ça fait mille ans …
- Tu veux t’en aller ?
Après tout c’est mon endroit à moi, là où ma tristesse vient mourir, nous on est encore que des sans-abris.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptySam 20 Sep - 15:46

Et puis dans notre étreinte je sens la main de Coma glisser contre la mienne et nos paumes qui s’épousent, qui s’enlacent, qui s’embrassent. Je sens son pouce qui glisse là où ma peau s’est effritée à cause du mur, à cause du MOI AUSSI JE T’AIME. Il dépose ses lèvres dessus comme pour faire un pansement.
et puis
Sa bouche remonte jusqu’à la mienne et ça déborde de tendresse, je vous jure. Ça explose même de douceur. Je pose mes mains sur son visage, je tiens sa tête dans mes paumes. Et je l’embrasse aussi. Et je m’applique vraiment, comme lui est en train de le faire. Et je pense en même temps que c’est très chouette de s’embrasser dans cette grotte, alors qu’au dessus de nos têtes on peut lire « y a pas quelqu’un qui veut tomber amoureux de moi ???? » Ben si, y a moi. Moi tout entier. Tiens, regarde, sens, je t’embrasse. Tu vois comme je t’aime, tu vois comme je t’aime en grand, avec mon cœur tout entier rien que pour toi, si entier que j’en oublierai presque le reste du monde.
Mon refuge.
J’ai les paupières fermées mais pas fermées forcées, fermées comme quand je dors, comme quand je rêve. Comme quand je pense à Coma et que je souris très fort en même temps. Elles sont fermées comme ça mes paupières, tendrement. Comme des volets sur un monde à moi, un monde à nous deux. Un monde pas toujours très beau, pas toujours très heureux, mais ça nous ressemble. Les routes ne s’arrêtent jamais et partent un peu de travioles, mais on peut pas ne pas avancer. Certaines voitures ont les vitres cassées et les pneus percés, mais à part ça
à part ça, c’est beau
Mais faut y vivre, pour comprendre, pour savoir. Parce que tenter de le décrire, c’est un peu impossible. C’est trop grand pour les mots, trop inaccessible pour les oreilles, les bouches, les cerveaux. Mais je vous jure qu’il existe. Faut demander à Coma, il dira comme moi, j’en suis sûr et certain.
Et puis on se sépare.
Avant Coma j’avais jamais, jamais ressenti ça. C’est normal, c’est le tout premier. C’est même pas une amourette ou une relation qui dure seulement l’été. Non, ça dure depuis des années. Au début on a commencé sur nos vélos tout pourris et puis lui il est monté sur un skate. Au début on rigolait bien, on regardait des films d’adultes en fermant les yeux (surtout moi en fait). Et puis après on a commencé à boire des coups, d’abord une bière puis deux puis autre chose jusqu’à se foutre la tête à l’envers. Puis on s’est mis à fumer des cigarettes, aussi. Sûrement parce qu’on trouvait ça cool. Et puis après on s’est mis à fumer autre chose que des cigarettes, le genre de truc qui te mets la tête dans les nuages. On était sacrément amis. Toute notre vie on l’a passée ensemble. À l’école, dans la rue, à la maison, chez lui, partout, n’importe où. Et puis Debbie sur ses talons hauts en jupe courte. Tiens Coma j’te présente ma sœur bon voilà j’vous laisse. Et puis les bisous sur la joue se sont transformés en bisous sur la bouche. Et les étreintes amicales se sont transformées en étreintes charnelles. Et Debbie s’est mise à avoir besoin de Coma pour enlever sa robe le soir. Au début je m’en foutais, j’étais heureux pour eux deux, vraiment. Les yeux qui pétillaient, la conscience soulagée. C’est que j’ai pas vraiment pensé à moi. Je me disais pas vraiment « bah merde alors j’ai jamais embrassé personne ». Et puis un jour que je regardais Coma discrètement du fond de la classe j’ai pensé :
qu’est-ce que ça fait d’embrasser Coma ?
Je me suis inquiété de penser à ça. Alors j’ai un peu mieux regardé les filles et les garçons dans la cour du lycée. Et je me suis dis que les garçons, quand même… Faut les regarder, quoi. Avec leurs épaules larges et leurs jolies voix graves. Les filles… Les filles, non. Et puis plus je regardais Coma et plus je pensais : mais c’est qu’il est sacrément beau ce con et sa bouche j’aimerais vraiment bien l’embrasser sa bouche.
Bon, j’ai agis comme toujours (en ayant des pensées très secrètes). Jusqu’à :
t’en penses quoi des pédés ?
Faut croire que maintenant il en pense un peu plus de bien sinon du mieux. Il me demande si je veux m’en aller et je fais oui de la tête. Je lâche sa main parce que je sais qu’on va retourner dans la lumière, face au monde, aux voitures, aux bus qui roulent, aux gens qui marchent, aux filles qui ricanent, aux garçons qui jugent.
On rentre  à la maison, j’suis fatigué, je dis. C’est que j’ai toujours pas trop récupéré depuis hier soir. J’ai toujours la tête qui cogne un peu et les yeux qui brûlent fatigue et restes de larmes séchées. On marche un peu, on prend le bus, on marche encore et puis ma rue et à la maison. Il n’y a aucune voitures, les parents sont partis ou pas encore rentrés (je sais pas quelle heure il est). Et Debbie, Debbie j’espère qu’elle est à l’école ou très loin d’ici. Parfois je pense, ah si elle savait ! Si elle savait que j’embrasse moi aussi Coma et que je suis sûr et certain que j’embrasse mieux qu’elle. Bon, je suis resté au stade bisou sur la bouche et dans le cou et aussi quelques caresses alors qu’elle…
Elle…
(ça me frustre énormément de penser à ça)
J’ai encore l’impression d’avoir un train de retard sur la vie, sur les autres. Faut que je parvienne à avancer de quelques wagons. On rentre à la maison et je ferme à clef derrière nous. Debbie, t’es là ? Silence. Bon, apparemment, non… On va là-haut ? Je demande. Puis : T’as faim ? T’as soif ? Enfin, si t’as besoin de quoi que ce soit, fais comme chez toi hein… Je lui souris et mes yeux s’aventurent sur le sol quelques secondes – je crois que je me sens un peu gêné.
C’est à l’idée d’être tout seul  enfin rien que tous les deux avec Coma chez moi. Mais ça me fait plaisir aussi, hein, faut pas croire… Je me débarrasse de mon pull que je jette sur le dossier du canapé (oh là là le canapé…) histoire de me retrouver en tee-shirt et d’avoir un peu moins chaud et d’éviter un éventuel évanouissement. Vous savez, la faim la fatigue l’amour et tout ça fait vite tourner la tête.
Je laisse Coma se mettre à l’aise, comme chez lui, et en attendant je monte à l’étage, dans ma chambre. Je jette mon sac sous mon bureau et je pense à tout ce que Coma a écrit sur le bout de papier. Je brûle de vouloir l’accrocher sur mon mur mais si Debbie rentre comme une tornade dans ma chambre et qu’elle reconnaît l’écriture de Coma ça va pas être possible. Du coup je glisse la feuille de papier sous mon oreiller. Comme ça dès que je me sentirais un peu triste, il me suffira de passer la main sous la tête pour que je me dise « ouf, tout va bien… »
Je me laisse tomber sur mon matelas, les yeux fatigués et les épaules lourdes mais le cœur tellement léger, tellement haut.
(j’aimerais le prendre dans mes bras et qu’on s’endorme enlacés pour se réveiller emmêlés)

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptySam 20 Sep - 19:23

- On rentre à la maison, j’suis fatigué.
Encore à la maison.
Toujours la maison.
Comme si c’était la nôtre à nous deux Silas et Coma.
Avec nos deux signatures sur le bail et nos deux numéros de compte sur la facture.
Ça me fait sourire bêtement.
Silas on aura une maison à nous, on se fâchera parce qu’on aura pas les mêmes goûts en tapisserie alors dans la chambre on se fera un côté chacun, on se trompera de pyjama, je trouverai un beau canapé et tu diras mais qu’est-ce qu’il est moche mais bon si tu veux on l’achète quand même. (C’est surtout à moi que je le promets, comme ça si je fais une bêtise demain ou après-demain il pourra pas me reprocher de pas avoir tenu mes promesses).
(Lumière. Rue. Bus. Rue. Trottoir. Bitume. Ellipse.
Et puis c’est dur d’être assis à côté de lui et de pas avoir le droit de toucher rien qu’un petit bout de sa main alors je préfère pas en parler.)
Quand je reviens à moi, il y a la maison de Silas tout autour de moi. Il y a la porte d’entrée sur laquelle je me suis fait trois bleus, là cachés sous mes cheveux. Il y a le canapé (Silas jette son pull dessus, hier soir c’était moi). Il crie le nom de Debbie, rien. Il me parle, rien. Sans l’alcool ou l’obscurité je suis pas très fier. Je pourrais le serrer fort contre moi jusqu’à ce qu’on fasse l’amour, comme j’en avais envie dans le couloir ce matin (mais je pouvais pas), comme j’en crevais au cinéma (mais je pouvais pas). Je sais pas ce qui m’arrive. Il monte les escaliers, fais comme chez toi, et je me sens tout seul sans lui.
Tout nu(l).
J’ai l’impression d’être minuscule dans le grand salon, avec lui qui m’attend en haut. J’ai très chaud alors moi aussi j’enlève mon pull, enfin c’est une veste. Je la pose sur le pull de Silas et je trouve ça beau comme ça, ça nous résume. Je sors mon téléphone pour prendre une photo et je vois un sms de Debbie que j’ai raté. « Tu m’soules. Je vais chez Sol ce soir et demain matin tu m’expliqueras ce que t’as foutu. »
J’suis monté dans le grand huit, Debbie. Puis remonté. Et reremonté.
Je range le téléphone dans ma poche, à défaut de vouloir le balancer contre le mur, et je prends les escaliers pour aller retrouver mon …
Euh …
Mon quoi ? Pas mon petit ami. Pas mon ami et encore moins meilleur. Pas mon amant. Pas pour l’instant. Pas mon amoureux. On a pas deux ans. Mon marchand de bonheur. Qui me colle des étoiles sous les yeux, à la place des grains de sable. Qui me fait voir la vie en pixels étoilés. Je vais retrouver mon marchand de bonheur, donc, il est à vingt marches de moi. Marche moins dix-neuf. Marche moins dix-huit ans. Pourquoi mon cœur se déchaîne comme ça ? Marche moins dix-sept. Je vais passer par la salle de bain d’abord. Marche moins seize. Faut soigner sa main. Marche moins quinze. Je l’aime, je l’aime, j’aime toutes les idées qui se promènent dans sa tête, j’aime ses cheveux qu’on dirait de la crème chantilly d’étoiles. Marche … Euh … J’ai perdu le compte. Perdu la tête.
Couloir.
Là c’est la porte de la chambre de Debbie, à côté c’est les parents, au fond c’est sa chambre à lui. Je fais un crochet par la salle de bains et je prends toutes les sortes de pansements que je trouve. Et de l’éosine. Et un coton tige. Je veux bien lui faire des bisous sur les mains mais je suis pas sûr d’avoir mis du cicatrisant dedans. Je suis même plutôt blessant, comme mec, dans mon genre.
La porte de sa chambre est grande ouverte et Silas, Grand tout court.
Je frappe.
Trop con, le mec.
En chaussettes et en tailleur je m’assois à côté de lui, je prends sa main (électrochoc) je la pose sur ma cuisse (court-circuit) et sur la blessure, sur les petits bouts de peau arrachés, je dessine à l’éosine. Un soleil (c’est lui) et un robot (c’est moi) (mais j’y travaille) (et il est mignon). Je colle le pansement par-dessus et je fais un dernier bisou. Pas d’adieu. Juste un dernier, là. Je pousse tout mon matériel de docteur de l’amour et je reste comme ça. Les bras pour moi alors qu’ils crèvent de passer autour du corps de Silas.
Trop con, le mec.
Je le regarde.
Quand je le regarde j’ai moins envie de m’en aller.
Quand je le regarde ça me traverse de partout. Ça part de ma tête, là-haut ça chante et ça danse, je vous raconte même pas. C’est plus bourré de rêves et tout puisque le rêve, il est juste là. Ça passe par mes yeux qui deviennent deux espèces de cœurs. Ça descend vers ma bouche et ça force un sourire. Même trente. Je me trimballe plus d’un sourire, quand je le vois. Ensuite ça tombe sur mes épaules et ça les allège et puis ça court dans mes bras et ça adoucit les courbatures que je me fais en serrant les poings toute la sainte journée. Ça caresse ma cage thoracique et ça donne à mon cœur des envies de … comment dire … d’évasion. Et puis ça termine le voyage dans le bas de mon ventre mais ça c’est pas vos affaires.
Pourquoi je le touche pas ?
Pourquoi je lui parle pas ?
Il y a des tas de phrases et de mots qui roulent à fond la caisse dans ma tête et qui devraient me donner pleins d’idées pour discuter. Mais y en a aucune qui me plaît, qui me paraît assez bien, je les trouve toutes nases, pas à la hauteur, je les laisse s’envoler et j’espère ne jamais les recroiser. Et puis il y en a qui m’ont l’air bien mais elles filent tellement vite que j’arrive pas à les attraper au vol. Elles volent. Moi, je suis en train de couler, vraiment trop con, le mec.
Pourquoi je l’embrasse pas ?
Y a mardi-demain qui me regarde avec des gros yeux.
Et lundi qui se pose la même question.
Pourquoi tu l’embrasses pas ?
T’es pile poil au bon endroit, là. Et c’est vrai que dans la liste des endroitsoùonpeutsembrasser, on est au bon endroit, là. / Liste des endroits où on peut s’embrasser : dans sa chambre, derrière les arbres au skate park, dans une grotte, dans les toilettes, (dans les étoiles), dans les vestiaires, (sur la lune), (sur la bague de Saturne), dans une salle de cinéma encore toute noire.
Lundi me dis bon vas-y là.
Alors j’y vais. Oh, la délivrance …
Je l’embrasse.
Un peu.
Beaucoup.
À la folie.
Passionnément.
Pas d …
Passionnément.
Passionnément.
Passionnément.
(…)
Avec une main sous son t-shirt pour … Je sais pas pourquoi. Comme ça. Parce que ça me permet de garder les pieds sur Terre, d’éviter de partir dans les airs, c’est à cause des avions qui me poussent dans la poitrine ça aussi. Mais moi faut pas que je m’en aille trop loin. Faut que je reste là faut pas que je parte cette fois. Sinon son visage voudra plus jouer à l’amour avec moi.
- Je peux ?
T’enlever ton t-shirt et ton pantalon et tout ça.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyDim 21 Sep - 7:44

J’entends ses pas dans l’escalier. C’est drôle, ils ont l’air mal assurés, comme s’ils savaient pas tellement où aller, comme s’ils étaient dans la retenue, comme s’ils disaient « je ne sais pas ». Finalement Coma frappe à la porte et mes yeux roulent vers le ciel comme pour lui dire – mais t’es bête mon grand. Il arrive avec un kit de premiers secours volés dans la salle de bain et se pose comme un nuage à côté de moi, assis en tailleur.
Il prend ma main et dessine sur les petits bobos un soleil et un robot. Ça me fait deux tatouages mais heureusement que c’est pas un pour la vie parce que moi je suis sûr que le soleil va faire fondre la carapace en acier du robot. Et quand il sera tout fondu, un soleil va naître. Avec ses petits rayons qui essaient de s’échapper et puis le cœur du soleil qui grossit, qui grossit, jusqu’à éclater et devenir énorme. Et puis encore après les deux soleils se prendront dans leurs rayons de la même manière que je prends Coma dans mes bras et ça fera un énorme soleil.
Il dépose un pansement sur les écorchures pas bien méchantes et puis un bisou par-dessus. Là, je peux être sûr et certain que demain, cette histoire de Y A PAS QUELQU’UN QUI VEUT TOMBER AMOUREUX DE MOI ???? gravée sur un mur et de peau éraflée, tout ça ce sera du passé. Ce sera complètement guéri, effacé (avec peut-être des minuscules cicatrices pour faire comme un souvenir et pouvoir dire, dans quelques années, tiens, tu te rappelles de ce jour là, mais si, dans la grotte et qu’on avait séché l’école pour notre premier rencard).
Puis il y a un long silence. Chacun de nous se tait. Je sens ses yeux sur moi. J’appuie un peu sur le pansement avec mes doigts pour voir si ça fait mal (ça pique un peu). Et puis ses lèvres s’écrasent sur les miennes comme un avion sur sa piste d’atterrissage. La forme de sa bouche, je la connais par cœur, je crois. Son visage aussi, bientôt. À force de le toucher avec mes mains pendant qu’on s’embrasse. Là c’est un baiser d’amour/de tripes/de feu au fond du ventre. Ça me fait un peu trembler le bout des doigts et j’oublie de respirer, parfois, alors je dois prendre une inspiration entre deux chutes de bouche. Et puis je sens la main de Coma qui glisse sous mon tee-shirt et qui se pose sur ma peau, qui la serre un peu. Et moi on dirait pas comme ça mais ça va bientôt disjoncter dans ma tête et dans mon corps. C’est que j’ai vraiment très chaud et que ça me rend fébrile ses baisers et sa main, peut-être que je vais exploser cet après-midi. Et peut-être que Coma aussi.
Ça fera une pluie d’étoiles dans ma chambre. Ce sera tout poussiéreux d’amour.
Il me demande « je peux »
Évidemment que tu peux, tu peux tout ce que tu veux. Tu peux faire n’importe quoi, tu peux m’emmener dans un train direction nulle part ou dans une fusée direction l’univers, du moment qu’on s’évade, qu’on aille à des milliers de kilomètres d’ici virtuellement.
Je suis incapable de répondre, de délier ma langue (sauf pour l’embrasser). Parce que c’est que j’ai peur, peur de mal faire, peur de prendre mes jambes à mon cou comme Coma l’a fait hier. Mais là faut plus que je me pose de questions. Faut que j’arrête de parler et que je laisse parler mes bras mes mains mon nez mon ventre mes cuisses. Je vais éteindre un peu mon cerveau.
Ma façon de lui dire « oui tu peux » c’est de lui enlever son tee-shirt et de le laisser tomber en bas du lit. Et puis je l’aide à enlever le reste et il m’aide aussi. Et là je comprends plus rien à ce qu’il se passe mais je sais que mes mains se posent partout sur lui et même là où elles ne se sont jamais posées. C’est la première fois que je le découvre comme ça et bon sang mon cœur se bouleverse et j’en peux plus d’amour, de tendresse. Je le serre contre moi à plusieurs reprises avec ma bouche qui embrasse ses paupières et aussi dans son cou et son ventre et parfois avec les dents et parfois avec la langue. On s’enroule on se délie on se déroule. À plusieurs reprises je m’entends respirer très très fort, je veux dire pas comme d’habitude. Je vous raconte pas l’incendie dans mon ventre, les flammes remontent jusqu’à la tête, parce je crois que je suis fiévreux.
Plusieurs fois j’ai eu l’impression de mourir, mais de mourir d’amour.
Et puis je raconte pas tout, parce que de toute façon j’ai pas les mots et que ça regarde que Coma et moi. Après une histoire de cœur, c’est devenu une histoire de corps. Et j’peux vous dire que le mien va se mettre à réclamer le sien parce que- parce que c’était trop
bon ???
trop haut trop immense trop trop trop (…)
Et puis on est allongés sous ma couette (un peu à l’étroit dans mon petit lit), j’ai les yeux grands ouverts sur le plafond. Je réalise pas ce qu’il vient de se passer, et c’est même pas un rêve. J’ai juste qu’à me lever un peu pour voir les vêtements tombés au pied du lit (ou même un peu plus loin…). J’ai super chaud, je me sens tout coton, et très amoureux. Je pensais pas qu’on pouvait aimer autant quelqu’un. Je pensais pas qu’on pouvait à ce point ce lier d’amitié puis d’amour et mourir contre, dans le corps de l’autre.
Je passe ma main sur son ventre puis elle glisse jusqu’à sous le nombril et même un peu plus bas. Je roule sur le flanc pour pouvoir le regarder. Et puis je bouge pour me coller tout contre lui et ça fait vraiment très drôle de le savoir, de le sentir sans vêtements. Ma bouche se colle contre son oreille et voilà ce qu’elle dit :
je t’aime
je t’aime
je t’aime
je t’aime
au moins dix fois, pour qu’il comprenne
Puis je dépose mes lèvres sur sa tempe en fermant les yeux tout doucement. Je pose ma tête sur son épaule. Est-ce que c’était bien je demande non parce que tu sais j’ai eu vraiment peur de faire n’importe quoi, de faire pas comme il fallait parce que bon tu sais que c’est la première fois que- enfin, tu sais quoi… Je me tais et je continue à faire glisser mes doigts sur son torse et sur son ventre. Je dessine des ciels comme sur son cahier de maths. J’ai envie qu’on s’étreigne comme tout à l’heure, avec le corps tout entier. Et puis de temps en temps je pose aussi mes lèvres sur sa peau, parce que je m’en lasse jamais de faire ça.
c’est quand qu’on recommence

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyDim 21 Sep - 13:22

Il dit oui tu peux en m’enlevant mon t-shirt. J’aurais préféré qu’on commence par le pantalon parce qu’hier j’ai enlevé son t-shirt en premier et ça s’est très mal passé. Un peu superstitieux, le mec. Trop con, le mec. Mais bon ça se passe tellement vite que le temps de m’angoisser tout seul on est déjà tout nu face à l’autre. Puis près de l’autre. Puis sur l’autre. Puis mes mains tombent très bas dans son dos, voyagent sur tout son corps, vers des endroits de lui que je connaissais pas, pas comme ça. Je le découvre, c’est comme si je l’avais jamais vu et qu’il fallait tout apprendre, les grains de beauté par exemple, il en a plus que je pensais, je savais pas qu’on pouvait en avoir jusque-là. Je m’émerveille devant cette cartographie du ciel étoilé sur épiderme, comme on s’émerveille devant toutes les belles choses qu’on voit, surtout si c’est pour la première fois.
Mon estomac et moi nous jetons alors dans le vide. Mes gestes me troublent, et les siens, ils me renversent, mais je laisse faire mon corps rendu autonome par le désir.
Et ça dure
un siècle
une seconde
C’est tout ce que je peux dire.
Le reste dépasse les mots.
Je suis allongé sur le dos et j’ai la respiration qui bat à fond à l’heure, le cœur plus prononcé que d’habitude. Ou l’inverse. Je repense à nos gestes 18+, au bonheur que je viens de me prendre en pleine gueule et je demande quand est-ce que je vais m’en remettre. Ou si je vais pouvoir arrêter d’y penser. Et comment je vais faire, moi, demain, pour m’empêcher de crier des yeux que j’ai fait l’amour avec ce garçon et que c’était très très étoilé, regardez il me reste des paillettes sur les doigts.
Putain, mardi …
Je regarde le mur de sa chambre et il est dans les teintes de sa peau.
Ça va me faire bizarre de marcher dans la rue, moi.
Je t’aime.
Comment ?
J e t ‘ a i m e
Une fois, puis deux, puis cent, il le répète dans mon oreille.
Et à chaque je t’aime ça me fait comme un coup de bonheur en plus dans le cœur, mon sourire naît puis grandit, dépasse la taille maximale, tire tire tire sur mes joues, essaie de sortir de moi pour pouvoir exploser de joie bien comme il faut. Bien comme il en rêve. C’est comme mon cœur qui a qu’une envie c’est de s’échapper de moi et de retourner chez Silas.
(Et je t’aime moi aussi.)
- Est-ce que c’était bien ? non parce que tu sais j’ai eu vraiment peur de faire n’importe quoi, de faire pas comme il fallait parce que bon tu sais que c’est la première fois que- enfin, tu sais quoi…
Je le regarde et je repense à nous et -
- Moi aussi c’était ma première fois.
La première fois que je tenais un garçon entre mes jambes. Mieux que Debbie, mieux que la vie. Je me sens bête de lui dire quelque chose d’aussi joli en le regardant dans les yeux, comme si j’avais pas le droit, comme si c’était une de ces choses qui se disent pas, qui se gardent secrètes. Je me tourne pour le voir un peu mieux (il fait chaud sous la couette, chaud de nous), je passe ma main sur son visage, puis dans son cou, puis sur son torse, puis sur son ventre, puis là où ça ne regarde que lui et moi. Silas il est fabriqué comme moi, comme un garçon mais ça me fait pas du tout pareil de me sentir moi et de le toucher lui. Ça me fait …
18+.
Pour répondre à ses lèvres qui me harcèlent, lui l’envahisseur, j’embrasse sa joue en fermant les yeux de bonheur, son front, son nez, et puis là où il est le plus beau, un peu sur la bouche. Je m’allonge sur lui, côtes contre côtes, ventre contre ventre, avec mes pieds qui dépassent de lui et même du lit.
Euh …
Mais ça sert à quoi de manger en fait ? De marcher et de vivre ?
Nos cœurs se battent dessus et c’est comme un combat de boxe, ça tape dur et ça fait beaucoup de bruit. Comme dans Fight Club. Nos cœurs cognent trop fort parce qu’ils se souviennent encore de tout à l’heure. Moi si je devais en parler à quelqu’un (ce qui risque pas d’arriver) je dirais que c’était comme revivre le Big Bang. L’explosion de tout qui a créé l’Univers. Moi j’ai explosé et pris feu contre Silas et maintenant, c’est comme si le monde dans lequel on respirait était tout neuf.
Je me redresse, juste de quoi poser mon menton sur son torse, le voir de plus près possible.
Il est Beau.
Je L’aime. Avec une grande aile pour parler de lui.
D’abord il y a ses cheveux dans lesquels j’ai gravement mis le bordel, je l’emmènerai chez le coiffeur la semaine prochaine. Même si c’est beau, comme ça. On dirait des étoiles mal rangées. Il y a ses yeux, c’est la piscine dans laquelle t’es bien content de plonger quand il fait chaud. Et puis la courbe de son nez qui est comme la descente que j’adore prendre avec mon skateboard, celle qui est derrière chez lui. Y a ses joues de gamin, un peu roses de moi, un peu tièdes de nous. Et aussi son menton, je le mangerais bien mais après il existe plus.
Je souris tellement que je dois avoir l’air niais.
- Je t’aime.
J’ai hésité entre le crier pour traduire un peu ce qui se passe en moi quand je pense à lui et le chuchoter pour que personne d’autre que lui n’entende ce que j’avais de si important à lui dire. Finalement je l’ai dit à voix normale. Je l’ai dit, tout court, ce que je pense de lui depuis la première fois que je l’ai vu. Je t’aime. Je l’aime. J’avais juste pas le temps d’essayer de comprendre, entre ma connerie et Debbie.
Et surtout, il y a sa bouche.
Une bouche autour de laquelle la terre tourne.
Ma terre, en tous cas.

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MessageSujet: Re: JE SUIS UN PEU TRISTE   JE SUIS UN PEU TRISTE EmptyDim 21 Sep - 17:03

J’ai encore le cœur qui tremble. Le corps qui tremble. J’ai envie de rire et de hurler à la joie et de me dire enfin, enfin, enfin (…). Si ça c’est pas une preuve d’amour que de s’aimer comme ça. Je voudrais recommencer et le caresser encore comme tout à l’heure, faire tomber mes mains sur lui, sur son ventre, ses épaules, son dos, ses cuisses. Et voir son cou se renverser en arrière et déposer une avalanche de baisers dessus. C’est tout moi qui chavire, tout moi qui meurt.
J’ai chaud – une fine pellicule de sueur sur le front.
Il me dit que lui aussi c’était la première fois. Je crois qu’il veut dire que c’était la première fois avec un garçon. Avec quelqu’un qui a des poils sur les jambes et des joues rugueuses, les mains plus grandes, les épaules plus larges, les bras plus forts. Ça a dû lui faire bizarre, avec Coma. Enfin, c’est bizarre pour lui
d’abord la sœur
et puis le frère…
Outch…
Enfin, j’espère qu’il ne pense pas à ça et il faut que moi aussi je chasse ces pensées-là. Je préfère réfléchir à tout à l’heure, me rappeler de ses mains, de sa langue, de sa bouche très très amoureuse, de ses bras, de tout son corps entier tendu et détendu contre le mien. Et puis il m’arrache à mes pensées qui tournoient comme des oiseaux noirs dans mon ciel. Il passe sa main sur mon visage (paupières, nez, bouche, menton), puis dans mon cou, sur le torse, sur le ventre et plus bas que le ventre encore. Je vous promets, je crois que je vais m’évanouir. Je vous raconte pas la tempête dans mon bide, c’est tellement FORT. J’ai jamais ressenti un truc aussi puissant. Ça balaie tout sur son passage.
Il a un sourire immense, et moi aussi.
Et puis je sens sa bouche sur ma joue.
Et son corps tout entier qui se pose sur le mien, comme une deuxième enveloppe. Ma deuxième peau, mon bouclier, mon refuge confortable, comme un doudou, un lit dans lequel on voudrait se blottir… Oh… je crois que je vais mourir. Mes bras viennent serrer Coma, et mes doigts s’agrippent à son dos, ils s’enfoncent un peu dans la peau. Je le regarde avec des yeux très grands, encore tout étonnés du maelström de sensations qui vient de se produire. Je sens son corps tout chaud, comme une caresse brûlante et permanente, déposé sur le mien. Je perçois aussi l’os de sa hanche, la moiteur de sa peau, et puis autre chose aussi.
Et ses lèvres disent
je t’aime
Elles le disent de la façon la plus sérieuse du monde, de la même façon qu’il me dirait j’ai rêvé cette nuit. Moi mon cœur explose, ça fait des millions de confettis mais aussi un grand feu d’artifice. J’ai encore envie de rire mais je me contente de le regarder tout droit dans les yeux, et je peux vous dire qu’ils brillent. Même qu’ils pétillent. Comme de la limonade. Mes mains quittent son dos pour venir encadrer son visage et je l’embrasse, je l’embrasse très fort. Ça veut dire MERCI
Merci de m’aimer, merci de me faire vivre tout ça, merci pour les mots écrits sur la feuille à petits carreaux, merci de me tenir la main, merci d’avoir fait l’amour avec moi, merci de m’embrasser, merci pour tes mains partout sur moi, merci pour les promenades la nuit toi sur ton skate moi sur mon vélo, merci pour les sourires, pour les rires, merci pour les bouteilles de vodka, pour l’herbe achetée avec le cœur qui bat, merci pour tout. Merci d’exister.
Et j’embrasse aussi son nez, son front, son menton. Je le repousse gentiment pour le faire rouler sur le flanc et pour réussir à respirer un peu mieux. Je fais glisser mes doigts des côtes jusqu’à la naissance de ses cuisses. Je regarde son ventre, aussi. Les paupières très lourdes, mon corps comme du coton.
Et j’ai même pas honte de ma nudité, pourtant je suis pas un fervent adorateur de mon corps.
Non, je me trouve normal. Parce que même le corps de Coma a des imperfections, une tâche de naissance ici, une vieille cicatrice ici et là. Je laisse tomber ma main sur le matelas. Je remonte la couverture sur nos deux corps amoureux. Merci, je dis. Et puis : Tu es très beau.
Toujours ce sourire accroché au visage comme la lune dans son ciel de nuit.

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