AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité



MessageSujet: jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)   Ven 15 Aoû - 2:57

La nuit pour seule amie. Le silence aussi. Il ne sait même plus ce qu'il fait. La clope qui se consume dans le cendrier s'envole en fumée et ça lui pique les yeux. Il ne l'écrase pourtant pas. Tige de tabac condamnée à brûler et s'éteindre, l'impression d'avoir une vie éphémère à quelques centimètres de lui. Il griffonne, le connard laisse le carbone tracer des lignes sur une feuille blanche. Ses doigts sont tâchés d'encre, il est seul dans le salon. Seul, dans le silence. Putain d'apaisement qui lui bousille le coeur. Le silence c'est elle. Il pense à elle et dans les traits du crayon naît son visage de pute angélique. Il observe. Elle lui manque, elle fait la gueule. Elle lui en veut la salope. Il s'en fout, il veut briser le silence rien que pour l'oublier, même un peu ça lui va. Il l'a dans la peau comme l'encre sur son corps. La mine se brise, il s'arrête, chiffonne l'esquisse et la balance plus loin. Bordel. Il se grille une nouvelle clope, inspire une bouffée à se faire exploser les poumons et la laisse s'échouer dans l'air. La gamine au prénom de garçon. Il ne lui doit rien et malgré tout il sait. Comme une illumination, elle a hurlé à sa manière, lui a dégueulé ses sentiments à la gueule dans une rage folle et silencieuse. Sans parler, le regard a suffi à faire passer le message. Qu'importe. Il ne se reproche rien et le connard a eu le culot d'aimer ça. Le culot d'avoir aimé baiser la petite soeur quand bien même elle s'est révélée trop bavarde. Le culot d'avoir aimé la réaction de la blonde muette. Un rictus se forme et déforme son visage alors qu'il repense à tout ça. Un jour il la reverra, ou peut-être jamais. Est-ce réellement important ? La réponse lui fait peur, il esquive et se lève pour rejoindre la bouteille qui l'appelle un peu plus loin. Oublier. Il cesse de penser, se brûle la gorge en quelques gorgées sèches. Whisky à la main, il est prêt à aller retrouver son pieu, à s'affaler dessus sans demander son reste. Pourtant le grincement de la porte le ramène sur terre. Il soupire en entendant qu'elle s'ouvre. « On est fermé putain. » Il lève la tête vers l'emmerdeur nocturne. Cligne des yeux un instant, observe sans un mot. Il est fou. Il pense qu'il est fou. La muette le fixe du bleu de ses yeux. Presque trop calme pour qu'elle soit réellement là. Demain il arrête de boire. Elle approche, il la fixe du regard. « Qu'est-ce que tu fous là Jeff ? » Elle ne répond pas. Pas comme tout le monde, mais il lit la réponse dans sa gestuelle. Il sent son genou partir, se heurter contre la table où il reposait. Réflexe de protéger les attributs de sa virilité, il a reculé juste ce qu'il fallait pour éviter le coup. Il n'évite pas le second. Se prend un poing féminin dans la pommette. La douleur le pique au vif et il sourit. « Hm je vois, je te manquais. » Il la laisse taper, ça lui fait du bien, elle communique avec la violence de ses poings qu'elle abat sur son corps, de ses ongles qui lacèrent sa joue. Il encaisse, ne bronche pas. Ca lui fait du bien. Il a mal, mais ça lui fait du bien aussi. Elle est là. Elle le rappelle à la vie. Elle lui en veut, mais il lui manque comme elle lui manque. De ses mains il attrape les poignets, les serres comme pour les briser. Il la retient, l'enferme, l'emprisonne. Contre lui il l'attire. Les souffles se mêlent. Son coeur s'explose contre celui du connard. Il la regarde « C'est bon ? T'as fini ? » Il la lâche. Qu'elle est belle, qu'il est con. « Toi aussi tu m'as manqué salope. »
Revenir en haut Aller en bas


avatar

PSEUDO/PRÉNOM : COLD BLOODED. (coralie)
CRÉDITS : PEACH.
AVATAR : ANTON LISIN.
ÂGE : 17 ANS.
DATE D'INSCRIPTION : 13/08/2014
MESSAGES : 733

MessageSujet: Re: jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)   Ven 15 Aoû - 4:23

Le pire, c'est le souffle. Le pire, c'est la nausée, constante. Le manque d'air, le manque de vie, le manque de raison. C'est le vide, partout – oppressant. C'est le vide, le silence. Le pire, c'est le silence. C'est qu'il n'y a même pas un cri – même pas un seul cri. Ce n'est ni une naissance, ni une mort. Ni un début, ni une fin. C'est le perpétuel mouvement de la trahison, de la déception, de l'abandon. C'est la constante débandade de l'héroïsme. Le pire, c'est le souffle, la nausée, le manque, le vide, le silence.
Le pire, c'est la course jusqu'à ce qu'on appelle maison, c'est les arrêts parce qu'elle croit qu'elle va vomir, parce qu'elle croit qu'elle va se vider de vie et d'amour, la gamine blonde aux poings serrés et aux sœurs disparues. Aux sœurs baisées, l'une trop loin et l'autre – l'autre (absence).
Le pire, c'est le jour qui tombe et la nuit qui se lève puis qui tombe et le jour qui se relève à peine ébranlé. C'est leur course éternelle, leurs croche-pieds toutes les douze heures et l'impossibilité – tragique – de donner un gagnant. C'est les heures qui défilent et d'un coup – d'un coup, certain, net – la colère qui se dessine, précise.
La colère contre elle, contre la traînée, contre (absence).

Et puis ça se calme. Et puis Jeff reprend son souffle, elle respirerait presque, s'éloignant de la scène du crime. Sur ses bras des lignes de vie – de peau arrachée, éraflée, disparue – se dessinent en relief. Elle a la vie vermeille, le cœur tremblant. Elle fonce là où elle ne veut pas aller, là où son souffle risque s'enfuir de nouveau. Elle fonce la tête baissée et les genoux contractés. Elle sait ce qu'elle veut, la Jeff-colère, et elle le veut maintenant.
Elle veut lui refaire le portrait, tatouer sa rage sur son visage-connard, elle veut le tuer, maintenant, le vomir. Elle court de nouveau, elle court en oubliant de regarder, elle court jusqu'à ce que son genou s'enfonce dans une table en bois et son poing dans une pommette-trahison. Elle frappe sans le savoir, elle frappe jusqu'à ne plus pouvoir, elle frappe pour chaque image de lui, de son corps qu'elle connaît si bien s'enfonçant dans le corps de (absence).

Il lui parle, pour lui dire je-sais-pas-quoi, et elle ne peut que l'observer avec ses yeux trop grands pour son visage. Comment a-t-il pu ? Il n'y a plus de colère, plus de tristesse, plus de douleur, dans son regard – il n'y a plus rien, rien, rien d'autre que du dégoût. Comment l'homme parfait, comment le connard idéal avait-il pu ? Elle ne comprend pas, elle ne sait pas, elle sent juste une énième nausée serrer sa gorge, elle sent juste qu'elle lui vomirait bien leur amitié au visage, qu'elle lui recracherait bien toutes les fois où il l'avait sautée avant de sauter sa (absence).
Alors, elle le fait.
Alors, dans son silence caractéristique, recouverte d'un dégoût qui lui déchire la poitrine, des yeux jusqu'au rictus pincé de ses lèvres, elle crache sur Anton. Elle crache sur l'ami, l'amant, l'amoureux, elle crache sur le connard, l'enculé, le salaud. Elle crache sur celui qui l'aime, sur celui qui la baise et celui qui baise sa (absence).
La blonde retrouve soudainement – dans cette expulsion dégueulasse de ressentiments – la furie endormie en elle. Elle se retrouve et se retourne, dingue, Jeff-colère, Jeff-sang, ose poser son bras sur une étagère et fout tout par terre. Les objets de valeur, les flacons-hyper-chers et les papiers-poubelle. Elle voit pas, elle voit plus, elle a que cette tempête dans le creux de la gorge et cette plaie béante le long du cœur. Qu'il crève, lui, et elle, elle (absence).
Elle n'a aucun mot, aucun bruit, pas même un soupir.
Qu'ils crèvent, tous, dégueulasses.
Baisés.

_________________

Ténèbres ☸️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité



MessageSujet: Re: jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)   Ven 15 Aoû - 23:11

Il l’observe, presque trop calmement. Sa joue le brûle, le sang perle. La garce ne frappe pas à moitié. Il sent la rage entre les deux corps. Il sent un cœur qui saigne pour ce qu’il a fait, mais il ne fait pourtant rien. Non il attend. Il se tait, la laisse s’exprimer par son silence. Elle le déteste. Il l’aime. Putain de sentiments. Elle ne l’écoute pas, elle hurle à sa gueule toute la rage qu’elle a pour lui. Elle crache, dégueule toute cette haine contre lui et le connard se laisse le droit d’encaisser sans sourciller, sans chercher à lui rendre les coups ni à se débattre. Il le mérite, il le sait. Il en vient à apprécie ces quelques gestes envers lui. C’est sa façon de lui dire qu’il est con, qu’elle l’aime, qu’il lui brise le cœur. Sa façon de s’exprimer, l’une d’elles du moins alors il la laisse faire. Il doit lui dire. Il doit s’excuser. La simple idée d’exprimer ces quelques mots lui défonce la bouche et sa mâchoire se brise. Trop fier pour oser être humain pour une fois. Pour oser d’être un type quelconque avec des sentiments. Trop fier pour penser que faire des erreurs ne lui arrive jamais. Il se perd en chemin, mais jamais il ne lâche son regard de la blonde. Il a mal, mais il ne bouge pas. Elle brise les objets, défonce son entreprise, déchire les croquis, éclate les encres qui s’étalent au sol et sur le mur. Déjà il songe à laisser le mur tâché. Sa rage exprimée en une multitude de couleur. Ca lui plait. Il soupire pourtant, se lasse presque. Il ne sait pas où il en est. Il veut lui hurler son addiction à la gueule. Il veut ses lèvres contre les siennes, son corps contre le sien. Il la veut elle. Pas l’autre copie un peu trop bavarde. Il oublie encore.

Le revers de sa main essuie le sang qui coagule sur sa joue. Il reprend sa clope et inspire. Il expire, inspire, expire encore. Il réfléchit et ça lui fait mal. Trop instinctif pour penser, il la regarde. « Jeff. » Son prénom simplement soufflé dans une volute de fumée. Elle est belle quand elle est comme ça. Jeff elle est tout le temps belle. Il se redresse et approche. Il veut lui dire, mais ne peut pas. Il approche et entoure le corps frêle entre ses bras. Il la retient à nouveau, l’enferme contre lui. « Jeff. » Encore son prénom, à peine soufflé, comme difficile de le laisser s’envoler. Il serre, surement trop fort, mais il serre la muette contre lui. Aucun son, rien, jamais ses lèvres n’avaient laissées passer si peu en sa présence, pas un cri, rien. Il soupire. « Parle. Cri. Peu importe. » Il veut l’entendre. Il a besoin d’entendre un son de sa part. Plus de coups, simplement sa rage exprimée autrement qu’en une tornade de destruction. Il ne sait pas ce qu’il fait, il improvise à dire vrai, le connard ne sait pas réagir, ne veut pas réellement réagir. Il ne peut pas réagir. « Mais dis quelque chose putain ! » Il la garde contre lui, ce corps meurtri bien trop tendu. Le parfum de ses cheveux enivre son nez. Il a les yeux fermés le connard. Elle lui fait du bien autant qu’elle lui fait mal. Ses gestes semblent vouloir dire je suis désolé. Mais lui-même n’en est pas sûr. Ses lèvres ne peuvent le dire, ne peuvent l’exprimer. Il est désolé de lui faire mal. Il n’est pas désolé de constater son attachement. « Toi et moi c’est plus que ça. Toi, c’est plus que ça. » Toi tu es tout. La salope veut sa mort et il s’écrase. Elle l’achève sans un mot. Elle l’achève en le mettant dans cette situation où sans défense il se retrouve dos au mur. Contre elle.
Revenir en haut Aller en bas


avatar

PSEUDO/PRÉNOM : COLD BLOODED. (coralie)
CRÉDITS : PEACH.
AVATAR : ANTON LISIN.
ÂGE : 17 ANS.
DATE D'INSCRIPTION : 13/08/2014
MESSAGES : 733

MessageSujet: Re: jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)   Mar 19 Aoû - 4:00

C'est le goût du sang qui l'étouffe, le goût du dégoût qui, de sales brûlures, la bouffe. La trahison fait bouchon dans ses veines, ses artères pulsent la colère – l'éternelle colère. Et ses bras balancent sur le sol les trésors d'un connard-fini, d'un p'tit baisé d'ami. Elle n'hurle pas, elle ne pleure pas, elle ne parle pas – rien ne sort. Il n'y a plus rien à sortir, plus rien d'autre qu'elle. Un seul impact, un seul souffle, et elle risquerait de tout – tout – recracher. D'un coup. Son corps tempête renverse les objets et souvenirs, les projets et bricoles, pourtant, toujours, le silence. Rien ne sort. C'est éternel, c'est définitif. Rien. Du silence comme au cinéma, du silence comme au cimetière, du silence comme à Gaza. Il faudrait un sanglot, un cri. Et.
Et ce serait la débandade, et ce serait l'univers expulsé de lui-même, l'infini déballé sur une voix dorée. Et rien ne s'arrêterait plus jamais, plus jamais. Jusqu'à la fin, Jeff se déverserait de son non-amour et de sa toute-haine, de sa douceur enragée et de cette économie – mortelle – de paroles. Il n'appuierait pas sur la gâchette, pas ce soir, pas ici. Pas comme ça.
Elle n'ex-plo-se-rait pas.
(absence)
Il l'enferme de ses bras détestables, de ses bras d'homme amant, d'homme trop homme. Elle n'entend pas les mots mais sent son odeur horrible, celle qui réveille son cœur de battements dégueulasses et de sursauts angoissants. Elle le sent, partout autour d'elle, partout contre elle. La chaleur de son souffle contre sa nuque tord son ventre et remonte, désespérément poignante, le long de sa colonne. Squelette empoisonné à l'ami-amoureux. Organisme en carton qui devient papier mâché contre le torse du plus beau – du plus simple – des océans. Alors la blonde soupire maladroitement la mer sentiments.
Il parle encore, de sa voix construite de ténèbres et de douceurs enfantines. Il parle et elle vient plaquer ses mains contre ses oreilles. Pour ne pas entendre son cœur grincer comme la porte du salon, pour ne pas entendre sa respiration battre l'espoir et le pardon. Elle n'a plus de place. Plus de place pour rien.
Pas pour lui.
Pas pour ça.
Elle n'a plus de place.
Et voilà qu'elle – (creux) – déborde.
Alors se dessinent un trou d'air dans le cœur et des nausées dans les yeux. Alors se dessinent du sel sur les joues et de l'amour en cascade. Jeff bat des paupières pour éviter de noyer ses cils, poupée de porcelaine brisée dans l'étau malhabile d'un peintre de la peau. Court, court l'océan sur son visage, fleuve des trahisons et des non-dits familiaux. Lignes de vie écarlates sur ses bras et humides le long de sa mâchoire serrée, ses sanglots se font aussi silencieux que son éternité. C'est de haine, qu'elle tremble, sinon de dégoût, de fatigue ou de colère. C'est son ami qu'elle pleure, sinon son amant, son aimé, ou sa sœur.
(absence)
(absence)
Elle ne respire plus.
(absence)
(absence)
C'est à peine si elle vit encore.
(absence)
(absence)
Sort-il de son corps autre chose que des larmes ?  
(absence)
(absence)
Sinon son amant, son aimé.
(absence)
ou
(absence)
sa sœur.

_________________

Ténèbres ☸️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité



MessageSujet: Re: jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)   Mar 19 Aoû - 5:57

Il la serre la gamine au prénom de garçon. Il la serre fort entre ses bras. Son corps tremble contre lui et Anton réalise. Anton sent son coeur cogner sa poitrine, il le sent brisé. Déréglé. Et il s'en veut. Il l'aime cette fille. Ne se l'explique pas, mais c'est comme ça. Jeff, ce prénom qui lui martèle les tempes. Jeff elle porte l'odeur du sang. Jeff elle sent bon. Elle est tout cette muette et tout cela transparait dans ce silence qui meurtri l'âme encré du connard. Connerie. Il ne sait plus, ne sait pas. A-t-il seulement déjà su ? Il doute et est perdu quelque part. Elle est pourtant contre lui. Mais elle pleure. Elle pleure contre lui. Pas un bruit, pas un son, mais il le sent. La gamine a mal. Il est ce mal, celui qui le cause. Idiot. L'erreur est humaine, il n'est pas humain. Anton veut lui expliquer, mais sa bouche ne forme aucun mot. Pourquoi faire. La faire souffrir. L'encreur de peau n'a pas de scrupule. Jamais. Mais pour elle. Putain pour elle c'est le monde qu'il referait. Amoureux avec une conscience soudaine. Amoureux qui ne cherche plus à effacer cette notion. Trop tard, pris au piège d'un navire qui a déjà levé l'ancre, il se laisse aller au mouvement de l'océan. Il ne veut rien. Plus rien. Il n'a jamais rien voulu d'autre qu'elle.
Que son silence.
De cette présence qui le tue, qui l’assassine et le réconforte. C’est un mélange qu’il ne comprend pas, une valse des sentiments qui ne peut avoir de définition.
Jeff.
Anton.
Alors il la serre contre lui. Lacère le corps empli d'ecchymose. Perd son visage dans la crinière blonde. Les yeux se ferment. La muette s'exprime comme jamais. C'est un comble, presque un oxymore. Du silence est hurlée la douleur. La douleur qu'il cause. La douleur qu'il veut calmer. Il soupire le glorieux connard. Son air est froid, glacial. Son corps est engourdi, son visage fermé. Il la retourne finalement, tient de sa main le menton de celle qui fut son brouillon et la force à le regarder. Le sang coule contre son visage. L'eau salée creuse un sillon sur le sien. Jeff. Dans son ventre un noeud se forme et le bousille. C'est son regard. Son regard enragé, dégouté qui lui fait ça. Il caresse une joue, efface les traces de larmes, assèche la peau délicatement. Jamais tendre et pourtant. Connard blasé et pourtant. Elle est tout. Il ne la lâche pas, la tient contre lui de peur qu'elle s'efface. Qu'elle disparaisse et plus jamais ne revienne. Il a besoin. Besoin de la sentir contre lui, de la sentir dans sa chienne de vie. Il n'y a que les cons aveugles qui se laissent bercer par l'illusion des sentiments. Il n'y a que les cons tout court qui ne réalisent pas que ça existe pourtant. Elle est belle Jeff, même quand elle le déteste. Elle est belle Jeff, même quand elle pleure. Il est beau ce silence. Il est laid aussi. Dans les larmes il y a son reflet. De son reflet il ne voit que le dégout.
Et il comprend.

Il réalise l'artiste de la peau. Il réalise ce qu'il a fait, il réalise ce qu'elle est. Il voit, comprend. Le chemin s'éclaire. Elle est là avec sa petite lanterne à la petite flamme qui se consume. Putain ce que c'est cliché. Mais il comprend alors il s'en fout. Il comprend et ce que les autres en pensent il s'en fout. Il comprend. « Je suis désolé. » Contre son oreille, il laisse les mots filtrer le rempart de ses lèvres. C'est compliqué, il ne sait pas si ce moment est réel. Il le croit. Jeff. Il la garde contre lui, encore et jamais ne relâche l'étreinte. Il veut toucher sa peau, la rassurer, se faire pardonner, sans savoir comment s'y prendre. Oublier le reste.

Enfin.
Revenir en haut Aller en bas


avatar

PSEUDO/PRÉNOM : COLD BLOODED. (coralie)
CRÉDITS : PEACH.
AVATAR : ANTON LISIN.
ÂGE : 17 ANS.
DATE D'INSCRIPTION : 13/08/2014
MESSAGES : 733

MessageSujet: Re: jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)   Jeu 21 Aoû - 23:55

Il ne comprend pas. Il ne comprend pas. Elle en est sûre. Elle le sent dans la façon qu'il a de la serrer, dans la voix qu'il utilise pour lui parler. Il ne comprend pas. Et elle ne peut lui en vouloir pour ça.
Comment comprendre ce qui ne s'explique pas ? Comment comprendre un silence ? Elle est ce qui ne s'exprime pas, elle n'a pas les mots. Elle n'a jamais les mots. Et s'il a su la traduire des années durant, pour une fois, là, la serrant contre lui aveuglément, il ne sait pas. Il n'entend pas l'orage dans son cœur et le dégoût dans ses yeux. Il n'entend pas qu'elle n'y peut rien, qu'elle ne sait pas lui donner son pardon, qu'elle ne sait pas oublier.
Qu'elle vomit ces mains qu'il presse contre elle après qu'elles aient touché le corps encore pur de (absence).
Qu'elle vomit cette bouche qu'il utilise pour s'excuser après qu'elle se soit collée contre celle de (absence). Contre le corps de (absence).
Qu'elle vomit cet homme qui se disait ami
ce garçon qui se disait frère
cet adolescent qui se disait amant
amoureux silencieux d'une muette éternelle ;
Qu'elle le vomit, lui, dans son intégralité, parce qu'il a trahi, parce qu'il a fauté, parce qu'il est allé chercher, aimer, baiser, un autre corps portant son sang.

Et elle est désolée.
Elle est désolée, des sanglots noyant ses joues si pâles, mais elle ne sait faire autrement.
Alors elle le repousse. Alors elle frappe de coups inefficaces son torse autant que lui – dégueulasse. Elle pleure sa colère contre lui, averse de sa rancœur. Elle danse, tempête, ouragan, dans le salon et recule, ne devenant elle-même plus que des larmes démentielles. Elle ne sait pas lui donner le droit d'être désolé, elle ne sait pas lui laisser le droit de s'excuser. Il est coupable, il est accusé, destitué. De ses yeux comme de son cœur il est, inlassablement, vomi, viré, brûlé.
Il avait tout d'elle, elle lui aurait tout donné, les mots qu'elle ne disait jamais, l'amour qu'elle tentait de ravaler, la confiance que personne d'autre ne pouvait gagner. Il avait tout d'elle, tout, tout, sauf ça.
Sauf cette sœur – et vomir, encore – qu'il lui avait volée. Qu'il lui avait préférée.

Alors, sans plus d'excuse, alors, avec encore trop de sanglots, elle s'éloigne, elle s'en va. Elle recule encore dans le salon et lance sur lui – partout – ce qui lui tombe sous la main. Elle ne gaspillera pas de mots. Il ne les mérite plus. Elle ne lui dira pas je coucherai avec ta sœur, avec ta mère, avec ton cousin, ton frère, ton voisin, ton collègue, ta fille. Elle ne lui racontera pas sa poitrine déchirée, ni sa confiance partie en fumée. En lambeaux. Avec la pureté de celle qui – dégueulasse (absence).
Sur le palier, elle arrête de bouger. Elle pleure simplement, maintenant, sans un bruit, sans un mouvement. Le visage immobile et le regard absent. Elle le déteste, elle le déteste, lui qui fait succéder le goût des larmes au goût du sang.

_________________

Ténèbres ☸️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité



MessageSujet: Re: jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)   Ven 22 Aoû - 0:52

Elle. Jeff. Il veut calmer cette rage qui la tiraille. Il veut la calmer, l’apaiser lui oublier sa connerie. Le connard se fait homme maladroit à la serrer contre lui. A laisser quelques mots s’échapper d’entre ses lèvres. Oui le tatoueur ne sait pas s’y prendre. Non il ne pensait jamais en arriver là. Mais amoureux. Fou d’elle. Il ne peut en être autrement. S’il pouvait prendre cette rage, ce dégout et lui offrir le répit, alors il le ferait. C’est peut-être con. Non. C’est con, mais il ne contrôle pas ça, il n’y a rien de logique dans sa façon d’être. L’encré s’en veut tout simplement. L’encré plus que jamais a pris conscience de ce qu’elle est, de ce qu’elle représente. Alors il essaye, mais se heurte à un mur de dégout. Jeff. Elle se dégage, le rejette. Elle ne le supporte plus, ne peut plus le supporter et jamais les larmes ne cessent de couler. Anton observe, se fait silencieux à nouveau. Il se terre dans un silence presque apaisant. Presque, car Jeff le regarde de ses yeux qui inondent ses joues. Presque, car Jeff vomit tous les sentiments qu’elle a pu avoir pour lui. Ses coups ne font pas mal. La distance qu’elle met en revanche le tue, le brule, le lacère. Anton se sent disparaitre dans une brume. Pire encore c’est elle qu’il voit s’effacer. Survivre. Comment survivre sans elle. Dépendant, fou d’elle. Amertume de son erreur, il veut se réveiller. Il veut que tout ne soit qu’horrible cauchemar et qu’à la place d’une Jeff en larme, il en trouve une paisible contre lui à dormir. Oh Jeff.

Anton se perd. Son cœur explose, son ventre se tord. Les objets c’est à peine s’il les évite. Son regard se vide. Il perd la vie. Il perd l’espoir. Il perd tout. Il la perd elle. Sans pouvoir s’y résoudre, il reste spectateur. Trop longtemps il reste spectateur. Sa voix se casse en un « Jeff. » misérable. Il souffre de la voir souffrir. Il souffre de la perdre. Ami, frère, amant, amoureux. Un tout universel. Un tout unique. Il est tout. Elle est tout. Un yin et son yang. Un beau parleur et une muette. Deux âmes. Jeff. Anton. « Reste s’il te plait. Reste avec moi. » Connard valeureux d’oser demander une telle requête à la blonde au corps si frêle. Il a besoin. Besoin d’elle. Perdu à nouveau. Dans l’incompréhension à nouveau. Il rêve de voir apparaitre sous ses yeux une solution. Il rêve de trouver les mots pour ne pas plus la blesser. Il rêve de trouver les mots pour l’apaiser. « Je n’ai besoin que de toi. Tu n’as besoin que de moi. » Il ose l’affirmation. Ce n’est pas de l’arrogance. Peut-être l’illusion que tout soit encore partagé. Alors il approche à nouveau. Calmement comme pour ne pas brusquer un animal sauvage. Doucement. Tout doucement. Jeff pleure. Jeff lui brise le cœur. Il lui a brisé le cœur. Il tend la main « Plus jamais. » Il parle encore. Il essaie simplement toutes les solutions qui lui passent par la tête. La muette doit le voir si elle ose le regarder. La muette doit voir toute la culpabilité dans ses yeux. Sa crainte de la perdre. Sa volonté d’oublier le monde, de n’avoir qu’elle. Ses yeux qui lui hurlent qu’il l’aime. Le connard arrogant se retrouve homme faible enchainé à ses sentiments. Le connard arrogant plaide coupable pour ses crimes. « Simplement toi. »
Revenir en haut Aller en bas


avatar

PSEUDO/PRÉNOM : COLD BLOODED. (coralie)
CRÉDITS : PEACH.
AVATAR : ANTON LISIN.
ÂGE : 17 ANS.
DATE D'INSCRIPTION : 13/08/2014
MESSAGES : 733

MessageSujet: Re: jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)   Ven 22 Aoû - 1:19

Elle ne veut pas qu'il se rapproche. Il est flou, il est mirage, à travers l'océan qui coule de ses prunelles, qui s'effondre sous ses paupières. Il est une forme qu'elle ne veut pas distinguer – une forme qui grossit.
Elle ne veut pas qu'il se rapproche. Il est la marée dans sa gorge, il est le souffle dans son cœur. Chaque pas qu'il fait est une nausée supplémentaire pour la blonde dégoûtée, pour la la blonde qui ne sait arrêter de pleurer.
Elle ne veut pas qu'il se rapproche. Il est l'enfer, il est l'amer de sa bouche, il est le charbon dans son air. Il est l'avalanche de poussières dans ses yeux, il est l'apnée de ses sanglots.
Elle ne veut pas qu'il se rapproche. Elle ne veut pas qu'il parle. Elle ne veut pas qu'il la regarde. Et surtout, surtout, qu'il ne la touche pas. Où elle lui vomirait dessus pour de bon les années d'amitié parties en fumée. Ou elle lui cracherait pour de bon tout l'intérieur d'elle, tous ses organes brûlés par la douleur et le manque soudain d'oxygène.
Elle ne veut pas qu'il se rapproche. Elle reste immobile, statue de sel fondant à vue d’œil sous la pluie de ses maux silencieux.
Elle ne veut pas qu'il se rapproche. Il lui tend une main et lui vend du rêve. Il lui vend ses mensonges, ses y a que toi, et elle crie au fond d'elle, et elle crie à s'en cramer les poumons – sans un bruit – y a que toi et ta sœur, que toi et cette ancienne pucelle. Elle pleure de plus belle, murée dans son silence éternel.
Disparaître. C'est le coup de couteau au fond de son ventre, celui qui lui coupe le souffle et qui fait s'arrêter son cœur – qui ruine la mécanique branlante d'un palpitant en attente depuis trop longtemps. Elle ne sent plus ses jambes, elle bat de tout son corps, boom-boom assommant qui pourrait se faire plus fort que pour mieux patienter la mort.
Disparaître. C'est le sanglot de trop, celui qui brise l'horloge de ses émotions, celui qui la fait passer par dessus bord. Elle ne sait plus si elle veut le tuer ou l'aimer un peu – un peu plus fort. Elle ne sait plus si elle préfère, au silence, la douleur parfaite de leurs corps à corps, de l'orchestre névrosé qui finira par les rendre fous.
Disparaître. C'est le dernier sursaut, la seule façon de sauver sa peau.
Elle fait tourner la poignée derrière elle et ouvre la porte.
Et, dans l'obscurité, les poings serrés sur l'infini, elle disparaît.

_________________

Ténèbres ☸️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)   

Revenir en haut Aller en bas
 

jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» jusqu'à ce que l'on saigne (jeff)
» Hollywood Rip Ride Rockit ferme jusqu'a nouvel ordre
» [Artiste] Jeff KOONS
» aller jusqu'à Dakhia en février
» Comment maintenir géranium en fleur jusqu'en novembre

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PALO ALTO :: HORS JEU :: RP-