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 HEARTBEATS (COMÈTE)

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PSEUDO/PRÉNOM : NEPT237/KELYNN
CRÉDITS : MARIE
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DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2014
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MessageSujet: HEARTBEATS (COMÈTE)   Mer 20 Aoû - 12:25

On essaie de faire comme si y avait rien eu. L’épisode de l’arbre, tout ça, ça a jamais existé. C’était un accident, une chute de plus sur la route de la vie. Mais moi j’pense que c’était une belle chute, une belle grosse gamelle, une dont je m’en souviendrai toute ma vie. Comment faire semblant ? Y’a des regards qui trompent pas, des gestes, la voix qui tremble…
C’est horrible.
C’est horrible quand je le vois tenir la main de Debbie, quand je le vois l’embrasser pour lui dire bonjour ou au revoir ou pour rien du tout, l’entendre dire qu’elle est sacrément belle. Je vous raconte pas les coups aux cœurs. Ça me tue, moi, cette histoire. Puis qu’est-ce qu’il lui est passé par la tête, aussi ? S’il avait pas agit comme ça, ce serait plus simple aujourd’hui (ce serait comme avant).
Aujourd’hui Coma est venu à la maison. Mes parents sont pas là et puis Debbie est partie je sais pas trop où (mais je m’en fous). Il a emmené une bouteille dans son sac et puis moi il me restait un peu d’herbe de la dernière fois. J’aime bien, ça fait comme avant, comme toujours. Y a lui allongé sur le matelas de mon lit et il sourit et il regarde le plafond. Et moi allongé sur le tapis, les pieds posés sur le matelas, ma main sur mon ventre et je regarde le plafond et je souris.
Y a une musique qui tourne, je sais pas ce que c’est. Je laisse toujours Coma choisir la musique quand il vient à la maison. L’habitude. Et puis moi je sais jamais quoi mettre et puis j’aime bien ce qu’il écoute, ça fait comme du sucre sur les oreilles. C’est toujours beau (comme lui).
Du sol, je vois un peu de lui.
Je vois son bras qui tombe dans le vide, et les veines de ses mains blanches. Je vois aussi son torse qui s’abaisse et se soulève doucement. Et puis aussi un peu de son visage, mais pas beaucoup (suffisamment pour avoir envie de revivre l’épisode de l’arbre).
J’ai les paupières lourdes lourdes lourdes.
Je sais même pas quelle heure il est ni même si y’a école demain. Je me lève (avec un peu de difficulté) et je vais chercher la bouteille qui est un peu plus loin sur le parquet. Pas tout à fait vide mais quand même bien entamée. J’arrive pas à me rappeler à quelle heure il est arrivé ni même de quoi on a parlé pendant tout ce temps. Je remplis les deux verres. J’en renverse un peu sur le sol, c’est pas grave, je nettoierai avant que les parents arrivent. Je m’assieds sur le bord du lit et je lui tends le verre.
Tiens, je dis. Faut finir de boire avant que mes parents rentrent. Parce que tu sais ma mère elle va arriver pour vérifier que tout va bien et elle va faire le tour de ma chambre et si elle voit ça elle va péter les plombs. Comme ça on pourra balancer la bouteille dans le jardin des voisins, hein ? Qu’est-ce que t’en penses, ça va être marrant, non ? Je rigole déjà. Faudrait la jeter sur la terrasse pour qu’elle explose dessus (personne saura que c’est nous, ils croient qu’on est des gars sages). Je vide mon verre d’une traite. J’ai tellement bu que ça a un goût d’eau, ça me fait plus rien. Je le pose par terre et me laisse tomber en arrière.
La tête sur les jambes de Coma.
J’ai envie de l’embrasser et de le serrer contre moi et de caresser ses cheveux et son dos et ses mains et- (mais faut pas faut pas faut pas).

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PSEUDO/PRÉNOM : endort-fine (élodie)
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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Mer 20 Aoû - 20:34




Si t'y penses, au goût, c'est vraiment dégueulasse. À se demander pourquoi on boit autant d'alcool. Il me glisse sur la langue et je peux pas m'empêcher de trouver que ça a un goût ignoble qui machine à laver la bouche. Pourquoi on le fait alors ? Pour se faire du bien, c'est ce qu'ils disent (ce que je dis). Sauf que y a aucune logique là-dedans. Y a d'autres choses qui font du bien. Amour. Beau temps. Saut à l'élastique. Skate. Je comprends pas. Je le fais quand même.
Il pleut dehors
(des larmes sans saveur
tombent de haut sur la fenêtre)
Mais quand même je souris.
C’est soleil dans ma tête.
Lundi dernier j’ai embrassé Silas. Ça avait goût de garçon (non c’est pas vrai, ça avait goût de premier baiser et puis c’est tout). Aujourd’hui on se retrouve nous deux pour faire comme si c’était jamais arrivé et comme si ça n’arrivera plus jamais (ça n’arrivera plus jamais). Nous deux seulement et entre nous une bouteille d’alcool, un joint qu’on s’échange équitablement.
D’où les sourires.
D’où les nuages.
D’où la nouvelle couleur des murs de la chambre de Silas (rose). Ça c’est depuis que j’ai repris une gorgée. On dirait de l’eau, mais c’est pas de l’eau je peux te le dire, c’est plus fort et ça te donne l’impression d’être heureux. D’y avoir un mini-droit.
- Tiens. Faut finir de boire avant que mes parents rentrent. Parce que tu sais ma mère elle va arriver pour vérifier que tout va bien et elle va faire le tour de ma chambre et si elle voit ça elle va péter les plombs. Comme ça on pourra balancer la bouteille dans le jardin des voisins, hein ? Qu’est-ce que t’en penses, ça va être marrant, non ?
Silas il parle toujours beaucoup quand il a un peu bu.
Ou quand il est gêné de lui.
Moi, déjà qu’en vrai je parle pas trop (je sais jamais quoi dire), mais bourré, c’est encore pire, là par exemple j’aurais envie de lui dire que je l’aime (parce que c’est vrai) (donc autant le dire) mais je sais plus quels mots je dois utiliser pour ça, et où est-ce qu’elle (il ?) va l’apostrophe, alors tant pis, tant pis pour le je t’aime. En arrière-plan de nous il y a la musique qui chante. Elle est belle (Silas) mais la voix dedans répète et répète trop « no time », pas le temps, à la longue c’est déprimant et pessimiste, on a le temps, le temps de dégager nos devoirs (échoués côté fenêtre, ils regardent la pluie qui tombe) à coups de bouteille de vodka, et puis on est pas obligés d’en parler tout de suite, du baiser. Mais à part ça elle est belle la chanson. Très belle (Silas).
Ce matin j’ai dit à Debbie que je l’aimais.
Fallait voir le regard qu’elle a eu - un ciel.
Après, je suis parti retrouver Silas, je trouvais que j’avais assez dit de merde pour la journée. J’avais caché une bouteille de papa dans mon sac, trop fier (une de moins à boire). Je sais pas quand c’était. Je sais pas combien de temps on a mis, à la tuer, cette bouteille. Je sais pas quelle heure il est. Je sais pas quand je vais devoir me mettre à boire mille cafés pour rentrer chez moi à peu près sobre. Une illusion de sobriété. Une façade. Encore une autre. Je sais pas combien de temps ça m’a pris de me bourrer la tronche, j’ai sûrement battu un record, ça devient mieux, de boire quand y a Silas, comme ça, au moins, si je fais des bêtises (embrasser), je peux dire que c’est pas ma faute.
C’était l’alcool, m’sieur l’agent.
C’était l’alcool, Silas.
J’aime ça. Laisser tomber mon cerveau. M’en aller. Je suis complètement parti, là, et tu sais quoi, j’aimerais ne jamais revenir. Rester perdu comme ça pendant des années. Avec tous les murs roses et la tête de Silas contre mes jambes (contre le lit). Sa tête, elle pèse contre mes cuisses, il y a ses cheveux d’étalés en filaments dorés sur mon jean, on dirait la baguette magique d’une fée. Ses cheveux je peux les toucher de là alors je le fais, j’éparpille les mèches sur son visage, son front, ses yeux, ça doit être drôle pour lui, comme de regarder au travers d’un mur de paillettes.
- Eh t’y vois là ? T’y vois ?
Rire(s).
- Eh mais ils sont parfaits tes cheveux on te l’a jamais dit ? C’est comme toucher du nuage. Et me dis pas que je peux pas savoir parce que t’en sais rien, un jour, si ça se trouve, je me suis dit, tiens, je vais aller frôler les nuages et j’irai pas avec Silas … Ouais …
Je le regarde, mon fabricant instoppable de bonheur.
Silas. Je mets un cœur à côté. (Quand je suis bourré.)
- Tu sais quoi ? Puisque t'es pédé j'peux te le dire maintenant.
Je suis pédé aussi.
Nan je rigole ...
- Oliver, tu lui plais. Genre jusqu'à la lune.

Je sais pourquoi.
C’est pour oublier.

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PSEUDO/PRÉNOM : NEPT237/KELYNN
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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Mer 20 Aoû - 21:54

Je suis bien, sur ses jambes. Oreiller pas trop confortable mais oreiller-Coma alors ça change tout et moi je pourrais m’y endormir sans souci. J’ai les paupières à demi-fermées. On dirait que le temps s’est suspendu. Comme si ça faisait des siècles ou deux minutes qu’on était là, dans ma chambre, à rien faire, à regarder le plafond, à échanger des mots sans importance, à écouter de la musique triste et réussir à ne pas pleurer. Je crois que le bonheur ça ressemble un peu à ça. Faire des choses qu’on aime avec quelqu’un qu’on aime et se sentir bien, se sentir bien jusqu’aux étoiles. C’est dans ces (trop rares) instants-là qu’on peut se dire : la vie est pas si moche que ça finalement.
Puis les doigts de Coma, dans mes cheveux puis sur mon front, devant mes yeux, des mèches qui chatouillent mon nez. Il me demande si j’y vois quelque chose et il rit et je ris avec lui (j'oublie de répondre). J’aime bien sentir sa main se promener sur moi, on dirait qu’elle découvre un nouveau monde et moi ça me fait des frissons dans le dos et je voudrais tenir sa main et l’embrasser, l’embrasser encore et encore.
Puis il se met à parler et à dire que mes cheveux sont parfaits. Je ris encore. Puis il dit que c’est comme du nuage, et moi j’aime bien quand il me compare à un corps céleste. Non on me l’a jamais dit, mais merci. Ils sont bien quand ils sont un peu longs, comme ça, non ? On peut passer la main dedans et tout, c’est cool… Moi aussi je touche mes cheveux et je sais pas trop si c’est du nuage mais si Coma le dit c’est que ça doit être un peu nuage quand même. Quand je fais ça j’essaie d’effleurer ses doigts (et j’y arrive), c’est pour déclencher mon sourire
et peut-être le sien.
Il me dit « tu sais quoi », moi j’aime pas les tu sais quoi. Ça fait un peu attention je vais t’avouer un secret, je vais te dire quelque chose que tu sais pas, quelque chose d’important. Mais quand on est bourrés je crois que plus rien n’est important, pas même les mots de Coma, parce que moi j’arrive pas à savoir s’il est sincère ou pas. En tout cas moi j’essaie de parler avec le cœur même si mes mots trébuchent souvent/tout le temps.
J’espère qu’il va me dire tu sais quoi Silas t’es plus important que Debbie, je veux dire, vraiment plus important. Elle est moins belle que toi et puis c’est toi que j’ai envie d’embrasser, c’est pour toi les je t’aime et les sourires et les regards et les caresses…
« Oliver, tu lui plais. Genre jusqu’à la lune. »
, silence. Je me relève, m’appuie sur mon coude, les yeux posés sur lui (là je le vois bien). Quoi?? C’est… trop bizarre. Oliver, Oliver, on s’est pas beaucoup parlé. Enfin, il a vite deviné que j’étais comme lui (pédé) et puis je lui ai dis que Coma… Enfin, je lui ai dis que Coma c’était pas juste un ami, pour moi. Je lui ai fais comprendre que je le regardais pas comme je regarde un autre. Tu sais, avec les yeux de l’amour.
Je pousse un long soupir, du genre qui vient du cœur et je repose ma tête sur ses cuisses. Et le premier mot auquel je pense c’est : merde.
Pas moi. Enfin, il est très beau et tout et très gentil mais… C’est pas lui. Je sais pas. Je… J’ai pas envie, enfin, il me rend pas fébrile. J’suis pas amoureux de lui, c’est tout. Et ça me met trop mal à l’aise que tu m’dises ça. Comment j’vais faire pour le regarder dans les yeux en sachant que je lui plais et que lui me plaît pas ? T’imagines la douleur, pour lui, c’est atroce, non ? Mais tu vois il est trop gentil, j’veux pas lui faire du mal, à Oliver. Je veux pas faire semblant d’être amoureux, Coma. J’peux pas faire ça. Comment je fais pour regarder Coma dans les yeux en sachant qu’il me plaît (très fort) et que je lui plais pas ?
Je fais, c’est tout.
Même si ça fait très très mal au cœur. Je fais comme ça depuis presque toujours, après tout. Et je me sens triste, maintenant. À cause d’Oliver. Il mérite un gars qui l’aime, un garçon qui le regarde avec l’espace dans les yeux et le cœur qui s’agite très fort à l’intérieur. Moi mon cœur bat pas pour lui. Même si, Oliver, ça me dérangerait pas de l’embrasser.
Ça me tue d’être allongé sur lui. D’être seulement allongé sur lui. Je me relève sur mes jambes-coton. J’ouvre la fenêtre de ma chambre (la nuit commence à tomber et puis ça pleut un peu aussi). C’est triste, comme moment de la journée. On dirait un dimanche après-midi. J’allume une cigarette et je franchis les quelques pas qui séparent le bureau du lit.
Je passe par dessus Coma, essayant de pas trop le cogner au passage. Je m’allonge à côté, entre le mur et lui. Je suis sur le flanc, et de temps en temps je passe mon bras par-dessus Coma pour faire tomber le mégot de ma cigarette sur le parquet. Y’a son tee-shirt tendu par son dos. Son dos je le connais presque par cœur. Ses omoplates, le relief de sa colonne vertébrale, les muscles juste un peu dessinés, le dessin des côtes sous la peau…
(J’espère qu’il va pas me surprendre en train de le contempler, parce qu’on dit plus rien, là).
Coma ? je dis. C’est quoi que tu préfères chez moi ? Et puis c’est quoi que tu préfères chez toi ? et chez Debbie ? je demande. Parce que ça m’intéresse vraiment. Vraiment beaucoup.
J’arrive pas à ne pas le regarder.
Peu importe où.
Mais il faut que je le regarde (comme si mon cœur contrôlait mes yeux).

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PSEUDO/PRÉNOM : endort-fine (élodie)
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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Jeu 21 Aoû - 15:44

Oliver Twist c’est moi qui l’ai présenté à Silas, il avait l’air tout seul alors je l’ai présenté à un autre tout-seul, c’est-à-dire Silas (parce que Silas, au final, on peut dire, sans méchancetés, que depuis qu’il m’a fait connaître sa sœur, il a toujours été plus seul que moi). Je pouvais pas savoir qu’il allait tomber amoureux de lui mais finalement c’est pas si mal. C’est comme si on trouvait enfin la solution au problème de maths (ou au puzzle). C’est comme une illumination. Un truc à t’ouvrir grand les yeux de bonheur et à te faire lever les bras au ciel en V de victoire.
Mais bon, là, je suis un peu naze.
Tout ça pour dire que c’est chouette.
- Quoi
(avec pleins de points d’interrogation derrière)
Après il se calme un peu, il revient contre moi et il dit pleins de choses à la suite. Au début je fais l’effort de tout bien suivre mais au bout d’un moment je lâche l’affaire, je le lâche, je peux plus, y a trop de mots, puis de contresens et d’hésitations qui foutent toute ma compréhension en l’air. J’ai pas pu tout suivre, c’est comme un cours de maths, pourtant je sais qu’il avait bien attaché ses mots ensembles, que sa syntaxe était nickel, c’est juste que ma syntaxe actuelle, elle est pas du même niveau. Plutôt niveau débutant.
Silas souvent quand il boit.
Il devient triste.
Il se relève, il s’en va, il ouvre la fenêtre, il regarde par la fenêtre, il s’allume une clope, il revient, il s’installe sur le lit (près de moi côté mur, je le barrage), il respire fort, dit comme ça, ça a l’air super rapide comme procédé, comme si on avait (encore une fois) appuyé sur le bouton avance rapide de la télécommande. Et ça s’est sûrement pas passé aussi vite, mais j’avoue que là, je suis un peu à la ramasse, quand il se met à parler, en fait, je dors presque.
Morphée cette conne.
- Coma ? C’est quoi que tu préfères chez moi ? Et puis c’est quoi que tu préfères chez toi ? et chez Debbie ?
Hein ?
- Ouh ‘tain Pollo …
La colle.
Surtout bourré.
Je crois qu’il voit pas les éléphants qui farandolent autour de moi, sinon il me parlerait gentiment par onomatopées.
- Alors euh … Vous êtes beaux. Toi t’es beau en dedans … Debbie, elle est belle de dehors et euh … Moi, j’m’aime que quand je dors.
(Quand je dors et que mes fils se reposent. Moi, je suis comme un robot, je suis fabriqué avec pleins de fils, et toute la journée, les fils déconnent et s’embras(s)ent, ça fait des étincelles mais surtout des courts-circuits, donc des dégâts. La nuit, au moins, tout le monde se repose.)
Je sais pas s’il va être content de ma réponse mais moi je le suis, les mots se suivent et se correspondent sans faire trop de conneries ensembles.
Impec.
Depuis qu’il a ouvert la fenêtre dans la chambre ça sent partout un bouquet de nuit et de pluie. De coucher de soleil mouillé. Va falloir rentrer bientôt et dessoûler pour avoir l'air mignon à table et présentable demain matin (sinon c'est Debbie qui va faire la gueule). Si j'attends un peu, que je bois un café avant de partir et que je pisse un bon coup, ça devrait aller. En attendant, je trouve un point sur lequel mon fixer pour faire s'arrêter les vagues dans mes yeux. Chaque fois que je bois c'est pareil. Vue déformée et mal de mer intégral. Je choisis son bras nu avec les poils blonds (à peine visibles, un ange, des paillettes poilues), avec le rocher-coude, les veines débordantes qui sentent l'alcool même d'ici. Le problème c'est qu'il arrête pas de le bouger son bras, de le passer par-dessus moi pour écendrer sa clope. Ça me donne un vertige parachutesque alors c'est ses cheveux que je choisis.
Le cirque de ses cheveux.
Lui c’est le clown. Le rire dans mes journées.
- T’sais, pour Oliver … Enfin moi j’dis ça pour toi parce qu’il est gentil et que jusque-là le seul garçon que t’as embrassé c’est moi … Mais bon si tu le fais le compliqué aussi, le romanquitte …
Euh …
- Romantique.
C'est vrai, moi, je l'ai embrassé pour lui montrer le chemin, pour lui donner le top départ pour qu'il aille faire la même chose avec d'autres garçons. Mon baiser c'était comme le coup de pistolet au début des courses à pieds. S'il reste sur la ligne de départ, c'est nul et je me suis torturé pour rien alors.
Et là y a une drôle de chose qui se passe (et qui me distrait de tout ça, Oliver et Silas). C’est que les paillettes des cheveux de Silas, elles quittent sa tête, elle s’élèvent en l’air et elles viennent me tourner autour mais pas façon je-te-donne-le-virouna, c’est très lent, un slow sans musique, c’est comme si les étoiles avaient quitté le ciel pour venir me montrer un peu ce que c’est que la beauté.
Chanmé.
Finalement je repense à ce qu’il a dit pour Oliver, je repense aux mots qu’il a utilisés pour démontrer qu’il l’aimait pas, les seuls mots que j’ai réussi à démêler du reste.
Fébrile
Amoureux
Semblant
Amoureux
(Douleur)
Ça me fait juste penser que j’aime pas Debbie.
Rappeler.
Allez, tâche, mange.
Debbie les seules fois où je la trouve belle sans pouvoir m’en empêcher, c’est quand elle se coiffe. Elle a beau tortiller ses cheveux dans tous les sens, elle le fait avec tellement de douceur et de tendresse que ça me cloue le bec. Je la trouve belle dans ces moments-là parce qu’elle est silencieuse, calme, on dirait presque
une inconnue

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Dim 24 Aoû - 20:34

Je crois que Coma aime pas trop quand je lui pose toutes ces questions un peu inutiles mais importantes pour moi. Très importantes, même (et puis comme ça, ça le force un peu à me dire des trucs que j’aime et qui me font plaisir). Il me dit qu’avec Debbie on est beaux, moi en dedans et elle en dehors et que lui il s’aime que quand il dort. Ça me fait sourire parce qu’il fait des rimes et ça le rend un peu poète. Et puis je suis content parce que je suis beau de l’intérieur et c’est quand même mille fois mieux que la beauté plastique. Je veux dire, Debbie peut-être bien qu’elle est jolie qu’elle a des jolies jambes et une jolie bouche mais moi, moi, je suis beau à l’intérieur. Beau du cœur et beau du cerveau (on peut pas tout avoir).
Cool, c’est tout ce que je trouve à lui répondre. Puis il me parle encore d’Oliver et moi ça m’énerve. Puis j’ai pas envie d’expliquer encore mes raisons et lui dire que j’ai besoin d’être amoureux. Puis de toute façon on peut pas aimer deux personnes en même temps… Quoi quoi quoi ? Je ferme les yeux très fort et je maudis l’alcool et tout ce qu’on a ingurgité et fumé pour que je sorte des trucs pareils. J’espère qu’il va pas comprendre, Coma. J’espère qu’il va rien comprendre (comme souvent) et qu’il va me poser des questions sur un garçon imaginaire. Peut-être qu’il me demandera à quoi il ressemble et si je l’ai déjà embrassé.
Et moi je dirai peau pâle, yeux comme une tempête, cheveux blonds, air voyou, joli dos, pas beaucoup de sourires, parfum qui enivre et oui je l’ai déjà embrassé c’était derrière un arbre et puis y avait des enfants qui se tenaient par la main. Et puis je lui dirai que c’était immense, comme instant, que c’était beau, céleste, magique. Que ça avait un goût sucré/salé, cigarette/amour. Comme un bon dessert qu’on aime et qu’on redemande.
Mais comment lui dire
Comment lui dire tout simplement et sans trembler, comment lui dire avec le cœur et les yeux sans qu’il pleure ou qu’il parte ou qu’il me déteste ? Je crois que c’est impossible. Je crois aussi qu’il faudra vivre avec le seul souvenir de l’instant où il m’a embrassé (et là j’avais l’impression qu’il m’aimait différemment, qu’il m’aimait avec son corps et aussi avec son cœur, ses veines, ses mains…)
Peut-être qu’il faut que j’attende qu’il s’endorme avant de pouvoir l’embrasser de nouveau (pour qu’il se rende compte de rien). Mais je crois que ça marche pas comme ça. Il ouvrirait les yeux et puis d’abord il croirait que c’est Debbie et il verrait mon visage et il serait très déçu.
Ou dégoûté.
Peut-être les deux. J’ai pas envie d’essayer, de toute façon, moi j’aimais mieux quand il m’avait presque pris par la main pour qu’on se cache. Eh Coma tu crois que dans dix ans tu seras toujours avec Debbie ? Ou tu penses que tu seras tombé pour de vrai amoureux de quelqu’un d’autre ? Moi j’pense que ça doit être difficile de rester avec quelqu’un qu’on aime pas pour de vrai. Enfin, tu dois avoir envie de te jeter sous un bus, au bout d’un moment. Moi j’crois bien que j’me jetterais sous un bus si ça devait m’arriver.
Vous imaginez l’horreur ? Se réveiller le matin à côté de quelqu’un à qui on n’a pas envie de parler. Faire l’amour à une personne qui nous attire pas vraiment. Toujours prétexter que « ce soir on n’a pas envie ». Pas envie de s’embrasser, pas envie d’aller au ciné, pas envie d’aller manger au restau, pas même envie de dormir ensemble. Et puis on se fâche et son se crie dessus et on dort parfois sur le canapé et puis on se sépare. Et on recommence. On recommence avec quelqu’un qu’on croit aimer (alors qu’en fait on cherche juste à créer l’illusion de l’amour). Je crois que c’est pour ça que les parents divorcent et que les assiettes se cassent.
Mais je pense que Coma c’est le bon. Je le sens, vous savez. C’est un parc d’attraction à l’intérieur de moi. Grand frisson, descentes express, nausées, adrénaline… (on dirait la liste des symptômes pour une maladie). Tu crois qu’on sera toujours amis dans dix ans ? Moi j’espère que oui, j’espère vraiment que oui, je murmure.
Parce que vous savez, la vie sans Coma, ça sert à rien.
C’est à se noyer dans l’océan, à se jeter par la fenêtre, à se couper les veines dans sa baignoire. La vie sans Coma c’est une chute infinie dans la solitude. Y a plus personne pour te dire allez bouge ton cul, on va dehors. Personne pour monter sur skate, personne pour boire un coup, personne pour rire. Sans Coma moi, j’ai personne. J’ai un peu de monde, un papa, une maman, des garçons et des filles un peu gentils. Mais j’ai pas Coma, je perds tout si j’le perds.
Alors faut jamais qu’on s’oublie.
On peut perdre Debbie dans le voyage, c’est pas un souci. Mais on peut  pas perdre une étoile.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Lun 25 Aoû - 7:48

Eh Coma
Ouh, ouh, Coma
Coma, putain !
Pardon, je regardais les étoiles … Comment ça, y a pas d’étoiles ? Vous les voyez pas ? Elles sont partout. Elles dansent le madison en se tenant par la main, elles sont douées, même sans musique elles sont fichues de pas se tromper dans les pas. Moi, musique ou pas musique, je sais pas danser. Et puis j’écoute jamais de la musique à danser. Toujours de la musique-voyage. C’est comme un petit coup dans le nez, la musique que j’écoute. D’ailleurs, elle est où la bouteille ? J’aimerais un peu plus d’étoiles sur le plafond de mon Silavion. Un système solaire, tiens. Des étoiles, des soleils, des planètes, des astéroïdes pour tout casser et des comètes pour tout enflammer. Pardon.
Coma …
Pardon, je pensais à Silas et Oliver. Silas et Oliver qui se tiennent par la main devant les autres et les autres qui se marrent (ils sont cons). Silas et Oliver qui se cachent dans les toilettes pour s’embrasser. Silas et Oliver qui s’embrassent. Silas contre le mur en carrelage et Oliver qui lui mange le cou. Merde. Beurk.
Eh Coma
- Eh Coma tu crois que dans dix ans tu seras toujours avec Debbie ? Ou tu penses que tu seras tombé pour de vrai amoureux de quelqu’un d’autre ? Moi j’pense que ça doit être difficile de rester avec quelqu’un qu’on aime pas pour de vrai. Enfin, tu dois avoir envie de te jeter sous un bus, au bout d’un moment. Moi j’crois bien que j’me jetterais sous un bus si ça devait m’arriver.
...
...
...
..
.
Eh oui.
Tous les jours le bus je le guette et puis je me penche et puis je me dis que ça sert à rien.
Dix ans dix ans.
Je peux pas penser à ça moi c'est trop long c'est trop loin, c'est des kilomètres et des kilomètres de vie (et des chutes en skate, des accidents de voiture, des bras cassés dans les escaliers). Maintenant c'est bien non. Et on est tous les deux. Pourquoi toujours penser à après. Pourquoi réfléchir tout le temps à 3000 à l’heure. Silas, il a toujours eu le cerveau mille fois plus rapide que moi, et là, c’est vraiment un problème avec tout ce qui se balade dans mes veines. Il me fait chier avec Debbie, Debbie. Elle me fait chier, Debbie.
Je parle au plafond.
Je gueule sur les étoiles (elles arrêtent de se trémousser et elles me regardent bizarrement. Genre tu gâches tout. Genre mais t’es vraiment con toi dans ton genre. Oui mais faut pas me chercher. Surtout pas bourré. Pas bourré.)
- Arrête mais arrête putain Silas ! Tu connais déjà la réponse alors pourquoi tu poses la question ? Évidemment que j'serai plus avec Debbie ! Tu crois qu'j'ai pas envie d'être vraiment amoureux moi aussi ? D'avoir tout une catastrophe climatique dans l'estomac ? Tu l'sais bien que quand j'prends Debbie dans mes bras c'est comme si j'tenais du vide contre moi, et tu l'as vu, toi, que j'rêvais d'autre chose alors merde quoi ! Merde ! Moi j'viens pas ici pour que tu me fasses chier avec des questions à la con, j'viens pour oublier d'accord ? Pour dégager certaines idées de ma tête. Pour pas penser à ...
Nous.
Arbre.
Baiser.
Premier.
Vrai.
En gros, quand j'ai embrassé Silas c'était la première fois qu'un baiser me plaisait. Parce que c'était pas Debbie qui me le donnait. Parce que c'était Silas. Embrasser Silas …
Je …
C’était …
Bien. Un soulagement un peu. Debbie, elle en fait toujours des tonnes et puis tous ses rouge à lèvres ont un parfum. Et du rouge à lèvres, elle en porte tout le temps. Quand elle a fini de m’embrasser et que je passe ma langue sur mes lèvres, ça a goût de fraise ou d’abricot. Comme si j’avais embrassé un fruit au lieu de Debbie. C’est super chiant. Silas au moins il avait un goût de bouche. Un goût de lui. Un peu d’étoiles, un peu de tabac. C’était bien, enfin non, c’était mieux.
La honte.
- Allez boude pas champion. Chui un peu bourré et tu me fatigues parfois. T'as vraiment besoin d'un chéri hein. Et puis j'serai toujours ton ami. Tu viendras me chercher sous les roues du bus quand j’en aurai trop marre de ma femme. J’serai toujours ton ami.
Si j'mens.
J'vais en enfer.
- Mais si tu continues à m'emmerder comme ça j'vais écourter l'voyage moi.
Ses cheveux. C'est ses cheveux que je regarde. On dirait qu'il les coiffe pas, mais que les étoiles viennent le voir tous les jours pour rajouter un peu de paillettes. Mes cheveux à moi sont toujours bien coiffés sinon Debbie ferait la gueule. Y a qu'elle qui a le droit de me décoiffer quand elle passe trop de fois sa main dans mes cheveux en même temps qu'elle m'embrasse (derrière le terrain de foot).
Je pense à un truc là.
Deux personnes.
On peut pas aimer deux personnes à la fois.
Quelqu'un m'a dit ça un jour. À moins que ce soit aujourd'hui. À moins que ce soit Silas. À moins que j'aie raté quelque chose. Je suis calmé, lui aussi (on dirait, en tous cas il a les océans de ses yeux calmes, mer d'huile). Je me tourne vers lui, posé sur le côté de mon corps
- Dis donc ...
Ma voix je l'ai noyée sous un grand sourire.
- C'est que t'aurais un p'tit amoureux ?

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Lun 25 Aoû - 8:56

Puis Coma s’énerve. Il se met à gueuler contre le plafond et à dire des gros mots. Y’a toutes les étoiles du ciel qui s’écroulent par terre et qui se fracassent quand il crie. Moi je l’écoute et ça me fait un peu mal aux oreilles. Je crois qu’il aimerait que je la ferme pour de bon et que j’arrête, que j’arrête de me poser des questions et surtout de lui en poser à lui. Mais je peux pas m’en empêcher. Y’a tellement de choses qui tournent dans ma tête et je peux pas arrêter ça. Je sais pas comment il fait, Coma, pour oublier de penser. Pour faire le grand vide dans son cerveau et regarder le plafond sans se dire comment je serai dans dix ans, qu’est-ce que je ferai et avec qui, où, de quelle façon.
Je ne réponds rien.
Je crois que je suis un peu vexé. J’aime pas quand il crie à cause de moi.
(parce que je suis chiant)
Il me dit de pas bouder et que je le fatigue, parfois. Puis il me dit que j’ai vraiment besoin d’un chéri. Ha. Ha. Ha. Puis il me dit qu’il sera toujours mon ami. Oui oui moi aussi j’serai toujours ton ami, je fais, à demi-mots. Mais j’espère que j’aurai jamais à aller le chercher sous les roues d’un bus. Je pourrai pas supporter de voir Coma à l’état de puzzle. Complètement déglingué. Une étoile tombée du plafond, lui aussi.
Je m’allonge bien sur le dos et je regarde moi aussi le plafond. Je me sens comme sur un bateau, je sens que ça remue à l’intérieur et à l’extérieur. Qu’il y a des remous partout. On flotte sur une mer de vodka dans une brume de cigarette et d’herbe. C’est enivrant et ça fout la gerbe un peu aussi. C’est un drôle de paysage. Avec le temps qui s’allonge, les paupières comme des enclumes sur les yeux, le corps lourd comme la Lune. Puis tout est tangible. On oublie qu’il fait nuit et qu’il pleut dehors. Et je crois aussi qu’on pourrait rester une vie entière comme ça à flotter entre le rêve et le réel.
Faut bien passer par là pour accéder aux étoiles.
Coma casse tout lorsqu’il se tourne sur le flanc, vers moi. Puis il me regarde avec le sourire jusqu’aux oreilles et sa voix qui fait « dis donc » et puis il me demande si j’ai un amoureux. Oh là là… Je croyais qu’il avait oublié vu qu’il avait pas relevé mes mots en l’air. Mon bateau prend feu, j’ai les joues très rouges et un sourire mal à l’aise qui s’installe sur ma bouche. Je regarde pas trop Coma et je continue de fixer le plafond en essayant de respirer sans trembler. De toute façon lui il m’aime pas, je dis. Enfin, il me l’a pas dis comme ça, il m’a pas fait « eh Silas, j’t’aime pas » mais je sais qu’il m’aime pas comme moi je l’aime. Donc bon, qu’est-ce que tu veux que j’fasse…
Que je l’embrasse.
(une deuxième et dernière fois, s’il te plaît)
De toute façon j’aurai jamais le courage de lui dire. Je saurai pas faire avec les mots. J’ai trop peur de lui parler. Lui écrire, d’accord. Mais lui parler, ça devient déjà trop compliqué. Moi aussi je me tourne sur le flanc, et on est face à face. Je suis pas très tranquille, j’ai le cœur qui s’agite un peu (il prend peur, un jour il va finir par claquer avec tout ce que je lui fais subir, les doses d’adrénaline sont parfois trop fortes).
Mais on peut parler avec les gestes.
Je me penche au dessus de lui et j’évite de trop le regarder pour pas faire machine arrière. Puis je ferme les yeux c’est pour pas regarder son visage déconfit ou ses yeux en colère. Et boum. Ma bouche tombe sur la sienne, et ça fait comme la première fois sauf que c’est moi qui décide. C’est moi un peu sur lui avec ma main quelque part sur son tee-shirt (j’aurai préféré qu’elle soit dessous). Big-bang céleste entre nos deux bouches, dans ma tête, dans mon ventre. C’est une vraie fête foraine, je vous dis. Et je l’embrasse peut-être mieux que la dernière fois. Avec des lèvres plus assurées.
Puis c’est fini (faut pas l’effrayer). Toujours les yeux fermés (je refuse de le regarder), je le touche plus du tout et je m’allonge de nouveau sur le dos.
Je soupire et ça s’étrangle dans ma gorge.
J’espère qu’il a compris, maintenant. Que mon amoureux, c’est lui. Que celui qui m’aime pas comme moi je l’aime, c’est lui. L’embrasser comme ça c’était comme une déclaration d’amour, c’était comme me mettre à nu devant lui et dire : voilà, c’est comme ça, c’est toi.
Et ça aurait peut-être été plus simple si ça avait été Oliver.
Mais non, fallait que ce soit une comète. Avec ses colères, ses larmes, son skate pas toujours en forme, ses chutes sur le bitume, ses mains écorchées, ses yeux fatigués, ses traits tirés, ses sourires grands comme Jupiter, ses copies sales, ses mots maladroits, son cœur qui bat.
Je ferme les paupières très fort maintenant. Faut devenir aveugle et sourd et muet. Faut pas le voir pleurer, faut pas l’entendre crier, faut pas avoir à se justifier.
J’attends
que l’orage
éclate.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Lun 25 Aoû - 11:52

Je crois qu’il fait la gueule, moi je peux pas m’empêcher de sourire, c’est l’alcool, ça aide aux sourires. C’est que c’est pas pareil, Silas et moi. Moi, le plus souvent, j’ai pas grand-chose à dire (avec la bouche) et dans ma tête c’est pas la fête non plus. Je veux dire que c’est pas un défilé permanent de questions d’idées d’histoires de soucis. Je sais que c’est comme ça pour Silas. Mais c’est pas parce qu’il est pédé. Ça a rien à voir. Alors moi je souris (j’oublie) et lui il tracasse, Silas.
Il me regarde.
Il est rouge.
On dirait que tout son sang a quitté ses veines-vodka pour remonter tout entier vers son visage. Il doit être vraiment amoureux de ce garçon, même s’il veut pas dire qui c’est. J’ai jamais été rouge comme ça, moi, pour Debbie, et puis pour aucune autre fille, puisque j’ose pas trop les regarder. J’ai jamais été amoureux, moi. Voilà. Chacun sa merde.
- De toute façon lui il m’aime pas. Enfin, il me l’a pas dis comme ça, il m’a pas fait « eh Silas, j’t’aime pas » mais je sais qu’il m’aime pas comme moi je l’aime. Donc bon, qu’est-ce que tu veux que j’fasse…
Voix cassée.
Cœur sous tension.
Bon, je dis rien, qu’est-ce que tu veux, ça arrive. Le premier c’est pas toujours le bon. On a pas tous une Debbie en travers de la route (dans la maison de son meilleur ami). Je le regarde en silence. Il s’approche il a les yeux fermés et je sais déjà ce qu’il va faire, mon cœur s’accélère et se prend les pieds dans tout ce qui déborde. Il ressemble un peu à Debbie. Sauf que c’est Silas. Qui va m’embrasser. Putain Coma qu’est-ce que t’attends, qu’est-ce que tu branles, là, c’est pas compliqué, tu prends tes deux mains et tu t’en sers pour le (re)pousser. Oui mais il va se faire mal … Comment ça il va se faire mal ? Bah il va se cogner contre le mur … Et puis ça va faire mal à son cœur … On - s’en - fout, Coma, allez.
Non.
En plus je suis ivre.
Y a que comme ça qu’on a le droit de faire des bêtises.
Il m’embrasse. Je l’embrasse. On s’embrasse. Si j’avais pas autant bu je me dirais pleins de gros mots, je penserais à Debbie, je penserais à Silas surtout, parce que c’est mon frère et mon meilleur ami. Et qu’on est en train de s’embrasser. C’est pas si mal que ça quand Silas embrasse. Parce qu’il le fait comme un amoureux, pas comme un Silas. Est-ce qu’on peut être ça ? Un meilleur ami et un amant ? Voilà c’est tout ce qui devrait tourner dans ma tête là. Mais elle est encore plus vide que d’habitude. Elle ne pense rien. Et je me laisse faire. Laisse embrasser. Parce que c’est doux. Parce que …
Il retombe à côté de moi sans rien dire.
Et maintenant que c’est fini je …
Putainmerdemsodijfùscf ùlùfpoksùf.
Je descends du lit, je tangue, je me rattrape au bois du lit, je retrouve l’iPod, j’effleure les touches que j’ai tant maltraité, pourtant, mais tout ce que je regarde et touche m’a l’air neuf, changé, métamorphosé, c’est ça de se laisser embrasser par n’importe qui. Je trouve une chanson qui s’appelle Paris. Si je pouvais y être à Paris, moi, là tout de suite. Je serais pas ce nigaud qui vient de se faire embrasser par son meilleur ami. Et qui a rien … dit. Demi-tour, je ramasse la bouteille vide par terre. J’aimerais ça aussi. Être une bouteille d’alcool, même vide. Être tout, sauf Coma Nobody. Être n’importe où, sauf ici. La bouteille je la fais voler par la fenêtre, atterrissage sur la terrasse du voisin, elle se brise en millions de morceaux, d’ici, on dirait des paillettes. Qu’est-ce qu’il avait dit, Silas ? On balancera la bouteille dans le jardin des voisins, ce sera marrant. Ouais, vachement marrant.
Et s’embrasser, c’est marrant, ça ?
Non, pas trop. Pas trop marrant.
Je m’assois par terre sur le parquet avec Silas dans le dos. Ça brûle ça.
Il me monte à la tête, ce con.
En tailleur je commence à me rouler un joint avec ce que je trouve d’étalé par terre. J’aimerais laisser traîner quelques trucs pour que sa mère les trouve en rentrant et l’engueule. Y a pas de raisons que y ait que moi qui mange chaud ce soir. Pas de raisons, t’entends ? Je parle, voix bourrue.
- C’est qui ce mec alors ? Celui qui t’aime pas ?
Arrête tes conneries, Coma.
Oui, pardon. Je me retourne, je le regarde, et j’ai mal. C’est comme dans un jeu vidéo quand tu te retrouves encerclé par tous ces foutus ennemis avec leurs foutus engins de mort braqués sur toi. Prêts à tirer. Avec le laser rouge pour te viser, pour pas te rater. C’est comme ça. La douleur, elle m’encercle de partout. À la base c’est une douleur de la tête et des sentiments, et puis ça devient physique. C’est … putain. Demi-tour, deuxième, je m’allonge sur le lit, joue contre l’oreiller de Silas, genoux à deux doigts de se manger les siens.
- C’est moi ?
Voix tremblante, faite de vagues.
- C’est moi ?
Il reste presque plus rien entre nous. Deux centimètres, et je sais toujours pas ce que je suis en train de faire, ce que je ferai quand il restera plus rien entre nous. Pas un brin d’air. En fait, je suffoque déjà, moi. Parce que je devrais le frapper, l’insulter, le rejeter. M’en aller. Et que je vais l’embrasser. Je vais le faire. Je suis à ça de le faire. Boum. Je le fais. J’ai chaud, je suis complètement à côté de mes pompes, j’ai chaud, j’approche mon visage de sa bouche, j’ai encore plus chaud, je l’embrasse, très chaud, trop chaud, je trébuche un peu sur ses lèvres garçonnes mais c’est bon quand même, j’ai toujours chaud, ma langue capture la sienne.
J’ai chaud.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Lun 25 Aoû - 16:25

Je vois des tâches de lumière, des tâches de couleur sous mes paupières fermées. Dans ma tête c’est encore pire qu’avant. Il y a des débuts de questions qui se forment et se déforment au gré de ma pensée, ça ressemble plus à rien, il n’y a plus de sens, plus rien. Ça tranche comme des bouts de verre, ça m’entaille le cerveau, ça me fout un mal de crâne. Peut-être que c’est l’alcool et l’odeur de l’herbe, ça m’étourdit et ça me fait faire n’importe quoi, n’importe comment. Ça me fait embrasser Coma alors qu’il en a sûrement pas envie et que j’en ai pas le droit.
Il se lève du lit.
Alors moi je rouvre les yeux (tout doucement, pour pas qu’il sache). Il titube, il met une jolie musique. Il ramasse la bouteille en verre et la balance par la fenêtre. Je l’entends qui s’éclate et se fracasse sur la terrasse des voisins. J’imagine que ça ressemble à des étoiles coupantes qui font saigner la peau si on essaie de les attraper ou si on marche dessus. Puis il s’assied par terre et j’ai l’impression que tout son corps à Coma respire de colère et de tristesse mélangées. Moi aussi ça me rend triste. Je crois que je suis un peu nul, et que j’ai sûrement tout gâché. Les années d’amitié, c’est comme si je les avais piétinées, déchirées puis jetées au feu et les cendres à la mer, à l’amer.
Je crois qu’il roule une cigarette ou bien un joint et puis il demande « c’est qui ce mec celui qui t’aime pas ». Je fixe le plafond, je peux plus le regarder. J’ai un nœud énorme dans la gorge, les cordes vocales coupées, tranchées. Je suis incapable de dire quoi que ce soit, de faire fonctionner ma bouche, ma langue. Comment lui dire que c’est lui, le garçon qui m’aime pas… Sa voix tremble, elle est presque sauvage. On dirait pas la sienne, elle est trop imbibée de sentiments…
Je sens ses yeux sur moi.
Mais j’peux pas le regarder, j’peux pas voir son visage se transformer au gré de ses émotions. Puis j’peux pas voir ses yeux non plus. On voit tout, dans les yeux de Coma. On voit à l’intérieur de lui, on voit toute la vérité de son âme. Là je suis sûr et certain qu’elle crie au secours, son âme. Elle se noie. Et moi je fais rien, je l’enfonce un peu plus sous l’eau.
Il a pas mérité que son pédé de meilleur ami tombe amoureux de lui. Le frère de sa copine, en plus. Champion Silas. Tu montes sur la première place du podium des ratés.
Coma il arrête pas de remuer. Il se relève alors qu’il a pas fini de rouler son joint et il s’avance vers moi. Ma première pensée : c’est, il va me frapper. J’le sens. J’suis sûr que ses poings se serrent un peu trop fort, que ses sourcils sont froncés et que ses mâchoires lui font mal. Mais non, il se rallonge. J’ose le regarder, dans les yeux. Je prends mon courage avec mon corps entier, là. Il demande « c’est moi » et sa voix déraille sur les lettres. Ça se casse, ça se brise en mille morceaux. On va pas pouvoir réparer les dégâts, même avec de la glue super forte, on perdra toujours quelques morceaux. Coincés entre les lattes du plancher ou trop petits pour pouvoir être rafistolés.
Il redemande.
Moi je ferme ma gueule. Il sait bien que c’est lui, il l’a compris.
Tout mon moi s’agite. Le cœur qui palpite. Le corps qui tremble. Le souffle qui s’arrête et qui reprend brusquement, un peu comme une voiture qui cale. Il a le visage tellement proche du mien que je sens son souffle sur mon visage. Un vent chaud, un vent d’orage. Mais son visage me retombe dessus. Je sais plus quoi penser, moi. Est-ce que ça veut dire qu’il…
m’aime
?
Allez, allez, on y pensera après. Là je suis plutôt occupé à l’embrasser. Il est au dessus de moi et j’ai les doigts dans ses cheveux, sur son crâne. La langue sur la sienne ou sur ses lèvres. Je fais pas semblant, c’est pas comme dans les films. Puis c’est mille fois mieux à vivre qu’à regarder. J’ai un peu peur que papa ou maman rentrent. Ou pire, que Debbie se pointe dans la chambre pour nous dire bonjour.
J’ai encore les yeux fermés et c’est comme si je dormais, comme si c’était un moment rêvé.
On dirait pas que c’est réel.
On l’a jamais fait s’embrasser comme ça. Et c’est la première fois que j’ai la main sous son tee-shirt, les doigts qui serrent si fort sa peau que ça doit lui faire mal. On se décolle et on recommence encore une fois ou deux, et puis on se lâche.
C’est à moi de me lever. Je passe mes doigts dans mes cheveux pour remettre un peu d’ordre là-dedans, pour pas qu’on croie que quelqu’un les a décoiffés. Je termine de rouler le joint de Coma que j’allume en tremblant beaucoup.
C’est toi, c’est ce que je lui dis, avec la voix qui veut hurler de joie et pleurer en même temps. Je tire un coup sur le joint et je le passe à Coma. J’aurai aimé qu’il reste encore un peu à boire, histoire qu’on se noie tous les deux après toutes ces choses. Puis je retourne m’asseoir au bord du lit, à côté de lui. Je laisse tomber mon visage dans la paume de ma main, elle arrive plus à tenir toute seule, la pauvre. Je vais avoir le mal de mer. J’suis tellement désolé, Coma. J’suis tellement désolé qu’ce soit tombé sur toi, mais j’peux pas contrôler ça, moi. J’contrôle plus rien. Regarde-moi, je fais tout de travers et en plus je t’emmène là dedans et j’sais que… Je renifle bruyamment. J’essaie de ravaler mes larmes. Et j’sais que c’est pas bien mais… Mais rien, mais rien du tout.
Ma voix se brise sur chaque mot. Elle sait plus parler, elle sait plus comment lui parler. Je renifle très fort et je regarde vers la porte, c'est-à-dire là où Coma ne se trouve pas.
J’ai la bouche amoureuse.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Lun 25 Aoû - 18:59

J’ai chaud.
J’ai chaud, et j’ai tellement chaud que dire ou penser « j’ai chaud », ça suffit plus. C’est comme quand tu regardes le ciel la nuit, avec les étoiles dedans ou dessus je sais pas, bref, et que tu te dis c’est beau, bah ça suffit pas, parce que le ciel étoilé, c’est plus que beau. J’ai plus que chaud. J’ai chaud hors des mots. Et puis lui là, ce gros malin, il trouve pas mieux que de glisser ses mains entre le tissu de mon t-shirt et ma peau. Sur ma peau. Mon nombril, mes côtes, mes muscles. C’est comme si quelque chose était en train d’exploser en moi. Et brûler. Je sais pas comment il réussit à me toucher sans se brûler.
J’ai jamais été aussi conscient d’avoir une bouche.
Avant, elle se fondait parfaitement dans le décor.
Maintenant, j’ai l’impression de sentir plus qu’elle.
Il s’en va, et maintenant j’ai froid. Putain. J’y comprends plus rien à tout ce qui se passe du côté de mon corps. Et ma tête, oh, ça fait longtemps que je l’ai laissée tomber (c’était même avant les baisers). Il s’assoit prêt de moi, il me tend le joint, celui que j’ai oublié de finir. Je l’accueille comme un miracle entre mes lèvres-Silas et puis je vois ses doigts, y a deux secondes, ils étaient en vadrouille dans mes cheveux. Je pourrai jamais l'oublier. Je pourrai plus les regarder normalement.
- C’est toi.
(Je sais)
- J’suis tellement désolé, Coma. J’suis tellement désolé qu’ce soit tombé sur toi, mais j’peux pas contrôler ça, moi. J’contrôle plus rien. Regarde-moi, je fais tout de travers et en plus je t’emmène là dedans et j’sais que… Et j’sais que c’est pas bien mais…
Marche-arrière, je me pose contre le mur, je préfère pas être trop près de lui, je suis là à le fuir du mieux que je peux, avec le joint comme seul ami. Parce que Silas, c’est plus mon ami. Tout à l’heure j’ai dit je s’rai toujours ton ami mais ça c’était avant. C’était avant « c’est toi » et les baisers que je compte même plus. Je regarde son dos et je sais que ça va pas. Je les vois, moi, les petits tas d’accablement qui s’accumulent sur ses épaules et qui le font se courber. Je les vois, et j’ai les mêmes, là tout de suite. Tristes en même temps dis donc. Petit bug de la synchronisation. Faut avouer que c’est pas pratique pour se consoler. Quand on est tous les deux à ramasser à la petite cuillère.
J’aimerais dire quelque chose.
Mais j’ai encore la bouche qui tremble de lui, de toute la place qu’il a pris.
Où est-ce qu’il a appris ça ?
À rendre un corps aussi fou ?
Ah, oui, c’est moi. C’est moi. Il l’a dit, d’ailleurs. C’est toi. Le garçon qu’il aime et qui l’aime pas, celui qui a pas dit « Silas j’t’aime pas » mais qui en pense pas moins. Ça. C’est moi. Et les baisers aussi, c’est moi, qui lui ai appris. Moi moi moi. Quelqu’un est amoureux de moi. Évidemment, fallait que ce soit Silas. J’ai l’impression d’être dans une série. D’être le pauvre mec qui a jamais été aimé comme un amoureux, et quand y a quelqu’un qui se trouve prêt à ça, c’est un mec, et c’est Silas. Détail … Quelqu’un est amoureux de moi. Enfin. Allez sortez le champagne les gars !
Euh, non, en fait …
On verra plus tard …
Là j’ai la tête qui tournicote.
Alcool + herbe + Silas / je suis le premier à tester ce mélange et je peux te dire que ça remue. Faut être préparé.
Je le regarde, c’est dur et en même temps j’ai peur de sortir de cette chambre. Je crois que maintenant j’aurai du mal à dire aux gens, « Silas Pollock, bah, c’est mon meilleur ami ». Je sais plus ce qu’il est. On embrasse pas son meilleur ami, pas comme ça en plus. Je suis même pas sûr que dans la vie, il y en ait, des gens qui s’embrassent de cette façon. En tous cas, j’en ai jamais vus. En tous cas, ça m’est jamais arrivé. Debbie, elle a jamais fait ça. Debbie, quand elle m’embrasse, c’est comme si elle était pas là, ou alors, très loin. Mes cheveux, elle les touche en faisant bien gaffe à pas trop les décoiffer, comme si elle voulait pas qu’on voie qu’elle était passée par là, comme si elle refusait d’admettre que l’amour, oui, ça défait les mises en pli, et pleins d’autres choses.
Mais faut dire, je lui ai pas montré l’exemple.
On a eu pleins de premières fois trébuchantes. Et depuis, on répète les mêmes gestes. Des automates de l’amour. C’est triste. Pauvre amour. On te maltraite. Non, j’ai pas montré l’exemple, parce que moi non plus, je l’ai jamais embrassée comme ça.
Comme avec Silas.
Avec Silas.
Avec Silas.
Avec Silas.
Avec Silas.
J’ai l’impression de me noyer.
Je pose mon front contre son dos, comme une étreinte éloignée, et je m’adresse à sa colonne vertébrale. À lui aussi, s’il veut.
- Mais tu comprends bien que je peux pas faire ça tous les jours moi, y a ... Y a Debbie, et puis y a les autres, ceux qui nous connaissent meilleurs amis depuis qu'on est petits. Et puis ... Putain ... Je sais même pas pourquoi je le fais.
Si.
Je l’ai fait parce qu’on est bourrés, parce que demain on aura oublié, on pourra dire, putain, je sais même plus ce que j’ai fait, ni pourquoi. Je l’ai fait parce qu’on pourra pas le refaire demain. À moins qu’on recommence l’association vodka joint. Y aura que les étoiles pour s’en souvenir, et elles le diront pas, personne parle l’étoile, par ici. Même pas Silas qui pourtant en a partout dans les cheveux et dans les yeux et sur les mains et autour du nombril (des étoiles).
Mais y a tout ça.
Et puis y a moi.
Je suis pas pédé, moi.
Je reviens à côté de lui, putain, on dirait qu’il est sur le point de pleurer. Et même si moi aussi j’ai envie d’évacuer un peu, je peux pas laisser faire ça. Pleurer. À cause de moi. Je le prends dans mes bras comme je peux, avec mon visage dans son cou, une main derrière sa nuque, l’autre dans le dos. Je l’ai jamais serré dans mes bras de cette façon, mais c’était aussi la première fois que je l’embrasse comme ça. Faut s’adapter. Je vais pas l’enlacer comme si on venait de gagner un match de foot. Je peux juste pas. Ce serait déplacé. Et pendant qu’on est comme ça, là, je me demande un peu depuis combien de temps il m’aime.
Et quand est-ce que ça s’arrête.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Mar 26 Aoû - 13:44

Le visage dans les mains. Les doigts qui tremblent un peu de toutes ces déclarations pas vraiment avouées mais vraiment pensées. Je sais plus trop où me mettre et je regarde mes orteils qui remuent dans mes chaussettes pas tout à fait blanches. Je suis triste parce que je sais que maintenant, plus rien ne sera comme avant. On se regardera avec le souvenir de l’autre sur soi. Moi je sais que maintenant, quand je verrais Coma, je penserais aux étreintes derrière l’arbre et à la chaleur de la chambre et à mes doigts dans ses cheveux et sur sa peau sous son tee-shirt, mes doigts qui s’accrochaient très fort parce que c’est un peu douloureux de se comporter comme ça avec son meilleur ami. Et puis s’ils s’accrochaient si fort, c’était sûrement pour pas le perdre dans le voyage. J’allais pas le laisser tomber dans cet univers trop vaste pour nous et atterrir tout seul sur la planète amour/emmerdes/choses bizarres/étoiles cassées.
Bon.
Va falloir s’accrocher. À quoi, je sais pas. Mais va falloir devenir de très bons acteurs pour se comporter comme toujours devant les autres. Se donner des accolades viriles, rire ensemble, se prendre des cuite sans s‘embrasser directement après. Faudra pas que je joue au garçon en mal d’amour, au garçon qui s’est gouré sur toute la ligne. Et puis faudra que je fasse attention à ce que je dis.
Et à où je pose mes mains.
Peut-être embrasser une fille pour faire semblant, moi aussi (berk).
Je sens sa tête qui se pose contre mon front et c’est bizarre de le sentir à cet endroit, c’est la première fois qu’il fait quelque chose comme ça. Il dit qu’il peut pas faire ça tous les jours (faire quoi ? dérailler et embrasser son pédé de meilleur ami alors qu’il sort avec une fille, avec ma sœur ?) et puis il dit je sais même pas pourquoi je le fais.
Outch. Ça fait mal d’entendre des mots comme ça. J’en aurai presque mal à la tête. Moi j’aimerais plutôt qu’il me dise des mots qui font du bien au cœur. Des mos qui disent qu’il fait ça parce que peut-être que je l’attire au moins un tout petit peu. Mais s’il était complètement indifférent, il le ferait pas.
S’il avait pas envie, il le ferait pas.
Mais il le fait.
Il l’a fait deux fois.
Ça veut bien dire quelque chose, non ?
Je me sens basculer contre lui lorsqu’il m’enlace, ses mains sur ma nuque et sur mon dos. J’ai les yeux qui piquent très fort et mes bras viennent aussi l’entourer. Je le serre fort. Je sens mes muscles qui se contractent un peu et mon menton qui tremblent. Je renifle contre son épaule. Est-ce que tu m’aimes au moins un tout petit peu comme je t’aime ? J’ai la voix pâteuse. La voix d’un garçon qui a descendu trop vite sa bouteille. Je demande pas grand-chose. Seulement qu’il me réponde « oui, un tout petit peu ». J’aurai toujours l’impression de foncer dans le mur, mais la rencontre avec le béton sera peut-être moins douloureuse. Je respire très fort son odeur. C’est un mélange de son parfum/de transpiration/de cigarette et d’herbe (et peut-être des traces de son shampoing). Moi je trouve pas ça désagréable. Je dois avoir un peu la même à part mon parfum qui n’est pas le même que le sien.
Je soupire et mon souffle tremble un peu. Est-ce que ça te rend triste ? Je lui demande, toujours tout contre lui. Moi je veux bien rester une vie entière dans l’étau de ses bras. Mais seulement si j’ai le cœur moins lourd et que le sien de cœur est plus amoureux.
Si seulement y avait pas Debbie entre nous.
Et puis si seulement Coma avait pas peur. Si seulement il avait pas peur de plonger dans l’inconnu. Moi je suis dans le flou total et j’y nage, j’y nage en attendant de retrouver la terre ferme. Mais j’y arrive pas, regarde-moi. Plus ça va et moins ça va. Coma a des airs de bouche de sortie, de point lumineux. Mais il est pas accessible. Il est barricadé dans les bras de Debbie et dans les bras de la peur.
Et je sais (j’imagine) que c’est difficile.
C’est difficile pour tout le monde.
Je le lâche. Il doit en avoir marre de m’avoir (encore) sur lui, avec mes mains qui le serrent un peu trop fort. Et puis on étouffe, ici. Je me lève avec les jambes comme du coton et je me mets à quatre pattes pour ramasser le bazar qu’on a mis dans ma chambre. J’essuie la vodka tombée par terre avec un tee-shirt sale, j’essaie de rassembler l’herbe éparpillée sur le parquet, de faire un tas avec les mégots de nos cigarettes qu’on a laissé tomber sur le sol. Et puis ça m’aide à ne pas trop penser. Je focalise mon esprit sur une seule chose, avoir ma chambre à peu près propre. Je sais même pas pourquoi je le fais, c’est comme Coma qui sait pas pourquoi il m’embrasse mais qui le fait tout de même.
Pff, pff. J’ai chaud.
Je me laisse tomber par terre, mes tas de poussière autour de moi, un peu perdu, un peu bête. Et alors, qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ? Comment on va faire, hein ?
Et puis il est pas encore parti en claquant la porte. Il le fera peut-être une autre fois, quand on se sera déshabillés parce qu’on aura entamé une deuxième bouteille et qu’on s’aimera plus vraiment comme des amis mais comme des amants qui brûlent l’un pour l’autre.
(moi je brûle très fort qu’on dirait un soleil)
(et je brûle rien que pour lui)

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Mar 26 Aoû - 18:54

Comment on tombe amoureux d’abord. Est-ce que ça fait bien ou est-ce que ça fait mal. Ça peut arriver avec tout le monde ou juste une personne. Et cette personne, est-ce qu’on la choisit, ou est-ce que c’est un peu comme une fatalité. Ou la loterie. Comment on l’arrête, est-ce que ça s’arrête ? Peut-être que c’est comme une voiture sans freins jetée en pleine descente, peut-être que ça se stoppe pas, je sais pas moi. Et puis pourquoi ça me remue le ventre comme ça ?
Euh ...
J'ai trop bu moi ...
Je pense de traviole ...
- Est-ce que tu m’aimes au moins un tout petit peu comme je t’aime ?
Je t’aime
Je t’aime
Pardon, tu disais ?
- Me demande pas ça steuplaît.
(Question de survie) Je veux pas le dire, je veux même pas avoir à y penser. Si y a bien une question que je refuse de poser à mes sentiments c'est celle-là. Est-ce que je l’aime. Est-ce que je l’aime. Oui je l’aime, non, je l’aime pas, enfin si, mais pas comme ça, comment ça, « comme ça » ? Bah, comme un pédé … Pourquoi tu l’embrasses alors ? Je sais pas. Je veux pas savoir j’ai dit. Je veux pas chercher. Demain quand Debbie arrivera je lui roulerai la plus grosse pelle de ma vie. Ce sera comme un lavage rinçage de bouche. Terminé. Affaire classée. Demain c'est lundi demain c'est lycée. On devra faire les amis mais ce sera pas compliqué. Parce qu'on sera pas bourrés et que y aura Debbie, toujours Debbie, dans les parages.
- Est-ce que ça te rend triste ?
Je remue la tête contre lui. Oui ça me rend triste putain et ça me rend pleins de choses. Pleins de choses que je comprends pas trop et que je vais laisser en points d’interrogation, en points de suspension jusqu’à ce que j’oublie. Jusqu’à ce qu’un jour je me réveille et ça pèse moins dans ma poitrine, comme ça pèse maintenant. Quand il quitte mes bras. Je sais plus. Si je préfère l’avoir contre moi (au moins on se voit pas) ou à côté pas trop à portée de main, à portée de baisers.
- Et alors, qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ?
Allô Coma.
Ici la terre.
Le monde-Silas.
Il est assis par terre, il vient de ranger toute sa chambre, il est assis par terre comme moi tout à l’heure quand j’ai commencé à fabriquer un joint et que j’ai fini par l’embrasser. C’est marrant comment les choses s’enchaînent. Se déchaînent. D’ailleurs, il est où ce joint ? J’en ai besoin, tout est plus facile avec un joint. J'aimerais que la vie soit aussi facile que fumer de l’herbe, qu'ouvrir la fenêtre en voiture et sentir l'air qui te caresse la main. Je sais pas si j'aimerais ne pas l'avoir embrassé. Je crois pas parce qu'il faut au moins une fois dans sa vie embrasser quelqu'un comme ça, comme avec Silas. J'ai toujours cru ça mais je faisais exprès de pas m'en occuper.
Ldkskzlzldkfkd qsuhf mqsdf^qosjvh qsudjfnm sjqdfhmqlskf mquidhfmaiozey mlazjkdnf jzhdfmoqhsdfm lqksd mlkqshdf mqlksdhfm lkqsndf qkjsdfhnmqlsjdhf mlsknv lskjdfbqmsdifqoisdfhm sidhfmqlncv qmskjdfhq lmsiudfhm qskjdfh mqksjdfnql skdjfhqm sdjfh mqsdlfhmqoufqsldhf mqsdfh mqsodfhn.
Voilà ça c'est fait.
Je le regarde. T-shirt. Dos. Vertèbres. Omoplates. Je devine la descente des épaules vers la clavicule. C’est la première fois que je vois quelqu’un être amoureux de moi et j’ai l’air de le rendre malheureux. Je crois que c’est pas censé passé comme ça. Mais aussi, à Silas, personne l’a forcé, à m’aimer moi. Je sais pas où il a été prendre cette idée. Sûrement dans une cave du genre bien salace, bien noire, bien mauvaise. La chanson s’arrête. Nous aussi ?
Y a plus rien.
Plus d’alcool.
Plus d’herbe.
Plus de baisers.
Plus de Paris.
Plus que nous.
- On va dessouler un peu (je dis en inspirant bien fort et en glissant du lit pour m’assoir par terre, dos contre la couette qui déborde, qu’on a dérangée) Je vais rentrer chez moi en priant pour pas croiser Debbie dans l’escaliers et demain à huit heures on a cours de maths.
Je suis plus du tout ivre.
Plus du tout content.
Je sais pas ce que je suis.
Nobody.
Et entre Nobody et Pollo c'est pas obligé de changer. Les choses. C'était juste un baiser (douze) après une gorgée de trop. C'était juste ça et ça peut devenir un souvenir comme les autres. Qui est juste là. Qui te rend pas magiquement heureux mais qui te prend pas la tête non plus. Un souvenir de passage. Pour me rappeler ce que je suis et aussi ce que j’ai fait dans ma vie. (Pas grand-chose, quelques baisers par ci par là, tu vois.)
- Chui désolé Silas.
J’ai mal de mer quand je dis son prénom.
- J'peux pas m'occuper d'toi tu sais. Pas comme ça. J'peux pas, t… T’aimer et l’montrer aux autres. C’est juste pas possible, à - à part ici, c’est … Y a Debbie et tout ça, tous les ...
Je trébuche je merde je sais pas quoi dire. Quoi lui dire. Je le regarde et je me dis quel mystère !, et pleins d'autres gros mots. Je le regarde et je sais pas comment communiquer avec lui. Je sais pas comment lui dire ce que j’arrive pas à faire sortir. On va se mettre à parler plus facilement par sms et par smileys. C'est bien les smileys. Ça peut dire des choses et c'est facile.
Je peux pas, je peux pas, je - peux - pas.
Imagine.
Si on se tenait la main dans la rue, au lycée. Si on s’embrassait sur un banc, les jambes embringuées dans celle de l’autre, les lèvres engourdies mais heureuses, les langues incontrôlables, et le désir qui monte, qui monte. Si on s’enlaçait adossés à mon casier. Si on se regardait tout le temps et qu’on s’envoyait des cœurs par le regard. Et les gens qui nous regardent. Et qui se disent des choses, assez fort pour qu’on puisse entendre.
Mais pourquoi je le ferais de toute façon ?
Je suis pas amoureux, moi.
Je suis pas amoureux
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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Lun 1 Sep - 18:34

Ça me blesse quand Coma me dit de pas lui demander s’il m’aime. Mais je sais pas s’il se rend compte. Est-ce qu’il sait ce que ça fait de nager dans le flou total ? Je crois pas qu’il soit au courant. Parce qu’un coup il me dit qu’être pédé c’est la honte et les minutes qui suivent il m’embrasse. Et puis surtout, surtout, il ne me repousse jamais. Et même que parfois il vient de lui-même. Alors moi je lui demande pas la lune, ni même les étoiles, ni même un bout de ciel. Je lui demande juste une réponse. Quelque chose pour chasser le brouillard dans mon cerveau, pour casser la brume, pour que j’y voie clair, au moins une fois.
Juste une fois, et après, promis,
j’arrête de l’embêter avec mes questions compliquées.
Je crois qu’il est devenu muet. Y a plus rien du tout qui sort de sa bouche. Seulement le silence et moi à genoux sur le tapis les épaules lourdes comme dix planètes et mes mains qui ont plus rien à ramasser. Je crois que j’aimerais qu’il parte. Moi ça m’intéresse pas, les garçons qui disent rien quand on leur demande des choses. C’est pas très cool, ce qu’il fait, là. Fuir. Il assume rien du tout, et peut-être que c’est compréhensible. Oui, c’est compréhensible, c’est même très difficile de se dire « bon, d’accord, c’est vrai ». Mais là j’ai l’impression d’être tout seul à patauger dans la merde.
On est censés se serrer les coudes.
C’est bien ce qu’on fait entre amis, non ?
Peut-être qu’on est pas que des amis. Enfin, je crois que j’ai brisé tous les liens soi-disant indestructibles qu’on s’est efforcés de tisser au fil de toutes ces années passées ensemble. Ça m’attriste un peu. C’est vrai que c’était plus simple quand on avait tous les deux dix ans et que notre passe-temps favori c’était courir derrière un ballon, pédaler à neuf heures le soir et être trop fiers parce qu’on disait que c’était super tard. C’était plus simple quand on se contentait d’aller à l’école tous les deux, nos sacs à dos remontés à bloc en riant comme des baleines. Faut nous regarder maintenant, deux garçons qui se sont perdus de vue en quelques jours et qui se tournent le dos au lieu de se serrer la main et se donner de grandes accolades. Je crois qu’on les retrouvera jamais, ces choses-là. Ça appartient au passé.
Il faudra composer avec (ou plutôt sans).
Puis subitement il retrouve l’usage de la parole (même si c’est un peu maladroit), il s’excuse et trébuche sur les lettres et les mots. Il me dit qu’il peut pas s’occuper de moi, il dit aussi je peux pas t’aimer et le montrer aux autres.
Oh.
(j’ai arrêté d’écouter la suite)
Je suis un peu partagé dans mes sentiments. Je sais plus trop quoi écouter, entre les mécaniques de mon cerveau qui vont bientôt exploser et mon cœur qui se débat comme un dingue à l’intérieur de moi. Respire. On va essayer d’y aller étape par étape.
Déjà je suis un peu blessé qu’il me dise qu’il ne puisse pas s’occuper de moi. Je lui ai rien demandé, je peux très bien me débrouiller tout seul (mais pas sans lui). Je lui demande pas d’être là, avec moi, tout le temps, à me tenir la main pour m’empêcher de tomber. Non, non. Des chutes j’en ai connues un tas, et il était pas toujours derrière moi pour me relever, ça non.
Et puis surtout, surtout. Il a parlé d’amour. Sa bouche a dit « t’aimer ». Comme quand je le dis dans ma tête et que ça tourne en boucle et ça fait
je t’aime
je t’aime
je t’aime
Je me tourne vers lui. Attends, j’ai bien entendu, là ? J’ai envie de sourire et de me jeter à son cou ou de hurler. Mais non, je fais le garçon vexé, qui fait la gueule. Avec les coins de la bouche qui vont vers le menton et les sourcils pas contents et les yeux sombres (mais avec un peu d’étoiles dedans quand même) et la mine en colère.
Tu sais Coma faut faire des choix dans la vie, prendre des décisions. Et si tu veux on peut faire semblant devant tout le monde, tu me donneras des cours de mensonge et de comédie, et puis après on fera comme maintenant. On fera semblant d’être amis devant les copains et à l’école et puis à la maison ou derrière les arbres…
Je rigole maintenant, chassée la colère, chassée la tristesse.
J’ai les cheveux tout pagaille et des mèches devant mes yeux et ces derniers qui arrivent pas à se fixer mais c’est pas grave. Et puis un sourire qui tient pas trop debout. C’est la bouteille qui me monte à la tête et puis l’herbe et la langue de Coma. C’est l’ivresse,
la vraie.
Avec l’accident au bout de la route.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Mar 2 Sep - 18:40

Je suis pas amoureux je l’ai jamais été et quand je vois les ravages que ça fait, les mirages que ça donne, je suis bien où je suis, moi, avec ma Debbie aux lèvres toutes fraisées, avec nos baisers en carton et nos regards faits de plastique. On est une vraie couverture de magazine, lui Silas, ce qu’il veut, c’est ce qu’on voit sur les quais de gare avec les amoureux qui se disent au revoir et tout, mais cet amour-là, il existe que sur les quais de gare justement, et pour le reste, se reporter à Paris Match. Je suis très bien, moi. Je suis comme tout le monde.
Je suis pas amoureux.
De Silas.
De Personne.
- Attends, j’ai bien entendu, là ?
Sa voix est toute colère, et puis il parle de quoi, là, je me souviens même pas de ce que j’ai dit moi, j’ai juste bien fait attention à pas dire que je l’aimais, ça j’en suis sûr, le reste, c’est que du blabla, des excuses, du vide transformé en mots absolument pas convaincants, interventions à jeter par la fenêtre. Mais de toute façon il prend une autre direction lui aussi, il se met à délirer sur
nous.
- Tu sais Coma faut faire des choix dans la vie, prendre des décisions. Et si tu veux on peut faire semblant devant tout le monde, tu me donneras des cours de mensonge et de comédie, et puis après on fera comme maintenant. On fera semblant d’être amis devant les copains et à l’école et puis à la maison ou derrière les arbres…
Qu
Quoi
??????
Et il sourit en plus ce con, tu le verrais, des étoiles sur les lèvres, on dirait qu’il vient de trouver la solution à l’équation amoureuse la plus difficile de tous les temps (nous) et que, parallèlement, il a aussi découvert l’eau chaude, le feu, et tous ces trucs dont tout le monde se contrefout. Je vous jure. Il ressemble à un feu d’artifices. Et c’est même pas pour rire qu’il dit ça, sinon, il rigolerait. Non il est sérieux avec ses réponses à la question la plus dure de l’univers en trois phrases. Et il voudrait que je l’applaudisse.
En plus, j’ai du mal à le voir sous tous les cheveux.
(Il est beau)
(Fais chier)
- Non mais attends là, tu, tu t’rends compte un peu de c’que tu dis ? T’es pas mon amant hein, et j’ai pas l’intention qu’tu l’sois, je comprends même pas de quoi tu parles, comment tu peux imaginer un truc pareil, parce que j’t’ai embrassé une fois dans ta vie j’vais recommencer chaque fois que je croiserai un arbre ou une connerie dans le genre. J’ai autre chose à foutre, vraiment.
Et là faudrait s’en aller.
C’est une belle sortie.
Un peu colère mais bon.
Je mens comme un con en plus, c’est pas une fois que je l’ai embrassé, c’est plutôt deux, trois, cent, et il était là, alors je sais pas à quoi je m’attends. Et puis pourquoi quand je parle je dis complètement ce que je voudrais pas dire ? Comment c’est possible une telle contradiction, comment c’est possible que mes lèvres se laissent faire ? Elles sont vraiment nulles. Elles disent de la merde et tout de suite après elles embrassent Silas.
Non, je m’en vais pas. Je me lève mais je m’en vais pas, on a peut-être encore des choses à se dire, des trucs à se crier dessus, des confessions à se chuchoter, à s’avouer, des baisers à se jeter à la bouche. Non je reste. On sait jamais quoi. Je me lève et je vais à la fenêtre ouverte, j’ai l’impression que ça fait mille ans que je suis venu là pour jeter la bouteille et la regarder mourir sur la terrasse voisine. Si ça se trouve ça fait vraiment mille ans et tous les autres nos amis sont morts et c’est pour ça que Debbie, elle est toujours pas revenue. Si ça se trouve, on pourrait s’embrasser dans la rue et ça dérangerait personne, même pas moi. On sait jamais. Mille ans, c’est long, ça peut te changer l’âme. Mais je crois que ça fait juste quelques heures que je suis arrivé là. Debbie, elle doit passer la nuit chez Sol, et les parents, ils sont coincés dans les bouchons.
Fais chier.
Je me penche par la fenêtre et oh … J’ai pas tout digéré encore (l’alcool, les baisers, tout ça), je bascule légèrement, un peu plus et je finissais comme la bouteille en bas de la fenêtre. Tant pis.
- Ouh, putain.
Je le regarde et c’est limite si je rigole pas.
Putain les situations montagnes russes.
- Voilà c’que tu m’fais, Silas Pollock.
Je sais pas ce que ça veut dire. Je sais plus si je dois sourire, m’énerver, pleurer, crier, vomir, mourir, courir, partir, le frapper, tout oublier, l’embrasser, me taire, refaire le lit, sauter par la fenêtre (et oublier de m’envoler), sûrement un mélanger de tout ça, mais c’est pas très facile à conjuguer tout ça, va falloir me donner un peu plus de temps.
Je pense à Debbie.
Ses cheveux en forme d’étoile, sa bouche qui boude tout le temps, la danse de ses taches de rousseur qui poussent même jusqu’à ses yeux, les / la cicatrice de son nombril, les petites paillettes de poils un peu partout sur son torse, les veines en relief sur le dos de ses mains, les muscles tendus sur ses avant-bras quand il a pris mon visage pour
Euh …
Ouais.
Nan.
Je me suis trompé de sortie, là.
Marche-arrière impossible. Y a un mur dans l’angle mort.
Parce que le problème c’est que Debbie, je la connais pas, enfin il y a des trucs qu’on peut pas manquer, mais quand même, la plupart du temps, je la découvre, par exemple quand on s’embrasse je me prends toujours les mains dans cette vertèbre du bas de son dos, celle qui est un peu déplacée, à chaque fois j’oublie et je me cogne les paumes. Alors que Silas, je, putain, même mes pensées bégayent, c’est la honte, alors que Silas, sur Silas, je suis chez moi, je sais pas, c’est comme si je connaissais le chemin par cœur, pourtant, je l’avais jamais touché comme ça, j’ai dû en rêver et puis oublier, je sais pas. Putain.
Ça fait dix-sept ans que je fais des efforts, on pourrait pas me faciliter un peu la vie, là ? Me prendre par la main et me montrer comment faire. Après, je me débrouillerai. Mais là, juste un petit coup de pouce dans le domaine Silas. Je sais pas moi, on pourrait me miniaturiser et me noyer dans ses yeux d’océan. Là, je pourrais être tranquille et peut-être considérer l’idée de l’embrasser à chaque fois qu’il en a envie. Parce que les autres seraient pas là pour nous montrer du doigt.

J’ai bu pour oublier mais je me souviendrai toujours de Silas
Ventre contre moi
Les lèvres en forme de baiser

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Mer 3 Sep - 16:31

Il dit des mots méchants.
J’avale très très difficilement ma salive. Ça brûle dans ma gorge. Et puis mes yeux aussi, ça brûle et ça pique et je crois que je vais bientôt lâcher une petite larme, une larme de faiblesse. Faut pas que je la laisse tomber de mon œil sinon après ça va être un torrent, un torrent fou et même un paquet de sopalin entier suffirait pas à les sécher. Je me contente de renifler toujours avec l’enclume qui me bloque la gorge.
Coma se lève et il va vers la fenêtre, il se penche sur le rebord et une partie de moi aimerait qu’il saute et s’écrase en bas parce que j’en peux plus de lui et l’autre partie de moi veut attraper son tee-shirt et le ramener sur le tapis avec moi et le serrer dans mes bras et lui dire surtout mais surtout ne saute pas et lui caresser les cheveux et dire désolé Coma désolé désolé
désolé
Parce que de toute façon j’ai que ce mot là à la bouche. Je m’en veux tellement d’être moi, d’être moi et mes mains qui aiment tellement son visage et son dos et ses bras et ses veines et tout ce qu’il incarne. Moi complètement dingue parce que mon seul ami est en fait mon amoureux.
Il dit « voilà c’que tu m’fais, Silas Pollock ». Puis il a un espèce de sourire débile sur son visage. J’ai les mâchoires qui se serrent (très fort).
Moi je me lève d’un bond, sur mes deux jambes, avec le monde qui tourne autour de moi, à croire que la terre et l’univers ont aussi un coup de trop dans l’nez ou dans leurs étoiles enfin je sais pas ce qui les fait respirer. Je sais que j’ai l’air très en colère à cet instant avec mes joues toutes rouges et mes cheveux un peu trop longs qu’il faudrait que j’aille faire couper.
Je le prends par le col de son tee-shirt, les poings très serrés. Et je l’emmène avec moi comme on prendrait quelqu’un par la peau du cou pour lui foutre une raclée. Et c’est ce que je vais faire, moi, lui foutre une raclée. Je le pousse sur mon lit et je me jette à califourchon sur Coma (je pense en même temps que j’aimerais bien me jeter à califourchon sur lui mais quand on sera pas saouls ni en colère). Et je cogne mes poings contre son torse (pas très fort mais suffisamment pour qu’il ait un peu mal). MAIS POURQUOI TU ME FAIS ÇA ?! je hurle, toujours en boxant son torse inanimé sous moi. T’as pas le droit, t’as pas le droit, t’as pas le droit (toujours en criant).
Tu peux pas m’embrasser un jour et puis le lendemain non et le surlendemain encore une fois et me dire que tu ressens rien pour moi et puis surtout tu peux pas continuer à embrasser Debbie comme si de rien n’était. C’est im-pos-sible. T’as pas le droit de me traiter comme une merde et venir m’embrasser quand ça t’arrange TOI. Ma voix s’est cassée avant de finir la phrase alors je l’ai terminée en parlant avec la voix cassée. J’ai arrêter de taper dessus, aussi. Parce que ça sert à rien et puis je veux pas l’écorcher de trop non plus. Même s’il mérite des claques et des claques
(et encore des claques).
Je me sens tout drôle, je sais plus quoi penser ni quoi faire. Depuis le début j’aurai même pas dû lui ouvrir la porte d’entrée et l’accueillir avec un sourire grand jusqu’aux oreilles. J’ai les yeux embués et noyés de colère et de tristesse, mais je les ravale toutes, les larmes. J’en ai marre, j’en ai marre de passer pour une tapette aux yeux de Coma. J’veux pas qu’il me considère comme un torchon qu’on prend et qu’on balance ensuite.
Et moi je me sens comme ça.
Comme un torchon usé de chez usé avec des trous partout.
Je passe mes mains sur mes yeux comme font les gamins quand ils sont pas lourds puis je rouvre les yeux pour vérifier que Coma n’est pas mort (c’est bon, il respire encore). Heureusement que je pèse pas cent kilos sinon peut-être que là il aurait pas survécu à ma chevauchée et encore moins à la (petite) rage de mes poings.
D’ailleurs mes phalanges se reposent.
Je descends de lui, je m’emmêle avec mes jambes dans les siennes et mes genoux cognent contre ses genoux mes j’arrive à bon port. Dos sur matelas, jambes qui pendent dans le vide. C’est vraiment détestable d’être Silas Pollock.
C’est pas beau.
Tu pars quand tu veux, je dis. La porte est grande ouverte et tu connais le chemin. C’est clairement une invitation à foutre le camp. C’est la première fois que je lui dis des mots comme ça et avec une voix qui ne me ressemblent pas du tout. Puis je peux même aller lui tenir la porte pour qu’il s’en aille.
Avec un coup de pied au cul, tiens.
Et surtout ne reviens pas.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Mer 3 Sep - 19:13

Un truc qui serait bien :
Que Silas soit pas Silas. Pas mon meilleur copain depuis avant que j’apprenne à lire, pas un espèce d’ange sans ailes mais au sourire qui dit doucement « je suis beau »  « faut m’aimer », pas ce clown en pantalons trop courts mais rêves longs jusqu’au bout du monde, trop long pour que je remonte jusqu’à la source et lui offre tout ce qui le fait briller. Merde. Mais je me raconte des histoires. Parce que de toute façon, je pourrais jamais aimer un garçon.
Jamais aimer un garçon dans les autres ou même devant moi.
Je l’entends se lever, je le sens dans mon dos, si ça se trouve il va me pousser et on croire que je me suis suicidé. Il me prend par la peau du cou et il me balance sur son lit, je me dis il va m’embrasser, oh non, oh cool, il va vraiment le faire, il est assis sur moi, ça me fait chier et ça me fait plaisir, je commence à fermer les paupières. Pourquoi ça fait mal ? Pourquoi j’ai l’impression qu’au lieu de m’embrasser il est en train de semer des bleus partout sur mon torse. Pourquoi. J’ouvre les yeux : parce qu’il a roulé ses poings en boule et qu’il s’en sert pour me taper dessus comme si j’étais un ring de boxe.
Il crie des choses aussi.
Je … Je sais pas.
Je peux pas m’empêcher de rien faire, de le regarder comme ça vu d’en dessous, c’est comme un baiser avec Debbie, ça fait mal alors je ferme les yeux très fort et attendre que ça s’arrête, après je verrai si je suis assez en sécurité pour rouvrir les yeux.
- Tu pars quand tu veux. La porte est grande ouverte et tu connais le chemin.
Non.
Non.
Parce que Silas il a des yeux, c’est tout un monde, et son visage, c’est un système solaire, parce que Silas il va jamais chez le coiffeur et que c’est beau quand même, parce que Silas quand il fume on dirait une princesse, et quand il dit des gros mots, ça ressemble à de la poésie, pour tout ça, Silas, moi, je peux pas le lâcher, je l’aime, on s’en fiche de savoir COMMENT, c’est-pas-grave, mais ses doigts qui tremblentdansent et ses yeux qu’on dirait une piscine remplie au maximum, ils ont vraiment l’air de vouloir me voir partir. Alors je me lève, je bascule, c’est comme si mes pieds étaient des bateaux et le parquet, la mer vénère, je remets mes baskets et je rajuste mon t-shirt malmené.
Est-ce qu’on est plus amis ?
Est-ce qu’on a été des amoureux ?
Comment il a fait pour me tsunamiser le ventre ?
Ça va Hiroshima, on te dérange pas ?
Debbie, elle avait même jamais regardé mon nombril comme ça. Non mais putain, j’ai l’impression d’être en train de rompre avec mon meilleur ami. Au moins il y aura quelqu’un pour se souvenir de moi. De nous. De nos bonheurs de nos sels sur les joues de nos bêtises marrantes et puis celles moins marrantes de nos baisers sortis de nulle part de sa colère de mon impuissance face à moi-même, Personne, il se rappellera qu’une fois on s’est jetés dessus pour s’embrasser et une autre pour se frapper. Il se souviendra de (tout) ça et ça lui fera du bien et du mal à la fois.
On peut aussi continuer.
Commencer à se souvenir plus tard.
On a pas fini, non ?
On a encore des choses à se dire, des conneries à se raconter, des belles choses à se montrer, et moi si je devais ne serait-ce que franchir le portail du lycée sans lui, bah ça me ferait mal au cul, je pourrais pas. Faut juste qu’il arrêté de m’aimer et moi de l’embrasser, ça devrait aller. Ça marchait très bien comme ça avant. On peut continuer comme ça non ? Non. Non. Il a pas l’air d’accord, en fait il veut que je parte, c’est ce qu’il a dit, avec une voix de fantôme, une voix qui n’est-pas-Silas :
Tu pars quand tu veux. La porte est grande ouverte et tu connais le chemin.
Allez dégage
Dégage dégage dégage
Ça bouchonne dans ma gorge quand je pose ma main sur la poignée de la porte. C’est pas la première fois que je m’en vais. Mais peut-être que je reviendrai jamais. Tu rigoles ? Bien sûr que je reviendrai. Hein … Bien sûr … Je vais encore me remettre à chialer et cette fois il viendra pas me dire des gentillesses assez bas pour que le reste de la galaxie l’entende pas.
DÉGAGE
Mais je peux pas partir comme ça
Y a mes sentiments qui disent non et mes bras qui disent si.
Puis une fois que la porte est poussée, c’est plus si compliqué, par contre ça va très vite. Et ça court et ça trébuche. J’avale les escaliers en trois enjambées mal assurées et je dégomme la porte et je tremble pire que si y avait un tremblement de terre. Comme si j’étais le tremblement de terre. Et l’inondation. Et l’orage qui gronde. Je m’adosse contre la porte et c’est ma tête qui donne le rythme, elle tape doucement à intervalle régulier contre le bois de la porte d’entrée. Marteau piqueur du cœur. Autiste des sentiments. Ça m’empêche de penser, chaque coup tue les idées une à une, allez voir ailleurs vous.
Il fait froid dehors.
Putain il fait froid quand t’es pas là.
Avec tes bras maladroits autour de moi.
Je reste là et je pourrais y rester toute ma vie, je veux pas rentrer chez moi, y a rien là-bas. Y a rien nulle part et je resterai jusqu’à ce qu’il vienne me chercher, comme il le fait toujours, même quand il sait pas par où commencer, et si c’est Debbie qui me trouve la première, je saurais que tout est foutu.

T’as déjà vu quelqu’un qui commence à pleurer mais qui continue de croire qu’il peut encore sourire ?
C’est le pire.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Jeu 4 Sep - 15:55

Il met du temps à se lever de mon lit mais il finit par le faire et ses épaules ont l’air lourdes comme le monde. Il part, il part et je l’entends qui dévale les escaliers et il se cogne sûrement contre un mur. J’espère qu’il va pas se casser la gueule dans les marches, j’ai pas envie de ramasser un Coma en miettes et de faire le puzzle de son corps et de son cœur tout de suite après. Mais non, je l’entends qui arrive en bas, sain et sauf. La porte d’entrée s’ouvre et claque derrière lui.
Soupir qui tremble.
Les enclumes sont de retour dans ma gorge et dans mon ventre aussi. Je suis étendu à travers mon lit et il me semble que je pourrais rester une vie entière ici. Sans bouger, à attendre de mourir. Y a plus que ça à faire. C’est la première fois que je m’engueule sévère avec Coma. Genre des fois on s’est déjà un peu crié dessus mais gentiment. On s’est réconciliés même pas dix secondes après. Mais là, oh. Ça fait beaucoup beaucoup beaucoup de choses d’un coup.
Les poings en entrée.
Les cris et les gros mots en plat principal.
Le mettre dehors en dessert.
(Et puis à la place du vin nous on a de la vodka, et je crois que c’est pas facile facile à digérer). Puis en pensant à tout ça j’ai les yeux qui se laissent finalement déborder et qui coulent. Des larmes plein les joues, plein les yeux. Et mon nez qui arrête pas de couler lui aussi. Ça dure bien cinq minutes, ma crise de larmes. C’est le temps de vider mes poches d’eau de mer et de réussir à respirer normalement. C’est difficile, entre les hoquets qui surgissent à l’improviste et mes yeux qui se remettent à chialer en même temps, j’ai du mal à penser à mes poumons.
Est-ce qu’on peut mourir comme ça ?
Noyé de pleurs et de triste ? C’est comme un chagrin d’amour qui aurait même pas commencé.
Bon. Je peux définitivement pas rester ici à attendre d’aller voler parmi les étoiles. Je me lève moi aussi et j’emprunte le même chemin de Coma. Je marche sur ses pas pour bifurquer vers la cuisine. Mais j’entends contre la porte d’entrée quelque chose qui tape régulièrement. J’ai un frisson dans le dos et je me dis que Coma n’est pas rentré chez lui. Que depuis tout ce temps il est là, au pied de la parte, à essayer de s’exploser la cervelle contre le bois.
Oh là là. J’ai le cœur qui se serre et la colère qui monte. Si j’avais été un grand garçon et un garçon pas très sympa j’aurai ouvert la porte et je lui aurais gueulé : JE T’AVAIS DIS DE DÉGAGER. J’ai la main posée sur la poignée de la porte et elle tremble. Je sais que quand je vais l’ouvrir tous mes sentiments négatifs vont fondre comme neige au soleil et je vais redevenir ce que j’ai toujours été. La roue de secours de Coma. L’épaule pas très solide mais l’épaule quand même sur laquelle il peut pleurer/se reposer/mourir. J’ai dis que je serai toujours là. Même si on est en temps de guerre, faut bien se décider à sortir les drapeaux blancs et arrêter de s’entretuer pendant un bout de temps.
Allez, va t’en un peu la colère.
J’ouvre la porte tout doucement et je sors dans le froid de la nuit. Je m’entends qui soupire (soupir résigné, soupir fatigué, soupire qui annonce la trêve). Et j’entends Coma qui pleure, aussi. J’essaie de ne pas penser à mon cœur qui est rongé par les larmes de ma comète. Je le prends dans mes bras, mais comme un ami (pour une fois). Un bras au milieu de son dos et l’autre main qui tient sa tête de façon à le tenir fermement contre moi. Je sens son nez et son menton ancrés dans mon épaule. Je bascule un peu d’un pied sur l’autre, comme si je dansais. Mais c’est surtout pour le bercer. C’est mes bras et mon corps qui lui disent par pression (comme un message codé) : t’inquiètes pas, on va s’en sortir, allez, arrête de pleurer, on est plus forts que ça, non ? on est plus forts que tout le monde, à deux on est plus grands. Regarde l’univers, nous on est pareils. On est aussi immenses, aussi beaux… Faut pas se perdre pour des bêtises, hein, faut vraiment pas. Et puis on ferait quoi, l’un sans l’autre, on ferait quoi ? On ferait que dalle, Coma. Que. Dalle. On serait perdus dans le monde trop hostile pour nous. Complètement paumés.
Je le lâche mais ma main prend la sienne (mi amie, mi amoureuse), et je le ramène à la maison. Je ferme la porte à clef derrière nous. Tant pis si Debbie peut pas rentrer. On veut pas d’elle, de toute façon. Je guide Coma jusqu’au canapé et je presse ses épaules pour qu’il tombe dedans et y reste. Tant pis pour le lycée demain, on ira pas. On manquera à peu de monde, de toute façon. C’est pas comme si les autres avaient un besoin pressant et vital de nous voir.
C’est bien connu.
On est seuls à deux.
Je pars lui faire un café et je laisse ruminer ses pensées. Moi je me mouche en attendant que ça se fasse. Je fais aussi des trucs comme : baisser les volets, remettre une chaise en place, fermer le micro-ondes, ouvrir le frigo pour constater qu’il faudra faire les courses. Et puis je reviens avec une tasse qui brûle mes mains. Mais bon, c’est minime, comme douleur, par rapport à tout ce qu’on endure depuis tout à l’heure.
Tiens, je dis.
Je me laisse tomber dans le canapé, à côté de lui. J’allume une cigarette et je pose mes jambes sur la table basse. J’allume aussi la télévision, où ils passent une rediffusion d’une quelconque télé réalité un peu stupide. Et puis je laisse tomber ma tête sur l’épaule à Coma. Il a pas intérêt à se contracter ou à rouspéter. Sinon, je le mets vraiment dehors.
Il me doit bien ça, non ?
Et je suis content, parce que j’ai réussi à ne pas
m’excuser.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Jeu 4 Sep - 18:54

Bah c’est comme l’espoir mais en moins beau. C’est le combat du sourire et du bonheur contre les larmes, la tristesse qui t’arrive dessus comme un ouragan. C’est l’histoire du désespoir qui arrive finalement à te foutre des larmes partout sur le visage, mais c’est aussi l’histoire du sourire qui se bat jusqu’à la dernière seconde, la première larme, c’est le sourire qui y croit jusqu’au bout, c’est Grand. T’as le sourire qui tremble qui tremble et puis qui disparait. Mais au moins, fier.
Faut être fort pour faire ça, avec le sourire et les larmes et tout.
Moi, je chiale sans espoir et sans sourire. Mon bonheur, je l’ai laissé avec (à) Silas.
Et puis j’ai oublié mon iPod.
C’est comme si mon corps était des vagues et ça tape, ça tape, ça s’entrechoque, ça s’emmêle, ça fait mal, les vagues, elles ont aucun respect, elles se marchent les unes sur les autres sans faire gaffe et comme si ça suffisait pas, c’est la tornade qui débarque, de quoi te faire un trou noir dans l’océan. Beau bordel. Juste histoire de dire que je suis à ramasser à la petite cuillère, mais pour ça, y a que Silas de qualifié, et c’est pas parce que je me propulse la tête contre la porte d’entrée que ça va le ramener.
Ou si.
Il l’ouvre, la porte, au moment où j’allais me foutre la tête dedans, je me dis ouf et je me dis merde je vais tomber, mais non, Silas, il me ramasse, je tombe direct dans ses bras (c’est mieux que de rentrer à la maison). J’avoue que sur ce coup-là je m’en doutais pas trop, je comptais bien finir mes jours au pied de sa porte d’entrée jusqu’à ce que Debbie Pollock s’ensuive. Il me serre très fort contre lui, sans arrière-pensée on dirait, comme avant on dirait, moi je sais pas trop ce que je fais, si je lui pleure dessus ou si je le tiens dans mes bras comme si une tempête essayait de nous séparer.
L’un ou l’autre / ou les deux.
Et puis il prend ma main et il m’emmène. On dirait deux amoureux qui viennent de se fâcher mais qui peuvent pas faire autrement que de se réconcilier. Dans le salon il me jette dans le canapé, un peu comme un doudou qui nous fait un peu chier avec le temps, mais je suis tellement ivre, tellement triste, tellement désorienté que je lui en veux pas, et pour tout ce que je lui ai fait en même pas vingt-quatre heures j’imagine que c’est le prix à payer. C’est pas cher, ça va, en plus, il m’a même fait une tasse de café, j’avais pas vu qu’il était parti. C’est pas l’heure du café mais c’est l’heure de dessaouler et de parler comme des grands, au lieu de s’embrasser et de crier tout de suite après.
Je parle pas.
J’ai rien à dire, ou alors, trop de choses.
Il a sa tête sur mon épaule, les yeux bloqués sur l’écran télé qui débite des conneries et moi je fais de mon mieux pour le regarder mais c’est pas très concluant alors j’arrête. Je pose ma joue contre son crâne et c’est - bien - comme - ça. Un moment comme ça, il faudrait le mettre sur pause. Un canapé. Le soir. Silas. Coma. Un truc débile de télé-réalité. Un peu d’alcool dans l’air. Et rien d’autre. Un moment de répit et de calme, sans baisers, sans colères, sans cris, sans regards tout noirs, sans silences trop pleins de mots impossibles à dire. Mais au bout d’un moment, faut redémarrer la machine, et prier pour qu’il y ait pas un nouveau court-circuit.
- Merci.
Et
- Pardon.
Et aussi
- J’suis content qu’tu sois venu me chercher.
Je suis content que ce soit lui qui m’ait trouvé sur le pas de sa porte parce que si ça avait été Debbie elle m’aurait quitté. Si elle m’avait vu comme ça. De l’alcool à la place des globules rouges. Des restes de Silas sur le bout des lèvres. Du sel séché sur les joues. Des traces de transpiration sur le t-shirt. Des cheveux dans tous les sens. Et puis surtout je suis content que ce soit lui qui m’ait trouvé parce que c’est LUI. Parce que sinon je sais pas ce que j’aurais fait. Parce que sinon (sans lui) je sais pas ce que je fais (dans la vie). Déjà que quand il est là je perds de plus en plus mes moyens, du genre à me mettre à l’embrasser sans qu’il me le demande et tout. Du genre. Déboussolé c’est le mot, c’est comme si la lune s’était mise à la place du soleil et que tout à coup les nuits devenaient des jours. C’est parce que c’est passé trop vite, on aurait dû prendre des pauses. On s’est marré et puis on s’est embrassés et puis on s’est dit des choses avec le cœur (on a essayé) et puis on s’est criés dessus et puis on s’est tapé sur la gueule et tout ça en juste quelques heures.
Les autres, ils font pas comme ça, je suis sûr.
- Si j’t’embrasse, là, tu vas m’tuer ?
Pardon, mais c’est la seule chose que j’ai l’impression de faire correctement. Et si y avait pas tout ce qu’il y a autour, ça irait très bien tu sais, moi je pourrais y passer ma vie, dans tes baisers. J’aimerais lui dire ça. Les mots sont tellement biens dans ma tête, tellement adéquates je trouve, mais dès que j’ouvre la bouche, ça part en n’importe quoi et ça bégaye sur les sentiments, ça dit des choses que je voulais absolument pas dire, ça les dit, mais mal, dans le mauvais ordre, comme si le puzzle s’était cassé sur le chemin de la voix.
Dis donc ça pèse lourd l’amour, non ?
Surtout quand tu sais pas comment t’en servir.

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Lun 8 Sep - 15:50

Je crois ça se passe bien. Il n’a rien dit pour ma tête sur son épaule. Il est resté normal, il est devenu comme du coton. Tout doux, tout moelleux. Maintenant il me reste plus qu’à fermer les yeux et m’endormir. Et puis comme ça je me réveillerai en me disant « j’ai dormi avec Coma » et « je me suis réveillé à côté de lui ». Imagine seulement si c’était le quotidien. Imagine seulement si un jour il acceptait tout ça, si un jour on arrêtait de se crier dessus. Imagine si un jour on décide de vivre ensemble. Qu’on soit là à choisir le papier peint de la chambre et le carrelage de la salle de bain. Imagine-nous le jour où on ira en boîte de nuit tous les deux et qu’on aura même pas peur de s’embrasser dans la foule qui danse, qui danse. Imagine-nous, la vingtaine, se réveillant ensemble dans un lit défait, l’un collé à l’autre.
Peut-être mariés.
Peut-être heureux.
Avec le cœur la tête et la bague au doigt pour prouver que c’est pour la vie. Avec la satisfaction et le culot de pouvoir dire qu’on a réussi quelque chose dans la vie. Qu’on s’est jamais abandonnés, qu’on a toujours été la béquille de l’autre, le dos solide, la main tendue. Qu’on s’est (beaucoup) aimés, aussi. J’aimerais bien qu’on finisse de grandir ensemble, aussi. Et qu’on vieillisse tous les deux. Qu’on se lâche jamais, au grand jamais.
Wah. Comme c’est beau de rêver…
Il dit merci puis pardon puis j’suis content que tu sois venu me chercher. Même si je suis encore un peu en colère je souris. C’est normal, je dis. Je m’en serai voulu toute ma vie, si je l’avais laissé dehors avec sa tête qui tapait et tapait et tapait encore contre la porte d’entrée. Ça aurait été un coup à tout casser, pour de bon. Et surtout lui. Peut-être qu’il aurait perdu un bout de sa tête et qu’il aurait fini débile, dans un fauteuil roulant et tout, et tout ça à cause de moi. Non, décidément, j’aurai vraiment pas pu le laisser dans la nuit en train de pleurer et tout ça…
« Si j’t’embrasse, là, tu vas m’tuer ? » Ouh là là. J’ai le dos qui se contracte et je reste un instant les yeux fixés sur la télévision sans rien dire. J’ai le bout des doigts qui tremblent un peu parce que bon ça veut dire qu’il a quand même envie de m’embrasser et moi ça me rend dingue. J’ai déjà envie de lui sauter dessus et de l’étouffer avec ma bouche mais
oh
On se calme.
Bah non, au point où on est tu sais… Puis j’ai déjà essayé, en lui tapant dessus, tout à l’heure. Ça a pas marché, et ça m’aurait bien fait chier si je l’avais amoché plus que ça. Je prends une inspiration un peu tremblante, pour me préparer à tout ce que mon cœur va se prendre quand je vais me pencher sur Coma. C’est un peu un manège à sensations, tout ce qu’il se passe. Je sais plus si j’ai la tête en haut ou en bas ou si mon cœur est dans ma gorge ou à la place de mes tripes je sais plus je sais plus
Ma main s’empare de sa mâchoire, elle l’emprisonne fermement, au cas où il essaierait de se défiler. Je le regarde une fraction de seconde dans les yeux mais ça me déstabilise carrément alors je regarde l’espace entre ses deux sourcils. Bim. Les bouches se tombent dessus, comme elles ont l’habitude maintenant. J’ai le frisson au fond du bide qui a peur et qui me dit : pourvu que les parents n’entrent pas
pourvu que Debbie n’ouvre pas la porte
Bref je l’embrasse. C’est tout un pêle-mêle de lèvres qui se touchent/dents qui s’entrechoquent/langues qui s’attrapent (c’est comme ça qu’on fait, j’ai bien compris, et je crois que c’est plutôt efficace). En tout cas à chaque fois qu’on fait ça j’ai l’impression de sauter dans le vide et j’ai envie de hurler (à la joie) et de pleurer et de revenir sur terre en même temps. Et puis je voudrais que ça dure encore
et encore
Moi j’essaie de faire en sorte que rien de tout ça ne s’arrête. Alors quand je reprends mon souffle (j’ai une seconde pour calmer mon cœur qui en peu plus de battre) je recommence tout de suite après. Et puis je fais promener mes mains, aussi. C’est comme ça qu’ils font tous, dans les films. Mais là je le fais à la Silas. C'est-à-dire que mes mains veulent être partout à la fois alors ça va très vite et j’ai très chaud.
La main dans le cou (très chaud aussi) de Coma, puis dans ses cheveux, et l’autres qui fait des allers-retours et qui glisse. Épaule, torse (pour m’assurer qu’il est bien vivant), dos, bas du dos, puis mes doigts se serrent sur sa cuisse et je remonte, sous son tee-shirt cette fois.
(j’aimerais bien qu’on fasse l’amour)
(tout le monde l’a fait sauf moi)
Puis je le lâche brusquement et j’ai encore les cheveux tout en pétard et les joues, non, toute la tête qui brûle. Wow… C’était un sacré truc, ce que je viens de vivre. On pouvait pas faire plus fort, niveau intensité et chaleur. Je le regarde, un peu paniqué, je sais plus trop où me mettre.
Woah, pardon… Je sais pas trop ce qui m’a pris de.. de.. Je décide de me taire. Je regarde ses genoux. Je me sens tellement maladroit. Ça m’a fait tout drôle, c’est comme si je pouvais plus m’arrêter de l’embrasser/de l’aimer (ça je pourrais jamais arrêter, par contre, jamais).

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MessageSujet: Re: HEARTBEATS (COMÈTE)   Lun 8 Sep - 19:15

Je suis fatigué comme si je m’occupais du monde depuis qu’il était né.
C’est comme si j’avais subi des sautes d’humeur mais en plus rapide, en mode étoile filante qui fend la nuit et qui brûle tout sur son passage. Mais en plus fort. C’est comme si j’avais été obligé de monter dans un grand huit et d’y rester pendant trois heures. Mais en plus fort. C’est comme si on m’avait mis dans un mixeur géant, un qui accepte les êtres humains, et qu’on avait mis le bouton sur « marche ». Mais en plus fort. Et maintenant je suis en miettes, tête dans le mauvais sens, et Silas, vu comment il est affalé sur moi, je suis sûr qu’il a pas envie de commencer à reconstituer le puzzle-Coma. Il verra demain. Non mais je le comprends. En même temps, c’est sa faute.
Eh Coma, tu penses quoi des pédés ?
Des pédés.
C’est sa faute.
Et puis « j’ai jamais embrassé quelqu’un ».
C’est sa faute.
Moi avant j’allais bien, enfin tu vois, j’allais, quoi. J’allais à l’école, j’allais chez lui, chez Debbie, j’allais faire la fête, j’allais me retourner les méninges (mais pas devant des devoirs de maths), j’allais vomir. J’allais. Maintenant je bois trop, je rougis trop, j’ai chaud trop, j’embrasse trop, et pas qui il faut. Et j’en redemande. J’en redemande. Des lèvres nicotinées de Silas. De nos regards qui s’embrassent aussi bien que nos bouches. De nos doigts qui découvrent que jouer à cache-cache sous le t-shirt de son meilleur ami, ben c’est vachement bien. Ça met le feu au cœur. Ça te
Réduit en poussière
Comme ses doigts froids contre mon visage enflammé, il a dû dire quelque chose pour introduire son geste qui mène à je-sais-très-bien-quoi et moi je devais pas écouter. Je devais être là à me morfondre, à me demander si je dois l’aimer, et si oui, devant les autres ou pas devant les autres, et si non, est-ce que je l’aime quand même, et pourquoi, et jusqu’à quand, et depuis longtemps ? Mais c’est bien, c’est bien que j’aie pas entendu ce qu’il a dit, parce que ça devrait être quelque chose comme « vas-y je t’attends, embrasse-moi », et moi, si j’avais entendu ça, j’aurais pris mes clic et mes clac, laissé ma fierté à ses pieds et je me serais cassé. Sûr. Mais au lieu de ça
Silas, il m’embrasse.
Et ça rime, c’est très bien.
Là je vais faire une ellipse parce que ça ne regarde que nous, ce baiser.
(Et que je serais pas capable de dire, de décrire. Je pourrais essayer mais ce serait minable, pas à la hauteur, trop petit, pas assez beau, pas assez haut, j’aurais pas les mots, je me connais, je suis capable que de dire des mensonges et quand faut montrer la vérité, la belle vérité dans les bras de Silas avec mes mains dans son cou, alors là, y a plus personne. Donc je me tairais. Je vous y verrais, vous, à essayer d’expliquer ce que ça fait d’avoir un ange qui se débat sur le bord de tes lèvres, non, en plein sur ta bouche, en fait. C’est pas facile, c’est même l’impossible. Parce que le dictionnaire est trop restreint et que moi j’ai pas lu assez de livres d’amour. Je préfère les films, et encore. Donc voilà. Ellipse. Écran noir.)
C’est fini et je le regarde. Comme étonné.
- Woah, pardon… Je sais pas trop ce qui m’a pris de.. de..
De. Lui aussi, on a dû lui voler ses mots, je sais qu’il en a des très beaux en réserve. Je suis même sûr qu’il joue au poète en pensant à moi. Et je peux pas m’empêcher d’être heureux, fiévreux. Que des mots en -eux sauf l’autre, là. (A m o u r e u x.) Celui-là, je le laisse entre parenthèses, c’est solide les parenthèses, ça risque de tenir le choc.
- C'est ... C'était pas embrasser ça.
Ou alors, j'y connais rien.
Non, ça c'était un voyage dans l’espace mais avec sa bouche à la place de la fusée, c’était comme faire le tour du monde mais seulement dans ses bras, c’était aussi beau, aussi intouchable, improbable et inatteignable que ça, pourtant c’était vrai je le sais, je le sens encore sur le bout de mes doigts. Et pas que. Mes lèvres, mon dos, mon torse, mes épaules, mes cheveux, mon cou. J’ai des souvenirs qui se trimballent sur le corps, mais moi, j’aime pas trop les souvenirs.
Bref, c'était pas à ça que je m'attendais.
Je crois aussi qu’on a failli commencer à faire autre chose, autre chose que s’embrasser avec la bouche, les yeux, les mains, on devient très doués pour ça, un peu moins précipités, comme si on s’habituait, mais là c’était autre chose, c’était le niveau au-dessus, le niveau caché comme dans Mario Bros. Le niveau que tu sais jamais comment trouver. On l’a trouvé. Sauf que le niveau caché, c’est comme les autres niveaux, faut aller jusqu’au bout, jusqu’au dernier château, sinon, ça veut dire que t’es un vrai trouillard (et que tu finiras jamais le jeu).
Et puis comme j’ai dit, j’aime pas trop les souvenirs.
Et puis j’ai encore tellement de vodka dans les veines que je serais capable d’être bourré jusqu’à demain matin. Alors …
Je nous allonge sur le canapé, c’est plus facile que ça en a l’air, Silas, il est aussi lourd qu’un nuage, c’est un plume que tu pourrais soulever du bout des bras, mais non, moi, je le prends complètement contre moi pour pas avoir l’air loin de lui. Pour pas être loin de lui. J’enlève son t-shirt parce que dans ce niveau-là, toute forme de tissu est proscrite, gênante, non merci le tissu. Je vais le rendre tout nu si je continue, tout nu avec son torse et ses cuisses et tout ce qui va avec, je l'ai déjà vu nu avec ses bras et son dos et tout ce qui va avec, mais c'était pas comme ça, c'était pas moi, qui le déshabillais. Entre nos baisers, je me pose la question d’ailleurs. La question que je me suis déjà posé et à laquelle la réponse c’était déjà non. Est-ce que Silas, il a déjà fait l’amour. Est-ce que Silas, on lui a déjà enlevé son t-shirt comme ça ou pas. Non. Je crois pas. Parce que Silas, si je me souviens bien, pendant les scènes d’amour des films, il regarde toujours ailleurs, ou alors il reprend une gorgée de ce qu’on boit/une taffe de ce qu’on fume, ou encore il vient m’embêter et il parle très fort.
Donc non.
Faut que j’arrête de me poser la question.
Silas, il a jamais fait l’amour et si on continue comme ça c’est avec moi qu’il va le faire. Oh. Coma-chiffe-molle soudain prend peur, se dégage des bras de son meill … de Silas, tombe du canapé, se mange la table basse, préfère regarder l’écran télé que Silas qui ne doit pas comprendre grand-chose, fait quelques pas et se prend les pieds dans sa honte et sa gêne.
Ça y est.
Je l'aime
Je l'aime
Je l'aime
Je l'aime tellement que je sais pas comment m'y prendre pour le dire et pour lui montrer.
Alors vaut mieux le cacher.

- J'dois y aller désolé.

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