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 cœur en cristal blues. ⁂ archi.

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MessageSujet: cœur en cristal blues. ⁂ archi.   Ven 29 Aoû - 10:00

les pieds traînent sur le bitume. les prunelles flirtent avec les murs tandis qu'elle porte la clope à ses lèvres et fume.
elle s'assoit sur un banc, tend ses longues jambes devant elle. ses pieds sont emprisonnés dans des doc martins trop grandes, et ses cuisses dénudées offrent au monde entier sa peau aux reflets porcelaine.
les cours n'ont pas encore commencé. paraît que c'est la recrée. mais de toute façon, chris, aujourd'hui, elle bougera pas. son minois est encore rougeâtre par endroits. les profs s'en tapent, qu'elle s'est faite tabassée. mais elle est pas décidée à bouger son cul d'ici avant d'y être obligée par la pluie.
elle a besoin de lui.
archi.
archi.
elle fouille la foule des yeux, tente de repérer ses tatouages toujours apparents. son air de bad boy, son air je-m'en-foutiste. les larmes lui montent aux yeux. elle est pas du genre à être triste, chris, alors elle ravale les goûtes qui lui brûlent la rétine.
elle croise le regard de jeff, qui plutôt que de se détourner, continue de fixer la blonde comme si elle n'existait pas. comme si elle n'était que chris-fantôme. ça a toujours été comme ça, alors pourquoi apparaît-ce si pénible aujourd'hui à la belle enfant terrible ?
parce qu'elle sait qu'elle a mal fait. parce que tout ce qu'elle aimerait, c'est que sa sœur aînée lui accorde enfin son pardon. mais ce serait trop demandé. elle a pêché. plus que ça même.
quelle serait sa réaction, si quelqu'un (millie, jeff, ses amies proches) venaient à toucher ou baver sur archi ?

- on est qu'amis. meilleurs amis.

elle murmure, pour elle-même. mais elle sait plus trop, la belle tatouée. l'ingénue, celle pour qui la vie n'est qu'un enchaînement de péripéties, de regards biaisés et d'incompréhensions.
parce qu'archi, il est toujours là. à grogner sur millie, à faire comme si elle n'existe pas lorsque chris l'abandonne pour la brune. à menacer de casser la gueule à jeff, à anton, à tous ceux qui pourraient un jour la blesser.
archi, ça devrait être comme un grand frère... mais elle peut pas le voir comme ça. parce qu'au fond d'elle, tout au fond, elle est comme toutes les autres : à baver sur archi. sur la possibilité qu'un jour, y'ait plus.
mais elle a déjà beaucoup. déjà peut-être trop. ils sont proches, très proches. vouloir plus, ce serait mettre en péril cette amitié bien trop précieuse. ils savent tout l'un de l'autre...
et elle sait surtout qu'il passe beaucoup de temps, une petite pute entre ses bras, coincée dans les draps.
elle enrage, chris, lorsqu'elle voit tous ces regards amourachés qui s'attardent sur son meilleur ami. lorsqu'elle voit les sourires qu'il offre à certaines. elle aimerait leur cracher : tu sais, archi, il a beau te sourire, c'est jamais aussi puissant que les sourires qu'il me donne à moi. toi, t'es juste une p'tite conne qu'il utilise. mais elle se tait.
et là, sur son banc, la clope au bec, elle entend la sonnerie retentir.

elle soupire, envisage quelques secondes de prendre ses affaires et d'aller en cours pour se changer les idées, bagarrer, lancer des bouts de gomme sur les profs et faire un bon gros bordel, mais se ravise.
et enfin. enfin.
son regard se pose sur lui.
leurs beaux yeux bleus s'accrochent. et tout doucement, un sourire fleurit sur les lippes de la rebelle. sa lèvre est écorchée. sa peau, tuméfiée. ses phalanges laissent apparaître une chair à vif. sa chemise est mal mise, laissant apparaître d'autres hématomes et chairs déchiquetées.
elle fait mal à voir.
elle se lève, non sans grimacer, et va le rejoindre, son sourire s'étirant de plus en plus alors qu'elle redoute déjà sa colère de la voir dans un tel état.

- archi.

elle susurre, presque comme une caresse.

- avant qu'tu dises quoi que ce soit... gueules pas. c'est... c'est pas grave. j'me suis battue, t'sais, y'a des gens qui parlaient sur jeff. j'aime pas ça. j'supporte pas. et j'me suis prit une raclée.

elle avoue, avec une moue agacée. elle ne peut pas supporter d'avoir mordu la poussière. elle passe une main dans ses cheveux, résiste de peu à l'envie de lui sauter dans les bras. mais elle ne peut pas s'empêcher de le regarder comme s'il était le seul. comme s'il n'y avait que lui dans sa vie, comme si elle ne passait pas son temps à flirter avec d'autres et comme s'ils étaient, au fond, amoureux.

- puis... si un prof, un pion ou j'sais pas qui vient nous faire chier, on aura qu'à dire que j'suis tombée et que j'me suis fait super mal. du coup, tu restes avec moi et on sèche.

elle lui fait un clin d’œil, et noue ses doigts aux siens. elle pose une tête sur son épaule, s'appuie un peu sur lui. archi, c'est son ancrage, c'est un peu toute sa vie aussi. sans lui, y'a bien longtemps qu'elle se serait noyée. anéantie.
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MessageSujet: Re: cœur en cristal blues. ⁂ archi.   Ven 29 Aoû - 20:09

Encore un soir de plus à traîner sous les étoiles, encore un soir de plus pour oublier l’odeur de ses draps, un soir de plus pour oublier leur visage. Il ne sait plus où sont ses clefs. De toute façon, à quoi bon ? Il vogue, il plane Archi. Il ne se sent nul part chez lui, il ne veut pas, n’en a pas besoin. Il n’a plus de chez lui. Sauf dans ses bras. A la douce odeur de son parfum, le bout de ses doigts effleurant sa peau pale. Archi, il n’a besoin de rien d’autre. Il le sait, et pourtant, il détruit tout. Il ne veut pas l’entendre, pas le voir. Alors il court, il saute à pieds joints sur les jupes trop courtes, les jambes trop ouvertes, les lèvres trop roses. Une drogue pour en oublier une autre. Et le pire, c’est qu’il aime ça. Ce soir aussi. Caressant les courbes pulpeuses, attrapant les tailles fines, se délectant des cris de plaisir. Mais aucune n’a son visage, aucune.
Huit heures sonnent, les rires s’élèvent, les pas se font entendre, les portes claquent. Et Archi arrive, doucement, sans se presser. De toute façon, ce matin, c’est mathématique au programme. Et comme depuis toujours, il ne verra jamais le visage de son professeur. Ou sa. Il ne sait pas, et il s’en branle totalement. Les cours, ce n’est pas son trop. C’est elle son truc. Mais il ne le sait pas non plus encore, Archi. Entre ses longs doigts, sa clope se consume, jusqu’à tomber en cendre. Au point où il en est, il pourrait tout aussi bien faire demi tour le jeune homme. Mais ses pieds l’attirent, comme toujours, vers cet endroit pourri, paumé, détruit. Un lien invisible qui le retient, qui le relie, qui l’empêche de fuir à toutes jambes. De fermer la porte pour toujours.
Il entend déjà d’ici le cri du surveillant. Archi, fais pas ci, fais pas ça. Archi, rentre en classe, Archi, laisse tomber ce que tu tiens. Archi, laisse la tranquille. Il soupire le petit. Il n’aime pas qu’on lui dise quoi faire. Il veut refaire le monde le brun. Mais il aime beaucoup trop la dope pour ça. Alors il se contente de s’asseoir, et d’attendre. Il ne sait pas trop quoi, il attend, c’est tout.

Il s’appuie sur un mur, attendant que ces foutus élèves trop sages, trop bons soient rentrés. Il sait qu’elle l’attend. Lui, et personne d’autres. Pas tous ces imbéciles qui bavent sur elle, qui la déshabillent du regard. Non. Lui. Archi. Déjà la cour se vide, les couloirs se remplissent, il respire. Archi, il n’a jamais aimé la foule. Elle l’horripile, l’étouffe. Ses yeux déjà trop rouges, trop cernés cherchent la blonde. Sa blonde. Elle est là. Assise, sa clope en bouche, ses yeux trop bleus. Comme toujours, un début de sourire prend vie sur les lèvres du brun. Il n’aime pas sourire, montrer un quelconque élan d’affection. Mais avec elle, c’est différent. Ça a toujours été différent, et ça le sera toujours. Mais très vide, son sourire se fane, laissant place à une grimace.

- fais chier, bordel.

Elle le tue. Et elle se tue. Ses poings se ferment, comme toujours quand il la voit dans cet état là. Là, comme ça, il voudrait l’enfermer. La coincer dans une petite chambre blanche, sans fenêtre ni verrou. Juste elle. Et lui. Que personne ne pose jamais plus ses mains sur sa peau si douce. La colère monte. Elle n’arrêtera jamais. Il la déteste. Ce qu’elle se fait. Les dents serrées, il n’ouvre pas la bouche lorsqu’elle se pose devant lui. Chris. Sa Chris. La menotter dans un coffre fort.

- c’est pas grave hein. Ouais, ça sera pas grave non plus quand t’ouvriras plus les yeux. Tu fais chier Carewall.

Il lui lance un regard noir. Elle se fourre toujours dans des situations impossibles la petite. Et il déteste ça. Il trésaille à peine quand elle s’appuie sur lui. Il a apprit à ne plus tressaillir. A ne plus faillir. A oublier cette envie de la plaquer contre un mur, de la prendre, pour lui, pour toujours, seule. Et il ne peut croire une seule seconde que son coup de je suis tombée pourrait fonctionner. Sur n’importe qui. Instinctivement, il ressert sa main autour de la sienne. Il n’a jamais pu lui en vouloir bien longtemps. Et après tout, elle fait ce qu’elle veut de son corps. Même si. Doucement, il fait courir ses lèvres sur son front. Effleurant cette peau tuméfiée.

- un jour, j’vais leur refaire leur portrait, à tous. La prochaine fois, tu m’appelles. Ou j’vais vraiment m’énerver, sale gamine.

Ouais. Parce que pour elle, il abandonnerait tout. Même un plan avec Megan Fox. Parce que c’est Chris. Sa Chris. Son étincelle, sa bulle de vie, de joie et d’emmerdements. Il se met en marche, tirant sa protégée derrière lui. Jusqu’au banc. Leur banc. Petit banc en bois, derrière le bâtiment d’éducation physique, il suppose. Ici, personne ne les verra. Personne ne viendra les faire chier.
Il s’assoit, tirant Chris à ses côtés, un bras derrière elle, enroulant ses longs cheveux blonds autour de ses doigts. Habitude. Archi, il voudrait tellement plonger son nez dans cette masse, oubliant tout jusqu’à son nom. Rien qu’elle. Elle. Elle.

- ça va ? c’était… quand ?

Même le haut de ses mains est rouge. Et Archi, il voit rouge.
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MessageSujet: Re: cœur en cristal blues. ⁂ archi.   Sam 30 Aoû - 12:59

elle espère, pendant quelques secondes trop courtes, que son sourire prospère. mais elle se trompait. doucement, il se flétrit pour qu'il n'en reste même pas quelques débris. il disparaît, dans le noir le plus complet.
elle, pourtant, ne se dépêtre pas de ses lèvres étirées juste pour lui en un sourire qui la fait souffrir. elle accuse les jurons d'archi sans broncher, mais pas sans désespérer. elle a besoin de lui, de son soutien, et pas qu'il lui gueule dessus qu'elle est inconsciente et qu'elle va finir par se tuer un de ces quatre matins.
mais elle sait que s'il lui dit ça, c'est pour son bien.
alors elle reste debout, à attendre le sermon, la moue boudeuse d'une gamine prise sur le fait.
sauf qu'elle lui ment, la belle égratignée. la vérité, c'est pas qu'elle s'est battue pour jeff. c'est que jeff, après avoir découvert pour anton et elle, lui a cassé la figure. elle le mérite, c'est sûr et certain. ou en tout cas, elle s'en persuade.
elle redoute d'en parler à archi. à son ami. parce qu'il est déjà trop possessif envers elle et qu'elle a peur qu'il ne finisse par s'en prendre à sa sœur.
et puis, quelle sera sa réaction s'il apprend ? s'il est au courant que chris, sa petite poupée intouchable, a osé céder au pêché ?
lui ne s'en garde pas. il se fourre dans le stupre et la luxure jusqu'à ce qu'il finisse un jour par en décéder. mais chris, non. elle n'a pas le droit.
et puis, pas avec ce mec là.
chris, elle mérite mieux que d'être confondue, un soir où anton a trop bu, avec l'aînée. l'entre-deux.
pour mieux, la cadette, la couper en deux.

elle pensait, en même temps qu'elle donnait son cul, qu'elle recevrait son cœur à lui. et si la nuit a été mémorable et passionnée, tout ce qu'il lui a dit ensuite c'est "salut". c'est "tu parles trop, j'dois aller bosser". et elle, tout ce qu'elle a fait, c'est acquiescer. elle a ramassé ses affaires et sa dignité brisée pour rentrer à la maison.
elle accuse les mots durs d'archi, n'oscille même pas. ça la blesse, plus qu'il ne pourrait le concevoir, mais elle serre les dents et n'ajoute rien. c'est pour ça qu'elle a choisi ce mensonge-ci : chris, elle se bat tellement souvent que ça ne l'étonne même pas. à croire que toutes les carewall ont le sang chaud.
mais elle oublie rapidement les mots acerbes, quand ses lèvres se déposent lentement sur son front écorché. quand on les voit ainsi, on jurerait qu'ils ne sont pas qu'amis. et pourtant, si leur relation a toujours eu des limites floues, ces limites ont toujours été présentes.

- allons archi. tu sais bien que j't'appelerai pas. j'veux pas que tu te blesses à cause de moi. puis... c'est souvent moi qui mets les pieds là où faut pas.

demi-mensonge. elle ne s'est pas battue, mais elle a bien quelque chose à se reprocher. quelque chose qui la tue à petit feu. elle aimerait pouvoir lui dire, si elle ne redoutait pas tant ses mots ou ses poings. parce qu'archi, elle a beau l'aimer à sa manière, elle le connaît : il peut être parfois un impitoyable salaud.
il l'accompagne jusqu'à un banc, et elle se laisse à moitié traîner. elle sourit légèrement en voyant tous les graffitis qu'ils ont fait ensemble sur cette carcasse de banc. la peinture, d'un blanc autrefois éclatant, est écaillée et tire la gueule.

- hier soir... mais j'veux plus en parler, archi.

elle murmure, avant de lever ses grands yeux azurés vers son sauveur, son ami, son azalée. parce qu'archi, c'est comme une azalée oui. un arbuste peut-être pas très commode, mais qui une fois fleurit attire indéniablement à lui.
si le règlement stipule qu'il faut être habillé décemment au lycée, chris et archi ont néanmoins prit l'habitude de le contourner en arborant leurs tatouages bien visibles. c'est pourquoi les doigts de la blonde viennent en caresser les contours d'un air absent.

- faut que je te dise...

ses prunelles redescendent pour fixer le bitume sous ses baskets usées.

- en fait... c'était pas vrai. j'me suis pas battue.

elle se mordille la lèvre inférieure. elle est pas du genre à avoir peur de la manière dont les gens la jugent, mais avec archi, tout est différent. toujours, tout le temps.

- c'est jeff.

ces deux mots s'échappent de la gorge de la poupée comme le feraient des lames de rasoir. aussi douloureusement.

- t'énerves pas, ok ?

elle supplie, en remontant ses yeux embués de larmes vers son ami. et elle déballe ensuite toute l'histoire : cette soirée où anton était bourré, où elle le trouvait mignon et sympa, avenant même, alors qu'elle ne l'avait jamais rencontré et qu'elle, elle l'avait toujours regardé de loin. lui, le vieux de 19 ans, s'était intéressée à la belle blonde insignifiante. ils avaient vaguement discuté, et une chose en entraînant une autre, avaient finis par coucher.
sauf que jeff l'avait apprit. tout simplement parce que chris le lui avait dit. elle s'en était vanté, glorifié même, transmettant son bonheur à sa sœur en s'attendant à ce qu'elle n'ait aucun réaction, comme à son habitude. sauf que cette fois, l'aînée était entrée dans une colère noire.
et ses poings avaient frappé la peau de bébé. l'avaient tuméfiée. encore et encore, jusqu'à ce que sa haine redescende petit à petit et qu'elle l'abandonne au milieu du salon...

- j'aurais pas dû. j'pense que si j'ai... tu sais... couché avec anton, c'est juste parce que je les enviais. eux deux. cette façon si fusionnelle dont ils fonctionnent. puis j'en avais marre d'être encore... de pas l'avoir encore fait. mais je regrette... parce que ouais, jeff m'a enfin regardée, enfin admis mon existence, mais à quel prix ? elle me déteste. et je me déteste encore plus. j'espérais... je voulais... que ce soit avec quelqu'un qui compte. mais je l'ai jeté aux orties.

elle souffle, à peine audible. elle se lève, malgré la douleur dans ses membres, malgré la douleur dans sa poitrine, et fait les cent pas. elle ne peut pas supporter de rester à côté d'archi et de la réaction digne d'une bombe qui finira par exploser.
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MessageSujet: Re: cœur en cristal blues. ⁂ archi.   Sam 30 Aoû - 19:33


Archi ne savait où il en était lorsqu’il était aux côtés de sa blonde. Celle qui le faisait rire, alors même qu’il avait juste une envie, de tirer. Celle qui le faisait se lever le matin, pour qui il pourrait décrocher des montagnes. Sa belle insouciante. Mais elle était tellement jeune, tellement peu. Et tellement trop en même temps. Du haut de ses quinze ans, elle avait trop vécu. Et pas assez. Pas assez avec lui. Pour lui. Archi, ce n’était pas un mec affectueux. Pas un mec romantique. Pourtant, pourtant avec Chris, il se sentait capable d’éclater la lune si elle lui demandait. Et de lui en ramener des diamants forgés de ses propres mains.

Et puis dans d’autres moments, il n’avait qu’une envie, qu’elle arrête. De le bouffer. De ne jamais échapper à ses pensées, d’être elle. Archi, il ne savait pas trop ce qu’il foutait. Il n’avait jamais compris comment une gamine pareille avait pu tout ouvrir, tout détruire, passer toutes ses barrières qu’il avait pourtant mis un temps fou à bâtir. Avec elle dans les parages, il perdait tout, devenait dingue. Mais vivait. Il vivait Archi. Alors qu’il avait arrêté de vivre il y a bien des années.

Et puis cette manie qu’elle avait de toujours faire la grande gueule. Celle qui portait tout sur ses épaules. Archi, il voulait partager ce monde. Qu’elle n’ait plus qu’à sourire, la douce. Mais elle était comme l’eau de la rivière. Jamais il ne parviendrait à la garder dans ses mains. Pour lui. En lui. Archi poussa un long soupire. Evidemment qu’elle ne l’appellerait pas. Comme lui ne le faisait jamais quand ça n’allait pas. Elle était sa bouffée de chaleur, de bonheur. Serrant ses mâchoires, il se retint d’un commentaire acerbe. Il ne voulait pas se disputer Archi. Pas alors qu’ils étaient seuls, sans personne. Le monde autour d’eux se fermait, les enfermant dans une bulle d’argent. Oubliant jusqu’à faire tomber les feuilles d’automne.

La belle tatouée commença à parler. Les yeux d’Archi plongés dans ses prunelles au bleu profond, cherchant à attraper le peu qu’elle lui livrait. Son regard à elle était fuyant. Et Archi savait que c’était mauvais signe. Chris, Chris, elle parlait sans jamais vraiment s’arrêter. Sans reprendre son souffle. Alors là, maintenant, il sentait qu’un truc clochait. La bulle déjà se fissurait. Archi, il se crispa. De tout son corps, ramenant ses bras derrière lui, sur le banc.

- c’est difficile de ne pas s’énerver avec toi, Chris.

Le jeune tatoué n’appelait la jeune fille que rarement par son nom. Banalement commun. Il ne l’appelait pas. Il la regardait. Et un regard leur suffisait. Il prit une profonde inspiration, prêt à entendre tout ce qu’elle avait de si intéressant à lui dire. Se demandant déjà si il n’aurait pas mieux fait de rentrer chez lui, dormir tout son saoul après avoir passé la nuit à errer, de jambes en jambes, de bras en bras. Les yeux rouges d’une trop grande consommation, les cheveux en bataille, le jean qui tombe, Archi mis ses coudes sur ses genoux, relevant le regard dans les prunelles de cette fille trop jeune.

Et au fur et à mesure qu’elle avançait dans son récit, ses poings à Archi se durcissaient, son regard se faisait noir, ses pensées ne partaient que dans un sens, écrasant tout autre sentiment sur le passage. Et Archi, il savait que c’était mal. De réagir comme ça. Parce que Chris, elle n’était rien d’autre qu’une amie. Une meilleure amie. Et on ne réagit pas comme ça avec une amie, non ? Mais Archi, il ne pouvait pas vraiment faire autrement. C’était plus fort que lui, beaucoup plus fort. Un autre lui.

Si Archi n’avait jamais apprécié Jeff pour des raisons évidentes, on pouvait dire qu’aujourd’hui il lui vouait une haine sans nom. Chris savait. Elle savait très bien qu’il ne resterait pas sans rien faire. Qu’il hocherait la tête, impassible quant à son récit, la rassurant qu’il la protégerait à l’avenir, qu’il serait là si elle voulait parler. Non, Archi, il ne savait pas faire ça. Tout ce qu’il connaissait, c’était les poings. Ses putains de poings. Elle ne pouvait pas décemment espérer passer à autre chose maintenant.
Et putain. Il l’avait touchée. Saccagée, détruite. Fissurée encore un peu plus. Il ne se l’expliquait pas, mais il ne le supportait pas. Et Archi restait Archi. Il n’allait jamais chercher plus loin. Colère, désir, je m’en foutiste, il ne connaissait rien d’autre. Et Archi, il ne voulait rien connaître d’autre. Il se complaisait là dedans.

- t’aurais pas dû non.

Un souffle plus qu’un murmure. Déjà, elle était debout, cherchant une échappatoire. Un long silence prit place. Archi cherchant vainement une façon de tout faire exploser. En dehors. Dehors, dehors, dehors. Une seconde, il pensa à partir. Mais l’abandonner était à exclure. Aussi casse-couilles était-elle.

D’un bond, Archi fut debout. Trois pas de plus, et il était devant Chris. Il la dépassait d’une bonne tête si pas plus. Et tellement plus imposant de carrure. En deux mouvements il pourrait la briser. Pour une raison inexplicable, il était dans une colère sans nom. Archi attrapa les poignets de la jeune blonde, la plaquant à demi sur le mur derrière elle.

- autre chose peut-être que t’aurais oublié de mentionner ? Je ne sais pas, peut-être d’autres potes que tu te serais fait, juste pour exister ?

Il savait très bien, Archi, qu’il était au bord du non retour. Mais la voir, elle, sa Chris à moitié morte, défoncée par sa sœur et ce bâtard d’anton, il ne pouvait pas.

- et tu pensais réellement qu’en me disant ça, je resterai le gentil Archi ? Ils vont crever. Crever pour avoir osé porter la main sur toi. Elle, lui, tous.

Il était totalement irrationnel. Il voyait, il sentait le souffle hachuré de sa belle se perdre contre sa joue. Lâchant un de ses poignets, il frappa le mur derrière eux.

- j’vais leur éclater leur sale gueule de con. Puis Anton, vraiment ? Putain merde t’as quinze ans, t’avais tout le temps.

Parfois, il se comportait avec Chris comme il l’aurait fait avec Louise. Il pensait avoir des droits sur elle. Dont celui de la couvrir du monde. Lui, Archi, il faisait ce qu’il voulait, il avait le droit de tout faire. Elle, Chris, elle n’avait pas le droit. Pas le droit d’aller dans les bras des autres, elle était sienne, bordel. Que ça lui plaise ou non. Et lui, Archi, il était fou. Fou de tout. Fou.
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MessageSujet: Re: cœur en cristal blues. ⁂ archi.   Lun 1 Sep - 10:14

tous ses muscles se crispent, en attendant la guillotine : les mots acerbes de son meilleur ami, qui finiront indéniablement par la laisser chagrine. et ça ne tarde pas : tout son corps se raidit. ses prunelles envoient des flammèches dans toutes les directions et ses prunelles auparavant si azurées se muent en gris acier. adieu, l'ami. bonjour le bourreau.
c'est ballot.
mais c'est mérité.
chris.
quand il l'appelle par son prénom, ça sonne comme un coup de fouet. dans le creux de ses reins, dans le creux de son cœur déjà trop sonné.
elle aimerait déconner, lui dire que putain, aujourd'hui, archi il a une sale gueule de défoncé. mais elle se tait : les badineries, fallait les sortir avant. là, y'a plus que le vent.
et puis, elle enrage lentement mais sûrement chris aussi. parce qu'archi, elle sait ce qu'il va dire : qu'elle a tout gâché, qu'elle n'est qu'une petite écervelée. sauf qu'il n'a pas le droit ! chris aussi, elle en a assez. qu'il passe ses soirées à coucher... avec elle, et elle aussi. elles toutes. mais pas avec la plus importante... elle. la cadette carewall. elle aimerait pouvoir se nicher dans ses bras autrement qu'amicalement...

putain. qu'est-ce qui va pas chez moi ? qu'elle pense. parce que c'est la première fois - ou presque - qu'elle laisse ses pensées dériver ainsi avec la personne d'archi. archi, c'est l'interdit. intouchable. parce que s'ils venaient à se lier davantage, peu à peu, ils mettraient les pieds dans un marécage. ils s’embourberaient jusqu'à ce qu'ils finissent par étouffer.
archi et chris, ça peut pas marcher. mais alors, pourquoi ça la blesse tellement quand il lui dit ces mots si durs, ces mots plus durs qu'un mur ?
quand il se lève, elle sait que c'est fini. que déjà, archi a décidé de la manière à suivre. ses mains agrippent violemment ses poignets, et elle grimace devant l'afflux de douleur qui lui parcours le corps... et les frissons qui la prennent, d'être seulement en contact avec lui.
mais putain, j'suis complètement conne ! il va me défoncer, et moi je m'extasie sur ses mains sur moi ! elle soupire, lève les yeux. le mur derrière elle rencontre rapidement et sournoisement son dos, lui coupant le souffle. mais elle refuse de cesser de le fixer.

mais soudain, elle voit rouge. elle se débat, sans grand succès, et finit par lui cracher au visage. elle arrive à libérer une main avec difficulté, et pousse le torse d'archi d'un doigt dédaigneux alors que dans ses yeux clairs brille toute sa colère.

- comment tu oses ?! COMMENT ?!

elle explose. elle enfonce davantage son index dans la chair du jeune homme, oubliant tout sentiment romantique au profit de la haine pure, viscérale. du dégoût.

- parce que tu me dis, toi, avec combien de putes tu baises ?! HEIN ?! TU ME LE DIS ?! non !

elle hurle à présent. rien à carrer que les pions s'amènent et tentent de les séparer. archi et chris, c'est des aimants. c'est les deux boules de poils dans arthur et les minimoys qui ne peuvent jamais se séparer. ils s'attirent et se fuient. elle a besoin de lui montrer sa hargne. de lui montrer cette jalousie qui la bouffe depuis quelques jours ou quelques semaines.

- tu les aimes autant que j'aime anton ! c'est-à-dire pas du tout ! donc franchement, archi, ta gueule ! tu peux pas me faire la leçon sur ça !

les larmes brillent dans ses yeux, qu'elle finit par détourner après un trop long moment à le fixer silencieusement.

- lâche. moi.

elle murmure, fermement mais le cœur en miettes.

- et tu les touchera pas.

elle dit, plus fort. ses yeux rencontrent à nouveau ceux de l'ami, ceux de l'amant désiré, pour n'y afficher que du mépris.

- ou plutôt, tu ne la touchera pas. PUTAIN ARCHI ! tu comprends pas sa réaction, à elle ?! t'as vu comment tu réagis avec moi ?!

elle parvient enfin, malgré la douleur cuisante qui bat dans ses poignets, à se libérer entièrement. elle prend de la distance, puis se rapproche comme une flèche pour déclarer, dans un chuchotis à peine audible.

- tu comprends pas archi ? que moi, si jamais jeff venait à te toucher, j'aurais exactement la même réaction... ? que moi, j'ai déjà la même réaction. que j'aimerais toutes les éclater dans la cour de récrée, toutes ces petites salopes que tu te tapes tous les soirs... ?

elle retourne s'asseoir sur le banc, anéantie. elle pose ses mains devant son visage, histoire de cacher son désespoir et les larmes qui, déjà, ruissèlent le long de ses joues. elle pleure rarement chris, les carewall sont des battantes, mais là elle peut pas. elle peut plus. pas alors que tout se met à aller mal dans sa vie.

- puis anton... ça valait mieux que toi.

elle balance, acerbe, mauvaise. elle sait que ça ne fera que les éloigner, les briser davantage, qu'il ne comprendra pas le sous-entendu qu'elle y met. en réalité, c'est avec toi que j'aurais aimé passer ma première nuit. avec toi que j'aurais aimé commencer à exister. mais toi, t'es trop dans toutes les autres filles. toi, tu sais pas te contenter de ce qu'il y a sous ton nez.
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MessageSujet: Re: cœur en cristal blues. ⁂ archi.   Lun 8 Sep - 20:14


Archi, il sait plus, il est perdu. Tout explose, tout se noie, tout tournoi dans sa tête. Il ne sait plus où regarder, comment faire, comment ouvrir les yeux. L’eau monte, toujours plus, encore plus. Et Archi, il étouffe. Il a toujours étouffé. Mais là, là, c’est insoutenable, intenable, invivable. Et il ne sait pas comment gérer ça. Archi, il perd les pédales. Et personne ne lui avait jamais faire perdre pied. Surtout pas une fille. Alors il ne comprend pas. Il ne comprend pas comme une gamine de quinze ans peut à se point le retourner, le faire tomber, lui marteler le cerveau à coup de base ball. Il comprend rien, et ça le fout encore plus en rogne le petit.

Au fond de lui, le grand brun espérait vraiment que sa blonde insolente s’excuse, hoche la tête et baisse les yeux. Parce qu’Archi, il n’aime pas les confrontations. Il ne connaît rien d’autres que les poings. Et elle, elle, il ne veut pas la toucher. Jamais. Il sait très bien qu’il regretterait à jamais si il en venait à effleurer de ses poings rouges son visage diaphane. Déjà là, tout de suite, il doit se retenir de ne pas lui écraser les poignets à la belle.

Mais rien n’est jamais comme on le souhaite, n’est-ce pas Archi ? Non, rien. Et Chris ne fait pas exception à la règle. Son beau visage tuméfié se tord de rage. Contre lui, contre Archi, contre ce type qui ne sait plus quoi faire de ses sentiments. Sentiments. Ce mot tellement étrange à ses oreilles sonne comme un coup de couteau dans son cœur.
Il encaisse les coups. Les plumes qu’elle dépose contre son torse. Ça fait bien longtemps qu’il ne sent plus rien Archi.

- J’peux te faire le décompte s’tu veux. Mais ça te regarde pas, celles que je défonce.

Parce que oui, Archi, il aurait préféré qu’elle ne lui dise rien, qu’elle lui invente quelque chose, bagarre à la sortie d’un café, ou un autre connerie. Il voulait pas savoir. Il voulait pas connaître le nom de celui qui avait posé ses mains sur son corps, qui avait embrassé ses lèvres roses. Ses lèvres pincées de colère, ses lèvres dont il rêve. Il est jaloux. Encore une fois, l’idée fugace d’enfermer la tatouée dans une pièce blanche lui effleure l’esprit. Et il serre les dents. Evidemment, il ne doit pas, il ne peut pas. Râler, lui en vouloir. Mais c’est plus fort que lui, comme toujours.

- Mais j’ai pas envie de te lâcher. Toi non plus tu comprends pas. Je pense qu’aucun de nous comprend, et c’est bien ça le problème. Ce putain de problème de merde.

Mais elle se détache. La haine, l’envie, le désir, la douleur, tout se percute à l’intérieur d’Archi. Et il cogne contre le mur. Il sent la douce sensation du sang qui s’échappe de ses jointures. Il voudrait hurler. Hurler qu’elle est sienne. Qu’elle l’est et le restera. Qu’aucun merdeux n’est assez bien pour elle. Pas même lui. Il pourrait s’asseoir à ses côtés. Mais il ne veut pas. Pas encore une fois cédé à son doux parfum. Pas encore.

- Dis moi d’arrêter. Dis moi de tout arrêter. Tu sais très bien que je le ferai. Pour toi. Toujours pour toi. Tu sais très bien que t’es la seule qui compte, il parle d’une voix basse, grave, dur. Il n’y a rien de romantique, juste une envie de tout briser, toujours. Mais on est pourri Chris, autant l’un que l’autre. On se tue, on s’étripe, et pourtant, on reste. Mais au fond, on a trop de fierté hein. Je sais bien que tu ne me le diras jamais, et je continuerai de tirer mon coup avec toutes ses petites salopes qui ne demandent que ça. Et toi, tu continueras à chercher la merde. A cogner et te faire défigurer. Mieux que moi hein ? C’est sûr que lui, il en a quelque chose à foutre de ta gueule. En parfait gentleman, il a surement du déjà te proposer d’aller boire un verre en bas de la tour Eiffel. Non ? Qu’il a prit de tes nouvelles.

Archi, il ne parle jamais beaucoup. Parce qu’il ne sait pas doué avec les mots. Il crache autant qu’il pourrait cogner. Ses mots, ses poings. Et il pousse. Il la pousse dans ses retranchements. Il sait très bien, Archi. Qu’il aurait du arrêter. S’excuser d’agir comme un imbécile, d’être aussi con avec elle. Mais il ne peut pas. Il ne peut pas parce qu’elle est tout. Et rien. Mais surtout tout.

- Mais je t’en prie, barre-toi. Va donc retrouver ce mec tellement mieux que moi. J’te retiens pas.

Mais il voudrait tellement. La retenir. Mais Archi, il a une fierté mal placée. Il crève d’envie de leur éclater la gueule. De lui dire qu’elle a pas intérêt à se casser. Mais aucun son ne sort plus. Il n’a jamais su. Trop abstrait, trop flou, Archi, il ne sait pas aimer.
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MessageSujet: Re: cœur en cristal blues. ⁂ archi.   Dim 14 Sep - 11:59

les mots durs comme de l'acier. un regard froid comme le macadam. chris, elle a plus rien d'une dame face à l'attitude d'archi, à chier. des années qu'ils marchent par paire, et aujourd'hui, ils cassent, et lourd devient l'air.
au fond de son cœur en cristal (blues), chris elle espérait comme une gamine que son prince charmant s'incline. qu'il la prenne dans ses bras, caresse sa chevelure de soie, et lui murmure qu'il serait toujours là. qu'il la protégerait partout, jusqu'à l'au-delà. qu'il ne lui en voulait pas. qu'il comprenait, même, sa détresse et qu'il allait leur casser la gueule pour la protéger de leurs méfaits. mais pas qu'il se mette dans une colère si noire.
et surtout pas qu'il se mette à la place des moires. à décider, ici et maintenant dans la cour de récrée, que leurs destins seraient scellés. séparés.
elle ne sait plus comment réagir. ses poings sont serrés, contractés, ses joues rougies pendant que son cœur se flétrit. la colère vrille ses tempes, fait gonfler ses veines et manquer de la faire imploser, elle qui se sent si tiraillée et déchiquetée.

- non. ça me regarde pas. et je veux pas le savoir. parce que tu sais quoi archi ? j'pense que j'me suis trompé sur toi. j'pense qu'on a rien en commun, et rien à faire ensemble.

elle crache, dans un regard révolver.

- tu veux pas me lâcher ?! TU. VEUX. PAS. ME. LÂCHER ?!

elle détache chaque mot, presque chaque syllabe. les larmes lui brûlent les yeux, acide citrique, mais elle les ravale tant bien que mal. pas question de se laisser aller devant lui et de lui donner l'avantage aujourd'hui.

- qu'est-ce que tu crois que tu fais ?! j'me mets à nu devant toi. je te dis tout en espérant du soutien. peut-être même un câlin. et toi, tu me craches à la gueule, tu m'envoies chier !

les mots résonnent dans l'enceinte déserte alors qu'elle ne parvient plus à se contenir. bientôt, les adolescents vont venir. s'attrouper aux fenêtres, se nourrir de cette dispute qui bientôt prendra des échos disproportionnés grâce aux rumeurs lancées. elle aimerait hurler jusqu'à ce que ses poumons cessent de fonctionner. jusqu'à ce que la douleur, enfin, s'en soit allée. mais elle peut pas, non, elle a trop de fierté.
elle écoute, accuse les coups. mais bientôt, elle ne peut plus. c'est trop dur. le coup part sans vraiment qu'elle puisse le retenir ou le contenir. sa main, tendue à l'extrême, s'abattit sans fioritures sur le minois d'archi, qu'elle vient ternir.

- t'as. pas. le. droit !

ça y est. le cap est dépassé. point de non-retour brisé. sa vision se brouille, les larmes lui échappent. elle serre les dents, les jointures de ses mains deviennent blanches.

- bien sûr qu'il n'a pas prit de mes nouvelles ! parce qu'il s'en tape ! MAIS TOI ! TOI ! tu prends des nouvelles de ces putes que tu te tapes ?! NON. t'es pas mieux que lui ! et je sais très bien que j'pourrais toujours te supplier que tu saurais pas t'en contenter. de moi.

les deux derniers mots sont murmurés. elle le sait, chris, qu'archi parle souvent peu. et sa tirade, là, a annihilé tout ce qu'il restait en la tatouée. le cristal de son myocarde explose, envoyant des bouts de verre brisé un peu partout dans son corps chétif. fini la chris-adulte, retour à la chris-enfant.

- j'te déteste !

elle hurle quelques trop longues secondes avant d'enfouir sa tête entre ses mains et de se recroqueviller sur le banc à la peinture écaillée où, un peu partout, on peut lire "archi et chris, c'est pour la vie". des phrases niaises qu'ils proféraient quand ils étaient encore doté d'humilité et qu'ils ne s'étaient pas encore entre-déchirés. elle sanglote, repliée sur elle-même et sur la douleur sourde qui embrase son être tout entier. elle a plus la force de bouger ou de lutter, chris.

ça fait juste mal.
trop mal.
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MessageSujet: Re: cœur en cristal blues. ⁂ archi.   Dim 21 Sep - 11:24


Et voilà que tout s'écroule. Archi et Chris deviennent Archi, et un peu plus loin, Chris. Le tatoué sait très bien qu'il a été trop loin. Trop fort. Trop haut. Mais c'est pas de sa faute. Il veut y croire. C'est pas de sa faute, parce que Chris, elle est tout pour lui. Depuis toujours. Et pour toujours. Mais il la veut pour lui seul. Et Archi, il sait très bien qu'au final, c'est pas possible. Alors il subit. Sa rage à lui et sa haine à elle. Il se ferme. Comme il a toujours su tellement bien le faire. Fermé au monde, aux sentiments, aux gens, à elle. Il ne veut pas céder à ses pulsions étrangères, qu'il ne comprend pas, mais dont il est sûr de ne pas vouloir s'approcher. Parce que ça serait la fin. Leur fin. Alors Archi, il trouve que c'est plus facile comme ça. Finir quand rien n'a commencé. Le veut-il ? Archi secoue la tête, le coeur en miette, le coeur déchiré, sans l'avouer. Il ne veut pas écouter la belle. Ses paroles qui le transperce. Il ne sait pas si elle a raison. Peut-être. Peut-être pas. Elle, que elle ? Sans doute. Mais sa fierté l'en empêche. Comme toujours. Alors il recule. Il met ses mains dans ses poches, détourne le regard et fait demi-tour. Il a tout cassé Archi, et il s'en va. Comme un voleur, comme un escroc. Comme le parfait Archibald qu'il est.


THE END
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cœur en cristal blues. ⁂ archi.

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