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 autour de moi les fous (chris)

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PSEUDO/PRÉNOM : BouhDah (orphée)
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MessageSujet: autour de moi les fous (chris)   Sam 23 Aoû - 13:35

je comprends pas les gens sages. bien propres sur eux, et même heureux. ça sert à quoi de chasser un bonheur qui existe pas vraiment ? ou qui dans tout les cas se casse quand on commence à s'y habituer ? ces gens là ils ont rien compris. selon moi. ils croient à tort, ils rêvent leur vie. ils passent leur temps à courir après des illusions. au bout d'un moment faut arrêter d'être con. les illusions c'est chouette en soirée, quand on a avalé trop de vodka pour se rappeler de qui on est. sinon c'est fade. un peu comme la vie. c'est à nous de lui donner des couleurs, pas l'inverse. sinon on vit un peu pour rien. on vit en attendant un miracle. mais les miracles de toute façon ça existe pas, tout le monde sait ça. sauf peut-être les gens sages. eux préfèrent se meurtrir et ne pas ouvrir les yeux. ne pas ouvrir les portes qui se présentent devant eux. les vraies portes, celles qui importent. mais vous pensez pas qu'on a déjà suffisamment de cicatrices dans le cœur ? des âmes qui saignent. qui se plaignent en silence. ça rime à rien tout ça. enfin, c'est toujours mieux que de gueuler « adieu » à la face du monde du haut d'un toit. ça aide pas à se sentir mieux quand on saute. ça aide pas les regrets à s'en aller. faut apprendre à vivre avec eux, ça c'est vraiment courageux. aujourd'hui en colle y avait pas de gens sages. que des coupables. des courageux. que des gens un peu bancal. des gens moyens, comme moi. je me sens pas seule ici. y a même un peu trop de monde. mais au moins je suffoque pas comme lorsqu'y a trop de propreté dans l'air. ces gens purs et limpides, qui ont le cœur et les paumes ouvertes. je les déteste. puis la cloche elle sonne. elle s'acharne sur nos tympans, la garce. alors je quitte la salle sans un regard pour les "compagnons d'infortune". la fortune aussi c'est surfait. je m'éloigne déjà, un petit sourire aux lèvres. je suis collée pour toute la semaine. question d'habitude. être coupable c'est comme tout, on s'y fait.

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MessageSujet: Re: autour de moi les fous (chris)   Lun 25 Aoû - 22:05

les murs blancs. les élèves qui s'élèvent comme des bancs. mais pas comme des poissons innocents et inoffensifs, non. les élèves sont des vautours qui sortent les griffes. qui aiment la chair nue et la dévorent un peu plus.
avec des remarques acerbes et des regards hautains, qui vous jugent dans les moindres recoins. et chris, elle, fait parti d'eux. de ces volatiles qui n'attendent qu'une petite erreur pour montrer les crocs et attaquer, toutes serres acérées sorties, des flammèches dans les yeux.
c'est de cette manière qu'elle s'est retrouvée ici. le cul vissé à une chaise, le crayon flirtant avec la surface immaculée et vierge du papier. en colle.

- p'tain...

elle murmure, le nez dans sa copie toujours vide. elle se reprendra une heure de colle pour ne pas avoir rempli. elle n'attend qu'une chose : qu'enfin, l'horloge se décide. que l'heure sonne la fin de ce calvaire qui la rend grognonne.
et d'un coup d'un seul, la potence est rejetée en arrière. le driiiiiiiing stressant et agaçant retentit. le siège est éjecté, tout comme ceux de ses compères, de ses amis.
à force de se retrouver dans cette salle aux airs toujours si médicaux, avec ses murs couleur de pureté, on tisse des liens. on se trouve une nouvelle famille, de tous ces errants, de tous ces chiens.

en sortant du gibet, elle croise la belle orphée. ses prunelles s'amourachent quelques secondes de ses courbes, sans que rien ne les gâche.
elles pourraient être proches. êtes des potes qui boivent sous un porche... mais le fait est que le jugement est là, pernicieux, sournois, dans les beaux yeux embrumés de la tatouée.
parce que tout le monde le sait : orphée, elle aime coucher. elle aime baiser. un peu partout. avec n'importe qui. les inconnus et les amis. pour ne pas être seule, elle ferait tout.
et ça, chris ne l'accepte pas. donner son corps, donner un bout de soi, ça se mérite. ça se réfléchit. et le sien, à force de passer de mains en mains, il s'effrite. peu à peu, il perd son éclat : devient nuit.
mais ça ne l'empêche pas, la belle effrontée, d'aller trouver sa copine de soirées. sa main s'attarde autour de ses épaules, flirte presque avec la peau à moitié dénudée. elle n'est pas lesbienne, la carewall. mais orphée lui fait juste de l'effet. comme à tout le monde, c'est certain.

- j'savais pas que t'étais collée.

elle glousse, repousse une mèche devant les prunelles de la belle. avec la lumière du soleil qui pénètre entre les carreaux des fenêtres, on pourrait la croire rousse. ses doigts viennent se nouer à leurs homologues.

- tu veux sortir ?

elle propose, mutine.

- j'sais qu'on est censées retourner en cours, m'enfin... perso, j'suis pas à ça près. une heure de colle de plus ou de moins...

elle lui tourne autour, comme l'impatiente qu'elle est. comme une jeune fille trop joueuse qui aime défier : la vie, les profs, le lycée tout entier. et puis, elle sait bien qu'au fond, orphée, tout ce qu'elle veut aussi c'est jouer.
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MessageSujet: Re: autour de moi les fous (chris)   Mar 2 Sep - 12:50

et toutes ces journées se ressemblent. elles ont la saveur des cendres. la couleur dégueulasse de la neige fondue. des colles et des colles comme une litanie sans fin. le quotidien. une routine qui s'installe, même pour un truc comme ça. faut s'oublier. faut arrêter de chercher à comprendre pourquoi on fait les choses. elles arrivent, c'est tout, c'est comme ça. on sera déjà morts qu'on aura pas encore trouvé les réponses à nos questions muettes. j'ai la migraine, un peu. des sons qui s'entrechoquent dans ma tête. on dirait qu'ils sont démultipliés. y a la sonnerie qui semble pas vouloir s'arrêter. les chaises qui raclent brutalement le sol, tout le monde file entre les barreaux de l'éphémère prison. les gardiens ont baissé la garde, le signal a retenti. y a les gens qui crient. les respirations trop fortes aussi. les insultes au détour des couloirs. le bruit. y a Chris là-bas. on la repère de loin parce qu'elle est comme une comète. un astre brillant et rapide qui nous ébloui sans pourtant s'attarder. je savais pas qu'elle était là elle aussi aujourd'hui. faut croire qu'à défaut de se ressembler en tous points y a au moins l'art des retenues qui nous réuni. sa main s'attarde un peu autour de mes épaules. moi je lui offre un sourire radieux. la colle est terminée, on peut retourner à nos vies. tout ce qui les colore, qui les rend tantôt joyeuses, tantôt moroses. moi non plus j'savais pas que t'étais là. le soleil nous baigne de sa gentille lueur. aujourd'hui c'est une de ces journées ou il fait bon vivre sans qu'on comprenne vraiment pourquoi. parfois on peut être joyeux sans chercher pourquoi. sûrement. je continue de sourire. un sourire qui va jusqu'aux yeux, pour une fois. il fait ressortir le tout petit bout d'innocence qu'il me reste et qui se cache au fond de mes prunelles. il se cache bien cet idiot. souvent. trop souvent. Orphée la dépravée qu'ils disent tous. ils me voient comme ça, la plupart. Chris aussi elle me voit comme ça, je le sais. mais je m'en fous moi. c'est ce que je suis, je le nie pas. mentir ça sert à rien. elle me prend la main. est-ce que je veux sortir ? m'en aller d'ici. aller loin, même si c'est que dans ma tête. avec Chris ça peut être drôle. Moi je l'aime beaucoup vous savez, même si elle me comprend pas très bien. mais je suis bizarre de toute façon, alors bon. ouais, carrément ! je suis enthousiaste à l'idée de faire une connerie de plus. ouais. et alors ? Les règles on s'en fout. elles existent pour être transgressées. elles sont une incitation aux conneries. donc voilà, y a pas de quoi s'en faire. au pire ce sera une colle de plus. l'habitude. la même. puis j'ai pas envie de voir la tête des profs. celle des autres non plus. c'est vrai. je veux juste aller ailleurs avec Chris, sans avoir à réfléchir à pourquoi on fait ça. des conneries, perpétuellement. tu veux faire quoi ? je demande, un sourire en coin. dis moi à quoi on joue aujourd'hui jolie Chris. pour tromper notre âge, l'ennui, la vie. une fois de plus. tant qu'on le peut encore

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MessageSujet: Re: autour de moi les fous (chris)   Mer 10 Sep - 14:08

dans la salle de classe réhabilitée pour les heures de colle, chris croyait mourir. aucuns rires. juste l'ambiance pesante d'une de ces heures interminables pour les minables. elle, eux, tous ceux qui ont été désignés pour être bagnards, pour êtres enfermés, les charognards.
ses prunelles, à la belle blonde, se déposent sur celles d'une autre, d'une mignonnette. orphée. ce prénom explose dans sa bouche, explose dans sa tête. c'est un bonbon acidulé sur la langue : sucré, explosif, mais un peu dérangeant aussi.
chris, elle sait qu'orphée l'aime bien : que si elle voulait, orphée pourrait accepter de se couper en dix et une amitié pourrait ainsi naître entre elles. mais le fait est que la tatouée ne peut s'empêcher de la regarder comme s'il s'agissait d'un chien. elle sait : les rumeurs vont bon train sur la belle innocente qui ne l'est pas tant, sur la belle. et chris a déjà partagé assez de soirées avec elle pour savoir qu'elles sont fondées : celle qui pourrait prétendre être du même sang que chris tant elles se ressemblent physiquement, cette même fille que chris appréciait tant, elle se donne encore et encore, tant que ça n'implique pas de toucher à son cœur meurtri.
et chris, elle a beau dire qu'elle est ouverte d'esprit, elle peut pas supporter ces filles qui sont juste... ouvertes. qui, aux soirées, boivent un peu puis s'éclipsent dans une chambre avec le premier qui est passé et qui lui a susurré quelques mots d'une amitié trop poussée.
et pourtant, chris s'approche, laisse flâner une main au niveau de ses épaules. parce que chris, elle se veut différente mais elle est un peu comme tout le monde : indéniablement, elle succombe au charme de la belle orphée, oublie le monde lorsqu'elle est à ses côtés.

- pourtant, j'suis pas très discrète pendant les heures de colle... enfin, j'suis jamais discrète.

elle glousse, bien qu'un peu vexée que l'étoilée ne l'ait pas remarquée. chris, elle aime, elle a besoin qu'on la voit. qu'on sache qu'elle est là. et qu'on l'apprécie, aussi. c'est sans doute idiot, mais avec soeur-muette et soeur-j'te-lâche, chris, elle se sent juste seule.

- putain mais meuf, tu m'étonnes ! tu verrais les gens dans ma classe c't'année... c'est de pire en pire. tous des intellos avec des lunettes à la con. même pas des rayban t'sais. genre j'galère tellement à mettre de l'ambiance, ça m'épuise.

elle souffle, soupire même. mais y'a orphée. et chris, elle se tâte : dans ces moments là, elle aimerait tout oublier. considérer orphée comme son amie, comme un pilier de sa vie : parce qu'elles sont quand même souvent fourrées ensemble et qu'elles se ressemblent. mais tout au fond d'elle, elle peut pas la mettre en sourdine cette pétasse de voix qui lui murmure : chris, oublies pas. orphée, elle ouvre les cuisses. orphée, elle s'en tape de donner son corps par amour. sauf qu'elle peut rien dire, chris, qu'a donné sa virginité à anton sans l'aimer. en enviant simplement son amitié avec la jeff-j't'ignore.
elle tourne la tête de droite à gauche, pour chasser ces voix qui lui chuchotent dans le creux de l'oreille.

- j'sais pas.

elle déclare, avant de se masser le menton. elle traîne un baluchon ignoble, depuis des années, tagué de partout avec du blanco. y'a jamais rien dedans, mais elle le garde avec elle à chaque fois que ses pieds la traînent en cours. elle est trop jeune pour comprendre qu'elle a besoin du savoir des profs.

- j'ai bien envie d'aller en ville... pourquoi pas écrire sur les murs, fumer un peu... en tout cas, m'casser de ce truc tout gris.

elle glousse une nouvelle fois, rêveuse. elle fait glisser ses lunettes de soleil rondes sur le bout de son nez et attrape le bras d'orphée pour la mener là où bon lui semble, mais en tout cas bien loin de cet endroit morne qu'ils appellent école.
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MessageSujet: Re: autour de moi les fous (chris)   Dim 14 Sep - 12:51

on pourrait être amies. on pourrait dominer le monde. notre petit monde, pas si petit que ça. comme des princesses. non, comme des reines. mais toi tu veux pas. c'est plutôt dommage, moi je trouve qu'Orphée et Chris ça sonne joli. petite mélodie. deux petits noms comme des étoiles filantes, si brillantes qu'à trop les regarder on distingue plus trop les couleurs. tout ça c'est nous. ou plutôt ça pourrait être nous. mais tu veux pas.
désamour de mes pêchés. c'est ce désamour que tu as pour eux qui fait de nous des presque-amies. au moins c'est pas rien du tout. parce que t'es chouette Chris, alors moi je supporterais pas qu'on soit rien. t'es chouette Chris, même si j'ose pas te le dire. et y a peu de chances que je le dise un jour. pas par fierté, juste parce que tu brilles trop fort. je préfère te regarder en silence et profiter de cette petite chose fragile qu'on a, en silence. je veux pas briser tout ça. même si j'aimerais bien être ton amie.
j'aimerais être un peu moins imparfaite. un peu plus comme toi.
pardon.
mais si t'es là ça veut peut-être dire que tout l'espoir s'est pas barré comme un voleur. je sais pas. moi je souris quand t'es là. parce que t'as comme un pouvoir magique, même si tu l'ignores. t'es capable de faire briller tous ceux qui sont autour de toi. t'es comme un soleil qui éclaire les planètes. et ton sourire c'est l'étoile du berger. mais on n'est pas amies, n'est-ce pas ? alors tout ça je peux pas te le dire. à voix haute. avec des jolis mots.
désolée.
Orphée ça rime avec désolée.

c'est pour ça que t'es chouette.
oups, ça m'a échappé. ta lumière est trop forte je crois. elle met à mal toutes mes barrières. elle essaye de les mettre à mal. mais je peux être plus forte. je peux toujours essayer. pourquoi tout est compliqué dans ma tête ? pourtant Chris c'est court, c'est simple, c'est beau. ça devrait être simple. et peut-être même beau. mais non. Orphée et Chris ça sonne joli, mais ça l'est pas. ça l'est presque.
et je souris.
le sourire c'est assez magique dans le sens visage illuminé qu'on peut pas déchiffrer.
le sourire c'est le plus utile des masques.
le plus  beau.
le plus utilisé aussi.

moi j'ai une classe de gens transparents. le genre inintéressants. ils pourraient faire partir des meubles que ce s'rait la même chose. on aurait du être dans la même classe. le lycée s'en s'rait jamais remis. il aurait tremblé. on aurait rit aussi. mais moi là je m'ennuie quasi tout le temps.
je soupire. je  fais comme elle. je suis le mouvement. je suis fatiguée, j'aime pas tous ces gens fantômes qui servent à rien. ils s'illustrent admirablement bien par leur manque de personnalité désespérant. mais c'est tout.
viens on dégage de là. viens on s'enfuit. moi je veux voler loin d'ici.
je supporte plus la moiteur des classes. l'air vicié de la cour. les commérages, les crétins, les voyous, les putes, les autres, les gens moyens.
je veux me sauver.
lycée-prison.
lycée-calvaire.
lycée.

on va ou tu veux. j'ai une bombe de peinture noire dans mon sac d'ailleurs. de base c'était pour taguer un truc sur la porte des toilettes. mais j'ai lâché l'idée.
Chris elle prend mon bras. moi je trottine derrière elle. je la suis avec enthousiasme. je continue de sourire, parce que je sais qu'elle nous emmène loin d'ici. loin du bruit et de l'ennui. j'veux m'en aller.

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MessageSujet: Re: autour de moi les fous (chris)   Dim 21 Sep - 17:45

orphée.
elle est fatiguée. chris, elle aimerait l'aimer. l'apprécier. et elle en a assez d'être enfermée dans ses préjugés. il est grand temps d'apprendre à être ouverte d'esprit, à défaut d'ouvrir les cuisses au premier venu.
elle ne pourrait pas agir ainsi, si souvent se mettre à nu. mais elle peut essayer de comprendre les raisons qui poussent la belle orphée à se jeter dans des bras, à corps perdu.
sa réponse à la belle mélopée arrache un rire léger et légèrement intimidé à la tatouée. ses joues deviennent légèrement rosées.

- c'est toi qui est chouette.

elle rétorque, dans un sourire emprunt de timidité. elle n'ose relever les yeux pour croiser ceux d'orphée. parce que la belle poupée pourrait y lire toute l'amitié que la blonde aimerait lui vouer. tous les regrets qui enserrent son pauvre petit myocarde, de ne pas s'être ainsi flagellée avant pour se persuader qu'elle pourrait faire fi de ses habituels procédés.
il y a quelques années, chris aurait sans doute fait parcourir dans les couloirs du lycée des rumeurs acidulées. "orphée, elle baise avec tout ce qui bouge. orphée, c'est portes-ouvertes 24h/24." elle ne se serait pas préoccupée de la blesser. à présent, elle voit les choses différemment.
orphée, c'est un petit trésor. un trésor qu'elle aimerait pouvoir appeler "amie", "confidente". parce qu'orphée, elle est un peu ce que chris aimerait être sur certains points.
elle a cette assurance, cette beauté qui les fait tous s'agglutiner autour d'elle. ces lèvres pleines, ces prunelles ne sont jamais empruntes de haine, et ce sourire qui murmure j'ai une vie tellement dure... et pourtant, je suis là et je souris à la vie. je suis là et je te pardonne pour tout ce que tu as pu faire et tout ce que tu feras.
orphée, elle pousse chris à revoir ses retranchements, et à laisser aller son attachement.
alors chris, poussée par cet élan de romantisme, cet élan de sentiments, elle s'approche d'orphée et la serre fort dans ses bras en déposant ses lèvres (qui claquent) sur la joue de la poupée.

- bah ! moi j'suis là. c'est vrai que ça aurait été bien... on aura qu'à demander pour l'année prochaine ? d'être dans la même classe j'veux dire.

chris, elle est plutôt enjouée, plutôt franche aussi. les mots sortent comme s'ils étaient ordinaires, comme s'ils n'impliquaient pas l'implicite : je te pardonne orphée pour être un peu trop libérée. je n'en peux plus de résister : la vérité, c'est que je t'aime déjà trop pour, de toi, me passer.

amie. modèle. envie. je-rêve-d'elle. orphée... chris, elle aimerait juste comprendre. et elle aimerait pouvoir se lâcher comme le fait sa belle hirondelle. elle n'aimerait pas être cataloguée de catin, mais juste se sentir bien dans ses chaussures, et pouvoir rouler des patins. quand elle veut, avec qui elle veut. archi.
archi.
juste lui.
mais c'est impossible.

- tu voulais taguer quoi sur la porte des toilettes ?

elle demande en riant, attrapant le bras d'orphée pour la mener là où il lui plaît.

- parce qu'en fait, j'doute que les pions nous laissent sortir. alors on pourrait p'têtre écrire des insanités sur une fille en particulier...

elle glousse.

- ou peut-être des faux numéros de téléphone, ou des potins sur les mecs.

elle se gratte le menton, pensive.

- ça me ferait du bien de lâcher un peu tout ce que je pense des mecs en ce moment. anton... archi...

elle se mord la lèvre inférieure, ravale la rage et les larmes brûlantes qui lui montent aux yeux.

- j'parie que t'as entendu les rumeurs ? sur... archi. et jeff.

les mots sortent en lui arrachant le gosier comme quelques milliers d'aiguilles effilées. bien sûr qu'elle les a entendues : tout le lycée les connaît. jeff et archi, un soir d'ivresse, auraient flirté. se seraient embrassés. et auraient enfin couché.
et ça la tue, chris. elle s'est excusée des centaines de fois auprès de jeff pour avoir touché anton, pour avoir brisé l'interdit... alors elle n'avait pas le droit de faire ça.

- mais n'en parlons plus ! j'ai juste envie de me défouler avec mon amie !

elle sourit de toutes ses dents, malgré la douleur cuisante qui persiste au niveau de sa cage thoracique. elle peut le faire, elle le sait : oublier le passé d'orphée, oublier ce qu'elle fait pour se concentrer sur sa beauté, sur tout ce qui fait d'elle ce qu'elle est.
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