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 même si ça fait mal (jeff)

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MessageSujet: même si ça fait mal (jeff)   même si ça fait mal (jeff) EmptyVen 22 Aoû - 2:43

Il erre le connard tatoué. Dans les rues il marche. Sans âme. Des jours à n’être rien de plus qu’un pantin animé par une volonté inexistante. C’est à peine s’il mange, c’est à peine s’il boit et il n’encre plus la peau des autres. Vide de toute inspiration, son salon est un bordel depuis le passage de la blonde muette. Cœur brisé, âme incomplète sans elle, il la cherche, espère la trouver. Mieux encore espère la récupérer. Tiraillé par ses sentiments, torturé par une horrible gueule de bois, il avance sur le bitume, traine des pieds sur l’asphalte. Une voiture klaxonne, il ne réagit pas, son majeur se lève et Anton n’est même pas sûr que ce soit le bon doigt. Peut-être saoule encore. Pourtant il avance et si le pas est hésitant, il sait où il l’entraine. Alors il se laisse aller. Il se laisse trainer et ne bronche pas. Elle lui manque la muette au prénom de garçon. Elle lui manque. Comme un vide qui se creuse un peu plus chaque jour. Comme le lit d’une rivière asséché. Anton se sent incomplet. Roi déchu, connard condamné. Jeff. Il a perdu la notion du temps, il sent pourtant le soleil cogner son visage et l’aveugler. Il a perdu la notion du temps, il sait simplement qu’il ne lui reste pas assez de clopes et que toutes les bouteilles sont vides. Il a mal le connard. Il a mal d’elle, mais il avance. Téméraire, elle ne peut pas. Non elle ne peut pas. Anton refuse qu’elle disparaisse ainsi. Anton refuse de ne plus entendre son silence lui parler. Alors il marche. Il marche et arrive jusqu’au skatepark avec l’espoir de la trouver.

Rituel passé. Rituel remis au goût du jour. S’il devait se réfugier quelque part, alors c’est ici. Si elle devait se réfugier quelque part, alors pourvu que ce soit ici. Il observe les gosses de son regard vide comme la mort. Il prend un chemin à la dérobée, s’éloigne du bruit des planches et des chutes, pour mieux les surplomber finalement. Il grimpe. Il grimpe et son cœur cogne fort. Il cogne si fort qu’il a peur de le voir s’échapper. Il a peur que son cœur fasse le même choix que Jeff. Il refuse. Il nie. Il s’obstine. Anton arrive à ce qu’ils appelaient leur endroit. Et elle est là. Il rêve, il ne sait pas. C’est réel, il ne sait pas. Le monde semble être œuvre abstraite depuis cette fameuse nuit. Il s’est arrêté. Il semble plus vivant. Jeff. Alors le connard respire. Il inspire. Expire. Il reprend ses esprits, se réveille et oublie la gueule de bois. Jeff. Elle est là. Ca doit être vrai, il refuse que la folie prenne le pas sur sa conscience. Amoureux imbécile, ami naïf. Il approche, la retrouve et se pose à côté l’air de rien. L’indifférence dans son comportement. Ses traits exprimant toute la souffrance du connard d’avoir perdu sa danseuse du silence. Il prend une clope, allume le bâton toxique et tire dessus. Il regarde la fumée s’envoler et le paquet fini sur le ventre de Jeff. Sers-toi que ça veut dire. Jeff. Tout le poids du monde semble tomber sur ses épaules d’un coup. Il ne la regarde pas. Pas encore. Tourne finalement la tête vers elle. Se brise face à son visage. Face à son silence. « J’ai pris une décision. » Il s’allonge, observe les nuages, ne la regarde plus. Plus pour l’instant, mais il ne saurait tenir. « Je ne te laisserai plus filer. » Une façon de connard de lui exprimer son manque. Une façon de connard de lui vomir ses sentiments en peu de mots.
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Cal Reith

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MessageSujet: Re: même si ça fait mal (jeff)   même si ça fait mal (jeff) EmptySam 23 Aoû - 12:58

Elle a le cœur cendrier et la bouche manque. Jeff, depuis trop de jours, erre avec un faux sourire cousu sur les lèvres. Qui remarquerait qu'à son silence est accroché un silence supplémentaire ? Que son regard est devenu aussi muet que sa bouche ? Personne d'autre que sa grande sœur n'a jamais su lire en elle. Hormis lui. Hormis le connard aux doigts baladeurs.
Alors elle ne sort plus, alors elle ne rit que pour faire passer le temps. Sa poitrine ne sait plus respirer autre chose que les taffes-goudrons qu'elle tire de son paquet cadeau Marlboro. Elle a les poumons cendres et le sourire sans filtre. Tant d'années passées à aimer pour rien, à s'offrir à un bâtard qui ne tarderait par à la brûler, elle toute-entière, elle et son patronyme. Ca fait un creux dans le corps, ça fait un trou dans la vie. Du réveil au coucher, des premiers mots entendus aux derniers pensés. Il n'est pas là, il n'est pas là, autant qu'il a été là toute sa vie durant. Il n'est pas là et il a pris avec lui tout ce qui lui appartenait. Les rires de son cœur, les chants de ses yeux. Son premier café et sa dernière clope ; sa paix et ses colères.
Cela ne fait que quelques jours – cela fait déjà quelques jours. Mais le week-end s'annonce terrible. Mais les jours sans cours pour s'occuper s'annoncent cruels. Ainsi, pour les accueillir plus doucement, elle se réfugie au skatepark. Elle se réfugie à la dernière chose d'eux encore existante. Un endroit. Leur endroit.
(disparition)
Et puis, avec une violence sans pareil, son silence est brisé. Et puis, avec une douceur sans précédent, c'est son cœur qui se pète la gueule. C'est elle toute entière qui fait une chute sans fin, qui tombe dans un trou d'air plus grand qu'elle. C'est sa poitrine qui se compresse, qui semble remonter jusqu'au creux sa gorge. C'est son odeur, c'est sa présence.
Elle ne bouge pas. Ses grands yeux bleus restent cachés derrière ses paupières-boucliers. Partira-t-il ? Disparaîtra-t-il comme il était venu ? Etait-il seulement là ou n'était-ce qu'une illusion de son esprit malade, de son esprit déjà en manque ?
Alors, sa voix.
Alors, l'atterrissage. Son cœur s'éclate sur le bitume, il explose dans un crash monumental. Son éclat fait un vacarme tellement grand dans sa cage thoracique qu'elle se pince les lèvres pour ne pas réveiller toute la ville. L'a-t-on entendu, depuis là où sa sœur-mirage a disparu ? Accourrait-elle depuis sa vie sans vie, comme une de ces filles au maillot de bain rouge qui court sur la plage, qui court sur la télé ?
Le connard reprend la parole, il s'explique. Il s'explique et se transforme en rire hystérique dans la gorge de Jeff. Elle ne sait pas se retenir, elle se plie en deux, elle envoie valser le paquet de clopes et les résolutions débiles, riant jusqu'à en pleurer, pleurant jusqu'à en rire. Une décision. Ça veut dire quoi ça ? J'arrête de coucher avec des fantômes de ta famille ? Finalement, j'ai décidé de pas me taper ta grande sœur en plus ? J'vais prendre que deux virginités chez les Carewall, au bout du compte, c'est assez ? Elle rit, elle rit sans s'arrêter, elle rit jusqu'à ne voir plus que du noir et des étoiles. Si bien que son maquillage anciennement si triste coule en éclats ironiques le long de ses joues, si bien que sa mâchoire s'arme d'une douleur qui masque presque celle dont est assommé son cœur.
Elle rit, sans pouvoir s'arrêter, d'interminables secondes durant, des minutes peut-être.
Elle rit, sans que l'on puisse l'arrêter, des secondes durant, des minutes, des heures, une vie peut-être.

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MessageSujet: Re: même si ça fait mal (jeff)   même si ça fait mal (jeff) EmptySam 23 Aoû - 20:50

Les nuages glissent dans le ciel et Anton ne voit rien. L’imagination lui fait défaut. Vide à l’intérieur, plus rien n’a d’intérêt. Elle lui manque. Il se sent presque vivant en cet instant. Vivant quand elle éclate de rire à le briser en des dizaines de morceaux. Il ne dit rien le connard, il continue d’observer le ciel, de fumer sa clope comme-ci de rien était. Elle rit encore. Elle rit toujours. Jeff se perd dans la folie. Jamais il ne la touche, il laisse la blonde se battre avec ses démons, avec la douleur qu’il cause. Il ne fait que sourire. Ses yeux se ferment, le soleil brûle sa peau. Vivant. Il se sent revivre alors que le silence habituel, son silence, est brisé par son rire. Son rire est doux, son rire est beau. Sa voix. Il aime sa voix. L’entendre lui fait du bien. L’entendre le ramène sur terre. Il comprend sa réaction. Il pense comprendre. Qu’il est con l’amoureux. Son esprit ne pense pas, il n’y a que son rire qui parvient jusqu’à ses oreilles. Son corps est engourdi. Anton se surprend à se sentir bien. Pourtant elle ne fait que lui transmettre à quel point il est pathétique. A quel point ce qu’il dit est idiot. C’est vrai. Il soupire l’enfoiré, jette la clope sans savoir où elle va finir sa courte vie. Ses yeux s’ouvrent, ses doigts glissent naturellement jusque contre la muette. Les mains se mêlent, s’entremêlent. Sa peau est froide, abimée. Elle va le rejeter. Vomir à son contact. Elle ne le supporte plus. Il a besoin d’elle.

Jeff. Ne plus se passer d’elle. Ne plus lui faire du mal. Il réalise toujours plus les choses. Comprend toujours plus. Se perd pourtant à chaque fois dans cet esprit embrumé. « Tu me manques et je déteste cette nausée de sentiments que tu causes. » Il n’a pas l’habitude l’encreur de peau. Pas l’habitude de ressentir. Pas l’habitude de se préoccuper de ces futilités. Ouvrir son cœur, écouter, s’exprimer. Toutes ces conneries, il ne les supporte pas. « Ça fait chier Jeff. » Tu fais chier Jeff. Le problème ce n’est pas elle. C’est lui. C’est l’enfoiré qui a tout fait foirer. C’est l’enfoiré qui veut recoller les morceaux avec une colle bon marché. Il serre un peu plus la main de la muette. Il serre fort. Elle n’est qu’une brindille qu’il peut briser d’un geste. La gamine abimée qui rit, qui se moque, qui est folle. « Je suis mort sans toi. » Connard de beau parleur. C’est à peine s’il ne regrette pas toutes les conneries qui peuvent sortir de sa bouche. Et pourtant. Pourtant c’est vrai. Des jours à errer, à n’être rien de plus que son reflet cadavérique. Parce que. Parce que Jeff. Putain et cette garce le tue. « Tu comprends ? Forcément tu comprends. » Il parle pour deux. Répond pour elle. C’est toujours pareil et quand ce n’est pas le cas il la laisse s’exprimer à sa manière. Lui il l’entend. Lui il a toujours entendu. Son silence suffit. « Et puis merde Jeff, c’est toi et moi contre le monde. Le reste on s’en fout. » Alors arrête de rire. Arrête. Il la force à se rapproche. Il la force à ressentir davantage le contact entre eux. Elle le déteste surement plus. Il s’en fout le connard. C’est pour leur bien.

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MessageSujet: Re: même si ça fait mal (jeff)   même si ça fait mal (jeff) EmptyLun 25 Aoû - 2:06

Sur ses joues il y a leur amitié perdue qui coule en sillons maquillés. Noir comme ses poumons, noir comme son cœur fatigué d'aimer un connard, un connard, un connard. Elle en rit comme elle n'a jamais ri, elle en ri comme elle devrait en pleurer. Parce qu'il est nul, même en connard, il tient pas la route. Parce qu'elle voudrait le secouer, l'insulter, le frapper, mais qu'il n'en vaut sûrement pas – plus – la peine. Alors elle rit. Plus pour soigner ses propres maux que pour se foutre de lui. Plus pour le faire disparaître que pour lui faire du mal. Plus parce qu'elle aimerait s'en foutre plutôt que d'avoir aussi mal.
Elle rit jusqu'à ce qu'il prenne sa main. Alors, son expression se fige. Elle devient cristal, porcelaine. Elle a le cœur qui se tait, qui se terre dans un coin, là où on ne peut plus le trouver. Il est fatigué, il en peut plus d'être trituré, torturé, démantelé. Il aimerait un peu de paix. Il aimerait qu'on l'oublie. Les grand-huit c'est pas son truc, les pics d'adrénaline ça a toujours eu tendance à l'épuiser. Jeff ne bouge plus pour ne pas se casser, pour ne pas forcer sur une fissure et se briser là, en mille morceaux. On la retrouverait sûrement jamais en entier si elle s'étalait sur le sol, et de toute façon personne ne prendrait la peine de la recoller.
Et puis Anton commence à parler et elle sent son enveloppe trop fragile commencer à vibrer. Son palpitant est sorti de sa cachette, il a tout renversé en dedans, si bien qu'elle en aurait presque la nausée. Il devient fou, il cogne à l'intérieur comme une bête enragée. C'est sûr que s'il continue comme ça, il va la faire exploser. On n'entend plus que lui, la blonde n'a plus la place pour penser. Elle n'a plus la place pour détester. Au son de la voix du jeune, son cœur continue de s'affoler. Il tape dans un langage proche du morse sur ses côtes un truc qui ressemble à prends-moi dans tes bras, tais-toi et serre-moi, tais-toi et aime-moi. Il la rend sourde, il la rend aveugle, il la rend conne – plus conne que jamais. C'est impossible de réfléchir quand ça tambourine à ce point dans la poitrine, quand ça prend tout le sang pour le rendre amour et tendresse.
Alors la conne serre ses doigts sans le vouloir, sans rien vouloir d'autre, et commence à se demander pourquoi elle ne pourrait pas juste oublier. Oublier le mal, oublier ce qu'il a fait. Il lui parle, il la regarde, il est plus là que jamais, et elle commence à se demander pourquoi elle ne pourrait pas lui pardonner.
Le reste on s'en fout.
Mais ses derniers mots viennent se coincer dans sa gorge. Ils arrêtent son cœur un peu trop emballé et font taire la symphonie qui s'était déclenchée. On range les tambours, repliez les trompettes. Le connard est resté connard. La bouche de Jeff se tord un peu face au visage fatigué de celui qui était son meilleur ami. Pourquoi ne pas lui gueuler le fond de ses tripes ? Pourquoi ne pas l'insulter, le frapper, lui raconter un peu comme il fait lui fait mal, tout au fond, là-dedans ?
Elle lâche ses mains et se recule légèrement. Ses doigts tremblants viennent essuyer ses joues déguisées et son regard cherche un point de fuite. Quelque chose. Un gamin, un arbre, un nuage. Oui. Elle reste sur le nuage.
Et s'il fallait parler ?
Elle soupire fébrilement et reprend mentalement ses derniers mots. Le reste on s'en fout. Sa tête fait non tandis que son cœur remonte jusque dans ses yeux. C'est des conneries tout ça. Sa tête fait non et ses paupières se ferment pour ravaler tout un monde prêt à sauter.

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MessageSujet: Re: même si ça fait mal (jeff)   même si ça fait mal (jeff) EmptySam 30 Aoû - 2:26

Le connard est aussi maladroit avec ses mots qu’un nouveau-né qui essaye de marcher. Il ne sait pas quoi dire. Il ne sait pas comment faire. Il sait simplement qu’il a besoin d’elle. Que c’est vital. Qu’elle est vitale. Il s’est excusé. Ne veut plus le faire. Les mots n’ont comme aucun impact sur elle et putain ce qu’elle lui manque. Jeff. Jeff. Jeff. Elle est là pourtant, près de lui. Mais elle le déteste et ça le tue à petit feu. Il s’en veut. Il s’en veut trop et s’épuise de ne pas réussir à lui faire oublier tout ça. Comment oublier ? Impossible. Mais il sait. Il sait au fond de lui qu’il n’y a qu’elle, qu’il n’y aura jamais qu’elle et ça lui suffit. Elle devrait comprendre. Pourrait comprendre. Elle sait. Elle sait sinon elle ne serait pas ainsi. Que lui dire. Que faire. Le tatoueur désespère. Il veut le pardon, non son pardon plus qu’autre chose. C’est avec elle qui veut être. Tout le temps, dans ce silence qui en dit plus que ses propres mots. L’idiot est amoureux. Le connard n’est pas un cœur à prendre. L’attrape cœur. Le cœur attrapé. Il vit, survit dans le méandre infernal de la douleur. Il hait à ce jour la Carewall. Non pas la muette, l’autre celle qui est invisible, qui n’existe pas. Qui n’existera jamais. Ni pour elle, ni pour lui. Il n’y a que Jeff et la grande sœur. La grande sœur est partie alors il ne reste que Jeff. Ça lui va au connard. Il fait avec. Il tient sa main, elle s’échappe et il réalise, qu’encore il déconne, que son disque se raye et il soupire. Soupire après lui-même. Soupire après son incompétence à la calmer.
Pourtant le connard ne renonce pas. Ne peut pas renoncer, alors il respire et ne réfléchit plus. A quoi bon. « Putain Jeff. » Il se recule. Se recule jusqu’à sa hauteur. Lui prend le visage entre les mains, sans lui laisser le choix, qu’importe que sa nausée se fasse plus forte. Il la fixe de son regard mort. De ses yeux éteins. Il pense encore qu’elle est belle, même comme ça il le pense. Mais son cœur se tord de douleur contre les prunelles océans de la blonde. La muette ne parle pas, n’exprime rien. Seulement la douleur et le goût de la vengeance. Ses mains serrent le visage, ne lâchent pas le visage. « Juste toi. » Il a froid, il se sent mort. Il ne sait plus si c’est un cauchemar ou le résultat de ses conneries. De sa connerie. Tout ça pour une nuit à se perdre avec la mauvaise personne, avec le mauvais fantôme. Tout ça parce qu’il n’a pas su reconnaitre la muette. Il le regrette, mais il ne peut pas l’effacer. C’est sa faute. « C’est ma faute tout ça. » Il l’exprime de sa voix rauque. Froide, bien trop froide. Aussi morte que tout son être. « Mais même si je ne peux rien changer. Même si j’en crève de ne rien pouvoir changer. » Il colle son front contre le sien. Il multiplie les contacts. Il en a besoin. Il vole sa chaleur et sa présence. Il prend tout ce qu’elle ne lui offre pas et elle le déteste surement plus encore. « Je reste rien sans toi. J’en crève d’être sans toi. » Et j’ai froid sans toi. Connard amoureux. Il ne sait plus. Encore. Il a la tête qui tourne, l’estomac tout retourné. Il est fatigué. « J’ai besoin de toi putain. » Et il la lâche enfin. La laisse respirer, le détester. Il est mort.

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MessageSujet: Re: même si ça fait mal (jeff)   même si ça fait mal (jeff) EmptyJeu 4 Sep - 15:08

Prends-moi dans tes bras, tais-toi et serre-moi, tais-toi et aime-moi.
Le goût du sang dans la bouche, le sang qui bout, le cœur qui bout.
Le cœur qui vomit, qui déborde, qui aimerait hurler mais qui n'a que des larmes et du sang à évacuer.
Prends-moi dans tes bras, tais-toi et serre-moi, tais-toi et aime-moi.
Le goût du sang dans les poumons, les poumons qui explosent, la gorge et tout le reste –
tout le reste qui se noue. Elle le sent, Jeff, son corps dérailler, son corps tout lâcher.
Prends-moi dans tes bras, tais-toi et serre-moi, tais-toi et aime-moi.
Elle a fini de le fuir, elle a fini de le détester, elle peut plus. Y a plus assez d'oxygène dans sa vie
y a plus assez de force dans ses rêves, plus assez d'espace dans ses nuages.
Prends-moi dans tes bras, tais-toi et serre-moi, tais-toi et aime-moi.
Le goût du sang dans la bouche, le sang qui bout, le cœur qui bout.
Le contact qui lacère, qui ravive, qui calme ou qui tue. Qui calme et qui tue.
Prends-moi dans tes bras, tais-toi et serre-moi, tais-toi et aime-moi.
Et il s'en va, et il se tire, et c'est le vide de nouveau – le vide de toi, le vide de tout.
Tais-toi et aime-moi.
C'est le silence qui hurle et c'est les larmes qui ne coulent pas, qui retournent dans les geysers d'un palpitant
pal-pi-tant.
Alors elle hurle les sanglots qui ne sortent pas, la blonde, et implose toute entière en retombant dans ses bras.
En retombant dans son amour et sa douceur, dans son amour et sa couverture douce et moelleuse.
Les cheveux blonds enfouis contre le torse brûlant, les jambes dans les fourmis et la Terre au dessus des yeux.
Le goût du sang dans le cœur, le cœur qui bat, le cœur qui aime.

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MessageSujet: Re: même si ça fait mal (jeff)   même si ça fait mal (jeff) EmptySam 6 Sep - 0:24

Il a mal l’encreur de peau. Il n’a plus mal. Il s’évanouit dans des limbes toujours plus profonds. Il l’aime cette fille. L’a dans la peau, dans son cœur blessé, dans sa connerie aussi. Jeff. Si proche et pourtant si loin. Si proche et pourtant comme un mirage elle semble disparaître lorsqu’il essaye de l’attraper. Elle n’est que fumée. Une illusion de son esprit. Non elle est là. Bien sûr qu’elle est là. Il sent son parfum. Son parfum de sang et de nicotine. Il sent la chaleur de ses larmes. Il entend les hurlements de silence aussi. La rage, la triste. Tout. Il voit tout. Entend tout. Il est fatigué le connard. Il est meurtri aussi. Sa connerie le tue. L’autre. Ce fantôme. Jeff. Il lui a ouvert son cœur mourant. Il lui a tout avoué. Tout déballé. Tout expliqué avec ses mots aussi maladroits que les premiers pas d’un nourrisson. Il a essayé. Ne veut plus essayer. Anton il veut Jeff. Anton il veut qu’elle soit avec lui. Le reste il s’en fout le connard. Elle. Elle seule compte, elle seule importe. Elle et son silence. Elle et sa douleur. Elle. Juste elle. Il a le regard qui fuit. Qui se perd il ne sait où. Ici ou plus loin. Nulle part surement. Il ne distingue plus rien Anton sans la blonde pour repère, sans la blonde comme indiquant le nord. Sans elle lui montrant son seul foyer. Oh Jeff. Il aimerait hurler, vraiment il aimerait, mais il n’a plus la force de rien. Juste l’estomac qui se tord et le cœur qui s’écrase. Juste le cerveau qui explose et les paupières trop lourdes. Plus que fatigué. Il est mort, mort sans elle. Quand électrochoc. Elle retombe contre lui. C’est une explosion, les yeux qui s’ouvre à nouveau. Presque un cœur battant à nouveau. Vite, très vite. Pompe le sang dans tout le corps et distribue l’oxygène. Elle. Perdue. Retrouvée finalement. Oh Jeff. Qu’importe l’amour et ses petits jeux. Qu’importe les sentiments. Oui c’est ce qu’il est. Elle. Il n’est qu’à travers elle. Elle la petite blonde muette. « Jeff. » Sa voix est cassée. Ses traits sont apaisés. Sa main se perd dans la farandole de cheveux blonds. Jeff. Il respire, caresse la douceur platine. Elle a froid. Elle tremble. Il revient à la vie. Il a chaud. Il la serre d’une étreinte étouffante. Il la serre pour ne plus la perdre. Il veut lui dire. Il lui dit. « Je t’aime. » Il s’en fout le connard. Les mots ne sont que des gouttes qui passent. Les sentiments plus tenaces eux restent. Il ne lui a jamais dit. Elle le lui dit souvent à sa manière. Il le dit enfin. Il réalise le connard. Il vit. Il l’aime.

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MessageSujet: Re: même si ça fait mal (jeff)   même si ça fait mal (jeff) EmptyLun 8 Sep - 13:34


Elle a le cœur au dessus d'un fil,
il lui a dit je t'aime et elle oscille.
pile je tombe ; face je meurs.
un peu je tombe,
beaucoup je meurs ;
passionnément je m'effondre,
à la folie tu meurs.
Et si – et si –
pas
du
tout
,
alors pars,
alors fuis.
Elle a le cœur au dessus d'un fil,
pile elle tombe ; face il file.
Ses mains fines caressent la peau du brun qu'elle observe maintenant. Les yeux bleus-dépression et le cœur lourd-océan. C'est l'amour-passion, celui qui fait mal au ventre et coucher avec la petite sœur.
Elle grimace leur vie déjà foutue en l'air et penche la tête. Ses doigts passent sur les paupières du meilleur-amoureux, dessinent ses lèvres et se perdent sur sa mâchoire en attendant que son cœur reprenne sa place initiale.
Derrière les côtes, s'il te plaît.
Oui, voilà, un peu à gauche,
pas trop penché.
Elle soupire en espérant ne pas faire trop de courant d'air, histoire de ne pas de nouveau chavirer.
Doucement – doucement. C'est qu'elle a jamais prévu de l'aimer toute une vie.
Je t'aime ça veut dire quoi ?
Est-ce qu'il sait lui ?
C'est qu'elle a jamais prévu de l'aimer tous les jours de la semaine.
Elle a le silence qui ne veut rien promettre – elle a pas assez d'abdos pour lui assurer les toujours.
Lundi elle l'adore,
Jeudi c'est plutôt de la haine.
Le Dimanche c'est repos.
Et le cœur qui bascule de nouveau,
comment on aime une muette, il sait lui ?
Comment on aime des non-mots ?
L'organe capricieux fait un saut périlleux depuis sa poitrine et plonge dans son ventre,
fais gaffe au foie, putain, pas l'estomac,
demi-tour en trombe jusqu'à la gorge,
je respire plus, je respire plus,
et ça tambourine dans la poitrine, et ça démonte les côtes en crise-tempête.
Et il sait, lui, comment on aime une muette ?
Elle pose son front contre le sien et ferme les yeux. J'ai peur. Silence pour retrouver l'équilibre. Ses doigts retrouvent les paupières du brun. Ne me regarde pas. Parait que l'amour rend aveugle.
Dis pas de conneries – elle répète.
T'es sûr, dis, t'es sûr, tu vois plus rien ?

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MessageSujet: Re: même si ça fait mal (jeff)   même si ça fait mal (jeff) EmptyMar 9 Sep - 3:13

Elle est belle la muette. Elle est belle quand elle se prend ses sentiments dans la gueule. Deux mots. Deux mots courts, mais puissants. Deux mots comme un coup de revolver directement dans le cœur de la blonde. C’est absurde à quel point quelques lettres peuvent exprimer ses sentiments. C’est absurde comme c’est simple. C’est dégueulasse. C’est horrible. Le tatoué n’en revient pas qu’il n’en faille que si peu. Et pourtant. Oui pourtant son corps est plus léger. Un poids ancré dans son cœur s’en est allé et il respire mieux. Son cœur tremble pourtant. Il tremble de s’être réellement exprimé. De s’être exprimé si clairement. Je t’aime. Rien de plus, rien de moins. C’est plus compliqué que ça. C’est un amour trop fort. C’est une valse de ressentis qui le piquent, le brûlent et le détruisent. Mais putain ce que Jeff est belle. Contre lui il sent ses mains fines se perdre. Il a ses yeux vissés dans les siens. Il a la douceur du contact qui réchauffe son âme d’ami amoureux. Anton aussi caresse la peau meurtrie de la muette. Il est étrange ce moment. C’est un moment de silence où même le vent ne vient pas les perturber. C’est un moment de silence où rien ne filtre jusqu’à leurs oreilles. C’est comme être dans une bulle où il n’y a qu’elle et lui. Un frisson le prend dans tout son être. C’est ça. C’est ça être vivant. Avoir un cœur qui bat pour quelque chose. Pour quelqu’un. C’est ça tenir à une personne. Il sent comme une décharge dans son corps. Comme un jet d’adrénaline. Fuir le danger. L’affronter. Le tenir dans ses bras plutôt. Elle. Elle contre lui. Toujours. A jamais. Elles sont belles ses perles océanes. Il est beau son regard. Il la regarde. Se fait aveugler. Ne bronche pourtant pas. Le connard. Plus rien, juste le noir qui obscurcie son regard. Juste le noir pour qu’il perde ses repères. S’il ne sait pas où il est. Il sait qu’elle est avec lui. Avec lui. Il est avec elle aussi. Ça lui suffit. Il s’en contente. Il sourit. Front contre front. Ses mains remontent. Ses mains remontent sur ses joues, décrivent son visage, jusqu’à ses paupières. Je te vois toi. Juste elle. Il capture ses lèvres. Baiser dégueulassement tendre. Qu’on lui enlève la vue. Qu’on lui prenne ses sens et même sa voix. Qu’on lui prenne tout. Tout tant qu’elle est avec lui. Le connard est amoureux. Le connard n’a besoin que d’elle pour survivre. Pour une fois il se tait le sombre idiot. Il sourit contre ses lèvres. Je ne vois que toi et ça me suffit. Je ne sens que toi et ça me suffit. Il ne parle pas son langage. Il essaye. Mais il l’aime et elle est avec lui. Elle est avec lui.

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